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PARTIR AU LARGE

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   ILE MAURICE  

 

 

26/04/14

4h du matin, le groupe électrogène se met en sécurité, il est bouillant !!! 2 heures dans la soute à changer l’impeller et nettoyer l’arrivée d’eau pleine d’algues (attrapées à Addu) et l’échangeur est plein de morceaux de palles de rotor… Il redémarre 2 heures plus tard, ouf !!!

Vers midi, le vent change brutalement de direction et une inquiétante barre de nuages  obstrue l’horizon… Nous sommes au moteur avec 5 nœuds dans le nez lorsqu’il s’oriente à l’Est et nous envoie 25 nœuds réguliers et jusqu'à à 35 sous les rafales… La mer grossit rapidement jusqu'à atteindre 4 mètres. Les vagues sont  très hautes et nous progressons lentement avec très peu de toile pour ne pas nous écraser dans les creux à cause de la vitesse… Nous passons une bonne partie de l’après midi à nous faire secouer ainsi… Le ciel est bouché, noir et il pleut presque tout le temps… Le bateau tape mais pas de trop…

Je filme à la GoPro les grandes vagues qui nous agressent par tribord, le bateau est giflé par les embruns et nous n’en menons pas large…

 

27/04/14

Le beau temps nous a définitivement abandonné et le vent est désormais de face donc, nous le moteur tourne pour escalader la grande houle du Sud. L’archipel des Chagos est sur notre tribord et nous ne pouvons plus abattre et nous servir du vent comme nous le voudrions… Il faut dépasser ces grands bancs pour pouvoir enfin aligner un cap et ce ne sera pas avant demain. Il y a toujours ces innombrables masses nuageuses tout autour de nous avec des zones noires comme de l’encre… Le fameux pot au noir nous montre comment il s’habille…

Le déssalinisateur vient de nous lâcher, il ne monte plus en pression, une fuite, peut être… je verrai ça plus tard, nous avons assez d’eau pour le voyage.

Voilà quand même une jolie série de contrariétés depuis le départ… Définitivement, nous ne partirons plus un vendredi, et dire que normalement, cette partie est la plus facile….

Vers 12h, nous prenons la décision de couper au travers de l’archipel et de longer au Nord le banc Grand Chagos qui fait plus de 100 milles de long… Nous perdons tout l’avantage de notre départ plein Sud mais le temps et l’état de la mer ne nous permettent pas de passer à son Est.

Les heures qui s’en suivent sont absolument délicieuses… La grande houle est brisée par les récifs et Badinguet est au moteur, sans vent, sur une mer paisible et le soleil finit par s’inviter… Nous dégustons chaque minute de ce temps clément comme des prisonniers à l’heure de la promenade car ces conditions ne dureront pas et nous compromettons un peu le confort pour la suite du voyage…  C’était la décision à prendre de toute façon… Nous voilà donc à 300 milles du départ et il nous reste plus de 1000 milles avant l’arrivée et nous savons que les grandes vagues nous attendent demain à la sortie de notre escapade surprise… Pour l’instant, on profite de ce calme inespéré…

 

28/04/14

La nuit est paisible avec très peu de vent dans le pif mais énormément de pluie pendant 5 heures d’affilé… Quand Pascal a pris son quart à 2h, la pluie s’est arrêtée et elle a pu poursuivre la veille au sec, GRRRRR !

J'ai quand même récupéré 80 litres d'eau douce pour notre réservoir, ça occupe pendant les quarts...

Au matin, toujours pas de vent mais un pneumatique puissant qui nous prend en chasse pour nous sommer de stopper car nous sommes sur le territoire des Chagos et qu'on a rien à faire ici... Ils nous prient sèchement de déguerpir, ce que l'on faisait de toute façon... On joue aux idiots, on dit qu'on ne savait pas, que le vent décide et qu'on est terrrrrrriblement désolés d'avoir empiété sur un territoire !!!! Y rigolent pô les Ricains !!!

 En fait les Chagos appartiennent à l’Ile Maurice qui les louent aux Anglais qui les sous-louent aux Américains !!!

Depuis le Sud des Chagos, nous avons un cap vers Rodrigues mais toujours pas assez de vent pour envoyer les voiles et il n'est pas orienté comme nous voudrions et comme la météo le prévoit... Nous devrions toucher le bon vent d'ici demain matin et après ça devrait s'enchainer beaucoup plus rudement.  Pour l'instant ça reste tranquille mais le vent commence à frémir, on le sent...

 

29/04/14

Une bonne nuit malgré tout, avec des bonnes périodes de sommeil vu la fatigue accumulée. Je me sens à peu près en forme pour la première fois depuis le départ. 

Un groupe de gros dauphins très joueurs vient se faire tirer le portrait dans la matinée et l’un d’entre eux a sauté plusieurs fois pour être face de Pascale, perchée à l’avant du voilier en imitant leur cris stridents.

Le vent s’établit dans la soirée et nous sommes au près bon plein ou largue avec de gros nuages qui changent la donne en permanence.

 

30/04/14

Il pleut toute la matinée  avec des accélérations de vent jusqu’à 30 nœuds. La mer reste forte et difficile et nous sommes très secoués, c’était prévu !!! Il reste 700 milles à parcourir pour un repos très attendu…

On vise Rodrigues mais si la mer grossit de trop, nous abattrons vers l’ile Maurice pour 2 jours de navigation de plus mais ce sera plus confortable parce que là, ce n’est vraiment pas une promenade de santé.

Le vent est monté nettement à partir de 2h du matin avec 25 nœuds réguliers. La première partie de la nuit a été très calme et efficace en termes de progression.

Comme la mer reste très formée, que le bateau tape souvent au près bon plein et qu’on commence à penser à notre retour en France, nous changeons de cap vers 10h pour abattre de 25° vers l’Ouest… Nous n’irons pas à Rodrigues mais directement à l’ile Maurice. Cela représente 250 milles de plus, donc 1 jour et demi de plus en mer mais surtout, ça nous permet d’être au largue et de naviguer plus confortablement. Le bateau souffre moins et l’équipage aussi..

Les choses s’améliorent très nettement et la vie à bord s’organise plus facilement. La mer reste dure avec plus de 4 mètres pour les plus grandes vagues. La grosse différence, c’est que nous les prenons par le côté et beaucoup moins de face !!!

 

01/05/14

Une première partie de nuit tranquille puis les nuages reviennent en force à partir de 2h du matin avec de très violents grains et beaucoup de vent et de mer…

Toute la matinée jusqu’à midi, pluie incessante avec 25 à 35 nœuds de vent et une mer impressionnante, creux de 5 à 6 mètres désormais… Dans ces conditions, on se fait tout petit en réduisant la voilure au minimum pour préserver le bateau. Il faut ralentir, freiner en permanence pour trouver un difficile équilibre  entre le déplacement, la sécurité et le confort.

Lorsque le vent est stable, même fort, il est facile de régler les voiles mais quand, sous chaque grains, il y a un changement de direction du vent, une accélération puis une dévente, cela devient compliqué et très vite éreintant… On passe notre temps à surveiller en permanence les gros nuages, leur taille, leur couleur, leur déplacement et le panache de pluie qui les accompagne.

Badinguet prend une grosse vague toute les 5 minutes, le cockpit est trempé, la capote ruissèle et les coussins ressemblent de plus en plus à des éponges… Sous les grains, le cockpit devient inutilisable car la pluie nous arrive par le côté ou l’arrière. Nous avons installé toutes les protections possibles au vent mais, l’eau douce ou salée trouve toujours un chemin pour venir nous goutter dans le cou ou dans le dos !!!

J’ai fait un méga-cauchemar la nuit dernière et je passe une bonne demi-heure à préparer un sac étanche de survie où j’enferme tout ce qui nous est précieux en cas de perte du voilier… C’est dire l’ambiance !

L’après-midi, les nuages nous épargnent enfin et nous retrouvons du ciel bleu et une allure régulière avec toujours une mer grosse et beaucoup de vent mais nous ne somme plus bousculés par les creux de 6 mètres que nous avions sous les grains.

On se prépare pour notre 7ème nuit en mer. Nous sommes fatigués mais nous n’en parlons pas ni n’évoquons les bons moments ou le futur proche, nous restons concentrés sur les éléments et le comportement du bateau. Nous sommes focalisés sur un objectif ; arriver à bon port et c’est tout ! On ne tente pas le diable, on ne vend pas la peau de l’ours, un tiens vaut mieux que deux tu auras… On avance en silence en espérant que tout ira bien jusqu’au bout.

 

02/05/14

Après une nuit relativement paisible avec un vent stable à 20 nœuds, il se renforce à nouveau à 25 nœuds et la mer suit le mouvement en se creusant.

Le pilote automatique nous lâche sur une grosse vague qui nous fait partir au lof, je saisis la barre pour rattraper le voilier mais elle est quasiment bloquée. J’ai beaucoup de mal à ramener le safran en position neutre, il doit y avoir quelque chose de coincé à son niveau…

Avec juste un masque et le trouillomètre à fond, je plonge pour découvrir que le safran est en bon état…  Etre dans l’eau dans une mer si formée, c’est vraiment impressionnant mais la question n’est pas là et il faut faire repartir le voilier qui devient le jouet des grandes vagues désordonnées de l’océan indien.

Force est de constater que l’incroyable résistance de la barre à roue est causée par la pression de l’eau sur le safran… La puissance des vagues a vite eu raison de notre vérin et des engrenages que j’avais changés au Sri Lanka !

Je prends également conscience de la taille de notre barre à roue qui est relativement petite pour un voilier de cette taille et de ce poids.

Nous basculons sur le pilote N°2 et reprenons notre cap dans la tourmente.

La traversée est vraiment éprouvante et le temps ne se calme pas. Seule consolation de taille, les nuages nous ont un peu épargné et nous n’avons subi que 4 grains violents aujourd’hui,

 

03/05/14

Mis à part un énorme grain à 4h du matin, la nuit et toute la journée sont beaucoup plus clémentes avec une nette baisse du vent et de l’état de la mer. Nous profitons un peu du voyage !!! Nous approchons !!!! Nous faisons plus de 170 milles par jour en nous maintenant toujours à plus de 7 nœuds lorsque la mer nous le permet…

Pascale tient très bien le coup, on commence à être habitués à se faire bousculer... Mais quand le vent se met à piauler, que le bateau s'emballe à plus de 10 nœuds et que tout tremble de partout, il faut réduire les voiles rapidement et ça, on a du mal à s’y habituer, on reste inquiets même si le bateau est solide, très solide.

 

04/05/14

Une nuit très difficile avec entre 30 et 40 nœuds de vent sous une pluie très forte et continue. Les creux atteignent plus de 5 mètres et la progression est très agitée, secouée… De grosses déferlante viennent percuter la coque avec violence et fracas.. Une partie de notre pêle-mêle s’est décroché mais nous bénissons notre Badinguet pour sa robustesse. Les voiles restent réduites et le voilier dont toutes les voiles sont tristement réduites poursuit sa course vers l’ile Maurice en escaladant des murs d'eau puis en dégringolant la pente suivante dans de longs surfs impressionnants.

Comme nous l’apprendrons plus tard, « dans l’océan Indien, il y a toujours une deuxième vague » ; Il y a la mer du vent et il y a une autre vague provenant d’une direction différente sans raison apparente… Par moment, nous avons eu l’impression que quelqu’un attrapait le bateau pour le soulever, le secouer un bon coup et le reposait n’importe comment un peu plus loin !!!

Vers 20h, les premières iles se découpent du ciel sombre par leur mase noire posée sur une surface en mouvement. Badinguet avalent les milles au rythme de 8 à l’heure et les dangers sont laissés sur bâbord.

Les grandes vagues se calment lentement et le voilier file se mettre à l’abri sous le vent de la plus grande ile de l’archipel.

Il est 23h lorsque la mer se calme enfin, nous laissant juste ce qu’il faut de vent pour terminer sous voiles notre éprouvante traversée.

La mer est plate, Badinguet avance en silence en longeant la côte illuminée de l’ile Maurice… Il n’y a pas un sifflement, pas un craquement, pas une éclaboussure, pas une secousse, nous glissons sur une surface silencieuse, abasourdis par le contraste avec ce que nous venons de vivre pendant 9 jours.

Nous regardons, hébétés, la rive défiler sous nos yeux, avec énormément de mal à réaliser que nous sommes arrivés, que nous somme abrités et que le voyage est terminé…

La VHF crache notre nom nettement et je prends le micro pour communiquer avec l’officier qui vent de nous repérer par notre émission AIS. C’est la première fois que nous sommes contactés ainsi et tout est nettement plus simple vu qu’il dispose d’informations automatisées sur ses écrans. Il nous demande juste d’où nous venons et nous profitons de l’échange pour demander l’autorisation de mouiller dans la baie du tombeau afin de dormir un peu… J’apprendrai, plus tard, que mon père nous suivait également sur un site de tracking AIS. Il avait notre cap, vitesse et position en temps réel sur une cartographie satellite.

Une heure plus tard, après avoir reçu la bénédiction du port, l’ancre rejoint le fond de la petite baie par 6 mètres de profondeur. Les moustiques viennent très rapidement nous souhaiter la bienvenue en nous obligeant à nous enduire de répulsif…

Pas une ride, tout est calme, quelques chiens hurlent à la mort, nous sombrons dans un sommeil profond, sans rêve, bien protégé dans la baie du tombeau…

 

05/05/14

Le soleil est déjà levé lorsque j’émerge de la cabine avant, il a fait froid cette nuit et Pascale reste emmitouflée dans une housse de couette pendant que je commence à équiper le bateau pour son arrivée à Port Louis.

Les pares-battages et les amarres sont à poste, le  « Port Control » répond très vite à toutes nos questions dans un français parfait et très apprécié par l’équipage de Badinguet !

 

Ils sont étonnés que nous arrivions des Maldives à cette période de l’année et, comme tout le monde semble nous le confirmer, nous sommes le premier voilier de la saison à arriver à l’Ile Maurice.

Badinguet est amarré au quai des douanes, tout au bout du chenal d’entrée, dans le dernier bassin. Celui-ci est entouré de restaurants modernes et fleuris, de beaux appartements et magasins bien décorés, il est situé en plein cœur du centre ville. Il fait beau, les amarres sont fixées par des douaniers très agréables autour d’une balustrade en inox et nous attendons les ordres sous le soleil.

L’officier de la santé ne viendra pas et c’est l’agent de l’immigration qui ouvre le bal en tamponnant nos passeports sur la table d’un des nombreux restaurants à touristes.

Pascale et moi avons le tournis en mettant le pied sur le quai, le mal  de terre bat son plein et j’ai du mal à lire les appétissants menus qui nous tendent les bras.

La ville semble très moderne et très bien entretenue, les touristes viennent nous prendre en photo ou discuter le bout de gras jusqu'à ce qu’un fonctionnaire nous demande de venir au bâtiment des douanes situé un peu plus loin sur le front de mer.

Les militaires sont très accueillants et conscients de la traversée que nous venons d’effectuer à cette saison. Nous récupérons une liasse de 14 formulaires dont les entêtes sont quasiment identiques et je m’applique à les remplir à bord en attendant le retour de l’officier chargé de notre clearance.

Quelques heures passent, nous sommes abrutis de fatigue et discuter avec tous ces touristes devient une activité contraignante aussi nous refugions-nous dans le carré où j’attaque le récit de notre arrivée sur l’ordinateur portable.

L’officier des douanes arrive juste après un gros Big mac et une grande frite et nous sommes en règle sans avoir aucun document en main ! Pas de clearance d’entrée, rien qui prouve que nous ayons un bateau sur place mais à quoi bon ? Et surtout, ça ne nous a pas couté un sous !!!

Badinguet se trompe de port en faisant un petit tour dans un chenal très étroit et peu profond et nous finissons par nous amarrer au quai en béton de la marina Caudan.

Nous y faisons la connaissance de l’équipage d’un Ovni mauricien, « JOKO ». Patrick, Nathalie et Marianne sont bourrés de gentillesse et d’humour et nous passons l’après-midi et une partie de la nuit à discuter, rire, manger et… boire…

 

06/05/14

Après une nuit complète et un doliprane complet, nous attaquons le nettoyage du voilier et il y a du boulot…

Le déssalinisateur est hors-service pour cause de têtes de membranes qui fuient !!! Un grand nombre de vieux récipients ou bouteilles sans étiquette ont finit par répandre leur contenu inconnu mais non moins dangereux dans les bacs des coffres et un grand ménage s’impose.

Les grains se succèdent au rythme des machines à laver de Pascale et je poursuis mes rinçages et rangements en vue de l’hivernage de 4 mois qui attend notre fidele voilier à La Réunion !!!

07/05/14

Juste une phrase pour cette journée pourrie par le mauvais temps…. C’est absolument jouissif de ne pas se soucier des grains, des accélérations de vent et de s’enfermer dans sa couchette pour regarder un film sans penser à autre chose !!!! JOUISSS… SSSSIF !!!!!!

C’est bien simple, nous sommes restés devant la cheminée, allongés sur une peau de tigre !

 

08/05/14

Après une longue matinée de nettoyage, l’après-midi est consacrée à port Louis avec la rencontre d’un chef d’entreprise qui nous propose la location au black d’une berline moyenne pour 20 € la journée… En agence homologuée, le prix est de 50€ minimum pour une petite voiture !!!

Nous visitons le quartier chinois sans intérêt et finissons par demander à la réception du grand hôtel de Caudan s’il serait possible de grimper dans les étages pour prendre des photos du bateau… L’employé prend très à cœur sa mission et après avoir passé plusieurs coups de téléphone, il nous fait signe de le suivre avec un grand sourire !!!

Le responsable de la sécurité de l’hôtel nous ouvre les portes de service qui donnent accès au toit. Nous dominons toute la baie de Port Louis et, non content de nous avoir permis de grimper si haut, le réceptionniste nous embarque pour une découverte complète du grand hôtel avec visite de la suite présidentielle, de l’espace fitness, du sauna, de la piscine et j’en oublie…

Il conclue la visite en nous expliquant que nous sommes invités à utiliser tous les services de l’hôtel gratuitement lorsque nous le désirerons… Il est aux anges et jubile en nous regardant faire des yeux ronds !!! Incroyable !

 

09/05/14

La voiture est là à 9h30 et c’est parti pour une visite de la partie Sud de l’ile !!! Très vite, nous sommes noyés dans les embouteillages et la circulation sur les axes principaux est terriblement chargée…

Nous perdons beaucoup de temps à chercher les sites qui nous intéressent. Il n’y a que très peu de panneaux et les explications des Mauriciens sont à mourir de rire… Leur créole est absolument fabuleux, on n’y comprend rien, on devine et on se bidonne avec eux à chaque fois !

Juste après le trou aux Cerfs, nous partons pour Chamarel où se trouvent trois endroits intéressants, La terre des 7 couleurs, la rhumerie et un restaurant nommé « Le palais de Barbizon » où nous déjeunons copieusement. Pas d’eau, juste un planteur comme boisson et un menu unique, imposé mais régalicieux !!! Poulet au curry et poisson et à la tomate accompagnés de riz basmati et de 5 autres coupelles de légumes locaux, jack fruit, fruit à pain, aubergines avec les fèves, courgettes et un drôle de truc qui ressemble à des épinards (Mais en bien meilleur)… Un régal !

Ensuite, visite du Morne et de sa belle plage puis c’est le retour en passant par Grand Bassin où se trouve un temple hindou sur un lac, au fond d’une cuvette volcanique… C’est dingue ce que l’homme peut construire pour ses Dieux !!!! Partout où nous sommes allés, les Musulmans, les Bouddhistes, les Hindouistes, tous construisent des lieux de cultes plus beaux les uns que les autres… Les catholiques restent dans leurs vieilles pierres…

Nous sommes au bateau à 17h, fatigués et heureux de notre journée de visite…

Nous essayons Pascale et moi de nous connecter à Internet mais ce soir, ça ne passe pas et depuis quelques jours, le réseau 3G est vraiment nul… Impossible de mettre le site à jour ou même d’envoyer deux messages à la suite, ça coupe tout le temps !

 

10/05/14

Il est 8h, je marche tranquillement sur le front de mer en direction du  marché aux légumes. Il fait déjà chaud et je repère d’assez loin, deux piétons qui ont bien le look de navigateurs, il doit s’agir de l’equipage du voilier « Sail fish » amarré aux quai des douanes depuis hier… Nos regards se croisent et l’un des hommes, m’interpelle…

-       Lui : Badinguet ??? Partir au large ????

-       Moi : Heu oui ??? Bonjour.

-       Lui : Je vous suis sur votre blog depuis longtemps et j’avais lu que vous seriez à Maurice en ce moment… Je m’étais dit, peut être que je les rencontrerai la bas et voilà, on tombe sur toi !!!

 Incroyable, c’est la première fois qu’on me reconnait dans la rue !!!! Jérôme et Pierre sont à la recherche de Téflon pour étanchéifier une vis de purge de leur circuit gasoil. Venus faire la régate de Grand Baie, ils sont tombés en panne moteur en arrivant de La Réunion. Du coup, nous nous retrouvons tous à bord de Badinguet une heure plus tard pour discuter et passer un bon moment. Ils repartiront le même jour que nous mais avec leur voilier rapide, ils nous distancerons sans problème… En tous cas, ils sont vraiment sympathiques et pleins de bons conseils pour notre prochaine escale.

Eux aussi, nous confirment les nombreux vols sur les voiliers dans le port de la pointe des galets !!! Il va falloir retirer toutes l’électronique et l’accastillage du bateau pour limiter les pertes… Il semble inéluctable que le voilier sera visité pendant son séjour et pour éviter de gros dégâts, il faut que notre Badinguet soit régulièrement rincé de sa poussière au jet d’eau et que des connaissances viennent le contrôler de temps en temps… Il ne faut pas qu’il paraisse à l’abandon…

Les propriétaires de « Sail Fish » et de « Petit nuage 2 » sont prêts à jeter un œil sur notre voilier et même de passer un coup de jet une fois par semaine pour laisser supposer qu’il est entretenu par quelqu’un sur place… Il faut vraiment arriver dans une ile française pour être confrontés à ces problèmes de sécurité, on est dégoutés !!!

Nous finissons notre visite de Maurice par la partie Nord de l’ile, Grand Baie, Grand Gaube, Pointe des Malheureux, plage du Mont Choisy, etc. Le site est couvert par les plantations de canne à sucre et le paysage est beaucoup moins spectaculaire que dans le Sud mais les routes sont droites et nous sommes très vite sur place.

Nous mesurons à quel point nous sommes influencés par notre parcours précédents et passer des iles désertes des Maldives à l’ile Maurice peut fausser notre appréciations. Nous trouvons les plages assez moyennes et l’eau est un peu fraîche…

Nous terminons notre périple par « l’aventure du sucre » où nous découvrons l’histoire de l’ile et les procédés complexes pour passer de la canne au sucre roux.. Une visite très intéressante, très détaillée et à la fin, une dégustation des différents sucres et….. des Rhums !!! On sort de là un peu pompette et ravis de l’expérience…

Beaucoup de voilier réunionnais viennent naviguer dans les eaux mauriciennes, il n’y a aucun mouillage à La Réunion et l’île Maurice est idéale pour profiter des joies de la plaisance.

 

11/05/14

Dernière journée à l’ile Maurice, je fais du gelcoat, Pascale sa dernière machine puis nous partons pour la cathédrale et la citadelle, une belle petite grimpette pour se rendre comte que j’ai oublié la carte mémoire au bateau !!!

De retour à la marina, de plus en plus chargée, nous passons un excellent moment avec Sophie, Joël et Elodie, leur fille. Ils reviennent à La Réunion dimanche prochain et nous les retrouverons la bas. Joël passera même un coup de jet sur le bateau toutes les semaines, nous sommes en partie rassurés…

Badinguet est prêt pour sa dernière croisière de 130 milles vers l’ile de La Réunion… Nous nous déplacerons demain matin au quai des douanes où le magasin de duty-free nous amènera les bouteilles de rhum détaxées que nous avons achetées hier et ainsi alourdi de divine boisson, il voguera toute une nuit vers le port de la pointe des galets…

 

 
 
 
LA REUNION

 

12/05/14

Il fait beau, pas de grain à l’horizon, Badinguet s’écarte du quai des douanes avec sa clearance de sortie en poche et gagne le large.

Nous passons 15 minutes à réinitialiser complètement le pilote automatique sur le moteur de la barre à roue et nous alignons notre cap sur la côte Nord de La Réunion.

Il y a peu de vent et ce n’est seulement qu’à 23h qu’Eole daigne épargner notre gasoil avec un joli 7,5 nœuds au compteur…

 

13/05/14

La côte de L’ile française est spectaculaire vue de la mer avec ses hautes falaises et ses innombrables habitations perchées sur les hauteurs. Les nuages sont bas et le soleil n’a plus qu’à s’élever suffisamment pour parvenir à éclairer le magnifique panorama devant nos yeux.

La pointe des Galets est doublée au moteur dans un clapot désagréable et nous entrons en contact avec la capitainerie du port de plaisance qui nous invite à nous amarrer en entrant, à droite !!! Ok, cool !!!!

Les premières écritures que nous lisons en arrivant au port sont… « Pécheurs en grève » Bienvenue en France !!!

Plusieurs personnes nous aident pour la manœuvre car il n’y a que de gros maillons de chaine rouillée pour passer ses amarres et le quai est assez haut au dessus de nous.

Les employés du port arrivent avec un petit temps de retard mais leur sympathique accueil nous réchauffe le cœur. Tout le monde vient voir Badinguet, le premier bateau de la saison !

Pascale et moi, rinçons, plions, rangeons, lavons sous le soleil lorsque les douanes arrivent à leur tour pour tamponner nos documents et nous souhaiter la bienvenue en plaisantant.

De nombreux plaisanciers réunionnais viennent discuter avec nous et nous finissons au Yacht club à boire une bière avec tout un tas de navigateurs très agréables et ravis de nous rencontrer, Et bien c’est réciproque, les amis !!!

Badinguet sera mis au sec dans deux jours et sa place sera au niveau du chantier, bien à la vue de tous.

 

Pascale et moi sommes fatigués de notre journée et en y réfléchissant, elle a été bien remplie… Une courte nuit de veille en navigation, Rinçage du bateau et des voiles, rangement de tout l’accastillage, vidanges des moteurs, stockage de l’annexe, rangement du mouillage et début de démontage de l’électronique de bord, on ne sait jamais ! Les autorités portuaires nous ont vraiment rassuré en ce qui concerne les vols mais nous restons un peu sur la défensive avec tout ce qu’on nous a raconté !!!

Des panneaux « baignade interdite-requins » jalonnent les quais de la marina, le soleil décline dans une brume humide, les vaguelettes claquent sous la jupe, nous dormirons à l’avant… En attendant, Pascale passe beaucoup de temps aux fourneaux et alors là « SURPRISE » !!!!

Foie gras au chutney d’oignons, Cuisses de canard confites aux pommes de terre sautées et en dessert, la galette au chocolat de la famille de ma maman, cuisinée par Cath, ma tante et congelée à mon insu par Pascale… Le tout arrosé d’un Bourgogne premier cru offert par mon fils ! Ouahhhhhhhhhhhhhh.

Alain et Fabienne, deux illustres membres du Yacht club passent dans la soirée pour nous expliquer en détails les balades intéressantes à faire à La Réunion, ils nous laissent leurs guides de randonnées, des notes explicatives et cerise sur le piano… Un vrai camembert, du saucisson et une baguette de pain comme on les aime !!! Fa-bu-leux !

 

14/05/14

Le front froid est sur nous et le vent souffle du Sud à prés de 40 nœuds sous une pluie diluvienne… Les amarres sont doublées, Badinguet tirent dessus tant qu’il peut et nous savourons le fait d’être au port car dehors, la mer est blanche d’écume…

Le loueur de voiture pratique des tarifs préférentiels pour les navigateurs et nous héritons d’une Clio blanche avec le volant à gauche, ça change !

Nous passons une bonne partie de la matinée à tenter de récupérer une carte SIM, opération simplissime et bon marché n’ importe où dans le monde…. Mais voilà, nous sommes en France avec ses abus et ses arnaques… La carte SIM coute 15 € (contre 1€ en moyenne à l’étranger) et le Giga coute 100€ contre 3 ou 4 € en moyenne ailleurs !!! Nous sommes dégoutés et c’est sur ce territoire français que nous ne serons pas joignables par téléphone, un comble !!!

 

Inutile de dessaler le bateau !!! Une bonne petite sieste après le déjeuner et j’ouvre un œil vers 14h, le vent a complètement balayé les nuages et les montagnes environnantes sont chapeautées de nuages lenticulaires qui rappellent l’Ane sur le mont Blanc… Et les ânes, on connait !

Je réveille Pascale et nous filons vers St Paul puis l’interminable grimpette jusqu’au Maïdo. Les vestes polaires suffisent à peine à nous maintenir au chaud mais la vue sur le cirque de Mafate est à couper le souffle… Pas un nuage et une lumière de fin d’après-midi qui vient rehausser les ombres de cette gigantesque dépression volcanique. Quelques petits villages semblent endormis tout au fond de la vallée, isolés du reste de l’ile par ces falaises verticales et vertigineuses.

Nous redescendons par la route des tamarins, une voie forestière ombragée qui enjambe des dizaines de ravines rocheuses, Ici encore, le paysage est grandiose et nous nous arrêtons souvent pour prendre des photos et profiter de cette curieuse sensation que nous avions oublié… le froid !!!

De retour au bateau, nous retrouvons Jérôme, qui est à bord en train de nous écrire un petit mot pour nous inviter à diner demain soir !!!

J’étais prêt à lui sauter dessus pour défendre Badinguet mais en le reconnaissant, c’est plutôt sur un petit apéro que nous nous sommes jetés tous les deux !

 

15/05/14

Il fait un temps superbe ce matin, pas de vent et pour sortir le bateau, ça va être parfait !

Nous avons deux équipiers à bord pour aider à la manœuvre car il y a un fort courant et un résidu de houle qui poussent le voilier vers le fond de la darse.

Pour la première fois, Badinguet est pesé officiellement : 22 tonnes avec tous ses pleins. Il repose sur sa quille, sous les lampadaires du port et un peu proche des autres bateaux qui pourraient servir de marchepied pour grimper à bord…

La journée complète est consacrée à l’hivernage avec les rinçages des circuits d’eau de mer et 5 heures de karcher sur la coque. L’antifouling malaisien est parti facilement, les coquillages, un peu moins mais ce sont les impacts sur la coque qui attirent mon attention. Nous avons dû percuter des objets lourds et métalliques car le gelcoat est entamé sur 3 mm de profondeur et sur plus d’un mètre à tribord, on devine bien le raclement et le choc initial, nous ne nous sommes rendu compte de rien…

Le soir, fourbus, nous partons vers Saint Paul chez Graziella et Jérôme qui nous ont préparé un délicieux repas réunionnais. Nous sommes 10 à table et après le gratin de cristophines, un rougail boucané et du riz jaune, le tout arrosé de vins de France, de Rhum Charrette arrangé de La Réunion et de jus de goyave de Chine.

 

16 et 17/05/14

Nous passons nos journées à poursuivre l’hivernage avec ses mauvaises surprises (fuite au circuit de refroidissement du moteur) et la visite de l’ile qui s’avère passionnante et spectaculaire!

Le volcan est extraordinaire avec ses paysages lunaires et ses impressionnantes coulées sur la route Est. Le cirque de Salazie a aussi son mot à dire avec sa végétation envahissante qui dégouline des hautes falaises verticales.

Pascale et moi sommes épuisés par cette course à la découverte et l’hivernage qui est toujours aussi pénible… Nous savons que la saison est idéale pour visiter l’ile et ses hauteurs et lorsque nous reviendrons début octobre, les nuages seront beaucoup plus nombreux sur les sommets… Il ne nous reste que 2 jours sur place et nous avons hâte de nous reposer… dans l’avion, là, on n’aura rien d’autre à faire !!!

 

18/05/14

Encore une belle journée avec un ciel bleu azur et du pain sur la planche !

Démontage de la tête de turbo complètement fendue, nettoyage de l’hélice et hivernage du déssalinisateur…

Il est 10h15 lorsque Graziella et Jérôme arrivent au port pour nous guider vers les hauteurs de Ste Suzanne, au belvédère de l’Eden… Après un gros piquenique avec poulet grillé et salade pimentée, toute la famille part pour la cueillette des goyaviers. Ces petits fruits de la taille d’un cochonnet poussent comme du chiendent et à maturité, lorsqu’ils sont rouges sombres, ils sont délicieux…

Un excellent moment à tenter de rejoindre les arbustes convoités au milieu des fougères et des épineux humides. Il suffit ensuite de plier les longues branches pour avoir à portée de main ces fruits gorgés de jus sucré.

Nous avons énormément apprécié cet après-midi passé en compagnie de nos amis réunionnais, un peu comme lorsqu’on part aux champignons en famille…

Les sacs sont pleins, une fine pluie rafraichit un peu l’atmosphère tropicale et de retour au bateau, pascale mixe les goyaviers pour préparer un jus qui servira à l’apéritif tout à l’heure… Peut être avec du rhum dedans ????

 

19/05/14

Nous sommes la veille du départ… Nous terminons notre tour de l’ile par le cirque de Cilaos sous un ciel chargé… Incroyables reliefs et une route qui mérite bien son surnom des « 1000 virages ».

Nous quittons l’ile de La Réunion enchanté d’avoir vu tant de merveilles… La suite nous attend en France pour les 4 mois à venir… Retour à bord début octobre….

 

 

 

02/10/14

La bétaillère décharge ses passagers, fatigués d'avoir jouer à la sardine dans cette boite volante. Tout le monde est énervé, se presse, se bouscule pour attendre pendant une 1/2h les bagages… Sur 11 heures de vol, seulement un repas chaud et une collation !!!! Nous sommes donc obligés d'acheter leurs sandwiches pour diner et avoir quelque chose dans le ventre avant de dormir !!!

Le loueur de voiture nous gratifie d'une pénalité de 30€ car l'avion a 45 minutes de retard et à partir de 22h, c'est plus cher !!! On se demande s'ils ne se mettent pas tous d'accord pour nous rouler dans la farine…. En attendant, c'est dans des draps que nous aimerions nous rouler et ce n'est que vers minuit que nous escaladons enfin l'échelle de Badinguet…

Une courte nuit et c'est partie pour 12 heures de travail non stop. Jérôme arrive avec nos sacs et plein de bonnes intentions. Grace à son aide, le travail avance vite et au bout de 2 jours, la première couche d'antifouling sèche dans un vent furieux et désagréable, n'en déplaise aux nombreux oiseaux qui ont fait leurs nids un peu partout sur le bateau….deux dans les bômes et deux dans le davier… Les nids sont faits de petits branchages, de végétaux, de bouts de tissus et de nombreux plastiques… Les oiseaux utilisent nos déchets pour se loger…

Le port est chargé de bateaux tourdumondistes prêts à prendre la mer, les voiliers sont à couple et le vent de Nord-est écrase tout ce petit monde contre le quai des pêcheurs.

Je dors mal, j'ai mal au dos, j'ai du psoriasis plein la tronche et si je me fie aux multiples douleurs qui accompagnent tous mes déplacements, j'ai 84 ans !!! Pascale ne vaut guère mieux, elle se cogne partout dans le bateau, se met de l'antifouling dans les yeux et manque de tomber en butant dans tous ce qui dépasse… Voilà, deux petits vieux dans un bateau !!!

La bateau "Tiki" arrive dans la darse sous les applaudissements d'un petit comité d'accueil lourdement armé en bouteilles de champagne… Ils viennent de boucler leur tour du monde en deux ans…. Ca donne envie d'arriver au bout de l'aventure…

 

06/10/14

Badinguet est enfin prêt à retrouver l'eau salée… Les deux couches d'antifouling sont passées, les anodes sont encore bonnes, le safran continuera son travail sans aucun changement car nous n'avons pas encore diagnostiqué le problème… Le safran reste très dur à la mobilisation en direct mais la barre à roue est fluide et légère….

 

Seul "hic" pour le moment, le moteur hors-bord baigne dans le dégrippant pour la nuit car la direction est complètement bloquée par la rouille… D'ailleurs côté rouille, nous sommes bien lotis, les moteurs de la soute en sont plein et mes outils aussi…. Comme quoi, d'un pays à l'autre, lorsque que nous hivernons Badinguet les problèmes varient, chaleur, humidité…

Pascale et moi buvons notre petit apéro, un ti'punch pour moi et un verre de vin rouge pour ma moitié, le ciel se charge en même temps que nous…

Nous sommes fourbus, courbatus, fatigués mais le travail est fait et demain matin, Badinguet retrouve son élément et on va pouvoir se débarrasser du saut qui nous sert de cuvette WC depuis 6 jours !!!!

Maël et Madalina sont arrivés à Madagascar depuis ce matin et il nous tarde de les retrouver là bas, il faut qu'on se renseigne un minimum sur la route, la météo et les escales sur place… 

 

08/10/14

La glace que nous avons appliquée sur mon avant-bras hier soir n'a pas servi à grand-chose, la douleur est exquise au matin… Hier, en déplaçant l'annexe, un muscle pronateur de l'avant-bras s'est lamentablement déchiré !!!

Un antalgique bien puissant au petit déjeuner et nous partons pour St Pierre où nous devons retrouver "Yovo" et "Alibi" pour midi. J'aimerai passer une échographie afin d'évaluer les dégâts mais après deux heures d'attente inutiles aux urgences du C.H.U. nous rejoignons nos amis sans diagnostique précis, on fera avec !!!

Une chose est certaine, j'ai un mal de chien dés que je veux me servir de mon coude aussi, le bras reste au repos dans une écharpe en attendant un début de cicatrisation.

Nous déjeunons avec Francine et François lorsqu'ils reçoivent un coup de fil de Geneviève et François de "Ultreïa", quelle bonne équipe nous formions pour parcourir l'Indonésie. Ultreïa est vendu, "Yovo" navigue avec "Alibi" et nous allons encore une fois croiser dans les mêmes eaux.

Ils partent samedi pour Sainte Marie à Madagascar et nous les devancerons de 24h, nos routes se suivent, une fois de plus. Nous échangeons nos infos sur les pays à venir et nous apprenons que l'A.R.C. arrive avec 28 bateaux la semaine prochaine… Ce rallye international est prioritaire partout où il fait escale et tous les bateaux du port doivent leur laisser la place, comme aux Canaries, il y a 6 ans déjà…

Jérôme et Graziella sont invités à l'apéro sur Badinguet et au bout de 3 ti'punch, Patrick Elliès débarque dans le carré pour finir la soirée en bonne compagnie… Il est lui aussi de retour à bord d'"Eglantine", son magnifique et rapide Cigale 16. Nous étions ensemble en Polynésie et lui aussi va suivre la même route mais beaucoup plus vite que les autres, ce marin là ne plaisante pas sur le plan d'eau et il prévoit de rejoindre les Antilles en décembre. Nous passons la soirée à évoquer nos souvenirs communs et parler de nos amis avec une première marche sur le podium pour Malou et Domi de "Catafjord".

Il est bon de se remémorer toutes ces aventures juste avant d'en débuter une nouvelle, ça rassure, ça donne du courage et surtout, ça remet les choses et les individus à leur place, tous égaux devant la mer, le vent et le ciel…

Mon avant-bras me fait nettement moins souffrir que ce matin, le ti'punch serait-il antalgique ?

 

09/10/14

Encore une nuit à écouter les pares-battages gémir contre le quai en béton et les amarres se tordre de douleur sous la traction. Pascale part faire des courses pendant que je récupère le moteur hors-bord chez les réparateurs italiens… 150 € pour faire baigner la colonne de direction 3 jours dans le dégrippant, si c'est pas des voleurs, ça !!!

Nous passons la journée avec différents équipages à s'échanger des données, des instructions nautiques photocopiées dix fois. Christian de "Cosinus" m'aide à embarquer le moteur Tohatsu puis j'aide Patrick à réparer son tangon en carbone, bref, on fait du social à fond avant d'aborder la traversée vers l'ile de Madagascar.

Il est 18h lorsqu'une voiture s'arrête à notre hauteur sur le quai…

-       Lui : Tu me reconnais, je suis Thierry de Facebook.

-       Moi : Oui, incroyable, montez à bord !!!

Nous passons un excellent moment avec nos deux invités-surprise qui découvrent Badinguet en chair et en os après l'avoir suivi sur le site et sur notre page Facebook. Régine et Thierry projettent de partir un jour autour de la planète et nous ne pouvons que les encourager à larguer les amarres. Voilà une excellente excuse pour savourer mon dernier ti'punch réunionnais…

Les douanes sont passées et ont tamponné notre clearance, la mer attend Badinguet, les pleins sont faits, le vent continue à souffler puissamment dans la darse des pécheurs mais nous savons qu'au large, ce sera plus calme…. Une dernière nuit à l'abri puis nous retrouverons la liberté, l'aventure, le large… Le voyage reprend demain à l'aube.

 

10, 11, 12/10/14

Jérôme est là à 6h précises pour larguer nos amarres, super sympa ! Nous rejoignons la mer au moteur puis le vent gonfle les voiles et Badinguet entame sa première journée de navigation à 8 nœuds. La carène est propre et si ça continue à ce rythme là, ça va être du gâteau… Pascale est malade et c'est la première fois que je la vois vomir. Il y a toujours une première fois… Le vent se calme ensuite, la mer tarde un peu à suivre et nous restons ballottés 24 heures durant.

Le reste de la traversée s'effectue sans encombre avec les voiles en ciseaux et tangonnées. Le gennaker ressort de son sac avec un peu d'appréhension car la drisse est vraiment cuite et le risque de rupture est important. Si tout ça, pouvait tenir jusqu'au "Budget Marine" de Saint Martin !

Nous prenons un beau wahou la dernière journée, histoire de remplir un peu le congélo.

Nous glissons derrière l'ile de Sainte Marie dans le noir complet et l'ancre rejoint la vase malgache à 23h précises, je sais que Maël est là, quelque part sur l'ile, j'ai hâte de le retrouver.

Vers minuit, nous fermons les yeux avec une couchette qui ne bouge pas, le pied !