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AUSTRALIE - 1ère partie 

 

 

 

 

30/07/11

J’ai mal dormi, comme avant chaque départ.

Je tourne la clé du démarreur et … rien ne se passe ! La batterie défectueuse n’est pas capable de lancer le moteur, j’isole une autre paire d’éléments pour récupérer une batterie efficace et tout rentre dans l’ordre… Nous n’avons plus que 8 batteries de service au lieu des 12 initiales mais ça devrait suffire amplement.

Le pilote automatique fonctionne parfaitement et l’entretoise qui réduit la course du piston du frein à disque du moteur remplit son rôle à merveille, on s’en sort bien !!!

Nous faisons les pleins d’eau et de gasoil et Badinguet quitte Port Moselle sous un ciel gris. La passe de Dumbéa marque la sortie du grand lagon calédonien et le vent de Sud-est gonfle les voiles qui nous propulsent loin de cette ile décevante.

Toute la journée, mer belle et bon vent, le paradis. Nous avons pris une dorade coryphène puis un beau wahou. Lorsque je remontais le wahou, une deuxième dorade très combative est venue boulotter le leurre de la seconde canne. Hélas, le temps de gaffer le wahou lui a permit de se décrocher, dommage, elle était énorme !

 

31/07/11 - Point 1

6h50 UTC - Pos 24°06.900 S /167°27.025 E / cap 232° / vit 6.8 K /MER agitée a forte, pluies, vent de secteur SSE 15k. Distance parcourue en 24h : 180 milles

Dicton du jour : «  Hiver en Calédonie, pullover et parapluie »

Aujourd’hui, le temps a tourné à la pluie et la mer est devenue mauvaise. Pascale est à nouveau malade et les grains incessants n'arrangent rien.

Pour l'instant, nous nous sommes déroutés beaucoup plus au Sud en direction de Coffs Harbour. Si le vent nous permet de suivre cette route, nous espérons y être pour jeudi dans la journée. Sinon, nous reprendrons notre cap pour Brisbane, beaucoup moins loin...

 

01/08/11 - Point 2

6h00 UTC - Pos 25°53.700 S /159°57.725 E / cap 235° / vit 6.8 K /MER forte, tres beau temps, vent de secteur SE 10 a 15k. Distance parcourue en 24h : 181 milles.

Dicton du jour : « Badinguet dans le vent, kangourou loin devant »

Une mer toujours très formée avec une houle de 4 mètres rend la navigation assez pénible mais nous avançons bien et confirmons une arrivée prévue le 4/08 à Coffs Harbour, entre  Brisbane et Sidney...

Après une nuit très humide, une journée magnifique mais une mer difficile. Pascale va un peu mieux et on bouquine en s'accrochant à tout ce qu'on trouve...

Pas de pèche, trop de vagues !

 

2/08/11 - Point 3

6h24 UTC - Pos 27°39.100 S /157°77.615 E / cap 230° / vit 7 K /MER belle, très beau temps, vent de secteur SSE 10 a 15k. Distance parcourue en 24h : 176 milles.

Dicton du jour : « Alizé établi, repos garanti »

Toute la nuit et la journée, il a fait un temps superbe et la mer s'est nettement calmée. L’alizé est bien établi et Badinguet galope sur son terrain de jeu. Pascale nous fait des repas délicieux et on bouquine toute la journée. J'ai informé les douanes australiennes de notre changement de destination et ils nous attendent à Coffs Harbour le 4 dans la journée!!! Seul hic, le courant est vraiment contre nous et malgré un bon vent, on ne dépasse que rarement les 7 nœuds.

Nous avons modifié depuis peu notre organisation des quarts. Je prends le premier quart jusqu’à 2h puis Pascale assure la relève jusqu'à l’aube et cela nous convient parfaitement.

 

03/08/11 - Point 4

6h51 UTC - Pos 29°17.100 S /154°47.415 E / cap 234° / vit 605 K /MER belle, très beau temps, vent de secteur SSE 5 a 10k. Distance parcourue en 24h : 165 milles

Dicton du jour : « Qui pêche un kangourou à la traine, n'est pas loin de la côte australienne... »

Comme hier, une nuit paisible et en fin de journée, le vent est complètement tombé. Nous finissons donc cette belle traversée au moteur. En tous cas, rarement nous avons eu des conditions aussi clémentes et favorables.

Les nuits sont fraiches mais le spectacle est au rendez-vous chaque nuit. Comme il n’y a pas de lune pour parasiter le scintillement des astres, la grande voute céleste peut alors illuminer Badinguet qui glisse sous un incroyable plafond étoilé. Lorsqu’on baisse les yeux, le plancton, activé par les remous, illumine notre sillage de petits flashs verts mais il fait vraiment trop froid pour profiter pleinement du spectacle.

 

Nous arriverons en Australie demain matin vers 9h. le bateau est prêt pour une inspection en règle des douanes.,

 

 COFFS HARBOUR

 

04/08/11

Tout comme hier, la journée s’annonce magnifique, il fait un petit peu plus frais chaque jour mais l’air est cristallin et lorsque nous sommes à l’abri du vent, une douce chaleur accompagne la belle luminosité du ciel hivernal.  

Je me lève vers 5h45 pour proposer à Pascale de se reposer un peu mais l’excitation à l’idée de se retrouver bientôt en Australie est bien trop grande… Les premiers rayons du soleil embrasent le ciel derrière le voilier et un petit vent de terre propulse le voilier vers sa prestigieuse destination.

Badinguet, sous voiles, navigue en silence entre les iles et les cargos pendant que je tente désespérément de contacter les autorités Australiennes par VHF…

Nous ne sommes plus qu’à 1h30 de l’entrée du port lorsque la « Coffs harbour marine rescue » se manifeste par l’entremise d’une voix féminine très agréable.

Mon interlocutrice se propose de faire le relais afin de prévenir les douanes et la quarantaine de notre arrivée prochaine. Elle prend le temps d’épeler et d’articuler lentement chaque mot afin d’être assurée que je comprends les consignes qu’elle nous donne avec beaucoup de gentillesse et de patience.

Elle nous recontacte à 3 reprises et nous amarrons Badinguet au ponton de la marina de Coffs Harbour vers 9h. Un homme en uniforme, qui ressemble étonnamment à Tom Hanks nous aide à amarrer le voilier qui loge à peine dans la petite place qu’il lui a été attribué pour le contrôle.

Je remercie l’employé du port pour son aide mais il ne semble pas décidé à récupérer toutes nos amarres et ce n’est que lorsqu’il se redresse que je remarque une belle inscription jaune sur sa chemise « CUSTOMS » !!!

L’officier des douanes est vraiment sympathique et s’amuse du fait que nous l’ayons confondu avec un employé de la marina puis son compère, officier de la quarantaine arrive à son tour. Ils sont prêts à monter à bord mais le bateau n’est pas complètement amarré et le vent forcit de plus en plus… Je me dépêche de terminer l’amarrage et lorsque je me redresse pour signifier aux autorités qu’elles peuvent monter à bord, je me cogne violemment la tête dans la bôme d’artimon…

Je sais que je n’y suis pas allé de main morte mais la belle coulée de sang qui m’arrive dans les yeux surprend les douaniers et moi le premier !!!

Bien que ce ne soit pas profond, je saigne abondement et en essayant d’empêcher le sang de tomber sur le pont, je m’en colle partout. Le douanier me propose d’aller voir un médecin mais nous avons ce qu’il faut à bord et Pascale me pose un énorme pansement absorbant que je bloque avec un bonnet.

Nous avons vu un grand nombre de personnes se cogner dans cette fichue bôme d’artimon, des amis, des parents et même des douaniers… Ca ne m’était jamais arrivé, et beh voilà, CA C’EST FAIT !!!

Pascale revient rapidement avec des compresses imbibées d’eau pour me nettoyer le visage et les yeux, la visite peut commencer.

Tom Hanks est le premier à s’installer dans le carré, son collègues reste debout et commence à vérifier l’état de nos réserves alimentaires avec Pascale.

Il saisit les fruits, les légumes, les oignons, l’ail, le jambon, la mayonnaise, le lait en poudre et même un vieux tupperware de Bœuf bourguignon qui trainait dans le congèlo depuis plus de deux mois… Il inspecte ensuite les fermetures de toutes les boites en plastique qui contiennent du riz, pâtes, sucre, etc. Le contrôle se poursuit par l’inspection des cloisons en bois au cas où quelques termites aient réussit à traverser les 7 couches de vernis posées par les chantiers AMEL !

Pascale parle de mieux en mieux en anglais, et elle prend de plus en plus  de plaisir à communiquer, bien qu’elle n’utilise que le présent ! Elle n’arrête pas de causer en surveillant de près les yeux inquisiteurs de l’officier… Il faut dire qu’elle a planqué des citrons, des œufs et des patates un peu partout dans le bateau !!!

Pendant ce temps, Tom Hanks est avec moi et rédige les nombreux formulaires en me questionnant… j’ai l’air fin avec mon bonnet et ma compresse sur la tronche mais tout se passe avec beaucoup de sympathie et de politesse de la part des autorités australiennes.

Nous apprenons que nous avons eu beaucoup de chance d’arriver ce matin car cette après midi, nous aurions dû payer une surtaxe de 250 $ pour être arrivés un jour férié !!!!!!

Nous avons les yeux écarquillés en écoutant l’officier nous expliquer qu’il y a des jours de vacances nationaux, (Noel, 1er mai, etc.), des jours de vacances par état et certains par ville !!!! Aujourd’hui, à partir de midi, il y a une grande course de chevaux et il s’agit d’une demi-journée de vacances publiques pour la ville de Coffs Harbour !

Il est totalement impossible pour un navigateur étranger qui débarque de savoir si telle ville ou tel état est en vacances… Les douanes qui ont reçu notre message de départ sont situées à Cambera et ne renseignent pas les navigateurs, par fainéantise ou par ignorance…  A 3 heures près, on payait une fortune pour avoir atterri en dehors des horaires de bureaux !

La fin de la visite approche et, après avoir payé 330 AUD la quarantaine, le douanier nous donne un stylo bille avec un numéro de téléphone inscrit dessus… Sympa, le petit cadeau de bienvenu…

Mais il n’en est rien. Il nous explique que si nous voyons quelqu’un se baigner nu ou balancer son huile de vidange dans la nature ou encore, commettre un délit, nous devons appeler ce numéro pour dénoncer le coupable et nous pouvons même le faire façon anonyme… Dangereux le stylo !!!

En tous cas, nous sommes en règle et je peux retirer le pavillon « Q » pour le remplacer par le drapeau australien. On est au pays des kangourous, trop contents !!!

Nous faisons la connaissance de Rob, notre voisin immédiat qui repeint son pont sous un soleil généreux. On se croirait en Bretagne, lorsque l’arrière-  saison est belle, les odeurs, les rochers, les marées, l’air frais et pur…

Nous sympathisons assez rapidement et il n’hésite pas une seconde à nous proposer une balade en ville pour nous faire découvrir Coffs Harbour. Nous achetons un prise de courant australienne pour nous relier à l’électricité du quai et une clé USB 3G que nous mettrons deux jours à faire fonctionner.

Les services sont remarquables et les Australiens nous surprennent par leur efficacité et leur gentillesse… Je pense que le pays va vraiment nous plaire !

Après une belle promenade en ville, nous retournons sur Badinguet pour le dessaler et tenter désespérément de nous connecter à Internet.

Il est 19h, nous sommes épuisés par notre journée et notre arrivée matinale, un méga-dodo se profile, ça va ronfler sévère à l’arrière !

 

05/08/2011

Réveil à 4h du matin, un bruit épouvantable nous empêche de fermer l’œil ? On a l’impression qu’on passe le karcher sur la coque de Badinguet !!! Impossible d’identifier ce vacarme mais cela vient du port de pêche… Nous voilà bien réveillés et c’est désormais le froid qui nous empêche de repiquer du nez… Une deuxième couette et nous voila repartis au pays des rêves…

Il fait à nouveau beau ce matin et Rob m’emmène très tôt au centre commercial pour que nous puissions avoir enfin internet. Je reviens à la marina en bus et retrouve Pascale qui met à sécher les vêtements de la deuxième machine du jour…

Nous avons Internet haut débit à bord et avec ce système, nous pourrons nous connecter n’importe où. 

Je sors les deux vélos du coffre arrière et constate que celui de Pascale à déraillé... Je le retourne lorsqu’une puissante rafale de vent me déséquilibre et fait basculer la bicyclette dans le port !!!

Je me jette sur le ponton, m’éraflant le genou au passage et rattrape in-extremis le vélo avant qu’il ne disparaisse sous l’eau !!

Pascale avait fichu mon vélo au fond du port d’Ajaccio, je viens de me venger, 1 partout !

Après que Pascale ait joyeusement profité des soldes dans un grand centre commercial, nous nous faisons arrêter par un passant qui baisse tout de suite d’un ton lorsque je me mêle de la conversation…

Il parait que nous ne pouvons pas nous déplacer en vélo sans avoir un casque sur la tête !!!! J’explique au gentil monsieur que nous venons d’arriver et que nous ne sommes pas au courant de toutes les lois australiennes… Cette espèce de pingouin nous indique même ou aller acheter les fameux casques au plus vite !!! S’il savait le coup de boule que j’ai fichu dans la bôme d’artimon hier….

Nous poursuivons notre route sans casque jusqu’au bateau et il faut reconnaitre que tout le monde nous regarde de travers, nous sommes des hors-la-loi !!!!

Les vélos sont sur le pont, le vent souffle fort et le reste de l’après-midi se passe sur internet à skyper avec nos parents.

 

06 et 07/08/11

Il fait toujours aussi beau et nous profitons à 100% de cette agréable petite commune et de la gentillesse des Australiens.

Courses, balades en vélo (casqués) ou à pieds (chaussés) et le soit venu, au Yacht club, nous assistons à la rencontre de rugby des tri-nations qui oppose les Blacks aux Wallabies… Les Néo-Zélandais emportent haut la main le match et confirment leur place de favoris pour la prochaine coupe du monde.  Les équipes européennes ont du souci à se faire lorsqu’on voit le niveau d’engagement des joueurs de l’hémisphère Sud…

Les innombrables pistes cyclables sont parcourus de vélos mais aussi par des personnes âgées ou des handicapées perchés sur des tricycles à moteur. Tout le monde semble très attentifs à son bien être et chaque jour, nous croisons des centaines de joggers, de marcheurs ou de cyclistes qui font leur sport quotidien.

Le Weekend, les nombreux visiteurs de la cité balnéaire défilent sur la jetée et poursuivent jusqu’à l’ile pour apercevoir les baleines effectuer leur migration annuelle vers le Nord. De nombreux bateaux, chargés de touristes partent deux fois par jour pour approcher ces grands cétacés, visibles à quelques milles de la côte. Nous avons hâte de partir vers Sidney pour en accompagner quelque uns !

En fin d’après-midi, le ciel dégagé laisse place à quelques nuages qui envahissent rapidement tout l’espace… Du bleu, il passe au gris puis au noir, et d’impressionnantes masses nuageuses s’accumulent au dessus de Coffs Harbour. Vers 17h, le vent monte puis de grands clairs zèbrent l’horizon, l’orage approche…

Rob et Johanna, nos voisins, nous rejoignent à bord pour boire l’apéro et discuter des éventuelles escales entre Sidney et Coffs Harbour. D’innombrables éclairs tombent sur la ville et la pluie battante martèle si fort le pont que nous devons crier pour nous comprendre. C’est dans ces moments là qu’on apprécie d’être à l’abri, dans un port.

Johanna et rob nous expliquent qu’il ne faut pas hésiter à entrer en contact avec les différentes stations de « marine rescue ». Elles sont les seules à rester en veille sur le 16 et proposent de nombreux services et renseignements en cas de besoin. D’autre part, il est indispensable de connaitre les numéros de téléphone des différentes marinas et gestionnaires de corps-morts afin de réserver une place pour la nuit.

Entre Coffs Harbour et Sidney, le premier stop valable se situe 150 milles vers le Sud, Port Stephens est une grande ria bien abritée du large et où les mouillages ne sont pas trop encombrés.

Entre ces deux points, il existe bien quelques baies mais elles sont très ouvertes au Nord et les quelques rivières où nous pourrions relâcher ont des embouchures très violentes, autant filer d’une traite vers Port Stephens !

 

08/08/11

Il fait toujours aussi beau et calme et nous profitons de notre réveil matinal pour faire les pleins et quelques courses avant notre départ.

Badinguet quitte le port à 9h15, il n’y a pas de vent et la mer est plate. Nous sommes habillés chaudement et les vestes de quart ne sont pas de trop vue la température ambiante en mer…

Nous nous écartons assez rapidement de la côte car il existe un courant chaud de plus de 3 nœuds qui descend vers le Sud… Si on peut prendre un tapis roulant, inutile de marcher !

Les premières baleines font leur apparition dans l’après-midi. Deux par deux ou solitaires, nous croiserons 8 mammifères marins jusqu’au soir où le ciel se couvre une fois de plus…

Très vite, tout comme hier soir, les nuages deviennent noirs et de nombreux éclairs s’abattent sur la côte devant nous…

Nous suivons attentivement le déplacement des orages et il semble judicieux de se rapprocher de la côte pour passer derrière le plus violent mais il y en a partout lorsque le coucher du soleil ajoute une note d’angoisse supplémentaire.

La lune éclaire à son tour le ciel chaotique qui nous entoure et la situation devient vite alarmante. Un mur noir se rapproche et l’activité électrique est monstrueuse. Moi qui hésitais à stopper, je ne me pose plus de question et fais demi-tour pour fuir ces nuages aux formes terrifiantes… Mais il est trop tard pour les éviter.

Les cargos qui suivent le rail un peu plus au large ont fait la même chose que nous, tout le monde s’est arrêté et attend…

Je rentre les voiles et met Badinguet sous cape sèche. Le vent ne tarde pas à nous frapper violement et les rafales atteignent maintenant 45 nœuds. La mer se lève à son tour et des trombes d’eau s’abattent sur nous pendant que des centaines d’éclairs déchirent les nuages. Nous dérivons à toute vitesse vers le large, nous sommes loin de la côte, nous ne risquons rien de ce côté.

Sous la puissance du vent, Badinguet, à sec de toile, se couche mais la capote, fermée sur les côtés se comporte comme une voile et les rafales qui s’y engouffrent soulèvent violemment le pare-brise.

Je mets le moteur en route et amarre la barre sous le vent pour nous laisser relativement face aux vagues et au vent. La puissance des éléments est impressionnante et nous ne sommes pas du tout rassurés devant cette nature déchainée.

Nous voilà, dans le noir, dans l’incapacité de manœuvrer, tous les instruments de navigation éteints à attendre que la situation s’améliore…

45 minutes d’angoisse puis nous discernons un ciel plus clair au loin… Nous observons et apprécions avec une certaine jouissance la progression de la zone d’accalmie, nous serons bientôt tirés d’affaire…

Les étoiles refond leur apparitions, les éclairs se concentrent au large, sous notre vent, nous pouvons faire route à nouveau, sous voiles, au près serré le long de la côte…

Jamais nous n’avons essuyé un orage aussi violent, rien que d’y repenser, j’en ai encore des frissons !

Le reste de la nuit se déroule sans problème et au petit matin, une baleine vient plonger devant l’étrave. Il y en a vraiment beaucoup et je frissonne à l’idée que nous aurions pu en percuter une cette nuit…

 

09/08/11

Il fait froid, très froid et les gants viennent rejoindre notre « panoplie du marin gelé » !

Nous avons le vent dans le nez et c’est au moteur que nous terminons cette difficile et fatigante navigation. Nous engageons la passe de Port Stephens à 11h contre le courant et un vent qui souffle à 25 nœuds. En passant entre les petites iles escarpées qui marquent l’entrée, deux baleines sondent sur tribord. Leurs queues s’enfoncent gracieusement sous la surface de l’eau, battue par les embruns.

Nous laissons « Shoal bay » au Sud et poursuivons la remontée du chenal en quête d’un mouillage abrité du vent d’Ouest.

Nous jetons l’ancre dans « Salamander bay », un vent glacial balaye Port Stephens mais nous sommes bien à l’abri derrière la presqu’ile de « Soldiers’s point ».  Trop fatigués pour entreprendre une escapade terrestre, nous nous enfouissons sous 3 épaisseurs de couettes pour sombrer dans un sommeil profond.

Le soir, un bon petit repas chaud et on retourne sous notre pile de couettes, dormi, dormir….

 

10/08/11

Il fait 6° dans le bateau lorsque nous ouvrons l’œil. Le vent a soufflé une bonne partie de la nuit mais les orages nous ont épargné. Il fait très beau mais le froid est vif et nous ressortons les pantalons, les chaussettes et les vestes de quarts.

Nous mettons l’annexe à l’eau pendant que de paisibles dauphins passent devant le voilier.

Et nous voilà agrippés aux sangles du dinghy, à taper dans les vagues pour accéder à la « Soldiers’s point marina ». Nous dénichons assez vite le bureau du port mais les tarifs sont très élevés, 1350 AUD par mois (australian dollars), soit 1000 € !!!

Le responsable de la marina a beau nous expliquer que pour ce prix, nous avons droit à tout un tas de services, c'est trop chèr pour nous… Il nous reste deux mois pour trouver une place ou laisser le bateau pendant notre absence et pour le moment, deux endroits se valent, Coffs Harbour et Scarborough marina, à côté de Brisbane. Il va bien falloir qu’on de décide !

Il fait bon dans le petit bureau du port et nous y restons une bonne demi-heure à discuter avec le manager. Nous récupérons un grand nombre d’informations et de numéros de téléphone très utiles pour la suite de notre périple.

De retour à bord, j’appelle « Cammeray marina », située à 3 milles, à vol de mouette, du centre ville de Sydney. La personne au bout du fil est charmante et c’est gagné, nous aurons une place sur un corps-mort, nous y laisserons le voilier quelques semaines pour partir visiter cet immense pays par voie terrestre.

Je note rapidement les nombreuses infos qu’elle me donne, et notamment les horaires de levée d’un pont que nous devront passer ainsi que les coordonnées des mouillages d’attente.

Les tarifs restent chers mais rien à voir avec les prix de la marina de Sydney, plus de 100 € la nuit ! A ce tarif là, je resterai éveillé toute la nuit pour profiter !

L’après-midi, nous faisons un petit tour à terre pour découvrir cette station balnéaire désertée en période hivernale. On trouve des commerces à seulement 5 minutes de marche de la plage ou nous avons laissé l’annexe. Les gens sont toujours aussi heureux de nous rendre service et de discuter avec nous.

Le vent continue à souffler en rafales et il nous tarde de descendre encore plus au Sud pour découvrir Sydney. Un coup de vent est en cours et si la météo ne change pas, nous partirons dimanche pour la dernière escale avant le fameux opéra !

                                            

11/08/11

Le vent est tombé et nous savons que cela ne va pas durer, il va tourner au Sud aussi profitons nous de l’accalmie pour nous déplacer de l’autre côté de « salamander bay ».

Et c’est reparti pour 2 heures d’annexe avec la visite de la grande et chère « Nelson bay marina » mais aussi du petit port de « Lemon three passage » dont les tarifs sont assez tentants… Nous continuons à glaner des infos à droite, à gauche et nous commençons à nous faire une idée des prix et des services proposés.

De nombreux dauphins nous accompagnent à chaque déplacement mais ce sont les énormes pélicans qui nous surprennent le plus !

Je réussi à faire un savant mélange avec différentes teintes pour concevoir un gelcoat de la couleur du roof de Badinguet. Nous passons une partie de l’après-midi à reboucher puis poncer les trous et les fissures que nous trouvons…  Le résultat est proche de la perfection, ni vu, ni connu !

Les Australiens sont toujours aussi serviables et il suffit que nous demandions notre chemin pour qu’on nous embarque en voiture vers les différents endroits que nous voulons visiter, incroyable !

Nous finissons cette belle journée chez Mike, qui fabrique des leurres de pêche dans son garage et il nous vend, pour une bouchée de pain, les jupes qui me manquaient… Nous sommes prêts pour la pêche au gros !

Et nous n'avons toujours pas vu Skippy, on nous aurait menti ???

 

13/08/11

Le coup de vent de Sud est passé et nous pouvons nous déplacer vers Shoal bay, pour être plus près de la sortie de Port Stephens demain matin. Il n’y a que très peu de vent et la baie est roulante, on décampe !

3 heures de moteur à croiser des baleines pour arriver à Newcastle, situé 20 milles au Sud de Port Stephens.

Le temps est couvert, il fait froid et nous nous amarrons au bout d’un ponton d’une marina moderne et très protégée.

Un rapide tour de la petite ville nous confirme qu’il n’y a pas grand-chose à voir lorsqu’on est piéton. A part un grand nombre de restos et de bars où les Australiens consomment bruyamment du vin blanc, il n’y a rien qui nous intéresse vraiment, le vin blanc, peut être ?

C’est en retournant à la marina que Pascale remarque un voilier que nous connaissons… « Beaujolais » est sous nos yeux, ils ont traversé le canal de panama avec nous, nous les appelons et les têtes qui émergent de la cabine nous sont inconnues !!! Ces sympathiques marins viennent d’acheter ce bateau et nous leur expliquons notre histoire en évitant de justesse une grande bière qu’ils voulaient nous offrir !

Le bateau est rincé, branché, ses occupants sont frigorifiés, et heureux d’avoir gagné quelques milles sur la journée de demain.

Le prix de la nuit à la marina de Newcastle est sensiblement le même qu’à Coffs Harbour, 55 A$ soit 42 € quand même !

 

14/08/11

Réveil aux aurores pour un départ de nuit avec le courant.

Très vite, nous rejoignons le large et de gros nuages menaçants nous barrent la route, une fois de plus. Nous avons beaucoup de mal à apprécier leur trajectoire car il y a très peu de vent aussi décidons-nous de continuer vers le Sud malgré la densité des masses nuageuses…

Badinguet progresse au moteur, faute de vent et les orages semblent nous suivre, parallèles à notre route lorsqu’un curieux phénomène se produit.

Il y a comme une pointe qui surgit nettement de la base noire du nuage… On dirait le début d’une tornade qui peinerait pas à se former. C’est vraiment étrange et je prends en photo le phénomène pour l’envoyer à Ludo qui est prévisionniste « Météo France » à Nouméa…

Quelques baleines viennent souffler de chaque côté de Badinguet puis un grand nombre d’albatros se laissent prendre en photo, génial !

Nous suivons de très près l’évolution des fantastiques masses nuageuses qui nous longent lorsque soudain, nous remarquons à nouveau une pointe qui se transforme très vite en cône, et ça descend vers la mer !!!

Nous assistons en direct live à la création d’une tornade, nous sommes effarés et la gerbe d’eau qui se soulève au large fait froid dans le dos… Une autre apparait un peu plus loin et sa forme est plus allongée bien qu’elle frappe avec puissance la surface en aspirant l’eau à plusieurs dizaines de mètres d’altitude…

J’ai toujours été très méfiant et même craintif lorsque nous approchons des orages avec ces éclairs susceptibles de griller tout notre matériel en une fraction de seconde mais des tornades…. Jamais nous n’en avions vu et celles qui se forment sous nos yeux ne sont qu’à 3 milles du voilier.

Je n’ose imaginer Badinguet pris dans une telle tourmente et les dégâts que cela occasionnerait…

 

Le vent tourne et c’est désormais vers nous que les orages approchent… Nous ne les éviterons pas mais ils ont perdu de leur puissance et c’est sous une pluie très régulière que nous poursuivons notre voyage, pas rassurés du tout !!!

SYDNEY

En début d’après-midi, l’objectif est en vue et nous engageons le grand chenal de Sydney Harbour. Il fait gris et les deux falaises qui marquent l’entrée nous paraissent lugubres. La houle rentre dans la passe et nous empruntons le chenal Sud en nous dandinant lorsque nous découvrons les grands immeubles et la fameuse « Sydney tower » au loin.

Il règne une intense activité nautique dans le chenal, des ferries, des navettes multicoques ultra-rapides et un tas d’embarcations en tous genres se dépassent et se croisent, générant un clapot désagréable…

Nous n’apercevons pas l’opéra mais nous irons des demain matin en bateau faire quelques photos. Il est trop tard pour faire du tourisme et il faut que nous trouvions un endroit pour jeter l’ancre…

Deux baies, chargées de corps-morts, sont à l’entrée du chenal Sud, « Vaucluse bay et « Watsons bay » dans laquelle nous mouillons par 20 mètres de fond, loin derrière les bateau amarrés.

De puissantes navettes déversent leurs flots de passagers au fond de la baie puis repartent à plus de 20 nœuds en nous faisant pleinement profiter de leurs vagues d’étrave…

Il fait froid, le soleil se couche sur La ville et nous espérons que notre feu de mouillage remplira efficacement son rôle pendant la nuit… Demain, nous partirons à l’assaut de cette belle cité puis nous rejoindrons la zone de corps-morts située au Nord de la grande ville pour y amarrer Badinguet quelques temps.

 

15/08/11

Nous sommes réveillés très tôt par le claquement des vagues sous la jupe. Un rapide petit déjeuner et "En route pour l'opéra vu de la mer ! "

Badinguet avance en trainant l'annexe au milieu de dizaines de ferries et de navettes, il y a même des hydravions qui arrivent à se trouver une place pour amerrir dans les nombreuses baies de "Port Sydney".

Il n'est que 8h du matin lorsque nous stoppons Badinguet devant l'opéra. La lumière matinale est parfaite pour prendre la photo tant attendue. Je saute dans l'annexe et m'écarte du voilier pour réaliser quelques clichés...

Bon, l'opéra de Sydney, c'est fait !

 

Nous remontons vers le Nord les grands chenaux (et non sur nos grands chevaux) afin de rejoindre Port Cammeray où notre corps-mort est réservé.

Nous passons "Hunter bay" puis jetons l'ancre dans Middle Harbour en attendant que le pont autoroutier se lève.

10h15, les voitures sont au feu rouge et nous au vert, on passe !

Il y a des bouées partout et des centaines de pontons privés dans ces eaux calmes. Les hautes collines, couvertes de végétation et de belles demeures modernes protègent efficacement de tous vents les bras de mer où séjournent des centaines de bateaux en tout genre.

Nous voilà sur notre bouée, à côté d'un autre Super Maramu 2000 et les tarifs au mois sont très intéressants, ce sont les moins chers que nous ayons rencontrés... Pourquoi ne pas laisser le voilier ici ??? L'endroit nous plait bien, malgré des centaines d'énormes perroquets blancs extrêmement bruyants... A priori, ils aiment se poser sur les mâts et il faudra certainement retirer nos aériens pendant notre absence...

Cammeray marina est reliée à Sydney par deux réseaux de bus et demain, l'exploration terrestre commencera...

 

16, 17 et 18/08/11

Badinguet n’est qu’à quelques kilomètres à vol d’oiseau mais le bus que nous empruntons met 40 minutes pour rejoindre le centre ville de Sydney.

Visite des différents quartiers historiques de la grande ville. The Rocks, site de la première colonie européenne, Darling Harbour, l’ancien quartier de docks, complètement réaménagé en haut lieu touristique et enfin le centre qui abritent des bâtiments de l’époque coloniale coincés entre de gigantesque tours de verre et d’acier.

Sans oublier les monuments emblématiques incontournables de la plus vielle citée d’Australie, l’opéra et le fameux pont duquel la vue est imprenable sur le "Circular quay", quai des ferries.

Nous explorons chaque jour un quartier différent. Nous trainons du côté de paddy’s market pour acheter quelques souvenirs, visitons le magnifique aquarium et enfin grimpons tout en haut de la "Sydney tower" pour admirer l’immense baie naturelle autour de laquelle, la ville est construite.

           

 19 et 20/08/11

Notre moteur Yanmar donne, depuis quelques temps des signes de fatigue et monter dans les tours devient de plus en plus difficile… Ce moteur devrait atteindre, à plein régime plus de 3200 tr/minutes et il ne dépasse plus les 2100 tr/min !!! Cela s’aggrave régulièrement et le fait d’avoir fait beaucoup de moteur avec nos invités de Nouvelle-Calédonie n’a rien arrangé !

Malcolm, le mécanicien de la petite marina passe un bon moment dans la soute à chercher la cause de cette faiblesse et nous finissons par décider de lui laisser les clés pour qu’il y travaille durant notre absence.

Encore quelques courses et quelques visites et nous sommes prêts à quitter Badinguet pour 3 semaines…

 

PERIPLE EN CAMPING-CAR

 

 

21/08/11

Le bateau est prêt pour son mini-hivernage, nous quittons la marina pour aller chercher le camping-car que nous avons réservé pour trois semaines…

L'organisation de la compagnie de location est fichtrement bien rodée. Nous suivons un parcours obligatoire avec différents postes, visionnage de vidéos qui expliquent le fonctionnement du camping-car, souscription des différentes options d'assurance, d'abonnements aux péages, etc.

Les nombreux touristes qui attendent leur véhicule sont pris en charge efficacement et en une 1/2h, nous sommes au volant du mini van.

Les dimensions du "backpacker", la conduite à gauche et la traversée complète du centre de Sydney ont de quoi calmer notre impatience de partir, quel stress !!!!

De retour au port, nous mettons 30 minutes pour fixer l'annexe sur le pont et entasser les bagages en vrac dans le camping-car.

Ca y est, on est partis, à nous les grands espaces !!! Des cacatoès à huppes jaunes s'envolent en braillant, c'est parti mon Skippy !

Ayers rock se trouve à 2850 km de Sydney. A raison de 700 km quotidiens nous devrions atteindre notre objectif en 4 jours…

Après une rapide escale dans les "blues moutains" pour voir les "3 sisters", nous quittons la civilisation rapidement. Les motorways payantes font place à des highway gratuites et 2h après notre départ, les signes d'activités humaines  ont complètement disparu. Nous sommes dans le "Outback" qu'on pourrait traduire par : "le trou du cul de l'Australie"

Nous conduisons jusqu'a 21h30 et puis nous quittons la grand-route, au milieu de nulle part. Après avoir emprunté une piste de terre rouge quelques centaines de mètres, nous stoppons pour la nuit.

En Australie il est interdit de stationner en camping-car pour dormir en dehors des aires prévues à cet effet. L'amende coûte plus de 200AUD… Nous sommes à bonne distance de la grande route où ne circulent plus que quelques énormes camions à remorques. Personne en devrait s’aventurer dans notre coin !!!

 

22/08/11

Il fait un temps magnifique et nous quittons notre piste pour rejoindre l'highway N°32. Les paysages, qui défilent sous nos yeux, sont extraordinaires. Côté "grands espaces" nous voilà servis. Des centaines de kilomètres de route rectiligne et de chaque côté, la steppe, à perte de vue.

La chaussée ne comporte que 2 voies mais c'est amplement suffisant car les dépassements sont aisés, un minimum de virages et il n'y a que très peu de véhicules qui circulent. C’est simple, il faut juste trouver une position pour ses coudes et ses jambes et ne toucher à rien, c’est toujours tout droit !!!

Le plus étonnant est le nombre incroyable de cadavres qui jonchent le bord de la route. Kangourous, émeus, wombats, Koalas, renards, moutons jalonnent la chaussée meurtrière et nous devons fréquemment klaxonner pour effrayer les nombreux corbeaux et rapaces qui se disputent les charognes encore fraiches. Certaines sont figées par la mort dans des postures grotesques et on peut supposer que nombre de ces énormes bestiaux ne sont pas tués sur le coup, c’est l’horreur !

Les énormes camions et les 4x4 qui circulent régulièrement sur ces axes interminables sont équipés de pare-buffles impressionnants. Il faut dire que lorsqu'on voit la taille des animaux démembrés, on a de quoi s'inquiéter.

Notre mini van n'est pas équipé de protection et le loueur nous a bien expliqué qu'il valait mieux percuter un kangourou que d'avoir un accident en l'évitant, ceci afin de bénéficier de la très onéreuse surprime d'assurance que nous avons payée préventivement.

Notre premier kangourou sur pattes nous surprend Pascale et moi, il est juste au bord de la route et nous lui rasons les moustaches à 120km/h ! Comme nous ne l'avons vu qu'au dernier moment, il faut faire demi-tour sur la grande route déserte pour faire la photo de notre premier skippy…

A notre approche, il s'enfuit et traverse les voies en bondissant avec souplesse et puissance. Les Australiens ont planté, aux bords des highway, des milliers de kilomètres de barbelés pour limiter le passage des animaux, mais certains franchissent les barrières sans difficulté.

Si nous percutions un animal de cette taille, on exploserait complètement notre véhicule…

Mais ce ne sont pas les kangourous qui nous inquiètent le plus, ce sont les émeus. Il y en a des centaines et vue la taille de la tête de ces drôles d'autruches, le cerveau doit être ridicule !!! Imaginez 8 spécimens, collées les unes aux autres, terrorisées, coincées entre la voie ferrée et la nationale, à 1 mètre de la route et vous arrivez à 130km/h… Vaut-il mieux freiner pour limiter les dégâts d'un impact éventuel mais aussi leur donner l'impression qu'elles peuvent traverser ou faut-il accélérer pour les effrayer en espérant qu'elles ne traverseront pas au dernier moment ?

Nous nous posons encore la question mais nous avons bien en mémoire leur regard effaré lorsqu'elles nous ont vues débouler.

A midi nous quittons la voie rapide pour nous engager sur une piste, ras le bol de conduire ! Pascale descend pour ouvrir une barrière qui isole la grand-route de la nature environnante. Sur le panneau est écrit que cette dernière sert à protéger la faune sauvage et que toute offense envers elle se solde par une amende de 1000 AUD. (australian dollars).

Nous poursuivons quelques minutes sur la piste quand 2 paires d'oreilles se dressent sur notre gauche. Un couple de grands kangourous gris émergent sur leurs pattes-arrières ils atteignent presque 2m.

C'est en stoppant le véhicule pour les prendre en photos que nous découvrons qu'il y en a partout. Une bonne dizaine de mammifères bondissants décampent dans toutes les directions, sacré spectacle !

Quelques minutes plus tard, c'est au tour des émeus d'être effrayés et nous voila entourés de ces énormes oiseaux qui courent dans tous les sens. Il y en même un qui va rester plusieurs minutes devant le camping-car, ne jugeant pas opportun de quitter la piste pour nous échapper, comme quoi, la taille de la cervelle a son importance !

Finalement, les milliers de km de barbelés qui longent les voies de communication sont efficaces. Il y a une quantité incroyable d'animaux dans le Outback !

Nous avons parcourus 900 km et nous nous arrêtons dans un caravaning, proche de Port Augusta, pour la nuit. Cela coûte 20 dollars mais nous allons pouvoir nous doucher et profiter du grille-pain demain matin !  

 

23/08/11

Encore une longue journée de route au programme… Très vite nous quittons la pleine côtière pour rejoindre à nouveau des étendues désertiques à perte de vue.

Les "Road train" sont vraiment impressionnants, il s'agit d'énormes camions avec 2 ou 3 remorques dont la longueur totale peut atteindre 53,5 mètres et le poids, 150 tonnes ! Equipés de pare-buffles imposants, ils roulent nuit et jour sans chercher à éviter les vaches ou les kangourous dans le bush. Ces "trains routiers"  sont responsables, en grande partie, de la mort des animaux sauvages qui s'aventurent la nuit, sur la chaussée.

Nous passons le reste de la journée à compter les cadavres qui jonchent cette route interminable, on s'occupe comme on peu ! En une heure, plus de 50 cadavres recensés !

En cherchant à faire notre 3ème plein d'essence de la journée, nous découvrons  Coober Pedy et son surprenant paysage. Sur près de 80 km, la route est bordée de tas de sable dont les plus grands atteignent une dizaine de mètres, ce sont des mines à ciel ouvert. Coober Pedy est la capitale mondiale de l'opale. Les mines australiennes représentent 90% de la production mondiale. Nous repasserons par là au retour pour en savoir plus sur ces pierres précieuses.

Le soir venu, il s'agit de trouver un endroit pour dormir et nous n'avons aucune envie de payer à nouveau 20 dollars juste pour la nuit. Une piste, quelques arbres, et nous voilà cachés de la route, extinction des feux à 20h.

 

24/08/11

Il a encore fait très froid cette nuit avec des températures voisines de 0°C. On se couche à moitié nus parce que le chauffage du véhicule persiste un moment et on se réveille habillés avec plusieurs couches de vêtements…

C'est notre dernière journée de conduite avant Ayers Rock et nous partons de bonne heure pour ne pas arriver trop tard dans le parc national.

La région devient un peu plus fréquentée et les stations-services, un peu plus nombreuses aussi décidons-nous de poursuivre jusqu'à la limite de la capacité du réservoir…. Et c'est bien évidemment à ce moment-là que nous tombons sur une station "out of order". La situation est simple, la prochaine est à 103 km et la précédente à 55 km, nous devons faire demi-tour en espérant que nous y arriverons. 110 km aller-retour pour rien, 1h de perdue, trop les nerfs !!!!

Les paysages changent à nouveau et deviennent plus vallonnés. La route serpente entre de douces collines couvertes d'un duvet d'herbes blanches et vertes qui contrastent nettement avec la terre rouge qui les nourrit.

Les animaux morts sur les bords de la routes ont tendance à changer, eux aussi… Des vaches et même des chameaux morts se décomposent dans des odeurs pestilentielles sur les bas-côtés..

Ayers rock est en vue et ça à l'air gigantesque. Le rocher est visible à des dizaines de kilomètres à la ronde et nous avons hâte d'arriver. La route passe par Yulara où nous réservons notre place au seul camping du coin, le "Ayers Rock Resort", 40 AUD la nuit puis nous repartons vers le site tant convoité.

L'entrée du parc national "Uluru-Kata tjuta" coûte 25 AUD par personne et nous stationnons sur le parking du "Sunset" (coucher de soleil), pour attendre la lumière crépusculaire en buvant une bière "VB".

Trois mille cent kilomètres dans le désert pour voir un grand caillou rouge… Et bien oui, le jeu en vaut la chandelle !!! Il se dégage de ce lieu, une atmosphère extraordinaire…

A la tombée du jour des dizaines de photographes émergent des nombreux véhicules pour immortaliser Ayers Rocks dont la couleur change de façon étonnante au fur et à mesure que le soleil descend. Observer cet énorme bloc illuminé par le soleil couchant est tout juste…… exceptionnel.

En faisant le tour de "Uluru", nous remarquons qu'en de nombreux endroits, les prises de vues sont interdites, et même s'approcher du rocher est sacrilège. Les aborigènes propriétaires de la terre, louent le site à l'état australien qui l'exploite à des fins touristiques.

Les aborigènes n'apprécient pas que les visiteurs grimpent sur le rocher, l'activité reste cependant tolérée malgré les nombreuses brochures destinées à décourager les grimpeurs. La pente à l'air méchamment raide et comme j'ai le vertige, je respecterai volontiers la tradition aborigène !!!

Le soleil se couche à 18h31 et Ayers Rock disparait dans la pénombre, nous finissons nos verres de Chardonnay puis nous repartons vers notre luxueux camping.

L'Ayers Rock Resort" est une structure moderne, implantée à l'entrée du parc. Elle permet aux milliers de visiteurs, de profiter de ce site exceptionnel dans des conditions optimales. Plus de 5000 lits, un supermarché, des banques, un poste de police, un centre médical, 4 hôtels et 1 camping font oublier à chacun l'endroit où nous nous trouvons, à savoir au plein cœur de l'Australie avec la première grande ville à 1300 km.

 

25/08/11

Réveillé par le froid je tournicote jusqu'à ce que Pascale se réveille et ça marche à tous les coups !!! On ne va tout de même pas louper le lever de soleil après avoir fait autant de chemin pour arriver jusqu’ici. Nous prendrons le petit déjeuner plus tard…

A 7h06 précise le soleil commence à éclairer le rocher sacré des aborigènes.

Plusieurs centaines de personnes, emmitouflées dans des vêtements chauds, sont entassés sur les plates-formes de la zone touristique. Toutes les brochures vantent la magie du lever du soleil sur le rocher sacré... Au milieu de 400 chinois et japonais surexcités, cela perd un peu de son authenticité…

 

Un bon petit déjeuner et une douche et nous repartons pour Uluru. Le billet que nous avons acheté hier est valable pendant 3 jours et nous pouvons entrer et sortir autant de fois que nous le voulons du parc national.

Depuis notre réveil, nous ne pensons plus qu'à une chose… Grimper sur le rocher, allez savoir pourquoi ???

Nous n'avons pas envie de regretter quoi que ce soit et ce fichu caillou nous attire comme un aimant. Nous avions bien trouvé quelques excuses : l'interdiction du peuple aborigène, le vertige, la dangerosité, mais rien à faire, il faut que l'on monte dessus, inutile de chercher à comprendre.

Le début de l'ascension est la partie la plus raide, et pour progresser, il faut souvent s'aider de la chaine, tendue entre des piquets scellés dans la pierre. La surface du rocher n'est pas complètement lisse mais les aspérités et les défauts de la roche, s'ils nous aident à placer nos pieds, ne suffiraient pas à ralentir une chute dont l'issue serait certainement fatale.

A mi-chemin de la première partie Pascale m'appelle

            -           Pascale : Chéri, je n'y arriverai pas. Je vais t'attendre ici.

            -           Nicolas : Aller ! Tu as fait le plus dur, monte jusqu'ici, il y a un replat. (Il est hors de question qu'elle attende en plein milieu de cette pente dangereuse).

Nous continuons l'ascension et le terrain devient moins incliné, Pascale arrive à son tour.

            -           Pascale : Ce n'est pas le souffle qui me gêne le plus, je suis terrorisée. Je vais t'attendre ici.

            -           Nicolas : Ok doudou reste là si tu veux, je redescends vite.

(Je sais qu'ici, elle ne risque rien mais c'est quand même idiot d'avoir gravi la partie la plus dangereuse pour s'arrêter en si bon chemin…) J'accélère le pas en direction du sommet qui me parait encore bien loin.

Lorsqu'on quitte la ligne de chaine, le chemin est marqué par des pointillés peints en blanc directement sur la roche. La partie sommitale est loin d'être plate et il faut encore plus d'une demi-heure pour gravir les gorges et les arêtes qui mènent au point culminant situé à 843 m.

Je me retourne régulièrement pour admirer le paysage et faire des photos des mont Olga situés à 40km à l'Ouest et, à ma grande surprise, j'aperçois Pascale avec sa fourrure polaire sur la tête pour se protéger du soleil.

            -           Pascale : C'est bon, j'en peux plus. Je t'attends là.

            -           Nicolas: D'accord, je me dépêche… En tout cas, c'est génial d'être arrivé jusqu'ici.

20 minutes plus tard, je suis au sommet et la vue sur le grand désert australien est impressionnante. Une bonne quinzaine de rochers gigantesques et de collines isolées sont visibles à l'horizon.

Je comprends mieux les légendes aborigènes lorsqu'elles parlaient de visions lointaines, à plus de 100km, la luminosité est incroyable, rien ne masque la vue et on peut facilement imaginer que ces peuples pouvaient communiquer entre eux malgré de très grandes distances. Je n'y vois là aucune magie et il s'agit encore d'un phénomène naturel, interprété et exploité par l'homme.

Sur 360°, la vue est magnifique et Pascale apparait, à 50m du sommet, elle poursuit son petit bonhomme de chemin, à son rythme. Je sais qu'elle n'a plus de jambe mais la fierté a fait la différence et nous voilà tous les 2 au point culminant du très fameux rocher "Uluru".

Quelques photos pour immortaliser l'exploit et c'est une longue descente qui commence, beaucoup plus facile qu'à l'aller.

Nous déjeunons 44km plus à l'Ouest, à coté du mont Olga, ensemble de 36 blocs de rocher dont la beauté n'a rien à envier à son imposant voisin.

Et c'est reparti pour une randonnée de 3h dans un décor époustouflant.

Si ces formations rocheuses étaient situées dans un désert rocailleux et aride, l'effet produit serait totalement différent. La beauté incroyable de ces sites s'explique en partie par le fait que la nature environnante contraste franchement avec la couleur des rochers. Des herbes allant du blanc au vert, des eucalyptus et de nombreux arbres et arbustes créent un décor privilégié pour faire ressortir ces imposants massifs de couleur ocre.

Notre condition physique est un peu limite et la fin de notre promenade s'apparente de plus en plus à un calvaire. Nous sommes fatigués, et les chemins caillouteux ont vite fini d'achever ce qui reste de nos pauvres muscles après cette longue journée d'efforts.

Nous rentrons au camping vers 17h les yeux fatigués d'avoir vu autant de paysages extraordinaires. Epuisés et comblés par les 2 jours que nous venons de passer dans les territoires du Nord australien, nous dinons de plats réchauffés dans le four micro-ondes. Un long coup de fil de Maël vient clôturer cette longue journée, il rentre tout juste de son voyage de deux mois en Asie du Sud-est, good night, my son.

 

26 et 27/08/11

Un long retour de 1580km pour rejoindre la civilisation du coté d'Adélaïde, toujours autant de cadavres sur le bord des routes et pour pimenter le voyage, une crevaison au milieu de nulle part.

A Coober Pedy nous marchandons quelques belles opales dans un des nombreux magasins tenus par des descendants d'émigrés grecs venus en Australie pour faire fortune.

Inutile d'aborder le sujet des courbatures, on ne peut plus arquer !

 

28/08/11

Le choc est brutal et l'intense trafic sur les highway intra-muros des grandes cités australiennes nous stresse terriblement. Nous nous trompons systématiquement de sortie et c'est à la boussole que nous quittons difficilement l’agglomération tentaculaire d’Adelaïde.

Un petit coup de fil au ferry de « Kangaroo Island » afin de réserver notre passage, nous refroidit instantanément. 500 dollars pour traverser avec le camping car, c'est vraiment trop cher.

Adieux les lions de mer et les pingouins de « Kangaroo Island »… Que faire ? Une promenade bucolique dans les vallons viticoles de la vallée….

 

29/08/11

Partis tôt, nous rejoignons en quelques heures, la fameuse "Great Ocean Road" qui n'a vraiment pas volée son nom.

Un kangourou, piégé entre les barbelés et la grande route nous accompagne un moment pendant que de gros koalas consomment sans relâche les feuilles des innombrables eucalyptus qui poussent un peu partout en Australie.

La route côtière est exceptionnelle. Sur des centaines de kilomètres, les vues magnifiques se succèdent avec une mention spéciale pour le site des "12 Apôtres".

A Torquay, la Mecque du surf dans l'état du Victoria, nous passons un bon moment dans les magasins d'usine de « Rip Curl », « Quick Silver » et autres « Billabong», à dénicher quelques vêtements à des prix très intéressants.

 

 

30/08/11

La deuxième ville d'Australie est en vue. L'imposante Melbourne est parcourue par de nombreuses autoroutes aussi prenons-nous le temps de bien mémoriser notre itinéraire sur Google earth pour rejoindre le domicile de Jillian et Michael, la famille d'accueil de Maud.

Maud est la fille de Nath et Olive, amis et collègues depuis des décennies. Eh oui, on vieillit ! Elle est, tout comme Maël il y à quelques années, partie avec le Rotary Club, vivre à l'autre bout du monde pendant 1 an.

Une fois de plus, nous sommes accueillis comme des princes avec, au repas du soir, viandes grillées, le délicieux gratin dauphinois de Maud et en dessert… accrochez vous bien... Un gâteau au marshmallow (Shamallows) !!! Ca, c'était le plus dur !

 

31/08/11

Ravis de profiter de la présence de Maud pour visiter Melbourne et ses innombrables facettes, nous arpentons la cité toute la journée. Melbourne est une cité moderne, cosmopolite, résolument orientée vers l'art, la culture et la gastronomie. On y trouve de grandes avenues commerçantes, bondées et parcourues par de nombreux moyens de transport gratuits, navettes, bus ou tramways. Lorsque je vois les véhicules se mettre dans les présélections de gauches pour tourner à droite afin de laisser passer les tramway, je jubile d'avoir laisser notre van en banlieue !!! La conduite dans ces grandes villes est hyper difficile pour un non-initié et je n'ai aucune envie de le devenir !

Nous quittons le centre ville dans l'après midi puis Maud, en début de soirée, pour rejoindre un camping, situé dans la banlieue Nord de la grande ville.

 

01 au 03/09/11

Contents de retrouver la nature et les grandes étendues, nous n'avons que 200 km à parcourir pour rejoindre Wangaratta. Le fief qui a accueilli Maël en 2007. L'endroit est agréable, campagnard, viticole et la petite ville commerçante est très étendue.

Bernadette et John sont prévenus de notre arrivée. Ils tiennent un magasin de chaussures dans "main street" et ont été une des quatre familles d'accueil du fiston. L'accueil qu'ils nous ont réservé est à la hauteur du souvenir qu'a laissé Maël durant son séjour, exceptionnel !

Nous séjournons trois jours dans une ancienne maison rénovée et chargée de meubles luxueux, aux petits soins de nos hôtes. Les journées défilent à toute vitesse et nous sommes présentés à toutes les personnes qui ont fréquenté Maël, cela fait beaucoup de monde…

John et Bernadette nous font bénéficier de tarifs à prix coutants sur leurs chaussures et nous profitons de l'occasion pour renouveler notre stock.

Nous visitons une fromagerie où nous goutons à tous les produits en jouant les experts… En fait, nous avons vraiment faim et cette dégustation tombe à pic. Il suffit de faire semblant de comparer leurs fromages avec ceux des français pour en boulotter un maximum !

L’après-midi se passe du côté de Mansfield, à une centaine de kilomètres, pour visiter une ferme et un élevage de mouton en 4x4 et en moto !!! Nous voilà, « australian farmers » !!!

 

Notre séjour parmi eux se termine par une "party" en l'honneur des 21 ans et du retour d'Afghanistan d'un de leurs neveux. Toute la famille est réunie pour célébrer l'évènement, repas, danses, bières, bières, et encore bières……

 

04/09/11

Pascale se remet difficilement d'une gastro lorsque nous changeons de famille d'accueil, tout comme Maël l'a fait 4 ans plus tôt.

C'est au tour de Marlène et David de nous héberger, ils sont vraiment adorables. Après avoir passé l'après-midi à suivre des courses de chevaux à l'hippodrome de Wangaratta, nous sommes à nouveau invités chez d'autres admirateurs de Maël dont nous avons oublié le nom, il y en a de trop !

Je ne sais pas ce qu'il a fichu au pays des kangourous mais son souvenir reste très présent chez tous nos hôtes et les gens se bousculent pour nous faire plaisir ! Bien joué, mon fils !

 

05/09/11

Nous restons une journée de plus à Wangaratta afin de laisser le temps à nos méninges et à nos foies de retrouver un peu de calme.

Marlène et David élèvent des chevaux de courses et leur maison est située en pleine nature, un peu à l'écart de la ville. Nous sommes entourés de champs ou paissent des centaines de vaches Angus et de nombreux chevaux, au calme !

Si les australiens ne mangent que rarement à midi, ils se lâchent complètement le soir. En général, vers 18h nous buvons l'apéritif en consommant des toasts au fromage que la région produit. Le dîner est souvent copieux et très arrosé de vins locaux, le dessert n'est pas systématique mais le ballonnement avant de se coucher lui, l'est !

 

06/09/11

Le moment est venu de faire nos adieux mais nos hôtes ne comptent pas nous laisser partir de bonne heure… Marlène et David veulent nous faire visiter Beechworth.

La petite ville était un grand centre d'activité, il y à 150 ans, lorsque des milliers d'aventuriers (dont 2000 chinois) s'y sont rués pour trouver de l'or. Les deux larges avenues qui s'y croisent sont pleines de magasins plus originaux les uns que les autres.

Après avoir dégusté des tourtes à la viande et aux légumes dans une bakery, nous faisons nos adieux à Marlène et David et nous reprenons la route sous une pluie battante.

Il y a très peu de maisons à étages en Australie. Il y a tellement d'espace qu'il est inutile de construire des habitations compliquées à plusieurs niveaux, quand on peut s'étendre horizontalement. Pour preuve, la loi de l'état du Victoria n'autorise la construction de maisons neuves que sur des surfaces de plus de 42 hectares !

Inutile de se serrer les uns aux autres, les villages sont très étendus, les 2x2 voies des autoroutes sont séparées par de larges bandes de végétation et les gens sont souvent obligés d'aller chercher leur courrier en voiture tellement les distances sont grandes…

 

07/08/11

Il est 6h30, il doit faire 0°C dehors et à peine plus sous la couette du camping-car, ras le bol !!! On rentre à Sydney, Badinguet nous manque… Il est 15h lorsque nous vidons le véhicule de tous ses sacs et 15h15 lorsque nous pénétrons à l’intérieur de notre voilier, c’est bon de se retrouver chez soi !!! Surtout après avoir parcouru plus de 7000 kilomètres !

 

08/09/11

Une bonne nuit au chaud, impec !!! Il fait beaucoup plus doux sur la côte que dans les terres… Ce qui est moins doux, c’est la facture du mécanicien !!! 758 dollars pour découvrir que le pré-filtre était bouché ! Il nous a carrément assassiné, il a changé tous les filtres pour rien, et nous a facturé 7 heures de travail, je suis furax !!!

En tous cas, il nous a permis de poser le diagnostic et le traitement est simple, il faut vidanger et nettoyer le réservoir de gasoil, il est plein de dépôts et bousille nos filtres les uns après les autres… Moi, je crois que c’est le mécano que je vais bousiller demain !

Un petit tour chez le coiffeur qui nous facture 40 dollars pour une simple coupe, et bien là, la coupe est pleine !!! L’Australie est un pays extrêmement cher sauf pour quelques produits comme la viande kangourou, les chaussures UGG et les fringues de surf, ce qui ne nous sert pas à grand-chose. Mettons à part, tout de même les chaussons UGG, car c’est un vrai bonheur de rentrer chaque soir, ses petons gelés, dans cette peau de mouton retournée !

Côté matériel à changer, il va falloir faire un tri car les tarifs sont déments… La balise de détresse est trop vieille, l’appareil photo ne fait plus l’autofocus et notre radeau de survie arrive en fin de vie… Il s’agit de matériel indispensable et le prix de la survie est exactement le double de celui pratiqué en France...

 

09/09/11

Voilà un jour pas comme les autres… Un événement mondial, planétaire et même galactique débute aujourd’hui, la coupe du monde de Rugby !!

Nous avons repéré, la veille, un café très sympa pour suivre les matchs et lorsque nous reprenons notre camping-car pour nous y rendre, un drôle de papillon est accroché au pare-brise, on dirait un ticket de courses de carrefour !!! Sauf que ce n’est pas un ticket de courses et ca coûte méga cher…. 206 dollars pour un stationnement interdit, deux-cent-six-dol-lars, Nous hallucinons !!! Nous relisons dix fois cet ignoble bout de papier mais aucun doute possible, nous nous sommes fait pincer, le panneau était caché derrière un arbre et nous ne l’avons pas vu la nuit dernière !!! Il parait que nous avons 21 jours pour payer, et bien on va attendre un peu… et peut être même un peu plus… On est des touristes ignorants, non ???

Heureusement qu’il y a le mach au troquet du coin pour nous faire oublier les amendes wallabies et nous retournons sur Badinguet vers 20h, la vessie pleine de bière.

 

10/10/11

Nous rendons le camping-car dans la matinée et le loueur nous explique que si nous avons eu des amendes durant notre location, ils sont habilités à utiliser notre carte bancaire pour payer la somme forfaitaire de 60 AUD par infraction. Ensuite, ils fournissent nos coordonnées aux autorités et même au service de l’immigration qui peut nous mettre la main dessus lorsque nous reviendrons sur le sol australien…

Là, ca devient un peu lourdingue pour une simple amende… Aller, on tente le coup, on verra bien, faisons comme si rien ne s’était passé et inch allah !

Nous apprenons, également, que nous avons parcouru 7234 kilomètres, chapeau bas !

Après avoir marché une bonne demi-heure, nous revoilà à « Paddy’s market » et « au market, on fait des emplettes ! ». Nous achetons tout un tas de souvenirs pour la famille puis nous reprenons le chemin du café des sports, la France joue son match d’ouverture !!!

47 points français plus tard, nous rentrons au bateau, satisfaits et rassurés par la prestation française... Soyons indulgents et encourageons notre équipe plutôt que de la couler, les joueurs sont trop fragiles pour jouer à ça !

Badinguet est toujours sur sa bouée et nous avons fait, ce matin, le plein d’eau au petit ponton de Cammeray Marina. Nous voilà prêts pour le grand départ vers le Nord, reste à négocier la météo et ce n’est pas si simple. Une succession de basses pressions défilent sous le pays et il est quasiment miraculeux d’avoir des bonnes conditions pendant 48h ! Si on ajoute le calendrier des matchs de la coupe du monde, naviguer devient vraiment compliqué en Australie!

 

11/09/11

Pas grand-chose à faire aujourd'hui, juste regarder le match entre l'Australie et l'Italie puis c'est le départ de Badinguet. Que dire sur le match ? Que les Italiens, tout comme « les buveurs de Saké » peuvent soulever des montagnes lorsqu'ils sont transcendés collectivement. Mais cet état d’esprit euphorique est fragile et ne dure que rarement, sauf s’il est alimenté par des résultats… Une seule petite déception ou contrariété peut faire disparaitre cette énorme énergie collective générée et l’équipe abandonne la partie.

Que dire du départ de Badinguet ? Que l'équipage, au complet, est trop content de bouger vers des températures plus clémentes.

Nous passons le pont-ouvrant à 16h30 et mouillons juste de l'autre côté car la météo reste vraiment limite… Le vent rugit dans les haubans la première partie de la nuit et moi, je rugis dans ma couchette, plus du tout habitué à tous ces bruits, quelle angoisse ! Je finis par m'endormir mais la nuit risque d’être  courte…

 

12/09/11

6H00, je suis crevé mais il faut y aller car si la nuit a été courte, la route est longue…

Une forte houle nous réserve un accueil particulièrement musclé à la sortie des eaux de Sydney mais je me sens bien, je suis au large et je retrouve mes marques, ouf !

Pascale est un peu barbouillée mais avec des vagues de cette taille dans le derrière, on le serait à moins ! Des dizaines d'albatros, de fous, de pingouins, de pétrels et de dauphins nous accompagnent pour souhaiter la bienvenue à Badinguet qui galope à 7,5 nœuds. Génois et genaker sont tangonnés en ciseaux et sur une grosse vague, Badinguet s'envole à 15 nœuds, je dois dire que ça calme de voir ce voilier de 20 tonnes rester dans l'axe malgré l'énorme pression, quel bateau !

Nous contournons le hauts-fonds de l’entrée de port Stephens où de grandes vagues déferlent puis nous mettons l’ancre au fond de Shoal bay, par 3 mètres de profondeur. Un catamaran Français est amarré sur un corps-mort un peu plus loin. Nous irons le voir demain car il faut ranger le bateau et le soleil vient de disparaitre derrière les collines… Là, je vais dormir beaucoup, plus sereinement !

Ca m'apprendra à parler trop vite. A marée haute, la grande houle n'est plus freinée par les bancs de sable et du coup, elle penetre au fond de la "Shoal bay" et Badinguet se met en travers, vive le rock'n'roll !

Ca roule tellement que nous déménageons toutes nos affaires pour émigrer à l'avant du voilier, quelle galère, surtout lorsqu'on regarde le cata juste à côté de nous… Pascale lui fait des yeux doux, c'est vrai qu'il ne roule pas, lui ! Ce n’est pas grave, on roule pour deux !

 

13/09/11

Encore une petite nuit car le froid a été, une fois de plus, l'invité nocturne !

Il fait un temps magnifique, pas un nuage ne vient polluer le beau ciel bleu d'hiver austral et Australien, pour le coup !

Nos voisins ont fait comme, nous, ils ont mis leur annexe à l'eau et se dirigent vers nous, la machine à café va fumer !

Un couple, Annie et Daniel, retraités sur un "Belize" nommé « Ananda », montent à bord, ça fait longtemps que nous n'avons pas eu de contact avec des navigateurs français et il semble que ce soit aussi leur cas car les discussions vont bon train.

Partis depuis 8 ans, leur multicoque a été victime des terribles inondations, l'année dernière, à Brisbane. Alors qu'il était au sec, dans un chantier, leur cata s'est retrouvé empalé dans la mangrove, à 37 mètres du lit de la rivière après que celle-ci soit montée de 9 mètres !!!

250 000 dollars et des mois de travaux et de galère pour récupérer leur voilier et poursuivre leur tour du monde avec un an de retard.

Nous grimpons sur la colline qui domine le goulet d'entrée de Port Stephens et nous sommes remerciés de nos efforts par une vue splendide au sommet. La grande houle du Sud-ouest est toujours active mais elle ne nous empêchera pas de poursuivre notre route dés demain.

Nous avons suivi avec attention, sur internet, la mésaventure du voilier « tribal Kat », pas grand-chose à ajouter à ce sujet, respect !

En cherchant des infos, nous avons découvert que la marine indienne a capturé 52 pirates somaliens sur un bateau thaïlandais à 100 milles de leurs côtes. Les pirates vont donc jusqu’aux Maldives facilement !!!

Pour faire court, on va forcement, même sans passer par la mer rouge, traverser une zone fréquentée par des pirates, quoi qu’il arrive !

 

14/09/11

Le temps est au beau, un bon vent d’Ouest balaie la baie, en route !

Badinguet avale les milles sous genaker et les baleines sont au rendez-vous. Nous dépassons une bonne dizaine de cetacés en les approchant de près sans faire de bruit, sous voiles.

Puis, comme toujours, les conditions idéales ne durent pas et le vent tourne au Nord en diminuant. Combiné au fort courant chaud qui descend vers le Sud, nous voilà contre vent et marée et la vitesse s’effondre aussitôt !

Qu’à cela ne tienne, je mets le moteur en route. Il faut bien qu’on consomme avant Brisbane ces 300 litres de gasoil afin de purger le réservoir contaminé.

Le soleil amorce sa descente lorsqu’une violente vibration accompagnée d’un bruit inquiétant provient de la soute-moteur. Je me précipite sur les commande et éteint celui-ci en catastrophe…

Inquiet, je descends dans le compartiment et découvre des traces d’huile, un peu partout… Nous voilà bien !

Badinguet est à la dérive, en travers des éléments, à 3,5 nœuds vers le Sud, on recule !

Au bout de quelques minutes, je comprends enfin d’où provient cette huile noire. Des silent-blocks ! C’est la deuxième fois que nous avons ce genre de projection d’huile sous le moteur, nous avons donc deux silent-blocks hors services et les vibrations s’expliquent tout à fait !!!

Et dire que nous avons demandé à ce fichu escroc de mécanicien de trouver les origines de cette fuite, il à eu trois semaines pour ça… Il est vrai qu’au pays des kangourous, il est naturel de trouver des pickpockets !

Bon, la situation est assez simple. Il faut que nous puissions nous servir du moteur pour manœuvrer dans un port. Je fixe deux grands colliers en inox pour immobiliser un des angles du cadre du Yanmar et les mouvements diminuent nettement. En revanche, les vibrations sont transmises directement au bâti par les colliers et le bruit est épouvantable, sans parler des tremblements qui affectent toute la structure de Badinguet… Ca ira pour manœuvrer dans un port, au cas où, mais on ne peut pas s’en servir contre le courant, sur du long terme…

Il fait nuit noire lorsque nous commençons à tirer un bord vers la côte. Le vent a molli et Badinguet affiche un magnifique « 2 nœuds » au compteur, c’est toujours mieux que les 1,6 nœuds que nous nous tapons depuis 1 heure !

Au cours de la nuit, le vent tourne encore et se renforce, ca y est, on peut aligner des bords moins fantaisistes et la vitesse remonte à 4 nœuds, ouf !

Pascale est partie se coucher, j’ai repris la météo sur les 2 prochains jours et nous pouvons nous permettre de rester encore 48 heures en mer pour parcourir les 80 milles qu’il nous reste. Tout va bien et je me détends un peu en m’allongeant sous la pleine lune.

C’est alors qu’un autre bruit incroyable me fait sursauter dans le cockpit, et il se met à pleuvoir sur Badinguet… Deux énormes baleines sont à côté du voilier, à 3 mètres sur bâbord. Le bruit de leur souffle se termine par des gargouillis lorsqu’elles s’enfoncent un peu sous la surface, et la pluie n’était que l’arrosage causé par leur puissant jet, c’est passé à 3 mètres près !!! 

Je me recouche, non sans avoir scruté un bon moment les flots sombres, j’ai encore les gambettes qui font du yoyo, manquerait plus que ça !

 

15/09/11

Pascale prends le relais à 1h du matin. Nous sommes au beau milieu du rail des cargos et elle se débrouille comme une chef avec les voiles, elle choque, borde, corrige la route, etc. Il faut exploiter le vent au mieux, on ne fait plus de tourisme dans ces conditions…

Encore une belle journée qui commence et vers 10h, le vent chute complètement. Badinguet est, une fois de plus, livré aux éléments. Nous sommes très près de la côte et le courant s’y fait moins sentir aussi n’avons-nous pas trop reculé lorsque, une heure plus tard, le vent reprend à 180 degrés de sa direction précédente ! On se croirait en Méditerranée !

On réinstalle le tangon et le genaker nous propulse à 7 nœuds, vers le Nord, on va y arriver…

J’ai appelé et prévenu Coffs Harbour de nos déboires et ils nous attendent aujourd’hui, cette nuit, ou demain si Eole nous casse encore les roubignolles !

Une baleine saute sur notre tribord et Pascale assiste à une belle série de sauts spectaculaires. Un autre groupe sur Bâbord, beaucoup plus proche, semble nous faire des signes avec leurs nageoires. Certaines frappent l’eau violement avec leur queue, sortent la moitié de leur corps à l’envers avant de replonger dans une gerbe d’écume. Il y a des baleines partout autour de nous. Badinguet, sous voiles, avance vite et en silence, le spectacle peut commencer.

Je suis à l’avant car j’ai repéré un groupe de baleines particulièrement « bondissantes » sur notre trajectoire mais il y en a pleins d’autres, très proches qui dansent en surface en labourant les flots de leurs lourds appendices…

Pascale jubile en voyant ces énormes mammifères sortir presque complètement de l’eau avant de retomber dans une explosion liquide.

Soudain, sous nos yeux, à 30 mètres devant l’étrave, une tête, puis une deuxième émergent, telles des fusées sous-marines. Les corps noirs et blancs apparaissent à leur tour. Les deux baleines, collées l’une à l’autre, restent suspendue un moment dans le vide puis elles amorcent leur chute et replongent en percutant ensemble la surface. La quantité d’eau qu’elle déplace est impressionnante et elles disparaissent, englouties dans un tourbillon d’écume. OUAHHHHHH !

Je ne sais combien de temps nous sommes restés sans bouger, la bouche grande ouverte, sans sortir un son… Puis ça repart de plus belle, elles veulent assurer le spectacle jusqu’au bout et les revoilà qui crèvent la surface en tournoyant sur elle-même, comme des danseuses maladroites… Enfin des grosses danseuses quand même ! Puis c’est au tour de leurs congénères de poursuivre les sauts et des dizaines de cétacées bondissent tour à tour pendant plus de 2 heures. Le spectacle cesse comme par enchantement, lorsque je remets en route le moteur avec une certaine appréhension…

 

Coffs Harbour est tout proche et notre voilier parkinsonien pénètre dans l’enceinte portuaire… Ca y est, sauvés, on est au ponton !

Je démonte rapidement le cylindre-block le plus accessible, l’étudie un moment pour comprendre où se situe cette capsule d’huile puis, je cours chez le shipchandler. Le vendeur téléphone chez ses fournisseurs et m’annonce qu’il n’en reste que 4 sur tout le territoire, je les prends… 220 dollars pièces, quand même !!! Nous devrions les avoir lundi !

Nous passons le week-end à circuler avec nos petits vélos entre le port et le « C.E.X. Club ». Il s’agit d’un Club de vétérans Australiens… Les salles sont immenses, machines à sous, espaces pour parier et surtout des dizaines de téléviseurs grands-écrans avec la coupe du monde en live !!! Chaque jour à 18h précises, les membres et les invités que nous sommes devons nous lever, abandonner avec peine notre choppe de bière et écouter la sonnerie aux morts et un court sermon en souvenir des victimes des nombreuses guerres auxquelles ont participé, de grés ou de force, les troupes australiennes…

En dehors de ce court et respectueux intermède, nous suivons tous les matchs de la coupe du monde de Rugby et l’ambiance est géniale et très arrosée, of course !!!

 

19/09/11

Les cylindres-blocks sont arrivés et j’attaque le travail aussitôt… Et quel boulot !!! 6h dans la soute à lever les quatre coins du moteur à l’aide de palans… Tous les voisins de pontons et les employés de la marina ont été très présents, toujours prêts à rendre service, à prêter des outils et même des locaux équipés d’étaux très solides.

Hier, j’ai changé la courroie d’alternateur sur « Ananda », aujourd’hui, nos cylindre-blocks et mon dos est en vrac ! Me voilà contraint de faire appel à un professionnel pour me manipuler les dorsales, je ne rajeunis pas, finalement !!!

Nous dinons avec Annie et Daniel un délicieux bœuf bourguignon puis dodo.

Nous sommes candidats au départ, une fois de plus, Badinguet trépigne d’impatience et nous aussi !!!

Et surtout, depuis 4 jours, il y a fait nouveau très important… La chaleur est de retour, il fait presque 30° et nous sommes en short, laissant nos pâles gambettes à la merci des nombreux moustiques qui s’invitent à l’heure de l’apéro !

 

GOLD COAST

 

22/09/11

Une navigation tranquille avec notre moteur qui fait encore des siennes… Les vibrations sont très importantes et je redoute d’avoir mal réglé les silent- blocks… De nombreuses baleines et dauphins nous ont accompagné tout le trajet et nous n’avons absolument rien pêché !

A l’aube, Gold coast est en vue et le panorama est … surprenant ! Des dizaines de grands immeubles modernes et colorés bordent une immense plage de sable fin. La côte est plate mais vus de la mer, les innombrables buildings se succèdent avec une harmonie étonnante. Nous avons l’impression d’arriver dans une citée futuriste tellement l’alignement de gratte-ciels contraste avec la monotonie de la rive.

Nous mouillons juste après le passage du chenal Sud, dans « Bomb’s bay » une large zone de mouillage presque fermée avec 3 mètres de fond ! Il y a beaucoup de monde dans la petite baie et pour permettre un roulement, les autorités limitent la durée de l’ancrage à une semaine par 60 jours.

Un grand nombre de marina ultramodernes et ultra chères rivalisent de services et de prestations mais à quel prix ! Les ressorts, les palaces, les grands hôtels et les magasins de luxes se disputent les kilomètres de bords de mer exposée à la houle d’Est. Nous voici à « Surfer Paradise » et un moyen de locomotion est indispensable pour se promener dans le coin.

Il règne une activité balnéaire incessante mais ici, les Australiens ont fait les choses en grand… Pendant que les hydravions décollent en zigzaguant au beau milieu des bateaux du chenal, des dizaines d’hélicoptères survolent la Gold coast. Des jet-skis, des jet-boats et tout un tas de bateaux surpuissants effectuent des virages à grande vitesse afin de secouer les jeunes touristes en quête d’adrénaline. Il y a même des bus-amphibies qui plongent directement de la route goudronnée dans l’eau des chenaux provoquant une grande gerbe d’écume. Ils poursuivent leur chemin entre les bateaux, puis ressortent après l’immense parc d’attraction dont les grands toboggans n’ont rien à envier à la hauteur des buildings voisins.

Pascale et moi sommes fatigués par la nuit en mer mais, nous partons marcher un peu le long de cette interminable plage jalonnée, tous les 1000 mètres par un poste de surveillance qui fait penser à « Alerte à Malibu »… Et des Pamela Anderson, il y en a partout… L’Australie est un pays vraiment désagréable !!!

  

 

Du 23 et 24/09/11

Nous voilà bien installés dans notre petite baie en fer à cheval avec toujours ce fichu moteur qui ne tourne vraiment pas rond !

Il fait beau et je passe mes matinées dans le cambouis à essayer de comprendre comment fonctionne un accouplement souple ou un tourteau d’accouplement… Pour l’accouplement, je n’ai jamais été très souple et du côté du tourteau, il ne s’agit pas de la reproduction d’un crabe…

Je dévisse des trucs par curiosité et lorsque ça dégouline d’huile et bien, c’est que je me suis encore trompé…. Trop d’la balle, la mécanique !

Nous circulons à vélo dans « Surfer Paradise » et nous nous arrêtons un instant pour regarder de belles photos aériennes sur la vitrine d’une agence immobilière… Une femme en sort pour nous vanter les prix exceptionnels qu’elle peut nous obtenir si nous achetons un appartement sur la « Gold Coast » ! Nous lui expliquons notre situation en plaisantant et elle nous apprend que son mari est le plus gros Brooker et le représentant « Bénéteau » sur la région !!! Il connait donc tous les mécaniciens de la place !!! Voilà qui devient très intéressant car mes talents en mécanique sont vraiment limités, je n’arrive pas du tout à régler correctement les silent-blocks …

En revenant au bateau, nous rencontrons le fameux mari et nous sympathisons, il va essayer de nous trouver un mécano rapidement, espérons !

Concernant le match de l’équipe de France contre les blacks, c’est bien joué car il ne fallait pas terminer 1er de la poule, trop forts ces Français !!!

Nous avons encore dégoté une taverne dans laquelle nous pouvons suivre tous les matchs et nous avons fait la connaissance d’un nouveau supporter de l’équipe de France… Un Anglais qui supporte les tricolores… Rugby is the best !!!

 

25/09/11

C’est dimanche, notre petite baie est devenue un véritable enfer !!! Des dizaines de yachts de toutes sortes viennent mouiller les uns sur les autres et comme le vent a nettement forci, nous louvoyons en rasant les gelcoats rutilants de superbes vedettes, nous espérons qu’ils sont bien assurés !

Le match « Fidji-Samoa » n’a pas cassé des briques et nous sommes à bord lorsqu’un bateau à moteur tourne autour de Badinguet, un de plus… Mais quelque que chose attire notre attention, ses occupants chantent à tue tête « Alouette, je te plumerai » !!! Je déploie le drapeau français pour marquer mon territoire et d’un coup, nous reconnaissons Peter, sa femme et deux autres couples qui sont venus nous saluer et….Visiter Badinguet, bien sûr… Avec une bonne bouteille de chardonnay glacé !

-       Peter : Ohhh, lovely boat !!!

-       Nicolas : Thank you but my engine is not so lovely ????

-       Peter : I’ll call you tomorrow.

Tout ce petit monde repart, plus ou moins alcoolisés et à 15h30, nous déplaçons notre voilier qui peine à dépasser les 2 nœuds contre le vent et le courant de marée. Impossible de monter dans les tours sans créer des secousses inquiétantes…

Le coup de vent de Sud n’est pas à prendre à la légère et j’ai repéré un mouillage très abrité plus au Nord. Il faut glisser entre une digue et un banc de sable par 4 nœuds de courant rentrant, 25 nœuds de vent de travers et en ne disposant pas de puissance moteur…

Nous rentrons dans le goulet à la voile et en apnée mais ouf, tout se passe bien. Nous mouillons par 3.5m de profondeur mais nous savons que le bateau va se retourner en début de nuit et les 25 nœuds de Nord vont vite faire place à 35 du Sud… L’endroit est exigu et il faudra certainement ancrer plus près de la côte demain. Nous devrions passer une nuit tranquille, espérons…

 

26/09/11

Pas de coup de fil de Peter mais d’un certain Jonathan, importateur Français des Bénéteau sur la Gold coast, rien que ça !!! Notre ami a le bras long et après lui avoir expliqué nos malheurs, il s’engage à nous fournir de l’aide en appelant ses contacts chez Yanmar, cool !!!

Pour faire court, il faut que nous trouvions un tourteau rigide que nous devons mettre en lieu et place de l’accouplement souple afin de réaliser un lignage parfait !!!

Le coup de vent est bel et bien là et Badinguet se retrouve dans une situation scabreuse, poussé par le vent et orienté par le courant. La chaine de notre mouillage est terriblement tendue vers l’arrière du bateau et vient frotter la coque sous l’étrave… Je mets des serviettes avec des colliers autour de la chaine mais le pire est à venir lorsque la chaine s’enroule autour de la quille, incroyable ! Badinguet, immobilisé en travers, se couche dans les rafales !!!

Il est impossible de mettre en route le moteur car je ne sais pas si le mouillage est proche de l’hélice aussi, c’est en poussant avec l’annexe que je fais faire un 180° libérateur au voilier…

Le coin n’est vraiment pas terrible et juste à côté de nous, un beau ketch, surpris par la marée descendante, s’échoue sur un banc de sable invisible. vivement qu’on dégage de là !

Pas de coup de téléphone de nos connaissances, je ne sais pas ce que nous allons faire avec ce moteur, nous sommes si proche de Scarborough et si loin à la fois… Il faut que nous y soyons pour le 09/10 au plus tard afin de préparer son hivernage (d’été !)

Je téléphone 45 minutes à la société AMEL avec le combiné Iridium. Christian Dufour me met en relation avec Daniel JOURDAIN, un Dieu ! Celui-ci m’explique avec une infinie patience et beaucoup de détails, la méthode, pas à pas, pour réaliser moi-même le lignage du moteur. Il est si précis, si rassurant et disponible qu’il finit par me convaincre de réaliser le travail moi-même. Il reste à trouver les outils et un tourteau rigide…  2 jours pour découvrir la traduction anglaise d’un « tourteau de lignage » et ce n’est pas « alignement‘s crab » !!!!

Le courant s’est enfin inversé et le mouillage est dans l’axe de Badinguet. Pascale est rassurée et je peux filer en annexe pour acheter les outils dont j’ai besoin, burins, pied de biche, jeu de calles et des grosses clés… 

Je remonte une des innombrables rivières qui alimentent les canaux de la « mer intérieure » et je finis par me perdre avec tous ces méandres et ses affluents tortueux.. Il y a homme sur la rive…

-       Moi : Excusez moi, je suis perdu, je suis Français, je cherche Brisbane road !

-       Lui : Oui ? la France c’est par là !! et il éclate de rire !

Nous discutons un moment et j’amarre l’annexe à son petit ponton privé. Après avoir visité sa maison et son atelier, nous partons en voiture dans les différents magasins d’outillage… Il m’emmène ensuite dans les ateliers de mécanique de Runaway bay marina, un peu plus au Nord. J’y rencontre un mécano qui semble comprendre notre problème et il est disposé à intervenir pour 98 AUD de l’heure !!! Ca risque de coûter cher mais nous sommes sauvés !

J’en profite pour réserver une place à la marina et nous retournons chez lui à la tombée du jour. Les Australiens sont vraiment incroyables, généreux, serviables et toujours heureux de rendre service !!! Il me propose même d’emprunter tous les outils dont il dispose mais je préfère avoir les miens et qui sait de quoi demain sera fait ??? Après nous avoir invités à une party pour les 3 ans de son fils, samedi, je prends congé et retrouve Pascale à bord… J’ai tout ce qu’il me faut pour travailler et je lui apprends la bonne nouvelle…

Le soir, nous avons le grand plaisir de recevoir Cassie et ses parents. Cassie est la jeune Australienne que nous avons reçu en France pendant un an, toujours dans le cadre des échanges d’étudiants dont Maël a bénéficié.

Le vent souffle très fort lorsque je les récupère sur un petite plage de la côte et c’est complètement trempés qu’il arrivent sur Badinguet, ça commence bien ! Kim est même obligé de se changer et d’emprunter un de mes shorts pour attaquer l’apéro à peu près au sec !

Nous passons une excellente soirée en leur compagnie et le retour en annexe se fait avec le courant, donc, beaucoup plus confortablement qu’à l’aller !

 

28/09/11

Nous quittons notre abri précaire à 7h15. C’est l’étale de marée haute et le vent est tombé. L’accès à Runaway Bay marina est un peu compliqué avec une zone de haut-fond mais à marée haute, ça passe tranquille avec 70 cm d’eau sous la quille.

Nous voilà amarrés au ponton et nos voisins, d’origine Sud Africaine, sont disposés à nous emmener en voiture où et quand nous le désirons !!!

Je retourne chez le mécanicien et son attitude a quelque peu changé. Son patron est là et le son de cloche diffère nettement du discours de la veille … Ca va coûter cher, il va falloir fabriquer un tourteau de lignage et il leur manque un ouvrier et untel est malade, et ils ne peuvent pas commencer demain et, et, et… Ils commencent vraiment à m’énerver grave et mon ton aussi diffère de celui d’hier ! S’ils ne veulent pas faire le boulot, qu’ils aillent au diable, je ne me ferai pas avoir comme à Sidney !

Je téléphone à nouveau chez AMEL et ils m’envoient par mail les plans du tourteau de lignage, je vais faire faire moi-même la pièce !

Et c’est partie pour 3 jours de travail dans la soute moteur. Guidé étape par étape par Daniel Jourdain, véhiculé par Steve pour aller chercher les pièces et équipés en outils par les employés de la marina, je m’applique chaque jour à suivre à la lettre le protocole de AMEL et ça avance…

Samedi matin, le moteur est remonté et aligné. Un petit essai confirme qu’il n’y a plus aucune vibration, j’ai réussi ! Trop content de moi, je n’y croyais vraiment pas. Je suis quasiment aussi fier d'avoir effectué cette réparation par moi-même que d'avoir d'avoir traversé l'atlantique !

J’en ai profité pour changer tous les boulons et écrous-freins et j’ai fait refaire à neuf (soudures + Kit) notre accouplement souple qui avait vraiment du plomb dans l’aile… J’ai d’ailleurs passé beaucoup de temps à décrire cette méthode, illustrée de nombreuses photos dans un dossier de notre site Web. Dossier

 

02/10/11

Le vent souffle encore violement et en plein milieu de « France-Tonga », un orage prive d’électricité tout le secteur. je crois que nous n’avons pas loupé grand-chose, c’est plutôt, l’équipe de France qui a loupé quelque chose…. On va arrêter de croire aux miracles, c’est fatiguant !

Du coup, lorsque le courant a été rétabli, nous avons suivi avec Steve et Marge, la fin de la grande finale de Footy ! Avec quelques bières et une bien meilleure ambiance ! 

 

03/10/11

Nous partons aujourd’hui après moultes tergiversations… Nous avons finalement pris la décision de passer par les canaux pour rejoindre Brisbane et ce n’est pas une mince affaire avec un voilier de cette taille…

Il faut emprunter les canaux naturels sur plus de 30 milles en jouant avec les marées hautes pour passer sur les nombreux hauts-fonds et des marées basses pour passer sous des lignes haute-tension. Il faut faire cela de jour car on ne peut pas mouiller dans les chenaux, ils sont trop étroits, la force du courant est importante et il y a beaucoup de passages de ferries… Tout ce qu’on aime !!! Alors, bien sûr, on va se demander pourquoi nous prenons une telle décision ??? Et beh, JE SAIS PÔ !!!!

En fait, je n’ai aucune envie de reprendre la mer, c’est tout aussi compliqué… Le trajet est plus long de 40 milles nautiques car il faut faire un grand détour en contournant le Nord de l’ile Moreton. La houle est de 3 mètres, le vent change de 180° tous les 2 jours et en passant par le Nord, nous allons retrouver 20 milles de canaux à négocier, donc ceci explique cela…

Nous quittons Runaway Bay Marina deux heures avant l’étale de marée haute afin de nous trouver 45 minutes avant l’étale au passage le moins profond… Si nous nous échouons, il restera encore 45 minutes de marée montante pour nous dégager !

 

Le vent souffle à 30 nœuds bien établis dans le grand chenal et conjugué au courant, nous avançons à 7 nœuds avec un semblant de moteur pour rester manœuvrants.

Pascale est à la table à cartes, je suis aux commandes et nous essayons de suivre la route la plus profonde en prenant garde de ne pas louper une balise car nous ne pouvons pas faire demi-tour avec ce flux.

Le premier passage difficile nous donne quelques frayeurs avec un tout petit 20 cm d’eau sous la quille et le déclenchement des alarmes de profondeur pendant 10 bonnes minutes. Badinguet retrouve ensuite des eaux de plus de 3 mètres et nous respirons un peu en attendant le passage de la fameuse ligne haute tension !!!

Elle est donnée pour 20.20 m de hauteur mais ce sont les marées d’équinoxe et le marnage est vraiment important… Je me demande ce qui pourrait se passer si on accrochait le mât dans une ligne haute tension, un feu d’artifice ???

La rivière est large sous les câbles et je choisis de raser le pylône central afin de nous laisser une bonne marge, gulp ! Je n’ose pas lever les yeux, Pascale s’en charge, çaaaaaaaaaaaaa yyyy eeeeeeeest, c’est passé tranquille, sans coup de jus ! « fingers in the nose » !!!

 

Le vent ne faiblit pas et nous poursuivons notre longue route intérieure avec beaucoup de vigilance car il y a souvent moins d’1 mètre sous la quille et rarement plus de 2 !

A 15h, j’en ai marre de ce vent et de ces chenaux balisés dans lesquels nous balisons depuis des heures. Il est temps de commencer à chercher une place pour la nuit.

Nous mouillons à l’abri de « Kibbinkibbinwa point », fallait le dénicher celui là ! Le cul de Badinguet flirte légèrement avec le chenal emprunté par les ferries mais je ne peux pas faire mieux avec ces hauts-fonds…

 

04/10/11

Une nuit plutôt bonne et il fait un temps magnifique lorsque nous ouvrons les yeux. Le vent reste au Sud et la fraicheur est bien installée.

En deux minutes, l’annexe est à l’eau et nous voilà partis pour une petite balade dans la nature. On patauge dans 50 cm de vase collante puis on escalade une immense dune de sable pour avoir une vue masquée par les arbres… Aller, on oublie et on rentre !

Badinguet ne met que deux heures sous voiles pour couvrir les 15 milles qui nous séparent d’un mouillage très venté au Nord-est de « Peel Island »…

Encore un mouillage sans intérêt, des parcs à huitres et une épaisse vase empêchent tout débarquement donc, nous sommes confinés à bord ! On va se faire un bon film et au dodo !

 

05/10/11

Une fois n’est pas coutume, nous partons à marée basse pour rejoindre « Peel island » mais on ne s’y arrête pas car nous avons avancé notre arrivée à Scarborough Marina… Nous péchons une petite bonite et trois curieux petits poissons très voraces, je n’ai pas perdu la main !

Le chenal d’accès à la marina est très étroit et nous sommes ravis d’y arriver à marée haute. L’alarme de haut-fond se déclenche lorsque nous plaçons Badinguet !

Nous amarrons notre voilier mais je ne suis pas du tout satisfait de l’emplacement. Badinguet dépasse de plus 3 mètres a l’arrière et à chaque marée basse, nous plongeons la quille dans la vase !

A force de négocier (beaucoup) et de rouspéter (un peu), je décroche le « ponpon », une belle place, dans un angle, qui nous permet d’amarrer le voilier beaucoup plus sérieusement. Il y a toujours aussi peu de profondeur mais le fond est vaseux sur plusieurs mètres, la quille va jouer la ventouse…

Ca y est, nous y sommes, finies les navigations pour cette année... Beaucoup de travail nous attend…

Pascale est partie en reconnaissance et faire quelques courses au "shopping center" du coin pendant que je nettoie les tecks de la passerelle. A son retour, elle m’explique qu’elle s’est fait attaquer par un oiseau… Celui-ci a donné un bon coup de bec dans son casque pendant qu’elle roulait… Je reconnais que j’ai eu du mal à croire à son histoire…

C’est le lendemain, en croisant de nombreux cyclistes équipés de casques avec des piquants que nous apprenons, qu’il est très fréquent que les passants soient attaqués par des pies et il faut reconnaitre que les pies australiennes sont deux fois plus grosses que nos corbeaux.

L'Australie abrite un très grand nombre d'espèces dangereuses, d'animaux venimeux, mortels, de bêtes peu sympathiques en tout genre ... Petit tour d'horizon...

Les araignées…

L'Australie compte un grand nombre d'espèces d'araignées mortelles, dont la veuve noire à dos rouge. Bien qu'assez courantes dans les campagnes, on n'en voit peu dans les agglomérations. Leurs cousines des villes, les huntsman spider (traduisez araignées chasseuses d'hommes) sont de taille impressionnante, mais sont inoffensives. Il y a également une grande variété de scorpions, pour les amateurs !

Les Crocodiles…

D'eau douce ou de mer, ils sont très courants dans le Nord. On trouve des panneaux interdisant la baignade partout où il y en a, et il y en a partout ! Ils peuvent atteindre des tailles tout à fait respectables, plus de 7 mètres…

La différence entre un crocodile d'eau de mer et un crocodile d'eau douce ?

Les crocodiles d'eau douce sont plus petits, moins longs, et moins agressifs. Il existe même des lacs où la baignade est autorisée avec les crocos, à la seule condition de ne pas trop s'en approcher.  A l'inverse, les crocodiles d'eau salée (les salties, comme disent les Australiens) sont vraiment dangereux. Ils peuvent sauter jusqu'à 3 mètres de haut en s'éjectant hors de l'eau pour venir chercher une proie sur la rive. Une proie ... ou un touriste, ça marche aussi.

Morts : 1 par an en moyenne

Pour éviter les problèmes avec les crocodiles, courir vite ...

 

Les Méduses…

Là, on ne plaisante plus !! La méduse-boîte (blue jellyfish ou bluebox) est mortelle. Elle envoie au baigneur aventureux une décharge électrique qui provoque la mort instantanément.

Leurs tentacules peuvent atteindre 3 mètres de long, elles se promènent en bancs près des côtes en été. On peut s'en protéger grâce à des combinaisons anti-méduses.

Attention : dans le Nord de l'Australie, vers Darwin, cette espèce de méduse pullule. Les plages autorisées à la baignade sont signalées et entourées de filet anti-méduses.

Morts : 1 par an en moyenne

Les Requins…

Leur présentation n'est plus à faire. Les océans autour de l'Australie regorgent de grands blancs, de requins tigres et de squales en tout genre ...

Ils attaquent parfois les surfeurs, qu'ils prennent pour des phoques, mais les recrachent la plupart du temps, il parait qu'ils n'ont pas bon goût. Retenons, pour Pascale, qu’ils n’attaquent que très rarement les baigneurs.

Morts : 2 à 3 par an en moyenne, plus quelques blessés

Pour éviter les problèmes avec les requins, nager vite ...

Les serpents…

L’Australie est le seul continent au monde qui contient plus d’espèces de serpents venimeux, que de non-venimeux. Sur les 10 serpents les plus dangereux au monde, 7 sont représentés en Australie ! On y trouve notamment l’espèce la plus venimeuse au monde ; le « Taïpan du désert », à la mort foudroyante…

Morts : 1 à 2 par an

Voilà, c’est dit et ça ne fait pas tant de morts que cela…. Même si les oiseaux continuent à attaquer le casque de Pascal !

« Bepci » arrive juste avant le weekend à la marina et les retrouvailles font chaud au cœur. Un bon repas sur Badinguet et ils nous racontent que, eux aussi, ont été très déçus par la Nouvelle-Calédonie, comme quoi !!! 

Le weekend, nous passons nos après-midi dans un yacht club proche de la marina pour suivre les 4 quarts de finale de la coupe du monde de rugby.

Que du bonheur !!!! Surtout lorsqu’il a quelques supporters Anglais dans la grande salle… Comme disait Xavier, on a bouffé du rosbif à midi, et il va falloir se taper de la soupe aux poireaux la semaine prochaine !!!

A noter tout de même un énorme orage au lever du jour avec 111 km/h de vent mesuré dans notre marina !!!! Au moins, l'amarrage a été testé et éprouvé !

 

10/10/11

Cassie et Kerry, sa mère viennent nous chercher à la marina à 11h, direction leur maison… En arrivant du côté de chez eux, Pascale et moi lorgnons sur les villas qui occupent les grandes propriétés du quartier et, en apercevant une maison encore plus luxueuse, je me risque un refrain de… Dallas, ton univers impitoyable…

Et Kerry met son clignotant lorsque les grandes portes de la propriété s’ouvrent… Oups !

Leur maison est ….. Immense… piscine, jacuzzi, sauna, salle de sport, écuries, cours de tennis et j’en passe, le tout gardé par un énorme chien bouvier Bernois qui n’aime pas les hommes !!!! Il s’appelle Baloo, il est gros comme un ours et fait des mamours à Pascale. En ce qui me concerne, il juste failli me bouffer un bras lorsque j’ai voulu le caresser !

Nous déjeunons dans l’immense demeure familiale et Kerry nous explique que son père travaillait dans les mines d’or. Pour illustrer la chose, elle nous montre une énorme pépite que sa grand-mère a trouvé dans les territoires du Nord ! 4 centimètres sur cinq, le genre de pépite que tu trouves et tu arrêtes de creuser pour toujours !

Et en dessert, nous avons eu droit à……Du brie chaud mélangé à des noix et de la compote de pomme, accompagné de glace à la vanille !

Nos hôtes sont incroyablement accueillants. Ils sont venus nous chercher pour nous laisser une voiture et la jouissance de leur appartement sur la gold coast. Nous savons également que Kerry a mis les petits plats dans les grands pour nous recevoir mais nous n’avons vraiment pas pu terminer le brie avec de la glace…

Nous montons dans la grosse berline 4x4 Lexus, tout contents de bénéficier de ce véhicule haut de gamme mais il me manque quelque chose…. Cassie et sa maman sont reparties dans la maison et je cherche toujours où se trouve ce fichu frein à main ???? On à l’air fin, dans le garage, incapable de faire reculer la voiture….

Kerry revient à notre secours pour nous expliquer que le frein à main est un frein à pied, chercher l’erreur !

Ca y est, nous sommes dans les embouteillages, en direction de Coolangatta.

Leur appartement est situé au 14ème étage d’un building du front de mer. Le grand duplex occupe le dernier étage (ascenseur dans l’appartement) et le toit de l’immeuble avec une vue des deux niveaux sur 360°…. Jacuzzi, 4 terrasses, tout en baie vitrée et une vue imprenable, d’ailleurs on se demande qui pourrait la prendre !

Nous sommes médusés par la taille et la situation de ce superbe logement mais là, ça fait beaucoup pour nous deux et même un peu trop !

On ne va pas déranger le lit, salir la cuisine, les salles de bain et regarder se coucher le soleil du 14ème  étage avant de s’installer devant l’écran géant de la TV à 120 kms de Badinguet…

Nous savons à quel point les parents de Cassie sont heureux de nous faire plaisir mais pour nous, c’est un peu abuser, profiter de choses dont nous n’avons pas besoin et tout ce luxe nous incommode presque…

Nous reprenons la route en sens inverse, ravis d’avoir pu visiter ce bel appartement et heureux de retrouver notre Badinguet dans sa marina d’accueil pour les 5 mois à venir ! A deux pas du port, un grand kangourou fraichement fauché par une voiture nous rappelle que la cohabitation entre l'urbanisation et la nature reste un problème insoluble…

 

11/10/11

Départ à 9h pour le fameux "Australian Zoo" de Steve Irwin. Un aventurier, chasseur de crocodiles qui a perdu la vie en 2006, le thorax perforé par le dard d'une raie armée.

On y trouve des wallabies et des kangourous avachis dans les enclos, attendant que les touristes arrivent, les poches pleines de graines achetées dans les nombreux distributeurs du parc.

A 11h, il faut être au "Crocoséum" pour assister à un show "à l'américaine". Les organisateurs sont équipés de micro et oreillettes et se relaient pour exhorter le public dans l'arène.

Des dizaines d'oiseaux fabuleux, perroquets, cacatoès, grues volent d'un coin à l'autre des gradins pour rejoindre les employés chargés de les contrôler… D'autres se promènent avec des pythons lovés autour de leurs épaules ou des opossums en laisse pour le plus grand plaisir des centaines d'enfants visiteurs.

 

Le show commence enfin et un pauvre crocodile de mer avale goulument une demi-douzaine de carcasse de poulets après avoir sauté hors de l'eau et poursuivi les animateurs téméraires… Le zoo reste un zoo, avec ses enclos, ses "fast food", ses animations, ses magasins de souvenirs et son prix d'entrée… 60 AUD par personne !!!

J'ai hâte de naviguer en terre Aborigène, dans les territoires du Nord, là où les eaux sont infestées de crocodiles et où nous les verrons en liberté… Ce sera pour le printemps prochain…

En rentrant, nous faisons un stop pour voir les superbes "Glass mountains" puis nous nous arrêtons chez "Bunnings", le "Leroy Merlin local", voilà un endroit où je me sens vraiment bien…

 

12/10/11

Une journée de boulot avec le nettoyage (en partie) du réservoir de gasoil… J'ai utilisé une pompe de calle, équipée d'un long tube en PVC pour aspirer les boues qui se sont formées dans le fond et le résultat est mitigé…

J'ai, en effet aspiré 60% des dépôts mais inévitablement, j'ai aussi remué et mélangé les 200 litres restants avec le carburant gélatineux… Il y a du gasoil partout sur le pont et sur mes vêtements, il s'agit d'une opération extrêmement salissante et Pascale est ravie, eh, eh, eh !

Pour finir, j'ai à nouveau traité le carburant avec un nouveau produit local décontaminant… Lorsque nous reviendrons, je visiterai encore le réservoir afin de déterminer si, oui ou non, je vidange complètement…

 

13/10/11

Départ de bonne heure, toujours avec la grosse Lexus des parents de Cassie. Cette fois-ci, l'objectif est Brisbane, située à 35 kms au Sud de notre repère. Nous trouvons un parking sous-terrain et l'exploration pédestre ne nous enchante pas. Il n'y a rien d'intéressant à visiter, juste une citée moderne avec de grandes avenues piétonnes et commerçantes. Nous passons d'un magasin de souvenirs à un autre car il n'y a rien à faire d'autre…

Après avoir récupéré la voiture au parking moyennant l'incroyable somme de 70 AUD (50€), nous terminons notre visite par le point de vue sur Brisbane du Mont koo-tha. On prend une photo qu'on jettera sûrement, comme tout le monde, et retour dans les embouteillages de l'après-midi pour revenir à la marina, un peu déçus !

En soirée, de gros orages remplissent le ciel du Queensland, impossible de bricoler dans ces conditions…

Le 16/10 au matin, nous essuyons à nouveau la violence des orages. La côte Est Australienne est bel et bien dans une zone de convergence et les perturbations climatiques ne vont faire qu'empirer durant l'été à venir.

Juste après la demi-finale de la coupe du monde, nous prenons la route pour rejoindre la famille de Cassie au Sud de Brisbane. On a quand même eu du mal à faire passer la soupe aux poireaux, reste plus qu'à boulotter un petit kiwi en dessert et le repas sera parfait !

Une fois de plus, nous sommes reçus princièrement par les Duffy et nous trainons à table jusqu'à minuit en discutant et dégustant les vins fins de Kim. Nous plongeons ensuite dans un gigantesque lit situé dans une gigantesque chambre avec une gigantesque douche... Il va falloir nous réhabituer à la vie terrestre avec ces lits qui ne bougent pas, les plaques de cuissons électriques, les grands frigos et surtout recommencer à utiliser du papier hygiénique ! Ca a son charme, la douchette !!!

 

 

 

Du 17/10/11 au 21/03/12 - Parenthèse française

Un mois de novembre un peu dur à gérer avec de sérieux problèmes de santé pour moi et Pascale qui retrouve avec engouement un travail très sympa (dans l'événementiel haut de gamme). En compagnie de Stéphanie, responsable de la commercialisation du lieu, Pascale a beaucoup apprécié cette activité très prenante et enrichissante

Ce fut donc à mon tour de connaître les joies des services d'urgence... Une grosse hypertension jamais traitée a abîmé mon cœur, comme quoi, il n'y a pas que les batteries du bateau qui s'usent... Hyper essoufflé, incapable de faire quelques mètres sans m’asseoir ou m'appuyer contre un mur ou un lampadaire ou ce qui me tombe sous la main, j'ai fini par me retrouver à l'hôpital... Quelques cachets (à vie) après de nombreux examens et tout est rentré dans l'ordre. Mais il n'y a pas que la batterie qui a lâché... La pompe à eau (la prostate) a été victime d'une infection sérieuse très difficile à déceler et je préfère ne pas décrire les examens que j'ai subis ni l'angoisse que tout ça m'a procuré... Bref, j'ai eu l'échappement plus visité que l'opéra de Sydney !!

Je ne m'étends pas non plus sur la cautérisation de mes deux narines (et heureusement qu'on en a que deux !!!), sur 4 points de sutures à la cuisse suite à un grain de beauté douteux, la réparation d'une molaire éclatée et l'IRM de contrôle de ma vieille tumeur de la gorge...

On m'a même trouvé du cholestérol !!! Si on ajoute la prostate et le cœur, j'ai toutes les pathologies des vieux !!! QUE DU BONHEUR !!! C'est clair, je viens de perdre ma note triple A !!!

Pascale va bien et ses examens sont excellents, au moins, il y en a une qui tient la route !

J'ai commencé le boulot de remplacement a Abbeville et le travail est au rendez-vous, jusqu’à 45 patients et 13h par jour à masser de la chair pas très fraîche mais j'aime ça et les sous devraient rentrer rapidement... Les kinés que je remplace à tour de rôle sont toujours aussi sympathiques et accueillants et c'est un vrai plaisir de travailler avec ces amis là… D'ailleurs, il ne pourrait en être autrement vu que je ne fais qu'une chose, travailler, travailler, travailler ! Je n'oublie pas non plus les centaines de patients qui sont passés sous mes mains. Merci à vous, amis Picards pour cette bonne humeur et votre impossible accent !

Nous profitons de notre séjour pour commander sur internet ce qui nous servira pour la suite du périple… PLB (balise de détresse personnelle, 2 fois moins chère qu'une Epirb et aussi efficace). Une tablette tactile qui fonctionne comme une station de navigation totalement autonome. On ajoute un nouvel appareil photo reflex et des babioles pour l'entretien de notre Badinguet et de nos carcasses qui vieillissent aussi, lunettes de vue, médicaments et nous évitons de justesse les sonotones, couches culottes, dentiers et pacemaker.

Je retrouve Pascale chaque Week-end à Suresnes où nous sommes logés dans l'appartement de Jean-Claude, mon Oncle de Tahiti ou chez Cath, ma tante de Suresnes ! C'est moins exotique que la Polynésie mais ses œufs mimosas tueraient une vache à 100 mètres, trop bons ! Je profite à fond de ma Mamie, qui, a plus de 100 ans souffre quotidiennement et notre impuissance à la soulager me frustre terriblement. Tiens le coup, Mamie, on t’aime fort.

Le voyage nous manque et nous avons l'impression de nous faire lentement engloutir, absorber et bientôt digérer par la société. De là a penser qu’après cette ingestion, nous allons nous faire chi…, il n'y a qu'un pas que nous franchissons allègrement…. Oui, la vie en métropole est indigeste et heureusement que je ne vois pas le jour en travaillant comme un gros débile sinon, je me tirerai une balle dans la bouche et je me réveillerai mort demain matin, ça c'est dit !

Période des fêtes de fin d'année.

En fait, on ne veut pas dépenser tout not'pognon en babioles pour des gens qu'on sait pô c'qui zaime vu kon lé frekente pô sous-l'vent. L'objectif est donc d'éviter les invitations de Nowel et ces échanges de cadeaux totalement inutiles... Finalement, nous sommes allés passer la soirée chez Sophie et Olivier, les cousins de Pascale et ça a été très sympa avec un repas délicieux.

Restait le réveillon à s'tartiner mais au dernier moment, nous réussissons à retrouver Nathalie et Hans Peter de "Nathapé" chez leur cousine de Maisons-Laffitte. Une autre excellente soirée en leur compagnie. C'est si bon de les retrouver… Et puis, nous allions l'utile à l'agréable car leur Super Maramu est déjà en Malaisie, ils connaissent bien la route qui nous attend…

Janvier 2012

Nos corps sont bel et bien là mais les quelques cellules grises qu’il nous reste vagabondent sur l'eau bleu...

Exceptionnellement, j'ai changé de lieu de travail car une kiné a dû subir une intervention chirurgicale. Je me suis donc proposé pour la dépanner 3 semaines mais voilà, c'est dans le Vimeu…. Oui le vi-meuh, c'est kek'chose !

Aller, j'va picheu pis m'coutcheu d'min pieux ! (Traduction : Aller, je vais pisser puis me coucher dans mon lit.)

 

Début Mars 2012

Mes remplacements se terminent, Pascale m'attend chez ses parents, à Carqueiranne. C'est à mon tour d'être de repos, moi qui ai remplacé des vacanciers pendant 3 mois et demi, me voilà libre et un peu plus riche qu'en arrivant, Youpi ! Céline, Florence, Eric et Claude, merci encore pour tout ce que vous avez fait pour moi, c’est un réel plaisir et un honneur de travailler et de vivre à vos côtés.

Deux Jours avec Maël à Angers qui revient de son périple dans le désert marocain, le "4L trophy". Je m’arrête un instant à ce sujet… Maël s’est fixé un objectif difficile, ça a couté de l’argent, du temps, du stress, des galères en séries mais il a atteint son but… ca a couté ce que ça a couté, l’histoire retiendra le résultat, Maël, lui, retiendra le chemin qu’il a parcouru et je te dis « bravo mon fils » !  

Un jour et demi, chez mon père à Quiberon, le fief familial. Balade sur le port, délicieux repas et un peu de temps passé avec mon père qui reste souvent très occupé et parfois préoccupé par les nombreuses responsabilités qu’il détient au sein de l’A.P.P.H. (Association des plaisancier de Port Haliguen) et de La SNT (Société nautique de La Trinité).

Deux jours à Sallanches, en Haute Savoie où j'ai l'immense joie de retrouver tous mes amis et anciens collègues de Sancellemoz puis 3 jours à Carqueiranne chez les parents de Pascale. Grace a eux, j’ai pu avoir une voiture pendant 5 mois pour aller travailler, heureusement qu’ils sont là !

Et enfin, retour en train à Suresnes chez Cath, toujours là pour nous recevoir et nous héberger.

Encore 2 journées pour faire les bagages et la bagarre pour forcer Pascale à retirer sa paire de sandales et les shampoings qu'elle a rajouté en douce dans la valoche quand j'avais le dos tourné. Nous sommes enfin candidats au départ…

Bientôt la France et les retrouvailles avec les êtres chers et 3 mois de travail chacun pour Pascale et moi.

Nous serons de retour le 21 Mars 2012... A suivre...

 

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