PARTIR AU LARGE

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LES TUAMOTU

11/07/10

Encore une nuit roulante mais c’était la dernière aux Marquises… Nous rangeons le bateau, plions l’annexe sur le pont et « Badinguet », « Colorazul » et « Philippe » quittent le mouillage vers 9h30. Nous loupons royalement la finale de la coupe du monde mais aussi l’éclipse totale de soleil… Le ciel est couvert et bien malin celui qui aurait pu remarquer un quelconque changement de luminosité…

Le vent est au rendez-vous et nous filons à 8 nœuds vers le large. L’allure est difficile car nous sommes au près. Le voilier gite et enfourne dans les vagues, Cath ne semble pas rassurée mais elle ne le montre pas.

L’après-midi se passe à rester assis et à bien se tenir pour éviter de se retrouver parterre. En fin de journée, le soleil descend sur l’horizon et le rituel commence. Il faut se changer, s’habiller plus chaudement, sortir les frontales, les sangles et les harnais.

Je connais l’angoisse de la première nuit au large et je règle le problème en demandant à mon équipage féminin d’aller dormir assez tôt. Le vent a forci et je ne veux pas avoir à gérer des angoisses nocturnes en plus de notre voilier. Je me retrouve vite seul dans le noir, j’aime ce moment ou je fais corps avec notre voilier, je le sens, je le ressens, je sais ce qu’il me demande, s’il veut plus de toile, s’il faut choquer un peu, etc. Mes pensées vagabondent dans la nuit, souvent délirantes, en voici une :

Partir en mer en voilier, c’est un peu comme le travail d’un anesthésiste. Mon patient se nomme « Badinguet » et le plus gros du travail consiste à préparer et tout régler pour que le sujet parte, non pas dans les bras de Morphée mais sur le dos de Neptune ! Une fois que tout est réglé, que le patient est parti, je reviens de temps en temps pour ajuster ceci ou régler cela mais le plus gros du boulot est fait… De là à dire que les anesthésistes ne foutent pas grand-chose il n’y a qu’un pas que je franchis allégrement et j’en profite pour ajouter qu’il est vraiment lamentable qu’ils demandent des dépassements d’honoraire alors que les patients ne les choisissent jamais !

La première nuit est difficile comme souvent, 25 nœuds bien établis nous obligent à réduire pour la nuit. Nous avons donné à Cath la couchette la plus agréable en navigation, celle de la coursive. Pascale danse la gigue à l’arrière et je roupille un peu dans le cockpit entre deux sonneries réglées toutes les 20 minutes.

Au matin, je suis très fatigué, Pascale a relativement bien dormi et Cath a cauchemardé… C’est très curieux car, Pascale et moi avons-nous aussi cauchemardé dans cette couchette… Je ne sais pas si c’est le fait de dormir au dessus de 13 batteries de 105 Ampères, le bruit que fait l’eau qui coure le long de la coque ou si le matelas a été trouvé dans un vieux cimetière indien mais cette couchette fait faire des cauchemars…

La journée est très remuante et l’allure est soutenue, toujours au près bon plein à plus de 8 nœuds…

Pascale retrouve rapidement ses repères de cuisinière dans « la tabasse » et Cath ne se déplace que très peu en se servant de ses quatre membres, un peu comme si elle était en position debout mais à quatre pattes !

La deuxième nuit nous gratifie de nombreux grains souvent violents et je passe mon temps à régler les voiles entre deux endormissements. Nous avons très nettement distancé nos amis en catamarans car Michel ne veut pas forcer sur son multicoque et Jean-François l’attend.

Nous sommes désormais seuls et les choses ne s’arrangent pas vraiment. Les dernières 24h se passent avec 30 à 35 nœuds de vent au près, de quoi dégouter de la navigation n’importe quel marin d’eau douce…

Sachez que Cath, n’a rien dit, pas une plainte, pas une critique. Elle nous a montré ses hématomes aux jambes, s’est endormi quasiment au milieu d’une phrase et a ronflé si fort que le gréement a tremblé mais elle l’a fait !

FAKARAVA

 

 

Nous engageons la passe Tamakahua au Sud de Fakarava à 10h30. Le courant est quasiment nul et Michael vient à notre rencontre en dinghy. Il nous guide entre les patates de corail sous un joli grain puis nous mouillons enfin par deux mètres de fond dans une eau turquoise juste derrière de petites iles chargées de cocotiers et de plages de sable blanc.

J’ai cru entendre comme un méchant soupir de soulagement lorsque j’ai annoncé que nous étions arrivés, curieux !

Nous déjeunons dehors dans un décor de rêve, Badinguet ne bouge pas une oreille, pas une vaguelette, pas une risée. Tout semble fait pour qu’on oublie très vite les creux de 3 mètres et les puissantes rafales qui nous ont secouées pour venir ici, on va pouvoir se reposer.

Il est 14h et voilà tout le monde dans les annexes pour notre première plongée « dérivante ». Tout le monde est crevé mais la mer nous appelle…

Nous plaçons l’annexe au milieu de la passe puis, nous descendons dans l’eau en restant accroché au pneumatique. La vitesse de dérive est étonnante, peut-être 6 nœuds. Inutile de palmer, le spectacle défile sous nos yeux sans effort, des centaines de poissons multicolores, un Napoléon de plus de 1m50 et même quelques requins. Ca y est Pascale a nagé ou plutôt a dérivé au milieu des requins, CA C’EST FAIT !

Retour à bord sous un méchant grain puis nous attendons l’heure de l’apéro que nous passerons sur « Mariposa ».   Cath et Pascale n’arrêtent pas de bailler et moi ça va, le monde à l’envers quoi !  

 

15/07/10

Il pleut toute la journée et le vent ne descend que très rarement en dessous de 25 nœuds, bref, une journée pourrie… Juste une petite heure à terre pour faire le tour d’une des iles à la recherche de coquillages… Et oui, c’est la nouvelle lubie du moment, on ramasse des coquillages, des morceaux de coraux cassés avec des formes de cœur, de lance-pierre, de guitare, il y en a qui ont de l’imagination !

Quand je dis « on », il s’agit, bien sûr, de Pascale et Catherine qui viennent déposer partout sur Badinguet leurs sacs de bouts de coquilles. Je peste et je rouspète contre mes deux camion-bennes qui viennent décharger leurs palourdes sur le pont mais rien n’y fait, notre voilier s’alourdit de choses inutiles…

« Colorazul » engage la passe sous nos yeux, génial ! Je les rejoints en dinghy et ils mouillent juste à côté de Badinguet, la fête continue !

Le temps est vraiment mauvais et jusqu’au soir, les grains se succèdent. Les trente nœuds dans les rafales ont tendance à légèrement décoiffer les membres féminins de l’équipage et on peut surprendre des conversations très intéressantes comme :

-         Pascale : Avec ce vent, on ne peut pas se coiffer.

-         Cath : Tu sais, ça fait deux ans que je n’ai pas frisé…

-         Nicolas : Alors ça c’est du scoop ! Deux ans sans  friser, incroyable !!!

J‘ai évité de peu les représailles et le soir nous dinons tous ensemble avec Michel et Carmen à bord.

 

16/07/10

Le soleil est enfin de retour mais le vent ne lâche rien.

Je passe deux heures dans l’eau à nettoyer la flottaison, giflé en permanence par de courtes vaguelettes très désagréables, les voilà les représailles ! Chaque semaine, il faut nettoyer et gratter les algues et les coquillages qui s’accrochent sur une bande de 30 cm, 10 cm au dessus de la flottaison et 20 cm dessous. Il n’y a plus du tout d’antifouling et Badinguet est très vite couverts de barbiches et d’une curieuse couche jaunâtre très difficile à enlever…

Nous passons la fin de matinée sur une autre ile, histoire de récupérer encore quelques malheureux pétoncles qui n’ont aucune envie de monter sur Badinguet…

Le paysage est extraordinaire, les plages de sable rose de Fakarava valent le détour. Nous marchons tantôt sur le sable étincelant, tantôt dans des lagunes émeraude, le tout à l’ombre de cocotiers tout droit sortis d’une carte postale de rêve.

Un violent courant circule dans les nombreuses passes qui séparent les  iles, il est provoqué par le passage de l’eau au dessus de la barrière de corail qui ceinture l’atoll. Quelque soit l’horaire de marée, lorsque le vent souffle de l’Est, le courant est toujours rentrant dans les passes exposées. Facile d’entrée, plus compliqué pour sortir mais on s’en fiche, on est bien là où on est !

A 14h, nous repartons pour une belle dérivante dans la passe. Pascale  est à peine descendu dans l’eau qu’elle se retrouve nez à nez avec un grand requin « pointe noire » aie, aie, aie ! Un petit gémissement, des ongles qui me rentrent dans le poignet et le squale s’enfonce dans les profondeurs, ouf !

Pascale est vraiment de plus en plus à l’aise et les nombreux requins qu’elle croise ne l’effraie presque plus… Le courant est toujours aussi spectaculaire et nous dérivons à plus de 6 nœuds au milieu de carangues, Mérous, poisson-trompette, Licornes, Napoléons, poissons-lait… Que  de poissons aux formes et aux couleurs incroyables… Heureusement que nous avons des guides car c’est un vrai plaisir de retrouver sur le papier les spécimens que nous venons de croiser dans leur jardin…

Vers 15h, Michel et moi repartons plonger sur d’autres patates de coraux où je discute un bon 1/4h avec un mérou de 1m ! L’endroit est magnifique et lorsque je prends mon appareil photo sous-marin, je découvre que le compartiment de la batterie est ouvert… catastrophe L’appareil est fichue, il a bu la tasse, quelle galère !

Nous dinons le soir sur « Colorazul », encore un excellent moment tous ensemble.

 

17/07/10

Nous avons lu dans le guide nautique qu’on peut pêcher des varos, espèce de mollusque bizarre assez rare en dehors des Tuamotu. Il faut juste placer des appâts sur des hameçons au bout d’une baguette de bois… Je plonge donc du bateau avec masque, tuba et fusil sous-marin attaché à une bouée… Avec tous ces requins, je ne suis pas trop rassuré… Je repère un beau mérou par 6 mètres de fond… Quand faut y aller, faut y aller !

Le poisson est lent et prend la pose pour se faire trouer la peau. Je lâche immédiatement mon fusil et je nage jusqu'à l‘annexe comme si j’avais une torpille aux fesses… Je n’ai plus qu’à récupérer ma proie avant que les squales ne la boulottent…

Préparer des petits appâts n’est ensuite qu’une formalité. Pascale et Cath regardent les nombreux poissons qui viennent manger les restes du mérou et le requin ne tarde pas à s’inviter au déjeuner, toujours aussi impressionnant.

Au programme de la journée, PMT sur de très belles patates de corail encombrées de Bénitiers aux couleurs surprenantes. La pêche aux varos est impossible vu le nombre de requin qui me tournent autour dés que je mets les appâts à l’eau… Et quand ce ne sont pas les « pointes noires », ce sont d’énormes mérous de plus de 1 mètre qui se jettent sur mes morceaux de poissons…

Pascale est à nouveau dans l’eau, Cath se promène non loin. Tout ce petit monde observe les anémones, les coquillages et les centaines de poissons coralliens nullement dérangés par notre présence, Tu me diras, on ne leur a pas demandé non plus  leur avis !

Après-midi plage pour les filles et pêche dans la passe pour les garçons, c’est trop dur la vie ici !

 

18/07/10

 

Réveil à 10h pour moi !

Départ vers la passe Nord de Fakarava en traversant l’immense lagon. « Colorazul » et « Badinguet » naviguent ensemble et les photos sous-voile sont toujours aussi appréciées. 28 milles dans des chenaux bien balisés par des piquets rouges et verts. Il y a, malgré tout, quelques patates non référencées, histoire de bien vérifier qu’on ne s’endort pas au volant !

      

Au mouillage, Il y a une quinzaine de voiliers et aussi nos amis néo-zélandais et « La Catherine ». Le petit village de Rotoava est très apprécié car on y trouve deux magasins et Internet version « escargot » est accessible à la poste. Ca change du calme de la passe Sud !

 

TOAU  

 

20/07/10

Après avoir mis à jour le site internet et fait quelques courses, c’est le départ pour l’atoll voisin de Toau. 3 heures de navigation avec très peu de vent de Nord-est. La passe est large et facile à négocier. Le premier mouillage est celui du Nord, juste en face du village abandonné de Maragai  Il n’y en fait que quelques cabanes en décomposition en bord de lagon. L’endroit est enchanteur, de belles patates, une eau turquoise et des centaines de cocotiers qui s’inclinent sur l’eau calme pour saluer les visiteurs.

Pas de vent + chaleur = moustiques et moucherons en pagaille et sous l’eau, le spectacle est plutôt tristounet.

Cath a fait tomber ses lunettes de vue dans l’eau mais il est trop tard pour plonger… Il faut quand même dire qu’elle se cogne la tête dans la bôme d’artimon environ 3 fois par jour depuis son arrivée…

 

21/07/10

Le bateau à complètement tourné, le vent s’est orienté au Sud-est, presque au sud, notre mouillage ne nous garantit plus la sécurité requise… Je plonge un bon 1/4h pour tenter en vain de retrouver les lunettes des Cath puis nous quittons la zone pour le mouillage Sud de l’atoll.

L’endroit où nous jetons l’ancre est magnifique. Une belle plage de sable blanc, de l’eau claire à plus de 10 mètres, j’en connais qui vont encore ramener des coquilles…

Michel et Carmen nous rejoignent vers 15h.

 

22/07/10

Là aussi, il y a quelques cabanes abandonnées sur la plage. La ferme perlière située sur un motu a, elle aussi été désertée, les effets de la crise se font ressentir jusqu’ici. Il reste néanmoins une petite activité humaine, Kin, la trentaine, a quitté Tahiti avec sa femme est ses 4 enfants. Ils vivent dans une cabane en bois sans eau courante ni électricité. De l’eau de pluie, quelques plantations, la pêche quotidienne et les produits de la vente du coprah leur suffisent pour acheter le strict nécessaire. Une bouteille de gaz alimente une cuisinière sous un abri en tôle, 2 chaises en plastique, des chats, un gros chien et 6 formidables sourires de gentillesse sur une plage du bout du monde.

Kin est un puits de science pour nous, il connait chaque poisson, chaque crustacé ou coquillage. Il entretient ses ressources respectueusement en ne prélevant que le nécessaire. Chasse aux perroquets, pêche des becs de cannes, des bonites et des carangues non ciguatériques Pêche à la langouste sur le platier la nuit. Ramassage des caveux, gros crabes des cocotiers, etc. S’il ne pêche pas, sa famille ne mange pas, c’est simple…

Il est 12h, Kin est dans le dinghy de Michel et nous partons à la chasse. La petite ile à fleur d’eau émerge à peine du lagon et tout le monde saute de l’annexe, fusil en main.

Le spectacle est extraordinaire, des mérous et des pagres de plus de 1m, des perroquets géants, des napoléons et des licornes par centaines, le tout est encerclé et surveillé de très près par des dizaines de requins gris et pointe noire. Nous tirons peu de poissons force est de constater… Les requins sont très proches et le dinghy est très loin…

Le soir, c’est le ramassage des caveux. Kin place à des endroits stratégiques des moitiés de coco puis il faut attendre plusieurs heures. La capture a lieu en pleine nuit dans l’épaisse jungle du motu. Les gros crabes ressemblent à des tarentules géantes et sont agglutinés autour des appâts, parterre mais aussi beaucoup dans les arbres. Leur vitesse de déplacement est spectaculaire et gare aux doigts lorsqu’on les saisit, ils sont capables de dépiauter une noix de coco en quelques minutes alors un orteil…

Bon, alors, maintenant, placez Carmen et Pascale, équipées d’une petite torche, dans la jungle, en pleine nuit, au milieu de centaines de crabes énormes qui courent dans tous les sens et qui grimpent aux arbres…  Je vous laisse imaginer l’état des tympans des crustacées… Ils n’ont jamais du entendre autant de hurlements… Et nous non plus !

 

23/07/10

Après une longue chasse sous-marine avec Michel, je pars chercher les enfants Toutini et Moeava pour pêcher du bateau. Ils apportent un seau de bernard-l’hermite et je fournie les palangrottes. Il suffit d’arracher la queue du crustacé pour la placer sur l’hameçon, le reste de l’invertébré est écrasé au marteau pour servir d’amorce et ça marche à tous les coups… Perroquets blancs, carangues, loches et becs de cannes se jettent sur les lignes… Je ne vous raconte pas l’état du bateau après une partie de pêche comme celle là, une heure de nettoyage !

Nous dinons tous ensemble à bord de Colorazul, caveux, beignets de poisson, spaghettis et crêpes en dessert, le tout très très très arrosé !!!!

 

24/07/10

Cath et moi partons aider Kin et sa famille à     nettoyer un peu la cocoteraie. Le travail est exténuant, il faut ramasser les grandes feuilles de cocotier tombées à terre et faire des tas tous les 10 mètres pour les brûler. Au début, tu regardes ton tas avec admiration puis tu avances de quelques mètres et tout est à refaire et il y en a perte de vue…  La surface est immense et le nombre de cocotiers incalculable, bref, ce travail est sans fin… Complètement fourbus, nous rentrons au bateau et nous n’avons travaillé qu’une heure, vive le coprah ! Il le vend 5€ le kilo et il faut 8000 cocos pour faire une tonne de coprah !

Nous passons l’après-midi sous l’eau à la recherche de coquillages « 7 doigts ». Pascale est vraiment de plus en plus à son aise dans l’élément liquide. Alors que Cath ramasse des fichus coquillages, je trouve une deuxième bouée échouée sur le motu, ça au moins, c’est utile !!!

Je termine les bernard-l’hermite qui me servent d’appât pour pêcher du bateau. Un énorme Napoléon atterrit sur le pont. Un « napoléon » péché par Badinguet, il fallait le faire !

Il s’avère que le Napoléon est une espèce protégée et de toutes façons, il aurait été trop gros pour être consommé, alors on le relâche juste après la photo. Les filets de becs de canne terminent à l’eau après ½ heure de four car  ils sont tout simplement mauvais… On va manger du riz !

Pascale est fatiguée de sa longue nage contre le courant à la recherche de « 7 doigts » mais le jeu en valait la chandelle, elle a trouvé un magnifique spécimen sous l’eau.

Cath nous fait des crêpes en dessert.

Le vent s’est relevé et le mouillage est ballotté par 25 nœuds de vent d’Est. Jean-François sur « Philippe » et « La Catherine sont arrivés à leur tour dans notre repère…

 

25/07/10

Ca commence à faire un peu beaucoup de monde pour jouer les Robinsons, je recommence à surveiller la météo et les horaires de marée car la sortie de la passe risque de secouer un peu…

Nous mangeons tous à terre un excellent repas polynésien organisé par Kin et sa famille et les copains sont toujours à siroter du rhum à 16h30… Un requin pointe noire traine dans l’eau transparente de la petite plage paradisiaque, les bateaux sont mouillés juste devant nous, le décor est parfait. Nous partirons demain matin.

 

26/07/10

Le départ est donné à 7h45, il s’agit d’arriver à l’entrée de la passe pour l’étale… Le seul problème, c’est que suivant les atolls, les inversions de courant peuvent se faire plusieurs heures avant ou après les étales, nous verrons bien.

Et beh, c’est vite vu ! Le mascaret est puissant et les déferlantes impressionnantes… Je n’ai aucune envie de poireauter à l’entrée à espérer une éventuelle accalmie… En serrant bien à droite en sortant, ça à l’air moins méchant, on y va.

Le courant est fort et 4 nœuds nous poussent aux fesses vers la sortie mais aussi vers le centre du mascaret, je ne veux surtout pas me frotter à ces déferlantes de 3 mètres… Moteur à 2800 tr/min, nous gardons le côté de la passe et très vite, nous nous écartons de la zone dangereuse.

Il faut ensuite traverser cette barre le plus loin possible de l’entrée car le courant porte très au large. C’est pendant ces 10 minutes que nous serons le plus malmenés… Une vague de plus de trois mètres nous prend par le travers et tout valdingue à bord, Badinguet se couche si violemment que j’entends l’hélice sortir de l’eau… Heureusement que ça ne dure pas et très vite, nous retrouvons l’océan et 25 nœuds de vent arrière, ouf !

 3 heures plus tard, nous engageons l’anse Amyot. Il s’agit d’une petite baie creusée dans le reef qu’on aborde par l’extérieur de l’atoll. On voit les eaux turquoises du lagon juste devant le voilier mais on ne peut pas passer… Nous sommes le seul voilier de la crique et il y a douzaine de corps morts.  Par deux fois, même en me penchant, je loupe les amarres qui sont sous l’eau, impossible de les gaffer… Je râle un bon coup, les corps morts sont faits pour simplifier la vie des navigateurs mais là ils la compliquent ! Nous mouillons temporairement et Pascale descend dans l’annexe pour rejoindre la bouée et me tendre les grosses amarres. Ca y est, on y est !

Une navigation brève mais dense !

L’endroit est sympathique, beaucoup moins désertique qu’espéré mais la bonne humeur et l’humour de Valentine compensent de très loin le paysage.

Valentine et Gaston sont des figures incontournables de Toau et même de toutes les Tuamotu. Ils tiennent un petit restaurant sur la plage et leur guinguette est connue de tous les marins… Sur pilotis, les pieds dans l’eau, des coquillages pleins les étagères, des drapeaux du monde entier et des photos pleins les murs, un endroit comme souvent, un endroit comme on aime…

Nous assistions au nettoyage des poissons au milieu des requins et des raies puis c’est le moment de nourrir le bébé frégate qu’ils ont recueilli. La petite bête n’a encore rien du « Batman volant » (comme dirait Maël), le volatile a deux boules de duvet à la place des ailes mais côté voracité, bonjour ! Ils boulottent des poissons entiers tendus par la main des pécheurs locaux, sacré spectacle !

Valentine nous demande quand nous venons diner, je lui réponds que ça dépend du menu… Elle rit de toutes ses dents et prononce le mot magique : « langoustes », on s’est compris !

 

27/07/10

La météo se confirme, 30 nœuds de vent d’Est à partir du 30/07… Il va falloir faire un choix pour assurer notre navigation vers Tahiti.

Le conciliabule est rapide et il est décidé que nous partirons demain matin vers 3h en direction de Moorea et ses deux grandes baies du Nord. En fait de conciliabule, pour être tout à fait honnête, je discute du sujet en priorité avec moi-même puis, j’impose ma décision, eh, eh, eh ! C’est pas bien beau, mais c’est ce que fait la capitaine !

La matinée se passe à poncer les coquillages et l’après-midi, nous partons faire une petite trempette sur le récif côté lagon.

Les grains et les éclaircies se succèdent, Valentine a pris rendez-vous pour sa cervicalgie à 16h aussi, je passe 30 minutes à travailler en excellente compagnie. Vers 17h, je pars chercher Catherine et Pascale qui débarquent à terre les bras chargés de bières et de cacahuètes pour l’apéro. L’ambiance est à la détente et une série de parties de pétanque débute. C’est la première fois que je sors la triplette des coffres de Badinguet et le résultat est un peu limite… Il faut dire que jouer aux boules en compagnie de Gaston sur un atoll des Tuamotu, c’est quelque chose… Pendant ce temps là, Cath est assise aux côtés de Valentine qui lui demande…

-         Valentine : Ca te dirait de rester ici longtemps ?

-         Cath : Heu, Longtemps comment ?

-         Valentine : Pour toute la vie, en fait.

-         Cath : Et bien, j’ai une maman de 99 ans, un fils et deux petits enfants que je garde souvent alors, ça me parait un peu difficile…

-         Valentine : D’accord ! Tu sais, c’est important de te poser la question car il y a quelqu’un qui est intéressé par toi… Excuse ma question directe, Catherine.

-         Cath : Non, pas de problème, mais je ne peux vraiment pas.

Et si tu observes un peu le fameux Philippe, demandeur de la main de ma tante, tu pars même en courant des Tuamotu… Dire que j’ai failli laisser ma tata sur un atoll du Pacifique avec Robinson Crusoé ! Pascale l’a pris en photo pour que Mamie nous donne son avis…

La soirée se passe a préparer Badinguet pour la navigation de demain et un départ nocturne. Le tangon tribord est en place et l’écoute de génois à poste.

 

28/07/10

Il est 2h50, j’ai du mal à émerger mais il faut y aller… A 3 heures, sous une lune presque pleine, Badinguet envoie toute la toile et navigue à 7 nœuds au grand largue par 15 nœuds de vent d’Est. Toute la journée sous genaker et la nuit, je remets le génois par sécurité.

 

ILES DE LA SOCIETE  

 

 

MOOREA

 

 

29/07/10

La nuit s’est bien passée, pas de grain, ni de mauvaise surprise. Nous recevons un coup de fil de « Fidji » qui s’inquiète aussi pour le mauvais temps à venir, nous nous retrouverons à Papeete début août.

Ca y est, Tahiti est en vue. Voila encore un rêve qui se réalise…

Lorsque j’étais enfant, mon oncle Jean-Claude m’avait dit que l’ile de Tahiti est tellement haute sur l’eau que lorsque tu commences à l’apercevoir, tu en as encore pour une journée de navigation… Et bien, pour nous, c’est l’inverse, nous la distinguons vraiment au dernier moment sous d’épais nuages gris. Il pleut sur les iles du vent de l’archipel de la société. On ne distingue pas les sommets mais nous sommes a Tahiti, symbole enfantin d’un paradis de l’autre côté de la terre…

En abordant le Nord de la passe entre Moorea et Tahiti, la canne à pêche se plie violemment et le moulinet se dévide à toute vitesse, il faut stopper le voilier rapidement. Le poisson a pris presque tout le fil mais je ne sers pas le frein à fond, ca prendra le temps que ça prendra mais je veux ce bestiau dans le congélo ! Les secousses dans la canne sont impressionnantes, peut être un espadon. Le poisson remonte à la surface, ce n’est donc pas un thon, et le voilà qu’il saute furieusement… Une magnifique dorade coryphène, (appelé le Mahi-mahi ici) se fait gaffer à l’arrière de Badinguet…

Elle est de très bonne taille et le pari risque d’être gagné, 1m54 et 21 kilos. Soit exactement la taille de Catherine (pas son poids), on a pris un poisson aussi grand qu’elle ! J’accroche le bestiau sanguinolent à la bôme d’artimon et Cath se place à côté pour la photo, contrat rempli !

Badinguet engage le chenal de la baie d’Opunohu au Nord de Moorea puis direction le mouillage derrière la pointe de Vaipahu où je trouve une bonne place au milieu d’une quinzaine de voiliers en majorité américains. Il fait un temps gris et bouché. Pas de soleil donc pas d’eau turquoise et les pitons spectaculaires restent timidement derrière un voile nuageux… Sur la petite plage de sable blanc, un groupe de jeunes picole en écoutant de la musique à fond et quand je dis « à fond », cela signifie qu’il nous est impossible de nous reposer de la nuit blanche qu’on vient de passer en mer, vive la civilisation.

Nous regardons passer les voilures sur la route côtière comme si on découvrait une nouvelle race d’animal, cela fait longtemps qu’on n’a pas vu un véhicule à moteur...

Les tangons sont rangés, le genaker est plié, l’équipage est fatigué mais heureux d’être arrivé.  

Nous discutons longuement avec Franck, un guide du coin qui vit sur son bateau depuis des années. Il nous explique toutes les combines, les bons restos, les endroits pour nager et nous indique où aller nous promener demain, génial !

Jean-Claude et Aline nous téléphonent, il vont passer leur voiture par le ferry et nous emmener visiter Moorea dans quelques jours, quel accueil de rêve !

 

TAHITI

 

 

En effet, le lendemain à 10h30, La voiture d’Aline et Jean-Claude est garée le long de la plage. Comme je ne veux pas laisser l’annexe sur le sable sans surveillance, i nos amis du catamaran « Confianza » nous déposent à terre.

Et nous voilà partis pour un rapide tour de l’ile de Moorea avec un délicieux repas au restaurant « Ti panier » offert par Cath et Jean-Claude.

Ils repartent en fin d’après-midi et nous rejoignons Badinguet pour nous reposer un peu avant de rejoindre Marie-Paule, Moira et Pierre sur leur « PRIVILEGE 43 ».

Nous passons une excellente soirée et Moira, leur fille en vacance m’explique que la navigation de mon site internet est peu intuitive… Je sais qu’elle a raison mais je n’arrive pas à ordonner les différentes pages. Les conseils et les idées qu’elle me donne sont tout simplement géniaux. Je vais baser la navigation du site sur le temps et la géographie avec des échelles de temps et du Mindmapping, à vos souhaits !

 

Dans les jours qui suivent, le mauvais temps s’installe et 25 à 30 nœuds de vent chahutent les 20 voiliers du mouillage. Le programme est assez simple, Parties de PMT à la recherche de coquillages (on ne doit pas en avoir assez !), travail sur l’ordinateur avec Moira et quelques randonnées « casse-pattes » sur les hauteurs qui surplombent le lagon.

 

04/08/10

Le vent est tombé et nous pouvons aligner Tahiti. D’abord au moteur puis à la voile, au près, dans la passe. Une belle bonite « dents de chien » se fait prendre et Cath fait sa dernière navigation dans d’excellentes conditions, ça change des navigations  dures qu’elle a rencontré jusque là !

 

Nous engageons la passe de Taapuna, puis nous remontons le chenal balisé vers le plus grand mouillage de Tahiti. Il y a là plus de 150 voiliers ancrés les uns derrière les autres et Badinguet s’annonce à la marina Taina.

Philippe, un employé du port nous rejoint, s’assure du bon fonctionnement de notre propulseur d’étrave et nous indique une place. Nous sommes placés juste devant le restaurant « Casa bianca », entre deux petits bateaux et la manœuvre est pointue mais avec un chausse-pied et un peu de vaseline…

Badinguet est à quai, cela faisait longtemps… La dernière fois remonte à Shelter baie avant le canal de Panama, il y a 6 mois.

La encore, nous sommes pris en charge par Aline et Jean-Claude… Visite de l’ile, courses, et surtout d’excellents repas préparés par Aline, Chomen, sashimi, etc.

 

Arrive le moment de faire les sacs… 46 kilos pour chacune des passagères et certainement 80% du poids en souvenirs à ramener en France… Des poteries Péruviennes, des lances marquisiennes, des Tikis, des chapeaux « Panama » et bien sur, les très fameux coquillages, 7 doigts, cônes, nacres et j’en passe…

 

07/08/10

Il est 5 heures du matin, J’entends la voix de Jean-Claude qui nous appelle, le réveil n’a pas sonné !!!

Une demi-heure de speed plus tard et tout le monde est dans les voitures pour l’aéroport. Pascale reviendra le 17/09 et Cath retourne à une vie plus calme sans grosses vague ni coup de vent.

 

A partir du 08/08/10

Me voilà seul maitre à bord pour un moment et les travaux d’entretien et de réparation du voilier m’attendent…

-       Changement des 2 grosses vannes de sortie des cuves à eaux noires.

-       Couture de la grand-voile.

-       Vidange et changement des filtres, courroies et impelleurs des deux moteurs.

-       Nettoyage des échangeurs des 2 moteurs (complètement bouchés par les coquillages (inutile d’aller en chercher sur les plages, y en a dans le moteur !)

-       Nettoyage et remise en état du teck du cockpit.

-       Changement des rustines du dinghy (la colle ne tient pas longtemps sous ce climat)

-       Changement du kit d’entretien du groupe d’eau, des cylindre-blocs) et remplacement du pressostat.

-       Changement des joues de serrage du barbotin de guindeau

-       Pose de flaps sur le moteur hors-bord…

 

Le tout, grandement aidé par Malou, Domi de « Catafjord », Isa et Patrick de « Fidji », Dany de « Ocean pearl » et surtout par Jean-Claude, très présent et hyper efficace. Il est à la marina en une demi-heure, me rapporte les pièces manquantes ou m’emmène faire des achats. Il a réussi a me dégoter un mini étau, de la colle spéciale Zodiac, des couteaux à filets et à chaque fois, il ramène des douceurs ou des cadeaux, rhum, fromages, sauces, etc. Fantastique le tonton ! Je mesure à quel point, j’ai de la chance de l’avoir tout près.

 

Comme il dit, le père-Noël passe tout les jours à la marina !

J’ai de bonne nouvelles de Maël qui poursuit son périple en Amérique du Sud et de Pascale qui est arrivée 24h avant ses bagages à Carqueiranne.

Je retrouve aussi Chantal et Bertrand qui ont couru le marathon des Marquises. Ils m’invitent au restaurant de la marina et me donne beaucoup d’informations précieuses sur Papeete. Des gens formidables, attentifs et toujours près à aider, voilà des terriens à l’esprit marin…

Aller, il faut que je me force à écrire un peu…

Pendant l’absence de Pascale, je suis retourné 2 fois à Moorea en emmenant des amis et très régulièrement, j’ai manipulé et massé quelques tahitiens. Financièrement, j’ai réussi à équilibrer mon séjour en faisant même quelques bénéfices…

Leny et Loïc m’ont prêté leur voiture et Aline et Jean Claude m’ont choyé en me nourrissant et me logeant souvent. La cuisine d’Aline mériterait d’ailleurs de figurer dans les anales, tout comme la disponibilité et la gentillesse de mon oncle Jean-Claude, très présent.

Au cours des escapades à Moorea, j’ai récupéré de nombreux coquillages, retrouvé une amie d’enfance en compagnie de sa famille, crapahuté sur les randonnées « des 3 pinus », « des 3 cocotiers » et « la route des ananas ». J’ai plongé sur le spot où ils donnent à manger aux raies et aux requins et je me suis même retrouvé sur les bancs du « Tiki village » à regarder des vahinés bien nourries danser le tamouré… Bref, Moorea n’a plus beaucoup de secret à dévoiler à mon goût… Mais les amis qui m’accompagnaient en ont vraiment profité et c’est cela le plus important.

 

Pour être plus précis,

-         j’ai aussi fait tomber a l’eau une pince électrique que j’ai du récupérer en plongeant a 25 mètres avec le scaphandre.

-         Je mes suis fait un joli œil au beurre noir en remontant sous la coque rigide du dinghy.

-         Je mes suis arraché un bon bout de doigt sur les coraux.

-         Je me suis fait piquer 3 fois par les fameuses étoiles de mers parasites. A ce sujet, j’ai vraiment eu peur que leur piqure soit venimeuse mais non, vous pouvez y aller, ça se soigne très bien !

-         On ajoute à cela la mort de la deuxième pompe de chiottes, le bac a congélation qui s’arrache du coffre et on a fait le tour de mes séjours à Moorea !

En revenant du deuxième séjour au cours duquel Loïc Tabarly, (le fils de Françoise, la compagne de mon père, faut suivre !), s’est bien éclaté en Kyte, nous avons rencontré les baleines… Non, non, pas les danseuses du Tiki village, de vraies baleines à bosses qui longeaient le récif au sud de la passe de Tahiti.

Il est vrai que le dimanche, inutile espérer rester en tête a tête avec les cétacées, il y a beaucoup de monde sur l’eau et le spectacle de ces pachydermes sous-marins attirent toutes sortes d’embarcations… Badinguet s’est vite retrouvé cerné par des zodiacs, des vedettes, des kayaks et tout un tas de baigneurs survoltés sautant et nageant entre les hélices à la poursuite des mammifères.

Une heure plus tard, Badinguet quitte le dangereux troupeau et part vers le large pour amorcer un demi-tour vers le Nord et surprise !!! Nous sommes face à face avec une énorme baleine à bosse accompagnée de son petit… Loïc enfile un masque et est déjà dans l’eau suivie de près par ses deux amies. La baleine s’enfonce doucement sous la quille de Badinguet, indifférente aux plongeons bruyants de notre petite troupe… Je distingue l’énorme masse sombre et blanche glisser sous le voilier pendant que d’autres congénères sautent hors de l’eau au large… Quel spectacle !

Nous voilà de retour au mouillage de Punaauia, il y a de moins en moins de voiliers sur Tahiti et Moorea, il va être temps de songer a quitter la Polynésie française.

Badinguet est mouillé à côté de « Catafjord », d’ « Eglantine » de Patrick et Annie ELIES et bien d’autres encore….

Pascale est attendue sur le pont, il y a encore des terres à découvrir et des bons petits plats à cuisiner…

 

 

 

Comme ils disent aux Marquises, C’est parti mon Tiki ! Pascale est de retour sur Badinguet, l’équipage est au complet pour la suite du voyage…

Mais avant toute chose, quelques mots sur Tahiti…

Papeete est une ville peu attirante, vieillotte, parfois sale et souvent impossible d’accès tellement il y a d’embouteillages…Mais voilà, il y a les tahitiens, les Polynésiens, les Popas (blancs immigrés) et les Chinois installés depuis plusieurs générations maintenant… Tout ce petit monde perdu au milieu du Pacifique vit avec harmonie et s’il y a un gène commun, c’est certainement celui de la gentillesse…

Tahiti nécessite du temps et de la patience et les 2 mois passés sur cette ile nous ont enchantés. Merci à Bertrand, Chantal, Caro, Patrick, Charles et sa famille, Leny et tous les autres. Et surtout Merci à Aline, Jean-Claude et Loïc, ils font partis de notre famille à jamais. Juste un exemple…. Alors que les préparatifs de départ sont terminés, nous recevons un coup de téléphone d’Aline ?!?!

15 minutes plus tard, ils nous apportent un sac rempli de tous petits poissons qu’on cuisine ici en beignets. Ces « ei’naa » se pèchent à l’embouchure des rivières uniquement en cette saison et franchement, s’il faut se retaper la moitié d’un tour du monde pour déguster a nouveau les plats d’Aline en compagnie de mon tonton Jean-Claude, on le fera ! Sashimi, Chaomen, Kai fan (riz cantonnais), Fou ka (légume local), rapiti et inutile d’aborder le sujet des crêpes à la banane, j’ai pris 4 kilos !!!!

Tahiti restera aussi pour nous un mouillage paisible où les amis navigateurs foisonnent et où bon nombre d’entre eux resteront toute la saison… Nous laissons derrière nous des amis chers à nos cœurs… Salut Catafjord, Rackham, Fidji, Micromegas, Mariposa…

Pour finir ce petit tour de piste, Tahiti n’est pas comme beaucoup l’imaginent, Une combinaison permanente de ciel bleu, de soleil et de chaleur… Juste avant le retour de Pascale, Alors que j‘hébergeais Patricia et son fils Valentin (une amie d’enfance) j’ai essuyé pendant quelques heures 45 nœuds réguliers de vent au mouillage de Punaauia… Les embruns, la pluie battante et les vagues de plus de 1 mètre ont copieusement arrosés Badinguet et angoissé le skipper transit de froid ! Pour illustrer le tableau, je me suis retrouvé à veiller dans le cockpit avec fourrure polaire et le gros ciré… La Bretagne en hiver quoi !!!

 

Au petit matin, un voilier coulé, pas mal de dégâts dans la marina, un grand « ouf » et beaucoup de souvenirs pour mes invités…

Une dernière petite chose très importante avant de poursuivre… Pour faire le tour du monde en voilier, il faut du temps, de l’argent, du courage, de la persévérance, de la patience et ….. Du Rhum !!! Et nous n’en avons plus !!!!

Comme nous avons effectué notre sortie officielle du territoire, nous pouvons bénéficier de prix détaxés sur l’achat de bouteilles d’alcool et nous voilà avec 20 nouvelles bouteilles de rhum antillais, on l'a échappé belle !!!!

 

 

23/09/10

Il est 10h30 lorsque nous engageons pour la dernière fois la passe balisée… Punaauia est très protégée par vent d’Est et nous commençons notre périple au moteur. J’aperçois au loin quelques bateaux à la dérive, il doit s’agir de baleines et je change de cap en espérant que Pascale pourra approcher un gros cétacé à bosses (autre que moi !).

La baleine est là mais impossible de se rapprocher… Lorsqu’elle sonde, on peut faire une étoile et choisir sa direction au pif car elle ne ressort jamais où on l’attend… A force de se tromper, nous laissons tomber les baleines assez vite et reprenons le cap de Moorea.

Comme d’habitude, après avoir passé le rail des ferries Papeete-Moorea, nous nous faisons cueillir pas 35 nœuds de vent et une mer forte par le travers.

C’est bien sûr au moment où je dis à Pascale, barbouillée, qu’il serait malvenu de prendre un poisson dans ces conditions que la canne à pêche se plie…. Badinguet est en travers de la lame, roulant bord sur bord à se faire gifler par les déferlantes lorsque je remonte un petit thon rouge.

Vite, on renvois du génois pour s’appuyer sur le vent et engager une heure plus tard la passe de la baie de Hopunohu que nous connaissons bien.

 

HUAHINE

 

26/09/10

Bip,bip,bip. Le réveil s’acharne sans compassion, il est 2h30 du matin. La lune éclaire le mouillage de Hopunohu comme en plein jour, emprunter de nuit la passe va être un jeu d’enfant. Il y a peu de vent et Badinguet glisse au moteur entre les balises lumineuses. Adieu Moorea…

Plus au large, c’est une autre affaire, la mer est formée et 15 nœuds de vent arrière nous poussent à 6.5 nœuds vers Huahine à 80 milles de là.

La navigation est dure et les mouvements de roulis du voilier ont vite fait de mettre à mal la moitié de l’équipage et par la même, ma moitié à moi ! Pascale reste couchée toute la journée et ne se lève que deux fois, pour m’aider à gaffer deux belles dorades coryphènes qui viennent combler les petits espaces vides du congélateur !

Alors que nous contournons très largement la pointe Sud-ouest de l’ile, nous apercevons de temps en temps, des montagnes d’eau et d’écume au niveau de la barrière de corail… Plus nous approchons et plus le spectacle est impressionnant. Des vagues de plus de 5 mètres se cabrent, pour déferler avec puissance sur le récif, soulevant des colonnes d’embruns dans un bouillonnement d’écume. Le bruit est assourdissant et Badinguet se fait tout petit pour longer ces formidables vagues.

Nous remontons toute la côté Ouest de Huahine puis, nous apercevons, dans le lagon, le gros catamaran de "Mariposa". Un petit coup de VHF et nous redoutons déjà l’apéritif démesuré que nous risquons de prendre à leur bord. Nous les suivons jusqu’au milieu de l’ile, près du motu Vaiorea. L’endroit est enchanteur et le mouillage idéal sauf par vent de secteur Sud.

Et nous n'y coupons pas... Apéro sur "Mariposa" !!!!

 

27/09/10

Une nuit extrêmement agitée avec de nombreux grains, des trombes d’eau et des rafales à 30 nœuds… Voilà, le mouillage est idéal mais la saison est pourrie !

A 9h, coup de fil de Chantal de « Micromegas », ils arrivent à Huahine en provenance de Raiatea et veulent nous inviter à la fondue !!! On maigrira dans deux ans !

Vers 10h, nous nous déplaçons plus au Sud sous un ciel gris et chargé, en baie d’Avea.

 

L’endroit est agréable malgré les rafales et Pascale m’accompagne le long de la barrière de corail pour faire une petite heure de PMT. Le courant est important car les énormes vagues  qui se brisent sur le récif font entrer de force des tonnes d’eau dans le lagon. Pascale remonte assez vite dans le dinghy juste avant que je n’aperçoive 3 requins dont un grand « pointe noir » très farouche (pas autant que ma plongeuse !)

Le soir sur « Mariposa » : Magret de canard - gratin dauphinois – chou cuit dans la liqueur de cassis, marrons, burp !!!

 

28/09/10

Une jolie balade sur les crêtes qui surplombent le mouillage puis diner sur « Micromegas » qui vient d’arriver pour déguster enfin….. La très fameuse fondue au fromage de nos amis Suisses… Nous passons une excellente soirée en leur compagnie, nos estomacs s’alourdissent encore un peu plus et comme il ne faut jamais, oh non, jamais, boire de l’eau avec la fondue, nous n’en buvons pas…

Chantal nous a même servi un petit verre de kirsch dans lequel il faut tremper le pain avant de le baigner dans le fromage fondue… Hyper léger mais délicieux, merci les amis.

A noter que je me suis tordu la cheville en descendant de la montagne sans cheval et que j’ai une belle otite !

 

RAIATEA-TAHAA

 

29/09/10

Il est 7h30, Badinguet remonte « son seul pied à terre », son ancre, et quitte le Sud de Huahine pour sortir par la passe Nord une heure plus tard. La mer est désagréable comme elle sait l’être parfois, très peu de vent arrière et une houle croisée de côté ! Tout ce qu’il faut pour barbouiller Pascale qui a du mal a retrouvé son pied marin….

3 heures de roulis infernal plus tard, nous entrons par la passe Teavarua dans le lagon qui entoure les deux iles de Raiatea et Tahaa. A peine dépassées les bouées que nous voilà trempés une première fois par un méchant grain En fait, toute la navigation dans le lagon se fait sous une pluie battante qui vient nous gifler par 35 nœuds de vent arrière ! Pour nous, Raiatea se résume à  un grand nuage blanc et gris !

Nous appelons nos amis de « Fidji » qui travaillent désormais comme skippers pour une société de charter et nous convenons de nous retrouver en baie de Hurepiti, sous le vent de Tahaa.

La baie est profonde dans tous les sens du terme, elle pénètre loin dans les terres et il a 35 mètres de fond ! Il existe juste une petite patate qui culmine à 20 mètres de profondeur et les places sont chères. Je mouille au ras d’un voilier Anglais avec 70 mètres de chaine. Je constate à quel point la rouille a grignoté la fin de la chaine, nous la changerons en nouvelle Zélande. L’effet Venturi s’en donne à cœur joie et le ciel menaçant finit de nous décevoir un peu plus de ces iles sous le vent…. Trop d'hôtels, trop de touristes, peu d’accès aux plages qui ne soient pas privés et désormais, des voiliers de location à gogo !!!! Il y deux bases « Sunsail » et « Moorings » à Raiatea et nous voilà à nouveau entourés de marins d’eau douce… Si seulement, il faisait beau !

A 14h30, il ne pleut plus mais l’annexe reste accrochée aux bossoirs, nous avons la flemme d’aller à terre, nous préférons attendre nos amis qui devraient arriver sur un catamaran « Eleuthera » de 60 pieds chargés de touristes fortunés…

Une heure plus tard, nous sommes en annexe à l’arrière du gros catamaran de charter et nous dégustons en buvant un tee-punch en douce avec Isa et Patrick pendant que leurs clients pointilleux boivent l’apéro de leur côté, jetant un œil réprobateur en direction du skipper et de l’hôtesse…

 

30/09/10

1h20 du matin… Le vent hurle dans les haubans et soudain, le choc ! Un bruit sourd, différent de celui de la chaine dans le davier… Pascale sort rapidement à l’extérieur et m’appelle.

- Pascale : Vite, le dinghy, vite.

En 3 secondes, nous sommes sur le pont, moi, nu comme un vert et pascale habillée en cosmonaute armée d’une frontale. L’annexe s’est renversée et se retrouve plaquée contre le balcon, le moteur est carrément passé de l’autre côté et tout ce qui était dedans est parti dans les airs. Entre deux rafales à 40 nœuds, nous remettons l’annexe en position horizontale puis à l’eau, bouchon ouvert pour qu’elle se remplisse et qu’elle s’alourdisse. Badinguet louvoie énormément et le hurlement du vent nous stresse de longues heures. Nous finissons la nuit dans une « léthargie vigilante » et épuisante….

A 7h, nous sommes debout tous les 2, bien décidés à se sauver d’ici au plus vite.

Patrick nous a conseillé de les suivre car ils vont mettre à tremper leurs touristes au « jardin de corail » et ils auront un peu de temps à nous consacrer avant notre départ pour Bora-Bora..

Il nous faut bien 1/4h pour dépêtrer notre mouillage du corail puis nous suivons le gros multicoque jusqu’au motu Tautau. Nous restons une bonne heure à profiter de nos chers amis puis c’est le départ en direction de la mythique Bora-Bora…

 

La navigation est idéale, 25 nœuds de vent dans le derrière, que du bonheur !!!

 

 

BORA-BORA  

 

 

Passant à 8 nœuds du grand largue au près, nous contournons le Sud de la barrière de corail et nous voilà devant la seule passe de l’ile et, au moment d'engager le chenal, le moteur ne démarre pas !

Il faut que je vérifie certains points, j’enroule toutes les voiles et laisse Badinguet dériver sous le vent de la passe Teavanui…. Le gasoil arrive, le circuit de refroidissement va bien et la batterie de démarrage est chargée… Je suis loin d’être un spécialiste des moteurs diesel et j’ai vraiment besoin d’aide…. Inutile d’appeler mon père, il est 2h du matin en France, je téléphone à Domi de « Catafjord » mais personne ne répond, les unités de notre mobicarte sont épuisées et c’est Patrick de « Fidji » qui nous vient en aide avec une efficacité remarquable. Suivant ses conseils Je donne quelques coups de marteau sur le démarreur mais rien n’y fait et nous dérivons vite vers le large... Si près du but…

Il va falloir prendre des décisions car on ne peut pas rester indéfiniment à attendre un hypothétique bateau pour nous prendre en remorque. Il est hors de question que je lance un message de détresse aussi, nous décidons de rentrer dans le lagon à la voile. Il y a 30 nœuds de vent dans la passe et Badinguet réagira bien au près dans ces conditions, c’est jouable ! La seule inconnue est la suivante, comment est le vent dans le lagon, lorsque nous zigzaguerons entre les balises ???

Il n’y a que 15 mètres de fond dans les chenaux et si le vent refuse, nous pouvons mouiller d’urgence à tout moment, on tente le coup !

Pas question de s’encombrer de l’artimon, juste génois et GV !

Un virement de bord très moyen, puis deux, puis trois et enfin, Pascale et moi devenons très efficaces et il était temps car il faut virer toutes les 3 minutes, la passe est étroite mais tout va très vite avec 35 nœuds de vent au près. Une fois le goulet dépassé, le terrain de jeu s’agrandit et se complique un peu. Il faut se donner de l’angle par rapport au vent pour pouvoir manœuvrer entre les bouées et nous rasons les hauts-fonds, toujours prêts à mouiller en catastrophe en cas de bascule de vent.

Badinguet gagne du terrain et nous approchons de la zone de mouillage abritée et comme elle est abritée, le vent tombe complètement. Nous mouillons en désespoir de cause par 6 mètres de fond entre une bouée rouge et une verte, en plein milieu du chenal !!! Ca ne se fait pas mais nous sommes en sécurité et le plus dur est fait ! Il reste 200 mètres à faire pour être dans les clous et avec notre annexe, on devrait pouvoir tirer ces 20 tonnes dans l’aire de mouillage.

Nous mettons donc le dinghy à l’eau et le moteur hors-bord est à peine à poste lorsque j’aperçois une barque  motorisée qui va passer non loin de nous.

Ils répondent vite à mes signes et acceptent de nous remorquer sur quelques centaines de mètres. Aussitôt dit, aussitôt fait, les 120 chevaux de nos « sauveurs » nous déplacent et nous permettent de mouiller au bon endroit. Nous avons presque l’impression qu’il ne s’est rien passé tellement nous nous sommes concentrés sur les manœuvres. On peut enfin souffler, nous sommes ancrés a l'abri et nous nous sommes très bien débrouillés, engager une passe contre le vent et se faufiler entre les récifs jusqu’au mouillage sans moteur, fallait oser !

Un petit coca bien frais et je descends dans la soute pour vite constater que les soucis viennent du démarreur. Nous entendons alors…

-         Eh, Badinguet, vous êtes là ? !!!!

Pascale sort et découvre François et Geneviève de « Ultreïa »… Ils nous ont vu arriver à la voile puis nous faire remorquer et n’ont compris que c’était nous que lorsque nous étions en sécurité au mouillage !

Patrick nous rappelle au même moment pour nous dire qu’il va annuler l’alerte qu’il a lancée dans les clubs de plongée de Bora-Bora, ils ont tous de grosses embarcations sur-motorisées qui auraient été capables de nous remorquer. Nous le remercions longuement pour son efficacité et son très précieux soutien.

Et c’est vrai qu’en levant un peu la tête de nos préoccupations du moment, il y a  « Sundance », « Yovo » et « Ultreïa » juste à côté de nous, nous voilà superbement entourés !

Josselin de "Sundance" s’y connait bien en moteur et reste persuadé qu’il s’agit d’un problème de connexion électrique bien que notre Yanmar lui paraisse très bien entretenu. François de « Yovo » me confirme que 90% des problèmes électriques d’un bateau sont des problèmes de mauvais contacts…

Au boulot, je retire toutes les connexions et tente en vain, de démonter le démarreur. 2h de galère plus tard, le Yanmar ronronne à nouveau ! La petite cosse du « + » du solénoïde était corrodée ! Comme quoi, une cosse de 3 millimètres par 5 peut faire couler un bateau de 16 mètres en le privant de sa manœuvrabilité au mauvais moment ! Tout ça pour ça !!!!

Nous finissons par boire un apéritif bien mérité sur « Ultreïa », quel plaisir de les retrouver à nouveau.

Nous nous couchons fatigués mais rassurés. La longue plainte du vent accompagnée d’un chapelet interminable de grains martyrise les dormeurs une nuit de plus…

 

01/10/10

Réveil tardif puis un grand tour d'annexe pour jeter un œil de l'autre côté de l'ile. Le "jardin de corail", le "lagoonarium" et j'en passe, et des flopées de touristes en maillots qui jouent avec les petits poissons. Bora-Bora est une ile magnifique et reste la première destination touristique de la Polynésie. Une fois qu'on le sait, on accepte un peu mieux tous ces hôtels de luxe dont les bungalows sur pilotis occupent la presque totalité des plages du littoral.

L'après-midi, nous accompagnons nos amis à quelques encablures du mouillage pour nager quelques minutes avec de nombreuses raies très câlines... Apres un terrible hurlement digne du "loup garou de Londres", Pascale remonte dans l'annexe à la vitesse d'un missile Exocet !  J'ai beau lui expliquer qu'il n'y a aucun risque et que les raies adorent les caresses, elle reste cramponnée à l'annexe.

Les organisateurs leur ont même coupé le dard pour éviter tout risque d'accident avec les touristes. D'où le proverbe bien connu des Polynésiens !

-         "A Bora-Bora, Quand, vient le soir, gare à ton dard"

   

02-03/10/10

Nous restons au même mouillage, bien à l’abri des nombreux grains qui continuent à arroser les iles sous le vent. « Yvonne », des amis anglais (et oui, c’est possible) accompagné de « Mariposa » viennent compléter la petite troupe que nous formons déjà.

Chacun vaque à ses préparatifs, pour nous il s’agit de mettre le site à jour et de faire le plein de fruits, de légumes et d’essence pour le moteur de l’annexe.

La météo se confirme, la pétole s’installe sur l’archipel à partir de lundi, nous partirons pour Maupiti demain.

Une dernière plongée avec tous nos amis en dehors su récif pour nager au milieu de dizaines de requins « pointe noire » et de quelques imposants requins « citron ». Le spectacle est impressionnant, où que je regarde, les requins sont présents dans mon champs de vision. Au diable mon otite, je descends un peu pour les photographier de près, séquence frissons garantis !

Nous téléphonons à Maupiti pour savoir si la passe est praticable et la réponse est positive, on peut y aller sans crainte.

 

MAUPITI 

 

 

04/10/10

Badinguet engage la passe de sortie vers 6h15, le vent a tourné au Nord-est, une fois n’est pas coutume.

J’envoie le genaker lorsque pascale émerge à son tour, réveillée par les mouvements du voilier qui rejoint le large. 

Vers 10h20, nous approchons de l’étroite passe Sud de Maupiti et les déferlantes ont l’air dangereuses… Le chenal d’accès au lagon de cette ile est redouté pour être extrêmement agité lorsque la houle vient du Sud et le risque de se retrouvé coincé à l’intérieur est à prendre très au sérieux !

Un catamaran qui nous a doublé en chemin décrit de grands cercles au large de la barrière de corail et je commence à douter que nous puissions entrer. Alors que je tente de placer Badinguet dans l’axe exact de la passe, un grain nous rince copieusement mais j’en ai vu suffisamment pour tenter le coup. Pascale est à la table à carte pour m’annoncer les profondeurs et la trace lorsque je glisse Badinguet entre les grandes vagues qui déferlent de chaque côté des balises. Le catamaran hésitant n’attendait que cela et le voilà qui engage juste derrière nous le passage délicat.

Nous sommes très vite à l’abri et le chenal qui mène au lagon est magnifique. Maupiti nous accueille avec sont majestueux piton rocheux qui plonge directement dans une eau turquoise. Voilà une ile qui vaut le détour !

Quelques patates de corail nous obligent à zigzaguer et en rangeant les tangons, je tire brusquement l’écoute de genaker qui filait à l’eau et mon poing passe à quelques millimètres du nez de Pascale… Le seul problème, c’est que sur son nez se trouvaient ses lunettes de soleil corrigées, antireflets, polarisantes et d’après sa réaction, en diamants 18 carats

Nous remontons le lagon pour apercevoir deux voiliers au mouillage Nord et il y a un catamaran qui nous semble bien familier. Badinguet navigue par 3 mètres de fonds dans une immensité turquoise et transparente… L’ancre quitte son davier et s’enfonce profondément dans la farine, un mouillage de rêve !

Incroyable, c’est « Rackham ». Nous mouillons juste à côté de lui et le multicoque de la compagnie « Sunsail » qui nous suit depuis la passe se glisse à côté de « Badinguet » pour nous crier « merci » ! Je leur demande pourquoi et ils m’expliquent que c’est la première fois qu’ils s’engagent dans une telle passe aussi nous remercient-ils d’avoir ouvert le chemin !

Sympa de leur part mais pour nous aussi, c’était la première fois !

Nous retrouvons contre toute attente, Henri et Danielle et nous sommes vraiment heureux de les avoir avec nous une dernière fois avant notre départ. Nous terminons notre séjour en Polynésie française en apothéose… Le coin est fabuleux et authentique et nous avons à diner nos très chers amis.

Dans l’après-midi, nous partons de l’autre côté de l’ile en leur compagnie pour atterrir sur une plage paradisiaque où nous déjeunons de brochettes de maï-maï et de frites en regardant un curieux spectacle… Les rares touristes de Maupiti traversent les 500 mètres de lagon à pied avec de l’eau jusqu’aux cuisses et sous un soleil de plomb parce que c’est marqué dans le « guide du routard ». Il n’y absolument rien à faire sur le motu qui borde le récif mais l’aller-retour sous le cagnard semble être l’activité en vogue du moment !

Nous retournons à bord pour terminer l’après-midi à discuter avec passion d’histoires salées.

Pascale nous prépare un excellent poisson cru à la tahitienne puis la soirée ne s’éternise pas. Danielle et Henri partent demain à l’aube car le vent est faible et les conditions sont bonnes pour retourner à Bora-Bora. Quand à nous, debout depuis 5h30, nous retrouvons nos couchettes avec une certaine jouissance, c’est vrai que demain, on ne travaille pas, c’est grasse mat !!!!!

 

05/10/10

Un coup de corne nous tire de nos rêves à 6h30… « Rackham » nous rase les moustaches et s’en retourne vers Bora-Bora. Nous leur faisons de grands signes d’au revoir, nous voilà désormais seuls au mouillage de Maupiti, snif !

Sur les conseils de Danielle et Henri, nous partons vers 9h30 pour grimper tout en haut de l’ile, soit 372 mètres de dénivelé et ça monte hyper raide !!! On dirait deux petits vieux tuberculeux tellement nous crachons nos poumons mais nous y arriverons quand même… Au sommet, la vue à 360° donne le vertige. Que de bleus et de verts, nous sommes émerveillés par le panorama. Nous faisons la connaissance de Laetitia et Quentin, en voyage de noces en Polynésie et nous sympathisons rapidement. Il faut dire que devant un tel spectacle, on ne peut que partager ses impressions…

 

Nous passons 2 heures à faire la sieste puis 2h de nage dans le lagon à la recherche de coquillages. En fait, je suis dans l’eau et Pascale est dans l’annexe pour récupérer mes trouvailles…

Quentin et Laetitia viennent à bord pour visiter et boire une bière et je me souviens d’une anecdote.

Il y a quelques années, nous étions au Guatemala avec mon ami Yves et plus précisément à Livingston qui se situe à l’embouchure du fleuve « rio dulce ». L’équipage d’un voilier américain, mouillé devant la plage, nous a invité à boire une bière à leur bord… Nous avions 26 ans et je conserve de cette rencontre un souvenir très précis. Ce jour là, une petite pierre de plus est venue s’ajouter à mon projet de faire le tour du monde.

J’ose espérer que nous apporterons, à notre tour, une petite pierre à la construction du projet de Laetitia et Quentin et nous leur souhaitons de réaliser leur rêve au plus vite.

 

06/10/10

Après quelques courses au petit village de Maupiti, nous déplaçons Badinguet derrière le motu qui délimite au Sud la passe d’entrée. Je m’assure que celle-ci est praticable avec le vent annoncé et c’est le cas, nous partirons demain pour le « far ouest » !

Pascale traine sur la plage pendant que je barbotte au milieu des coraux puis vient l’heure des préparatifs de départ… Remonter l’annexe et le moteur, installer les tangons, etc.

 

07/10/10

Badinguet aligne les balises de sortie avec un peu d’appréhension… Le voilier escalade puis dégringole une houle puissante mais qui reste sage… Comme si elle ne demandait qu’un peu de vent de Sud-est pour déferler et prendre au piège les visiteurs imprudents de la belle Maupiti…

 

Ca y est, nous sommes dégagés, bien au large avec suffisamment de vent pour envoyer genaker et génois tangonnés chacun de leur côté…

 

 

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