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NOUVELLE-CALEDONIE

 

10/10/11

Nous reprenons pour la dernière fois la petite navette pour Luganville et nous voilà sur l’unique grand-route qui traverse la petite ville. Les trottoirs défoncés accueillent une ribambelle de magasins, défoncés, eux aussi et pour la plupart et tenus par des chinois, comme d’habitude…

Nous commençons notre programme par le bureau de l’immigration où nous nous sommes pris hier un furieux savon !!! Nous n’avons pas suivis les directives du douanier de Tanna et nous ne sommes pas passés à Port villa pour trouver un officier de l’immigration… Résultat des courses, on est hors-la-loi depuis 15 jours et on a failli se prendre une amende de un millions de Vatus (8 000 €) !!!  On se doutait qu’on serait réprimandés mais pas à ce point… Nous lui avons fait notre plus beau sourire, j’ai prétexté que j’étais malade, qu’il fallait qu’on aille à l’hôpital et tout est rentré dans l’ordre !!!

Ensuite, les douanes où nous passons 1h à dicter à une jeunette ignare, bête comme ses grands pieds ce qu’il fallait qu’elle écrive sur sa clearance….

Nous avons été très surpris d’apprendre que nous devions encore payer les droits portuaires soit la somme de 7000 vatus hors taxe !!! J’explique à la jeune imbécile que les droits portuaires sont une taxe et que payer une taxe sur une taxe, c’est bien gentil mais c’est un peu exagéré… Je récolte un sourire de douanière décérébrée, c’est rare…

En tout, les formalités nous ont coutées 18 000 vatus soit 155 €…

Etape suivante, Internet où nous restons 5h sur deux jours pour envoyer les épisodes et faire les mises à jour du site puis, ce sont les courses, quelle aventure !

La soirée se passe à discuter avec des touristes Néo-Zélandais et à préparer Badinguet pour son périple de trois jours vers la Nouvelle-Calédonie…

 

12/06/11

Pos 18°17.530 S / 167°00.579 E a 20h UTC / Vitesse = 8k / Cap = 179° / Distance parcourue en 24h = 169 milles. Temps nuageux avec de nombreux orages, beaucoup d'éclairs cette nuit. Vent ENE 10k. Mer agitée.

Dicton du jour," Mer sans vent, infernal, Vent sans mer, idéal". Rien péché mais je n'insiste pas car le congèlo est plein.

Cette nuit, vers 3h30, un chalutier a brusquement changé de cap et nous a foncé dessus délibérément. Pascale m'a réveillé en catastrophe et j'ai pu manœuvrer in-extremis pour passer 10 mètres derrière lui. Il a volontairement pris une route de collision au dernier moment !!! Je n'ai jamais vu ça ! Ensuite il a disparu dans la nuit en direction des Vanuatu... bonjour le réveil !!!

Sinon, la navigation est agréable et si ça continue comme ça, nous ne stopperons pas à Lifou et filerons pour être dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie lundi 13/06 au soir pour nous. Nous serons donc à Nouméa le 14 dans la journée pour retrouver la civilisation.

 

13/06/11

Pos 21°07.564 S / 166°57.035 E / cap = 212° / Vitesse = 6 k  / Ciel très couvert, averses. Vent de SSE.

Apres une nuit au moteur, le vent et les vagues sont contre nous. Nous avons hésité à faire demi-tour pour aller nous reposer à Lifou mais l'impatience l'a emporté et nous poursuivons la route avec un cap qui nous emmène vers la baie de Kouakoué ce qui ne nous arrange pas du tout !!! Nous verrons comment le vent et surtout la mer évoluent. Si ça tourne un peu, ce que nous espérons, nous engagerons la passe Sud de l'ile de nuit et irons dormir un peu baie Boise ou Prony..

On approche, on approche....

Dans la soirée, la grande ile est en vue mais le jour décline rapidement et il nous sera impossible d’arriver avant la nuit. La lune est déjà levée et prend le relais très efficacement

La seule inconnue est le courant dans la passe. Si le vent est contre la marée, un puissant mascaret pourrait nous causer bien des soucis. Une heure plus tard, nous sommes complètement rassurés, tout est paisible et Badinguet contourne le feu de la passe de la Havannah.

La mer se calme aussitôt engagés et il va falloir trouver un mouillage abrité pour la nuit. Nous avons deux choix, la baie de Prony et port Boise, beaucoup plus proche, tout dépend de la visibilité du balisage.

La passe de Port Boise est marquée par deux balises lumineuses rouge et verte, on fonce !

Nous mouillons à l’Ouest de la grande baie dans 22 mètres d’eau, on dirait un lac. Nous devinons les ombres des pins colonnaires sur les rives, le ciel est plombé et la pluie ne tarde pas à s’inviter. Il est 19h30 et c’est parti pour une vraie nuit de sommeil.

14/06/11

Au lever du jour, le temps est toujours aussi mauvais et d’épais nuages gris donnent au décor un air tristounet.

Nous quittons la baie pour rejoindre le grand chenal qui mène à Nouméa. 4 heures de navigation au moteur, contre un courant qui atteint 4 nœuds dans les passages étroits.

Il est midi lorsque Badinguet contourne l’ilot Brun, nous sommes arrivés à Nouméa ! De nombreux immeubles modernes bordent les baies de la grande ville, il y a des bateaux dans tous les coins et les places ont l’air de se faire rares…

Nous apercevons très vite « Toomuch » et « Catafjiord » et mouillons à côté de Port Moselle.

Nos amis nous donnent immédiatement les précieux conseils d’arrivée et nous voilà partis pour effectuer les formalités administratives. D’abord la douane, puis l’immigration et enfin, j’embarque le gars de la quarantaine à bord de l’annexe pour une inspection sanitaire…

Le fonctionnaire qui m’accompagne, s’installe dans le cockpit et me demande les fruits et les légumes que nous avons à bord ! Nous avons complètement oublié de cacher nos denrées et ce type risque de faire une razzia dans le frigo…

Mais il n’en est rien car tout semble lui couter, il est avachis sur une banquette, à l’extérieur et me demande ce que j’ai…

Du coup, je lui réponds, « des bananes, vous en voulez ? » Et à chaque fois, qu’il me répond « Oui », j’en cache une bonne partie dans le four et les placards… Et je fais ainsi pour tout le reste… Quel gros paresseux !

Chargé de son sac poubelle rempli de la moitié de nos légumes, je le raccompagne à terre. Ca y est nous sommes en règle !

Nous voilà en ville à déambuler au milieu des voitures, à emprunter les passages piétons qui mènent à des dizaines de magasins bien achalandés…

Nous achetons une carte Sim et une recharge pour pouvoir téléphoner à Sandrine avec qui j’ai fait mes études de Kiné à Paris. Elle vit avec Ludo et est installée ici depuis des lustres.

 

 

Les jours suivants 

Réparations, nettoyage, et bien sûr, quelques soirées mémorables avec « Catafjord », "Esquinade" et  « Les Pascaux » qui ont trouvé une place à la marina en attendant leur départ pour l’Australie. 

Le temps est frais et le soir, une fourrure polaire n’est pas de trop. Le mouillage est surchargé, bruyant, remué et les nuits sont souvent perturbées… Il y a le passage des petits bateaux qui ne respectent absolument pas le sommeil des voyageurs fatigués que nous sommes mais il y a bien pire…

La presqu’ile qui longe le mouillage à l’Ouest est un lieu de squat étonnant ! On y trouve des cabanes de tôles et de bois construites en toute illégalité au milieu de décharges d’ordures sauvages. Les occupants balancent tous leurs déchets dans la nature ou dans l’eau et se contrefichent des conséquences…

Le soir venu… Des groupes de jeunes s’installent sur les plages pour écouter de la musique à fond. Ca hurle, ça crie, ça chante et ça picole toute la nuit et quand je dis, toute la nuit, ils continuent à brailler à 6h du matin…  Si, on ajoute qu’il y a un centre de tir derrière les squats, on se sauve en courant, ou en nageant !

La ville de Nouméa n’a rien de passionnant. Le soir venu, des centaines de jeunes à capuche, alcoolisés, attendent le référendum de 2018 pour prendre possession des maisons des blancs colonisateurs… Ils poireautent depuis longtemps et vont certainement rester encore des années à se vautrer sur les pelouses si la police ne nettoie pas un peu le centre-ville…

Vision d’une grande ville très animée avec ses quartiers pauvres et son côté chic le long de la côte et des baies du Sud. Les prix sont aussi élevés qu’en Polynésie mais la mentalité est différente, hélas !

Il règne ici une ambiance assez tendue, chacun cherchant à préserver ses acquis, son territoire, son boulot, ses clients… Depuis la crise internationale, la Nouvelle-Calédonie représente, à tord, un eldorado pour les centaines de jeunes français qui viennent s’y installer et il n’y aura pas de part de gâteau pour tout le monde. C’est un peu « chacun pour soi » et tout est fait pour décourager les nouveaux arrivants…

Sandrine et Ludo nous prennent en charge et grâce à eux, nous faisons nos achats facilement. Leurs conseils, leurs informations mais aussi leur voiture sont une aide précieuse ! Ils nous font visiter les faubourgs et surtout les hauteurs de Nouméa d’où nous prenons quelques clichés panoramiques. Nous finissons dans les quartiers huppés de la ville, du côté de anse « Vata », à déguster des glaces aussi bonnes que chères !

La connexion Wi-Fi Internet est lamentable et nous devons aller dans un cyber espace pour consulter et envoyer nos mails.

Nous attendons de pied ferme, Astrid, Seb, Marie et Adam, mon filleul. Ils atterrissent dimanche prochain et nous avons hâte de quitter cette rade avec eux pour retourner vers des mouillages paisibles…

Nos journées se suivent et se ressemblent, bricolage, entretien et nettoyage le matin puis, on part faire de l’internet et quelques courses… Le reste de l’après-midi se passe sur le PC ou devant un bon bouquin, c’est dure la vie !

Depuis deux jours, nous repeignons les rainures marron du pont en « faux teck » et le résultat est au-delà de nos espérances, merci à « NatHape » de nous avoir donné le matériel et la peinture, c’est génial !

26/06/11

Agathe, Joël et les enfants, rencontrés aux Fidji viennent récupérer les sacs qu'ils nous avaient laissé. Nous prenons le petit déjeuner à bord lorsque la molaire que "Mariposa" avait réparé aux Marquises, se casse à nouveau… Ce n'est pas douloureux mais la dent est vraiment ouverte… Il va falloir que je m'habitue à mâcher du côté droit, je ne suis pas prêt de récupérer  une dent fonctionnelle !

Astrid, Seb, Marie et Adam sont à la sortie du hall de l'aéroport, nous sommes en retard !!! Grâce à la voiture de Ludo et Sandrine, nous embarquons tout ce petit monde et l'après-midi se passe à emménager dans Badinguet. Une petite balade dans le centre ville désert de Nouméa finit de nous dégouter de cette triste commune. C'est à la suite de cette promenade sans intérêt que nous décidons de quitter au plus vite la capitale de l'ile.

 

27/06/11

Le plein d'eau est fait, les batteries sont en pleine forme. Nos invités nous ont ramené de France du Rhum et nous avons acheté le nécessaire pour faire les coutumes… Tout comme aux Fidji, il va falloir donner un cadeau aux chefs des tribus… En l'occurrence, une pièce de tissu, un paquet de cigarette et un billet de 1000 francs pacifiques. Nous pouvons donc nous en aller ! Seul bémol, il y a 25 nœuds de vent de Sud-est, pour un baptême de voile, ça risque d'être ardu !!

Badinguet glisse dans les eaux calmes de la baie de Port Moselle et je sais que ça ne va durer… A peine l'anse Vata dépassée, les choses se compliquent et 30 nœuds dans le nez lèvent une mer hachée. Nous avons beau être dans un lagon, l'éloignement de la barrière de corail ne permet pas de conserver un plan d'eau paisible et très vite, il devient évident que nous ne rejoindrons pas le Sud de l'ile dans la journée… Le passage entre l'ilot Maitre et l'ile aux canards finit de nous achever et nous filons en désespoir de cause, mouiller sous le vent de l'ile Ngéa.

Il fait froid, le vent ne faiblit pas, on se croirait en Bretagne au mois de novembre mais à part ça, tout va bien… Nous arpentons tous les chemins possibles de l'ilot Uere pendant que quelques bateaux à moteurs trainent leur wake-boarders entre les 2 voiliers du mouillage… L'endroit ne présente pas d'intérêt et les plages sont, une fois de plus, couvertes de déchets.

 

28/06/11

Toute la matinée se passe à lutter contre un vent furieux pour descendre vers le grand Sud.

Un Bonitou et une bonite mordent à l'hameçon des nouveaux leurres que nos amis ont ramené de France et je découpe les filets entre deux averses.

Nous empruntons enfin la passe de la baie de Prony après 3 heures de galère. Une fois l'ilot Casy contourné, nous mouillons dans la partie Ouest de la baie du carénage.

Voilà enfin un bel endroit, protégé de tous vents. Les paysages minéraux du Sud Calédoniens sont vraiment spectaculaires. Par ici, les rouges et les ocres rivalisent avec les verts de la végétation des collines qui cernent la grande baie. Cette terre rouge, plus communément appelée la terrîte est omniprésente, elle imprègne tout : fleuve, végétation, chaussures et vêtements… Et pour peu que le sol soit humide tout y passe ! C'est ici que l'on prend conscience de l'importance du Nickel pour la Nouvelle-Calédonie. Les balafres qui saignent le flanc de ces montages témoignent d'une activité incessante et de la quête systématique des richesses du sous-sol.

 

Pour faire court, l'annexe est rouge, nos chaussures sont rouges et le pont de Badinguet est dégueu et moi, je suis dégouté…  Le temps reste vraiment maussade, il pleut chaque jour et les rares rayons de soleil ne parviennent pas à réchauffer l'atmosphère glaciale qui règne depuis plusieurs jours.

Astrid et Seb n'en reviennent pas, ils ont parcouru 20 000 kms pour se retrouver en pull et en k-way avec les pieds aussi rouges que s'ils les avaient trempé dans du henné. Mais où sont les plages désertes de sable blanc dont ils rêvaient ?

 

Afin d'occuper les enfants et les adultes, il faut trouver des occupations et tout est bon ! Remontée des rivières en annexe, sauts à la corde dans l'eau glacée, baignade dans une piscine d'eau tiède, réchauffée à grande peine par quelques sources d'eau chaude, pêche aux crabes des palétuviers, balades vers les sommets qui dominent les bras de mer et enfin le jeu des devinettes… Tout le monde connait ce jeu où il faut deviner une chose en posant des questions…

                -              Nicolas : Ca y est, je suis prêt, vous pouvez poser vos questions.

                -              Tout le monde : C'est vivant ? Ca se mange ? C'est utile ?...

                -              Adam : Ca y est, je sais, je sais…

Et là, tout le monde se tait, et attend la réponse d'Adam…

                -              Adam : C'est… C'est…. C'est  un CHEWING-GUM PETARD !!!

Et oui, Adam a 5 ans et demi et il consomme des chewing-gum pétard !!! Même ses parents n'ont jamais entendu parlé de ça…

Je profite de l'anecdote pour citer une autre perle de mon filleul… Lorsqu'il a aperçu la barre à roue sous pilote automatique, il m'a posé une question fort pertinente ;

                -              Adam : Mais pourquoi, il tourne tout seul, ton guidon ?

Pour conclure le sujet, le diablotin a eu l'extrême discourtoisie en descendant la première fois dans le carré de demander à Pascale pourquoi on allait au sous-sol !!!

 

29/06/11

Ce matin, nous changeons de place et Badinguet s'immobilise au centre du mouillage Est de la "baie du carénage". Ici aussi, le décor est spectaculaire et je profite des hauteurs colorées pour faire une belle photo de notre abri.

Nous nous déplaçons ensuite en "baie de Sebert" où nous visitons les restes d'un ancien bagne. Quelques pans de murs, quelques tombes et une jolie marche dans la nature.

Après avoir essayer à 5 reprises d'accrocher le fond de la baie de La Somme, nous traversons sous la pluie la grande baie de Prony et c'est dans "Bonne anse" que nous jetons l'ancre pour la troisième fois de la journée et que nous passerons la nuit. J'aurai bien aimé dormir en baie de Somme, histoire de faire un petit clin d'œil à Sophie, Olivier, mes cousins par alliance et à mes amis Kiné de Picardie mais nous n'avons fait que racler le fond sans pouvoir nous accrocher…

 

30/06/11

Il fait toujours aussi froid mais le temps est bien pire qu'hier, il pleut et une épaisse boue rouge nous attend sur la rive…

C'est en fourrure polaire et k-way que tout le monde attaque la grimpette qui mène au cap Ndoua. Le vent froid du Sud nous glace et nous ne chercherons pas longtemps à tenter d'apercevoir quelques baleines. Il est encore tôt dans la saison et les cétacés remontent de l'Antarctique pour mettre bas dans les eaux chaudes du Pacifique… Vue la température de la flotte par ici, elles ne sont pas prêtes de venir batifoler dans le coin !

Et c'est reparti pour une courte navigation au près en direction de la "Baie tranquille" sur l'ile Ouen.

Le mouillage est très protégé ici aussi mais le mauvais temps et la température de l'eau n'incitent pas aux loisirs balnéaires…

Une seule solution, aller tout au fond de la grande baie pour se dégourdir un peu les pattes arrières…

Seb réussit à décrocher quelques noix de coco que les enfants s'empressent de grignoter et nous débutons notre marche le long de cette grande plage de sable gris, ça change du rouge !

Ce n'est pas une belle coquille de Nautile que nous découvrons mais des dizaines échouées sur la plage. Nous trions les moins abimées et retournons à bord sous un crachin qui n'a rien à envier aux terres bretonnes.

 

01/07/11

Le vent reste au Sud et nous n'allons pas attendre des jours pour gagner l'ile des pins aussi, nous décidons de changer de programme. Nous visiterons la plus belle ile de Calédonie au retour, nos hôtes doivent exploiter au mieux leur séjour. Il est 11h lorsque nous sommes en vue de la passe de Kuebuni. L'accès au mouillage est très compliqué à négocier avec cette faible luminosité. Les récifs sont difficilement repérables et je n'ai pas de carte de la zone… Seule info, le guide interactif qui vante la baie  et fournit de précieux renseignements sur le cheminement tortueux qui mène au centre du mouillage.

Après avoir aligné les trois pins colonnaires dans la gauche de l'ilot boisé, Badinguet mouille dans 7 mètres d'eau trouble. Les petites iles sont superbes et si nous avions, ne serait-ce qu'un rayon de soleil, l'endroit serait magnifique.

Nous passons l'après midi à marcher sur le platier où quelques pécheurs de poulpes nous saluent puis nous prenons possession d'une petite langue de récif où nous nettoyons l'annexe et une  dizaine de paire de godasses imprégnées. Seb et moi cueillons quelques papayes et pamplemousses dans la jungle et retour au bateau car demain, une grosse journée de navigation nous attend.

 

 MARE  -  LOYAUTE

 

02/07/11

Il est 3h, pas de lune, il pleut et il va falloir ressortir de ce traquenard sans aucune visibilité… la passe est étroite de 30 mètres et une mauvaise manœuvre pourrait bien stopper là notre tour du monde !

Seb est avec moi pour surveiller la trace de la veille sur le PC, je suis aux commandes, le nez rivé sur la trace du plotter. Le seul repère physique est une petite loupiotte quelque part vers l'Est.

Une demi-heure d'angoisse à 3 nœuds, les yeux écarquillés sur des écrans dont nous avons baissé la luminosité au maximum. Nos oreilles nous renvoient les bruits des déferlantes qui se brisent sur les récifs à quelques mètres de la coque du voilier puis, les fonds redescendent et les vagues du large nous rassurent enfin, on a réussi !

Les enfants émergent du sommeil pour donner à manger aux poissons, Astrid n'est pas au mieux et c''est toute une famille barbouillée que nous emmenons vers l'ile de Maré, enfin, pour eux, y a pas de quoi se Maré !!!

Maré est l'ile la plus au Sud de l'archipel de la loyauté, c'est aussi la plus élevée et la plus froide…

Après une belle navigation sous genaker, nous mouillons tout au fond de la baie du Nord, devant le village de Ténane.

La baie est très ouverte au Nord et le fond est bordé de hautes falaises de corail qui tombent à pic dans une eau turquoise. Il n'y a qu'une petite plage, gardée par des rochers champignons, couverte à marée haute, qui permet l'accès à la côte, il faut ensuite escalader la falaise par un petit chemin aussi raide que dangereux pour arriver au village mélanésien.

Le chemin débouche sur une étendue d'herbe où quelques habitations sont disséminées. Des femmes, allongées sur des nattes, jouent aux dés derrière les étales d'un petit marché couvert.

Monsieur Malo et sa femme, Valentine sont là pour nous accueillir et nous renseigner. Il y a du pain frais et demain matin,  nous aurons une voiture de location, que demander de plus ?

 

03/07/11

Nous retrouvons nos hôtes vers 7h et, comme le beau-frère est en retard avec la voiture, nous sommes invités au petit-déjeuner et qui est l'invité surprise ????  Le soleil !!!

Le beau temps est enfin de retour et nous voilà partis pour le tour de l'ile sur des routes impeccables… Le vent frais continue de souffler mais rien ne nous empêchera de nous baigner sur les plages de Wabao et Cengeite… L'eau est quand même vraiment fraiche, 24 degrés seulement !

Nous déjeunons à l'hôtel Nengone, faute d'avoir pu dégoter une gargote un dimanche et faisons quelques courses dans une des rares boutiques de l'ile. Il est 14h lorsque nous rejoignons le village de Nece où une grande fête traditionnelle se déroule.

Comme Monsieur Malo nous a expliqué, nous devons nous présenter au comité pour demander l'autorisation de venir et surtout de prendre des photos du spectacle. Je me fraye un chemin entre les cases et les préaux remplis de convives endimanchées et rencontre les responsables.

Le contact est carrément glacial et les regards qui me dévisagent me font bien comprendre que ma place n'est pas parmi eux… Nous sommes les seuls blancs présents et l'autorisation m'est donnée de faire quelques photos des danseurs et uniquement des danseurs ! Surtout pas des chefs et des chefferies alentours… Les chefferies sont les zones d'habitations des chefs de tribus Il s'agit en général, d'une grande case circulaire ornées de sculptures et de totems et il est interdit d'y pénétrer ou de les photographier. Pour parfaire le tableau, ces grandes cases ne sont là que pour perpétrer la tradition car juste à côté se trouve toujours une magnifique demeure moderne et très bien équipée ou vivent les chefs, personnages au combien privilégiés !

Je m'installe donc assez loin des mauvaises tronches que je viens de voir et retrouve quelques beaux sourire un peu plus loin… Mais le répit est de courte durée, très vite, quelques Kanaks viennent me signifier sèchement que je n'ai pas le droit de prendre des photos !

Ok, un peu dépité, je range mon matos et pars rejoindre Pascale, Astrid, Seb et les enfants qui admirent les chants et les danses traditionnels.

Des dizaines de participants déguisés avec beaucoup de soin dansent et chantent sous le regard bienveillant de plusieurs centaines de spectateurs habillés de leurs plus beaux vêtements pour l'occasion.

Il s'agit en fait de l'anniversaire de la petite fille du chef… Des dizaines de tribus, des centaines de repas, des heures de chants et de danses, des tenues traditionnelles impressionnantes pour l'anniversaire d'une petite fille… Nous apercevons d'ailleurs cette dernière, armée d'un appareil photo numérique qui circule entre les danseurs pour essayer son nouveau jouet !!!! Elle, elle a droit de prendre des photos !

En repensant aux enfants en haillons que nous avons croisé ce matin, nous prenons vraiment conscience de la différence de train de vie au sein de la population Kanak… Il n'est pas une société en ce bas de monde où les nantis ne profitent pas jusqu'à l'abus de leurs privilèges !! Triste constat sur la nature humaine..

Nous quittons cette belle fête avec un sentiment mitigé. Les Kanaks et surtout les femmes sont souvent très accueillants et nous font de grands signe de bienvenue lorsque nous les croisons, Il suffit d'un petit nombre d'irascibles pour que l'atmosphère change du tout au tout…

La présence du drapeau indépendantiste est quasi constante dans les iles Loyauté, on en trouve au sommet des arbres, sur le bord des routes et bien sur, sur les cases traditionnelles qui semblent pousser comme des champignons dans les jardins des Kanaks.

Nous faisons une courte halte devant des cavités creusées dans le calcaire. Deux jeunes enfants, Eugène et Jean-François nous servent de guide pour longer l'imposante falaise et sont fiers de nous présenter les cranes et les ossements de leurs ancêtres qui vivaient dans ces grottes.

 

04/07/11

Un réveil un peu moins matinal que la veille pour notre deuxième journée avec la voiture. Pascale a même le temps de faire une lessive et de finir la préparation du pique-nique avant le départ, on ne va quand même pas manger à l'hôtel tous les jours !

Cette fois ci, nous prenons la direction de l'Est de Maré et arrivés à proximité de la commune de La Roche, nous découvrons "le mur". Il s'agit d'un empilement de grosses pierres de corail formant un quadrilatère de 600 mètres de côté et en bien piteux état… Sa visite se fait obligatoirement en présence d'un guide payant et, bien évidement, nous reprenons la route… On ne va quand même pas payer pour voir un tas de cailloux qu'on voit très bien de la route d'ailleurs !

Nous sommes toujours aussi surpris de constater le manque de vocabulaire en français des jeunes Kanaks et les difficultés qu'ils ont pour nous expliquer la route à suivre. Il n'y a très peu de signalisations et encore moins de panneaux touristiques… Il faut donc demander son chemin sans arrêt et les réponses sont parfois hallucinantes… Mais avant tout chose, lorsqu'un kanak vous dit, "c'est juste là, c'est tout près", sachez que c'est toujours hyper loin Voici quelques réponses que nous avons eu…

                -              Nous : Où est la grotte de Padawa ?

                -              Eux : C'est la route blanche après le grand cocotier, il y une route qui monte et une qui descend, mais tu ne montes pas !

                -              Nous : C'est à gauche ou à droite en descendant ?

                -              Eux : C'est à gauche de face !

                -              Eux : A gauche, c'est plein et à droite, c'est vide !

                -              Nous : Où se trouve la maison de Justin ?

                -              Eux : C'est tout près, c'est la sixième maison mais pas à gauche !

                -              Nous : Où est le trou de Bone ?

                -              Eux : Tout près, il faut continuer la route et c'est derrière la barrière !

Nous finissons notre balade orientale par la visite du "saut du guerrier" que nous mettrons 1/2h à trouver grâce aux explications détaillées des Kanaks… Il s'agit en tous cas, de belles falaises de plus de trente mètres de haut qui signent les origines géologiques de Maré.

Il est 11h lorsque nous nous installons sur la plage de Pede, bien à l'abri du vent. Il fait chaud et le cadre est superbe avec une petite plage cernée de récifs et de rochers champignons. Encore une longue balade de PMT avec Marie et Adam qui découvrent avec beaucoup d'assurance le monde sous-marin côtier. L'eau est toujours aussi fraiche au bout d'une demi-heure avec nos combinaisons, nous sommes transis de froid.

 

Les fonds sont pauvres et la vie se limite à la présence de quelques petits balistes. On se demande où les guides touristiques ont trouvé des milliers de poissons dans cette jolie baie !

 

 LIFOU  -  LOYAUTE  

05/07/11

Encore un départ matinal de nuit et une navigation troublée par une nouvelle panne… Le frein hydraulique qui bloque la rotation de l'hélice lorsque le moteur est éteint ne remplit plus son office et c'est avec une pince-étau que nous bricolons temporairement le système !

Lifou est en vue et l'approche de la zone de mouillage se révèle être beaucoup plus difficile que prévu. Il y a des patates de corail partout et nous maudissons les 2m10 de tirant d'eau du Super Maramu. Après 3 tentatives, Badinguet est à l'ancre et une énorme tortue s'enfonce rapidement entre deux eaux en nous apercevant.

Le village de Drueulu est superbe avec une chefferie remarquable. La plage n'est pas en reste, du sable blanc, une eau transparente et des températures beaucoup plus clémentes nous permettent de profiter pleinement du site.

Nous découvrons le pain Kanak, cuit au four dans de gros cylindres de 40 cm de diamètre par une voiture qui klaxonne pour signaler sa présence. Pascale en achète deux grosses parts directement à la sortie du four puis nous faisons la connaissance de la femme du Grand chef qui attend ses copines pour jouer au Bingo, allongées à l'ombre d'une case traditionnelle…

Il fait beau et chaud, pas un nuage ne vient perturber notre après-midi et le kayak rejoint la petite troupe pour une jolie balade avec les enfants. Quelques tortues farouches et un petit requin "pointe noire" daignent montrer leur museau puis il est temps de rentrer sur Badinguet pour les douches et un apéro bien mérités !

 

06/07/11

La navette de 7h est à l'heure et tout le monde embarque pour Wé, la capitale des iles Loyauté. Visite rapide de la plus grande ville de Lifou et courses de frais au marché couvert sont au programme. De drôles de denrées trônent sur les étals… Des roussettes (chauve-souris) sont proposées dans des sacs plastiques, il parait que c'est délicieux !

Nous plongeons dans l'après-midi sur quelques patates de coraux et Seb voit son premier requin sous l'eau, un beau "pointe blanche" s'enfuit en nous apercevant. Il faut dire que Marie est accrochée au bras de Seb et que je porte un parasite hyperactif sur mon dos ! Adam est accroché à moi comme un rémora sur un cétacé et dés qu'un peu d'eau pénètre dans son tuba, c'est-à-dire à chaque respiration, il prend appui sur mes épaules pour sortir de l'eau et le vider à la main ! Dans ces conditions, difficile de voir de grosses pièces mais la balade reste agréable et très enrichissante pour nos deux petits plongeurs en herbe.

Dans la soirée, une énorme carangue "ignobilis" tourne sous Badinguet et boulotte tout ce que nous lui jetons, Quel beau morceau !

Les voilà enfin, les plages de rêve tant attendues….

 

 

 

 

07/07/11

Astrid est malade, une belle angine squatte son arrière-gorge. Il ne me reste que 4 cachets de "Solupred" et un traitement antibiotique… Le seul dispensaire de Drueulu  est fermé. Un médecin consulte le mardi et, quelques fois le jeudi, c'est une infirmière qui fait le déplacement de Wé.. . La petite maison marquée d'une croix rouge est fermée, comme on pouvait s'y attendre. Les habitants nous confirment qu'il faut aller à la grande ville pour être sûr de trouver un médecin.

Il ne vaut mieux pas tomber malade dans ces coins reculés, il n'y a plus qu'à faire du stop pour rejoindre Wé. Nous racontons nos mésaventures au propriétaire d'un petit magasin qui continue à proposer avec le sourire, des yaourts dont la date limite est dépassée depuis 3 semaines.

Il quitte son étal et sans l'ombre d'une hésitation, propose de prêter son 4x4 à Astrid et Seb, incroyable générosité. Ce n'est pas en métropole qu'on verrait ce genre de chose… Après nous avoir fait visiter sa case traditionnelle, montrer ses lignes de pêche au gros et pester contre l'arrivée de l'électricité dans son village, Astrid et Seb lui disent au revoir et prennent la route.

Nous repartons avec les enfants vers la chefferie où je vole quelques photos afin d'illustrer ce récit. Nous retournons à bord, il fait un temps splendide, l'eau est transparente et nous passons la matinée dans l'eau à jouer et observer les poissons des récifs alentours. La température de l'eau est un peu remontée et atteint les 26°, pas de quoi frimer quand même !

Astrid et Seb reviennent en fin de matinée avec des médicaments et le moral collé au plafond.

Nous déplaçons Badinguet en face de la magnifique plage de Peng où nous passons l'après-midi. Nous coursons en annexe une petite raie léopard puis nous plongeons sur un magnifique récif qui descend à 15 mètres. Je tire une dorade tropicale pour les enfants et en soirée, le soleil nous gratifie d'un ciel flamboyant. Seb et moi, un verre à la main, cherchons à voir le rayon vert en plaisantant… Une autre fois peut être !

 

 

 OUVEA  -  LOYAUTE 

 

08/07/11

Et c'est reparti pour une bonne journée de mer en direction de la dernière des grandes iles de La Loyauté. Astrid va nettement mieux et force est de constater que lorsque nous mettons la musique à fond pour chanter, le poissons ne mordent pas ! Le vent est orienté à l'Ouest aussi décidons-nous de passer par la passe Nord de Ouvéa, la passe des baleines.

Très vite, nous voilà dans l'immense lagon mais la direction du vent lève un bon clapot dans la grande baie peu profonde. Il va falloir mouiller dans très d'eau avec une protection très sommaire… Le fond remonte au fur et à mesure que nous approchons de St Joseph et les premières patates de corail font leur apparition lorsqu'il ne reste que 2 mètres d'eau sous la quille de Badinguet ! Si les récifs font plus de 1 mètre de haut, conjugué à la marée, nous toucherons le gros lot à tous les coups !!!

Nous sommes encore loin de la petite ville et il y a 3m40 de profondeur, trop risqué de poursuivre vers la côte et les vagues nous chahutent énormément. Je renonce à mouiller dans ces conditions et nous repartons vers le large en serpentant entre les très nombreuses patates de coraux… Je prends une météo par Skyfile et 5 minutes plus tard, nous sommes rassurés, le vent devrait tourner au Sud-est, cette nuit, la mer va se calmer assurément.

Une heure plus tard, le jour commence à décliner et nous ne pourrons pas rejoindre avant la nuit le mouillage très protégé de l'ile Mouli, il va falloir jeter l'ancre quelque part tant qu'on y voit clair.

Badinguet change de cap et se dirige une nouvelle fois vers la côte. Seb et Pascale se relaient à la proue pour me guider entre les taches noires qui signifient la présence du danger. Je surveille le sondeur et lorsque la hauteur d'eau sous la quille approche du marnage (environ 1m20), je longe la grande plage pour jeter l'ancre.

Les vagues sont courtes et en reculant pour tendre le mouillage, l'ancre dérape sur plusieurs dizaines de mètres… Nous sommes sur une dalle !!!

Les choses se compliquent nettement… Il est 15h30, il nous reste 1/2h de visibilité, le vent nous pousse à la côte, Badinguet est cerné de patates et impossible de crocheter cette fichue ancre !!!

Il est trop tard pour se déplacer, c'est reculer pour mieux s'échouer ! Le fond à l'air plus blanc à côté du récif qui se trouve devant nous, on va tenter le coup. Nous mouillons au pied de la patate et une fois de plus, l'ancre dérape sur quelques mètres, c'est pas gagné ! Je sens l'angoisse me gagner, il faut qu'on s'accroche ! La chaine se tend enfin et Badinguet s'arrête brutalement, l'ancre a du s'accrocher dans quelque chose… Je lâche 70 mètres de chaine et plonge sur le mouillage…

La pointe s'est coincée dans une petite faille et s'est enfoncée de 3 centimètres au bas mot ! Maintenant, il faut que le vent baisse et que la mer se calme, sinon… 

En début de nuit, les éléments s'apaisent et je laisse l'alarme de mouillage toute la nuit au cas où…

 

09/07/11

Une très mauvaise nuit comme je pouvais m'y attendre, à guetter chaque bruit, toujours dans la crainte d'un dérapage de l'ancre.

Au petit matin, je me lève de bonne heure pour constater avec soulagement que nous n'avons pas bougé, notre petite fissure à tenu bon.

Le temps est au beau fixe, la mer est calme, Astrid et Seb décident d'aller courir un peu. Les enfants se baignent du bateau en attendant le retour de leurs parents.

Vers 9h30, nous déplaçons Badinguet en face de l'église de St Joseph. C'est le même type de mouillage, de la dalle sur laquelle nous raclons un bon moment avant de coincer l'ancre contre une petite aspérité. Il n'y a pas de vent et le lagon est comme un lac aussi nous contenterons-nous de cette situation précaire le temps d'aller à terre.

L'église date de 150 ans et il n'y a que deux petits magasins quasiment vides, rien de bien nouveau sous le soleil d'Ouvéa… Des enfants pêchent à l'épervier sur l'immense plage de sable blanc pendant que de nombreuses femmes tressent des feuilles de cocotiers pour décorer les stands de la fête du Waleï. Cette fête marque le début des récoltes de ce tubercule, cousin de l'igname.

Nous remettons la coutume au grand chef de St Joseph et si nous lui avions juste dit "bonjour", ça n'aurait pas changé grand-chose ! Force est de constater que cette coutume est complètement désuète et peu suivie par les tribus locales…On a souvent l'impression de déranger ou de les étonner lorsque nous nous présentons… A partir d'aujourd'hui, c'en est terminé de ce cinéma qu'eux même ne respectent pas.

Aux Fidji, il y avait une cérémonie et il s'agissait d'un échange entre des hôtes et des visiteurs, ici, c'est du grand n'importe quoi !

En fin de matinée, Astrid, Seb et les enfants décident de descendre vers le Sud en stop pendant que Pascale et moi repartons pour un deuxième mouillage, direction Fayaoué. Encore une longue plage de sable blanc sans grand intérêt si ce n'est celui de ce baigner dans une eau laiteuse. Il n'y a pas de patate de corail pour venir nous gêner dans notre manœuvre et c'est dans du sable que Badinguet s'immobilise en toute sécurité. Une route longe l'ile sur toute sa longueur, bordée de nombreuses églises, de temples et de déchets…

Nous retrouvons nos amis en début d'après-midi après qu'ils aient déjeuné dans une mission protestante.

 

10/07/11

Il nous faut attendre 9h du matin pour avoir une visibilité suffisante et cette fois ci, nous mouillons devant le pont qui relie l'ile de Mouli à Ouvéa.

Cette structure enjambe l'étroit bras de mer entre le lagon et la petite baie de Lekiny, réserve protégée de la tribu du même nom.  Il est interdit de s'y baigner mais on peut observer du pont la faune qui défile dans la passe. Des raies, des tortues et des carangues en pagaille circulent pour notre plaisir et celui des quelques touristes de l'hôtel devant lequel nous sommes ancrés.

La plage est immense et le sable ressemble à de la farine tellement nous nous enfonçons à chaque  pas. L'eau est transparente et sa température agréable mais, car il y a toujours un "mais", la météo est en train de changer. Le régime d'alizés va reprendre ses droits, il va falloir dégager d'ici avant qu'il ne s'installe… La décision ne peut attendre et il est 14h30 lorsque tout le monde remonte à bord après un dernier bain des enfants…

Nous l'avons tous un peu en travers de la gorge de quitter un si bel endroit… Je m'affaire sur le pont lorsque je remarque un couple d'encornets qui joue avec l'ancre de Badinguet… Les enfants viennent regarder les animaux pendant que je prépare à toute vitesse une ligne équipée d'une turlutte.

Résultat des courses. Les deux encornets se font prendre l'un après l'autre et le voilier est méchamment taché par de l'encre noire…

Combien de parties de pêche à la morgatte (seiches) avec Papy Jean à l'Est de La Teignouse et combien de fois avons-nous pris le jet d'encre en pleine figure et je ne vous parle pas des heures passées à nettoyer le bateau…

Nous quittons à regret le grand lagon pour 24h de moteur vers l'ile des pins.

Une carangue bleue mord à la traine dans la passe de Coëtlogon puis, c'est la haute mer, aussi lisse qu'un lac… Le moteur ronronne et chacun s'occupe comme il peut pour cette longue traversée de 24h.

 

Le soleil se couche, toujours aussi avare de rayon vert et à 18h55, Pascale remarque une lumière devant Badinguet, très basse sur le ciel sombre. Tous les 4, nous observons le phénomène pendant environ 5 secondes, une fusée de détresse !

Bran le bas de combat ! On remonte les lignes et on vire de 10 degrés pour s'aligner sur le signal, le radar tourne à grande échelle. Il fait presque nuit noire mais la lune nous permet encore de fouiller la pénombre aux jumelles. Pendant une bonne heure, nous cherchons les signes d'un radeau ou d'un navire en détresse mais en vain et c'est avec une certaine anxiété que nous abandonnons les recherches pour poursuivre notre route.

Assez vite le "Havannah", bateau qui fait la liaison entre Ouvéa et Nouméa, nous rattrape et j'entre en contact VHF pour lui expliquer ce que nous avons vécu et surtout, pour savoir si un avis de détresse a été émis ces jours ci…

Le "Havannah" nous répond qu'ils ont vu une énorme étoile filante à la même heure que nous et qu'ils se sont posé les mêmes questions sur le coup… Pour expliquer une telle luminosité pendant aussi longtemps, la météorite devait descendre juste dans notre axe. Un drôle de concours de circonstance pour un phénomène qui nous a perturbé un bon moment…

 

 ILE DES PINS  

11/07/11

Toujours pas de vent, Seb et moi avons assuré les quarts et dans la passe de la Sarcelle, un thon mord à l'hameçon, la premiere prise digne de ce nom depuis 3 semaines. La mer est calme, sans une ride mais une longue houle de plusieurs mètres fait monter et descendre le voilier. Elle vient du Sud et risque de perturber le mouillage en baie de Kuto où nous avons décidé de nous rendre… Il faut contourner de gigantesques récifs pour atterrir à l'ile des pins et les déferlantes générées par les grandes vagues font penser à des explosions sous-marines...

Un aileron longe le voilier, certainement un requin et tout le monde profite du spectacle lorsque je vois l'animal attendre tranquillement le passage des leurres qui trainent à l'arrière… Et ça ne loupe pas, la canne à pêche se plier violement, on a attrapé un requin, encore une galère en vue !

C'est Seb qui prend le relais pour remonter le bestiau, il fait son poids et Pascale, à la manœuvre, tourne lentement autour du poisson, l'empêchant de prendre trop de fil…

Au bout de 45 minutes d'effort, je commence à deviner une forme et c'est une grande raie noire qui tire violement sur le fil de tresse… Il ne s'agissait pas d'un requin mais d'une raie suffisamment vorace pour boulotter un jet siffleur à 7 nœuds ! Impossible de lutter contre la puissance de la grande raie et nous coupons la ligne en laissant disparaitre mon dernier gros leurre dans les profondeurs, snif !!!

Badinguet fait un tour dans la baie de Kanuméra où le roulis est considérable puis nous prenons la direction de la baie de Kuto où 8 voiliers se dandinent au rythme de la grande houle qui entre généreusement dans le mouillage… 48 mètres de chaine et un bon fond de sable pour maintenir le voilier dans le clapot… La plage est superbe et la boulangerie, situées à 4 kilomètres vend des glaces… On est presque au paradis !

 

12/07/11

Tout le monde semble avoir bien dormi malgré le roulis et nous descendons à terre vers 9h30. Réservation de bicyclettes, de voitures et repas à l'hôtel avant une méga-giga baignade dans les grandes vagues déferlantes… Quelques vacanciers jouent au rugby un peu plus loin sur la plage et il n'en faut pas plus à Seb pour nous introduire dans une partie de "toucher" épuisante pour ma vieille carcasse… Je suis toujours surpris et admiratif de voir Seb en train de jouer à ce sport où il excelle par sa roublardise et ses feintes... En moins de 5 minutes, il est capable de pourrir n'importe quelle partie, une main qui traine, une interception, un croche-pied et je n'aborderai pas les petites poussettes dont j'ai été victime, tout juste suffisantes pour déséquilibrer et provoquer un beau plongeons dans les algues !

Et on termine à la tombée du jour avec une nouvelle baignade et une bagarre à coup d'algues, on s'amuse comme on peu !

 

13/07/11

A six dans une Clio, légèrement tassés, nous voilà partis pour une journée de visite de l'ile des Pins.

Une fois de plus, les guides de voyage nous déçoivent et les adjectifs utilisés pour décrire les sites que nous visitons sont très largement exagérés…

Visite de Vao et son marché désert pour cause de mariage, visite de l'atelier d'un sculpteur, fermé pour cause de mariage et visite de la fabrique traditionnelle de pirogue, fermée aussi pour les mêmes raisons…

Il y a deux mariages sur l'ile en ce moment et tout le monde participe à la fête qui dure plusieurs jours, abandonnant boutiques, services et autres travaux qui pourrait rendre la vie des touristes que nous sommes beaucoup plus agréable !!!

Des enfants et des adolescents kanaks, encapuchonnés dévisagent avec mépris les visiteurs lorsqu'ils ne les insultent pas, tout ça laisse présager un avenir peu reluisant pour ces iles colonisées dans la douleur…

Les Français, installés ici depuis longtemps assistent, impuissants, à la détérioration de la cohabitation forcée. Le racisme est si présent qu'en poussant un peu les blancs de Nouvelle-Calédonie à parler, des flots  de paroles détestables sortent de leur bouches exaspérées… En fait, nous n'apprécions pas la mentalité des jeunes Kanaks ni celui des blancs, installés ici depuis longtemps, tout ceci ne fait pas bon ménage !

Le climat est vraiment tendu et nous le ressentons de plus en plus en tant que visiteurs itinérants, nous avons de moins en moins envie de nous éterniser dans ce pays déchiré.

La grotte de la reine Hortense est à voir avec sa profonde cavité humide et fraiche. Les baies de Gadji et d'Oro sont peu profondes et parsemées de rochers "champignons". Elles sont magnifiques à marée haute mais le clou du spectacle semble être la baie d'Upi. Un incontournable circuit touristique au départ de St Joseph y emmène les touristes en pirogue… Nous verrons ça un autre jour…

 

Après avoir discuté avec d'autres vacanciers, plantés devant des restaurants déserts (pour cause de mariage), bien qu'ils aient réservé, nos amis profitent d'une belle balade à cheval dans le Nord de l'Ile. Nous terminons notre tour par la rapide visite des vestiges du bagne de Kuto, noyés dans la végétation.

C'est quand même beau l'histoire de la colonisation… On leur prend leurs terres, on défonce leur sol pour en exploiter les ressources, on y expédie des missionnaires pour les convertir et on construit des bagnes pour y expédier nos révolutionnaires, nos brigands et nos assassins. Et en plus, ils ne sont pas contents !

 

14/07/11

Un paquebot Australien mouille non loin de notre baie et 2000 portefeuilles remplis de dollars débarquent sur la plage de Kuto… Et bien, là, curieusement, on ne parle plus de mariage et tout le monde est au boulot…

Des stands et des cahutes se dressent à toute vitesse, on y trouve des vêtements, des souvenirs et de la nourriture locale, Bougnat et langoustes en autre et tous les prix sont en dollars ! Tout ça pour vider les poches et remplir les panses des riches Australiens fraichement débarqués par des convois de navettes.

Il fait frais aujourd'hui et la température de l'eau est redescendue à 21 degrés, là on ne frime plus du tout, on se les gèle !

Nous commençons un peu à prendre racine dans cette baie, il nous reste encore quelques activités et visites puis nous changerons de place.

 

15/07/11

Jour "J" pour la visite de la fameuse baie d'Upi. La navigation y est interdite et on ne peut l'approcher que par mer, c'est pourquoi, les locaux organisent des traversées en pirogues traditionnelles. Le départ est donné vers 8h et nous embarquons à 8 sur une pirogue à voile, équipée d'un moteur de 15 chevaux au cas où…

Le ciel se fait attendre pour lâcher enfin les premiers rayons de soleil mais le jeu en vaut la chandelle. La grande baie est parsemée de magnifiques rochers champignons entre lesquels nous naviguons sous voile. Regarder les nombreuses autres pirogues chargées de touristes déployer leur triangle de toile blanche entre ces rocs émergeants en glissant sur une eau turquoise, nous émerveille.

Le soleil est au rendez-vous, le vent souffle dans la voile, les appareils photos ne savent plus où donner de l'objectif, l'ile des pins n'a pas volé sa réputation !

La pirogue s'immobilise devant une petite plage et c'est parti pour 45 minutes de marche vers le Nord. Nous rejoignons un bras de mer presque asséché par la grande marée basse et nous découvrons la "Piscine", réservoir naturel de toute beauté, cerné de pins colonnaires.

Il y a déjà quelques dizaines de baigneurs mais c'est en voyant 150 Australiens débarquer sur la petite plage que nous prenons conscience de l'endroit où nous sommes… Environ 300 personnes se succèdent pour se tremper les fesses dans cet aquarium surprenant.

En surface, des centaines de kilos de chair blanche s'entrechoquent, s'évitent, se contournent, se rattrapent et se dépassent pour apercevoir quelques centaines de grammes de poissons, ravis d'être en première loge !

 

Le site est vraiment magnifique mais son épouvantable fréquentation dénature complètement les lieux. Laissons tout cela aux touristes et retrouvons vite des endroits vierges et des peuples heureux de partager…

Le soir, au diner, Astrid et Seb nous font part de leur décision de retourner à Nouméa avec le ferry du lendemain… La vie à bord n'est pas si simple lorsqu'on est 6 et nos habitudes respectives se télescopent souvent. Nous comprenons leur décision et connaissons la situation. Il n'est pas facile de s'adapter à ce mode de vie et une durée limitée de vacances n'est pas faite pour y être consacrée.

Nous les retrouverons à Nouméa avec plaisir dans quelques jours, lorsque le coup de vent annoncé sera passé.

 

16/07/11

Grimpette au sommet du Pic N'ga mais le temps ne se prête pas aux belles lumières et les 25 nœuds de vent froid nous empêchent de profiter pleinement de la large vue panoramique du sommet.

L'après-midi se passe a préparer les sacs sous les violentes rafales qui balaient le mouillage.

Le "Betico 2", catamaran rapide qui assure la liaison entre les iles et Nouméa est annoncé avec, au moins, 4 heures de retard. Astrid et Seb n'ont pas de billet et doivent saisir le ferry au vol !

Ils embarquent finalement à 22h sous un vent violent et nous réintégrons notre cabine un peu tristounets de les voir s'en aller...

 

17/07/11

debout de bonne heure, c'est parti pour un grand nettoyage, lessives, aspirateur et tout y passe, l'intérieur comme l'extérieur, il y a des jours comme ça !

 

18/07/11

Retour à Nouméa avec une bonne brise dans les fesses. 6 heures sous génois et genaker en ciseaux, que du bonheur ! Nous loupons une dorade mais une belle bonite atterrit sur le pont, elle va se retrouver bien seule dans notre congélateur... Le vent souffle dans Port Moselle à 20 nœuds du Sud-est et c'est dans ces moments là qu'on se pose des questions...

 - Est-ce vraiment de la chaine coréenne et non chinoise ?

 - L'amortisseur d'amarre à 5 ans, va t'il éclater cette nuit ?

 - Le test pratiqué sur notre chaine était-il fiable ? etc. Il faut savoir faire confiance au mouillage et surtout arrêter de se faire des nœuds au cerveau, un ti' punch me ferait le plus grand bien !

 

Astrid, Seb et les enfants sont retournés en France. Nous passons la semaine à travailler sur Badinguet.

Concernant le parc de batteries que nous avons testé avec un appareil qui simule une décharge de 100 Ampères, il s’avère que 3 éléments sont défectueux… J’isole donc 2 brebis galeuses et place  la troisième pour le démarrage moteur. Badinguet a perdu un couple de batteries, nous verrons comment se comporte notre bateau durant la prochaine navigation…

Le pilote est réparé à son tour, il s’agissait de la courroie du vérin Autohelm. Ca aussi sera contrôlé en navigation.

J’ai installé une entretoise pour limiter le course du piston du frein à disque du moteur de propulsion et là encore, la mise en situation se fera au large, il va s’en passer des choses lorsque nous partirons d’ici !

Concernant les autres travaux, fabrication et installation d’une bâche de récupération des eaux qui nous coulent dessus par les fermetures à glissières de la capote.

Réparation et changement des freins des deux vélos, décapage et huilage des tecks du bord. Réparation d’un tangon, nettoyage des inox et une belle tentative de réparation sur la machine à laver….

Les vérins qui servent d’amortisseurs ont carrément explosé et lorsque j’ai ouvert les carters pour voir d’où venaient les fuites, j’ai halluciné ! J’ai refermé aussitôt les carters car si je touche à cette machine, je la désintègre ! C’est déjà miraculeux qu’elle continue à fonctionner ! Il faudra songer à en acheter une neuve un jour prochain !

Badinguet reste au port pendant une grosse semaine et il est bon de profiter de tous ces services… C’est un peu comme lorsqu’on va à l’hôtel, on se jette dans la baignoire alors qu’à la maison, on ne prend que des douches !!! Ici, c’est pareil on reste 10 minutes sous la douche, On laisse les lumières allumées et on regarde deux films chaque soir !!!

Il faut dire que le temps s’y prête, il fait froid, la température est même descendue à 8° un matin et il pleut souvent… Pour se divertir, il nous reste  les potins des pontons et je dois dire que ça vaut son pesant de cacahuètes !

Nous sommes cernés par des bateaux australiens et lorsque nous participons à leurs soirées aux « Happy hours » du bar « Le bout du monde », je passe la nuit à me lever pour évacuer les litres de bière que j’ai ingurgités !

Ne crachons pas dans la soupe non plus ! Les Australiens que nous avons rencontrés nous ont donné beaucoup de conseils et de renseignements sur leur immense pays. Nous avons même scanné 3 guides nautiques qui nous seront très utiles pour atterrir à Brisbane.

Maël est entre le Laos, le Cambodge et la Thaïlande, il cueille du riz et profite des villages en dehors des sentiers battus… Bon, si on jette un œil à son « mur Facebook », il ne découvre pas que l’Asie du sud-est mais aussi certains autres charmes touristiques mais « Chut » !

Durant cette escale calédonienne, nous sommes allés 2 fois au cinéma, une  fois pour voir la palme d’or du festival de Cannes : « the three of life” … Là, Nous devons dire que nous sommes à des années lumières de l’état d’esprit du jury du festival !!! Nous avons trouvé ça… Comment dire ???  Voyons… Heu … Bof… UNE GROSSE BOUSE !

Par contre, Harry Potter nous a converti à la 3D, impressionnant !!!

 

29/07/11

La fenêtre météo est confirmée, nous avons nos visas australiens électroniques, il est temps de partir…

Il pleut des cordes depuis 2 jours et je m’occupe des formalités de départ pendant que Pascale fait quelques courses pour la traversée qui nous attend.

L’annexe est dégonflée et fixée sur le pont, les météos se succèdent et confirment la bonne fenêtre…Les kangourous n’ont qu’a bien se tenir !

Tout comme pour la Nouvelle-Zélande, les formalités pour l’Australie sont un peu compliquées… Il faut envoyer un mail aux douanes au moins 96h avant l’arrivée prévue puis, confirmer tout ça 48h avant l’atterrissage… Il est fortement déconseillé d’arriver de nuit et si on débarque le Week-end, on paye un « over time » de près de 300 dollars !!!

Là encore, il ne faut pas importer de fruits, légumes, graines, riz, farines, œufs. Le bois est contrôlé, les semelles des chaussures et les roues des vélos doivent être nettoyées. La date du dernier carénage de la coque doit être vérifiée avec facture à l’appui. Si la peinture antifouling n’est pas validée par les autorités, le bateau doit être sorti de l’eau pour un carénage obligatoire et tout ça, à un coût prohibitif !!

Nous passons notre dernière soirée chez nos amis Sandrine et Ludo qui ont été vraiment fabuleux pour nous. S‘il est un regret que nous avons en quittant cette Nouvelle-Calédonie, c’est de ne plus les voir… Ils ont été toujours présents et disponibles pour nous, mille mercis à vous 2.

 

 

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