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 ILES MALDIVES

 

 

3 jours et 3 nuits de navigation paisible avec quelques rencontres intéressantes, une baleine et un paquet de dauphins qui se contrefichent de notre présence… Nous n’avons utilisé le moteur que le dernier jour et c’est beaucoup moins que nos amis qui sont déjà sur place. En tous cas, la mer est restée très calme tout au long de la traversée…

 

09/04/14

Malé est en vue depuis un bon moment avec ses immeubles qui semblent sortir de l’eau. Nous contournons l’ile de la capitale pour mouiller là où notre agent nous a demandé de le faire, c'est-à-dire sous le vent de la petite le située juste à l’Ouest de Malé par 6 mètres de fond rocailleux.

Le « Harbour control » a répondu assez vite à nos questions mais il ne fait aucun effort pour nous aider à communiquer avec notre agent (Realseahawksmaldives).

En fait, nous n’avons aucun moyen de rentrer en contact avec lui en dehors du mail satellite et il ne répond à aucun de nos messages… Les autorités ayant pitié de nous, finissent par entrer en contact avec notre agent pour les prévenir de notre présence mais nous n’en saurons pas plus et la démarche les a tellement dérangé qu’ils refusent de répondre à nos appels sur le canal 10 …

Nous sommes arrivés à 9h40 et ce n’est seulement qu’à 16h30 que les autorités montrent le bout de leur nez… J’ai envoyé 5 messages par l’iridium (dont certains assez salés) et appelé pas moins de 30 fois le « Harbour control » pour savoir si on ne nous avait pas oublié et pas une fois, nous n’avons été informé de la raison de notre attente ou de la suite des événements…

Je suis de très mauvaise humeur lorsque les représentants de la loi embarquent avec leurs grosses pompes… Je rêve de serrer le cou de ce trou du cul d’agent pour lui expliquer que nous payons 850 dollars pour qu’il nous facilite les choses !!!!! Mais le minimum est qu’il nous informe de ce qui se passe, nom d’une pipe !!!! Il n’a pas de VHF alors, bien évidemment, pour entrer en contact avec les voiliers, c’est un peu compliqué !

Tout le monde est à bord et l’heure n’est pas aux mondanités et encore moins aux rafraichissements ! Les papiers sont vite remplis et tamponnés, nous avons juste le temps de rejoindre Hulumalé pour passer la nuit à l’abri… Il nous faut 45 minutes pour engager la petite passe au Nord de l’aéroport. Les voiliers au mouillage viennent tous de Galle et nous les connaissons, ça va être à leur tour de nous briffer sur le pays… 

Il est 18h lorsque le rhum rejoint le citron vert pour s’enlacer sous le soleil couchant. Les ferries continuent leurs rotations, L’ile de Malé disparait dans la brume du soir, le plan d’eau se calme doucement et je déguste mon premier ti‘punch maldivien en écrivant ces mots…

Pascale a préparé des patates sautées et du filet de bœuf thaïlandais, nous sommes fatigués par nos nuits de veille mais nous sommes aux Maldives, dans l’océan Indien alors on garde les yeux ouverts pour admirer encore un peu ce qui nous entoure… C’est bien simple, aux Maldives, tout est au ras de l’eau, inutile de lever la tête, il n’y a rien qui dépasse, je lève juste le coude… Une énorme nuit nous tend les bras, ouahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh.

 

10/04/14

Réveillés de bonne heure par une cinquantaine de décollages d’hydravions, nous partons en quête d’argent local et d’une carte SIM pour notre téléphone…

Sur Hulumalé, il n’y a pas grand-chose à voir à part de longues allées désertes qui donnent accès à l’aéroport international. Les rares magasins sont récents et n’ouvrent qu’à 9h, on file à Malé…

Il y a deux types de ferries pour aller sur l’ile de la capitale, le transport normal et l’express qui bombarde à 25 nœuds. Nous payons 25 rufiyaas chacun, soit 1.25€ le trajet et débarquons à Malé 10 minutes plus tard…

 

La ville occupe toute la surface de l’île, un rectangle de 2 km de long par 1,5 de large qui a été étendu au ras de la barrière de corail et ceinturé de digues et de ports. C’est la plus petite capitale au monde (6 km²), la seule vraie ville du pays, elle héberge près de 90 000 personnes, le tiers de la population de l’archipel.

Les immeubles sont collés les uns aux autres et il n’y a plus aucune place pour la nature ou pour s’étendre horizontalement alors les bâtiments s’élèvent de plus en plus. Les rues sont longues, rectilignes et encombrées de mobylettes, de vélos et de petits véhicules utilitaires qui s’agitent dans une joyeuse cohue. Les Maldives ne produisent quasiment rien et presque tout est importé des pays voisins comme le Sri Lanka. La pêche est très active autour de l’archipel et le marché aux poissons regorgent de thons gigantesques. L’activité économique est donc tournée vers la mer et les touristes sont dispatchés entre les hydravions et les bateaux rapides pour rejoindre leurs lieux de vacance à grande vitesse.

La carte Sim est activée et nous prévenons notre feignasse d’agent que nous sommes de retour au bateau…

Au bout de 2 heures d’attente, nous craquons et l’informons que nous repartons pour Malé faire des courses, nous le retrouverons la bas…

Un petit tour au supermarché pour quelques douceurs puis nous remplissons de grands sacs de fruits et légumes hors de prix.

Notre agent nous retrouve en ville et après nous avoir délestés de la somme record de 590 €, nous repartons à bord avec notre permis de croisière en bonne et due forme…

Le plan d’eau d’Hulumalé reste agité la nuit et les avions ne laissent que peu de répit aux dormeurs… Nous partons demain à l’aube…

 

11/04/14

Lorsque l’ancre atterri dans le davier, la proue de Badinguet n’est plus qu’a 1 mètre de la poupe d’un gros bateau de touristes mais tout s’est passé en douceur et nous partons plein Ouest contre le vent et les vagues.

Le Lagon de Malé Nord est vite traversé puis 4 heures de haute mer et enfin l’atoll de Ari Nord où nous zigzaguons entre des anneaux d’émeraude et quelques iles bordées de plages immaculées.

Nous mouillons en plein centre du lagon de Vihamaafaru. Nous avons bien essayé de nous approcher de la petite ile déserte mais la tenue n’était pas bonne aussi sommes nous un peu loin de tout mais c’est un peu ce que nous voulions…

Un lagon désert, du sable étincelant, une gigantesque barrière de corail qui nous isole de l’océan Indien et une petite ile déserte rien que pour nous…

Badinguet semble suspendu au dessus de l’eau turquoise, L’annexe file vers l’ilot désertique et enfin, nous plongeons dans l’eau chaude des Maldives.

Les coraux sont magnifiques et la vie sous-marine est à la hauteur de nos espérances. Nous sommes sur une des 1190 iles de l’archipel, comme des Robinsons, à ne rien faire qu’apprécier ces moments magiques… Chaque vaguelette transporte vers la plage déserte un reflet du soleil, les sternes piaillent au dessus de nos tètes et les crabes nous défient pour récupérer le territoire que nos corps avachis leur ont annexé le temps d’une sieste, bercée par l’onde limpide.  

Le temps est au beau, le vent du Nord-ouest souffle à 10 nœuds pour nous rafraichir mais pas assez pour lever les vagues dans l’abri.

Naviguer aux Maldives est assez compliqué car les cartes sont peu précises et les mouillages rares. Les atolls sont profonds (entre 40 et 60 mètres) et les lagons accessibles le sont par des passes naturelles ou artificielles peu profondes. Le seul guide nautique que nous ayons est très incomplet et les profondeurs des lagons n’y sont pas décrites. Grâce à Bob de Jolly Roger, depuis quelques semaines, je transforme via un logiciel, les cartes Google Earth en cartes Raster et nous les ouvrons sous Maxsea et Open Cpn. Il n’y a, bien sûr par les profondeurs mais les vues satellites permettent de se faire une idée de la forme des iles et de la position des passes (quand il n’y a pas trop de nuages)…

Nous ne savons jamais ce qui nous attend et si la passe n’est pas assez profonde, il faut systématiquement prévoir un « plan B » avant que le soleil ne descende trop. Si le plan « B » ne passe pas, il n’y a pas de Plan « C » et on passe la nuit au large…

Aux Maldives, les lunettes polarisantes, une vigie en hauteur et un soleil au zénith sont les clés pour naviguer à vue en toute sécurité.

Pour peaufiner le tableau, beaucoup d’iles sont occupées par des hôtels privés et ces établissements possèdent souvent les quelques ilots déserts qui les entourent aussi devons nous demander l’autorisation de débarquer… Normalement…

 

12/04/14

A 6 heures pétantes, nous quittons notre gigantesque lagon pour celui de Maavaru Faru, plus au Sud. Les ceintures de corail font souvent plusieurs kilomètres de long mais comme tout se situe juste sous la surface de l’eau, on ne distingue rien sans une bonne visibilité et les parties émergentes comme des bancs de sable ou des ilots sont assez rares. Badinguet circule nonchalamment entre les stries vertes émeraude et toute la gamme des bleus en prenant garde de ne pas trop raser les récifs…

Le site est absolument époustouflifiant !!!! Nous sommes mouillés par 26 mètres de fond dans une zone complètement désertique, pas un bateau à l’horizon, que nous et un immense récif avec des baignoires naturelles et des coraux qui rappellent les Tuamotu.

Je plonge 2 bonnes heures et à la fin, je tire deux belles dorades tropicales pour le dîner. Les poissons ne sont pas chasés par ici car je tire ces poissons à bout portant et même pas de requin pour ternir le tableau ! Une tortue s’enfuit au milieu des bancs de chirurgiens et des poissons-anges, c’est magnifique ! Pascale est restée dans l’annexe avec le masque au ras de l’eau pour profiter du spectacle en restant au sec ! Toujours aussi courageuse !

Les poissons sont vite écaillés et nous reprenons la route vers l’atoll de Farudhigga. La passe Nord est facilement engagée et nous nous retrouvons avec 32 mètres de profondeur partout dans le lagon !!!

Il n’y a pas beaucoup de vent et nous avons 95 mètres de chaine qui ne demandent qu’à baigner dans l’eau claire alors on mouille devant la superbe petite ile…

Notre annexe réveille un des trois iliens et nous apprenons qu’il s’agit de « Pique-nique Island !!! Les touristes viennent s’y restaurer en amenant leurs victuailles à terre ! Les locaux assurent le barbecue, la table et les chaises et le site est fabuleux !!!

On fait le tour de l’ile en 6 minutes mais l’endroit est paradisiaque ! Nous restons toute l’après-midi à nager dans un lagon translucide, au dessus, des sternes et en dessous, des poissons multicolores !

5h, l’heure du thé sri lankais avec une petite pensée pour ces femmes qui cueillent les feuilles une par une et cerise sur le gigot, 3 carrés de chocolat au lait, slurp !

Pascale attaque un bracelet « brésilien » et j’écris dans le carré en restant bien dans l’axe du petit ventilateur…  

Vers 18h, après quelques clichés du coucher de soleil, nous rejoignons l’ile avec deux sacs remplis à ras bord de bonnes choses… Mohammed nous a préparé une table au bord de l’eau avec une nappe décorée de pétales de fleurs.

Un demi-fût d’huile sert de barbecue dans lequel des coquilles de noix de coco brûlent sous un feu ardent qui illumine la plage déserte.

La lune est presque pleine, pas de vent, le lagon est calme et juste quelques vaguelettes viennent déferler discrètement sur le sable fin. Un incroyable diner aux chandelles sous les étoiles… Les pommes de terre finissent de cuire dans les braises, les deux dorades tropicales sont assaisonnées et servies en papillotes… quelques bières bien fraiches pour hydrater nos gosiers desséchés et là, c’est sûr, on y est, au paradis !!!

Pascale est d’accord avec moi pour dire que nous vivons un moment exceptionnel, une des grandes émotions de notre tour du monde… Un atoll perdu où nous passons par hasard et où nous mouillons par 32 mètres de fond…. Je pêche deux dorades ce matin, elles sont sur le barbecue ce soir et tout s’emboite, s’assemble pour faire de ce moment un souvenir inoubliable, un instant magique…

L’annexe est échouée sur le sable sous une pleine lune éblouissante. Pas besoin de lumière, on y voit comme en plein jour. De grandes chauves-souris planent en silence, déplaçant des ombres fantomatiques sur une mer scintillante. Les barbecues arrachent à la pénombre quelques lueurs rougeoyantes… On est bien, on est très très bien !!!

Il est temps de rompre le charme et de rejoindre nos couchettes pour une nuit paisible sans réveil trop matinal.

 

13/04/14

Nous passons la matinée entière dans l’eau sur un récif de toute beauté, quand je dis dans l’eau, je suis sous la surface et Pascale est dans l’annexe avec juste le masque immergé… Je sais qu’elle a peur mais quel dommage de ne pas nager dans un tel environnement… Du coup, pour qu’elle profite au maximum, je traine l’annexe derrière moi et pose le grappin lorsque le site est intéressant… Je croise deux beaux requins pointes blanches et descends faire la conversation avec un mérou selle de 1 mètre, il est énorme, ses dents débordent de sa grande mâchoire et si je tire, je perds tout mon matériel… J’ai installé la GoPro au bout de mon fusil et je n’ai aucune envie de prendre un risque de ce côté…

Je loupe quelques dorades mais j’ai une bonne excuse, la caméra se situe dans mon axe de visée et limite la portée de tir en bloquant le fil… Peut importe la chasse, le site est tellement beau qu’on n’a pas envie d’y toucher…

Nous déplaçons Badinguet en fin de matinée pour rejoindre Mandhoo. Une petite ile située à 4 milles au Sud-ouest. Un village de pécheurs et une passe au Nord difficile à apprécier car la barrière de corail est juste un petit peu plus profonde à cet endroit… Nous frémissons en voyant le fond remonter à 4 mètres mais le plus dur est derrière nous et nous mouillons sous le vent de l’ile, dans une eau éblouissante.

A terre, nous rencontrons quelques femmes entièrement voilée de noir, elles préparent le repas dans une des ruelles rectilignes du village. Pas de véhicule motorisé, juste quelques vélos et pléthore de cocotiers, ce qui se fait rare aux Maldives !!!

A notre demande, un jeune grimpe tout en haut de l’arbre en se servant d’une machette et de ses deux pieds, hallucinant !!! Apres avoir dégagé de nombreuses noix abîmées par les rats, il nous descend une dizaine de cocos que nous nous empressons de baigner dans l’eau claire pour éliminer les innombrables insectes locataires indésirables.

Une autre femme nous donne des bananes vertes et nous discutons un moment avec ce groupe d’habitants dont très peu parlent l’anglais.

Depuis 3 jours, le moteur hors-bord donne des signes de faiblesse et il cale sans arrêt pour ne redémarrer qu’une demi-heure plus tard… Il devient urgent de le réparer et comme Pascale m’a rapporté de France un lot de pièces détachées Tohatsu, j’en profite pour le remettre à neuf… 2 heures de bricolage, carburateur, fermeture et joint de capot, embrayage, tout est en ordre et il tourne comme une horloge mais il est trop tard pour aller se baigner… Par contre, côté apéro, on est dans les temps !

La météo qui nous annonçait un coup de vent avant-hier a changé son fusil d’épaule et il n’y a plus grand-chose qui nous menace… Il continue à faire une chaleur épouvantable et les deux nœuds de vent d’Ouest n’apaisent en rien la fournaise quotidienne…

 

14/04/14

Encore un petit tour à terre, histoire de décharger nos poubelles et faire quelques belles photos des bateaux traditionnels en construction et nous levons l’ancre.

Un groupe de dauphins s’emballe lorsque nous approchons et la cavalerie est lancée lorsque je saisis le téléobjectif. Les dauphins sont omniprésents dans cet archipel et nous les côtoyions plusieurs fois par jour sans qu’ils ne s’intéressent à nous pour autant…

Nous contournons l’ile de Mandhoo par le Nord et nous revoilà en pleine mer à nous faire ballotter par la grande houle du Sud-ouest lorsqu’un imbécile de pécheur décide de changer de direction et coupe le sillage de Badinguet en emportant un leurre de pêche au passage !!! Je suis furax et je l’engueule un bon moment. Le pêcheur semble désolé de sa bêtise et cherche en vain un leurre planté dans sa coque ?!?! Mon bas de ligne a été cisaillé par son hélice et je lui dis de laisser tomber ses recherches… je suis VERT !!!

Nous engageons la petite passe de Rangali sans savoir si elle est suffisamment profonde… On y va tout doucement, on croise les doigts et …. Il y a 6 mètres de fond, ouf !

Dans le lagon du gigantesque complexe hôtelier, les activités touristiques vont bon train, 5 jets-skis sortent par la passe, un hydravion atterrit à côté de nous pendant que certains s’essayent au ski nautique ou sur des bouées trainées… Le dinghy arrive sur la plage et 5 minutes plus tard, les gars de la sécurité nous prient très gentiment de quitter les lieux car il s’agit d’une ile privée, etc, etc... 

L’hôtel Conrad est gigantesque, il occupe la surface de 3 iles reliées par des passerelles et les bungalows sur pilotis s’avancent de tous côtés sur l’eau turquoise du grand lagon… mais… Nous ne sommes pas les bienvenus… Pascale fait la tête car elle rêvait de se baigner en toute sécurité et de siroter un coca frais au bar… Et beh non !!!

Nous traversons la passe les yeux fermés et les doigts dans le nez et je repère une autre ile qui n’est pas sur le guide nautique mais l’abri semble sérieux…

45 minutes de moteur et nous voilà mouillés sous le vent de Huruelhi. Le mouillage est acrobatique entre de belles patates mais il n’y a pas de coup de vent de prévu. Nous sommes à terre depuis 1/4h lorsqu’une goélette de 30 mètres vient mouiller à côté de Badinguet…

Nous barbotons dans l’eau chaude et un Maldivien approche en marchant rapidement…

-       Lui :  I’m really sorry sir, l’ile est privée et le propriétaire voudrait manger tranquillement sur son ile déserte, il faudrait que vous partiez pendant 1 heure et vous pourrez revenir après, vous pourrez y rester pour la nuit mais là, il faut partir. Le propriétaire est un homme très important et il ne restera pas longtemps à terre car il fait très chaud, dans une heure tout au plus, vous revenez et vous êtes les bienvenus !

Le jeune semble vraiment ennuyé de nous imposer ça et nous comprenons la situation, Pascale a juste envie de lui crever les yeux !!!

Nous voilà à nouveau expulsés d’un mouillage mais nous n’allons pas loin, je jette l’ancre le long de la grande barrière de corail par 22 mètres de fond et c’est parti pour une chasse !!! Un pagre jaune et un Diagramme se font trouer la peau le temps que la goélette s’en aille.

Nous revenons à notre mouillage de rêve lorsqu’une grande raie Manta crève la surface de l’eau juste devant Badinguet, elle retombe lourdement dans une gerbe d’écume, sacré accueil !

L’ile est à nous et je lézarde dans l’eau chaude pendant que Pascale ramasse encore quelques kilos de coquilles calcaires… Le soir venu, sous une lune bien pleine, 5 bateaux viennent mouiller pour la nuit, comme quoi, l’endroit est apprécié…

 

15/04/14

Encore une matinée à chasser pour le repas de ce soir et à prendre des photos pour notre site web et notre page Facebook. Il fait toujours aussi chaud et nous profitons du bain pour caréner l’annexe couverte de coquillages Sri lankais…

Des pécheurs viennent d’arriver et je les rejoins pour discuter un moment… A leur bord, je découvre en quoi consiste leur travail… 5 nageurs se baladent dans l’eau avec Palmes-masque et tubas et ils trainent une caisse flottante à moitié remplie d’eau fermée par un filet… Avec un bout de fil et un hameçon appâté, ils pèchent une tripotée de poissons de roches vivants !!! Les poissons sont ensuite mis dans les fonds immergés du bateau de pêche… Un mérou vivant de 30 cm vaut 20 USD et il vaudra beaucoup plus lorsqu’il sera dans les aquariums des restaurants de Thaïlande ou de Singapour…  Il y a des centaines de poissons dans leurs soutes dont une majorité de mérous, l’opération doit être lucrative !!!

L’endroit est vraiment magnifique et nous retardons le départ pour profiter encore et encore de ce lieu paradisiaque. J’essaie le fusil que nous avons acheté à Freddy de Micromegas II. Le tir est tellement puissant que je dois replonger à deux reprises pour ressortir la flèche des coraux, heureusement que les requins ne s’intéressent pas à mes prises car ils auraient tout le temps de les boulotter !!!

Le poisson écureuil est sur le pont et je commence le nettoyage du poisson, L’écailleur a du mal à faire son boulot et je me coupe très profondément le bout de l’index gauche… mais sur quoi me suis-je coupé ??? Ca dégouline de sang mais il faut que je termine le boulot vite fait et voilà que je me coupe méchamment le pouce droit, mais qu’est ce que c’est que ce foutoir ???

En fait, les écailles du poisson sont de véritables lames de rasoir et j’y suis allé de bon cœur !!! Pascale me fait de grosses poupées à l’ombre du cockpit et me conseille vivement d’arrêter mes âneries si je veux garder le reste de mes doigts !

Badinguet fend l’eau bleue pour rejoindre l’ile de Fenfuchi au Sud de l’atoll de Ari. Nous engageons la petite passe avec 1 mètre sous la quille par grande marée haute… Dans le petit bassin intérieur, des dizaines de cordages flottent un peu partout, le quai est en béton et les gens se bousculent pour nous aider à nous amarrer. Il n’y a rien pour attacher les cordes alors tout le monde coure pour nouer nos amarres autour du pied d’une table en ferraille ou du cocotier de service mais l’endroit m’inquiète… quelques vagues rentrent dans l’enceinte et Badinguet roule le long du quai, menaçant de s’abimer contre le béton… On décampe !!!

Nous remercions longuement les habitants pour leur aide et nous quittons avec regret et soulagement le petit port…

Badinguet est à nouveau dans le bleu en direction du fameux plan « B »… Il se présente 1/2h plus tard avec une passe très étroite mais profonde de 4 mètres !

Le soleil commence à être bas sur l’horizon et Pascale ne voit pas grand-chose de son perchoir… Seule option, aller vers l’Est pour déceler quelque chose et nous mouillons par 7 mètres avec une zone d’évitement très raisonnable, ouf !!!

Il faut bien comprendre que nous n’avons aucune information sur ces passes si ce n’est les photos Google Earth qui montrent si elles sont bleues clair ou bleues foncé !!!!

L’endroit est très calme et nous sommes tout près de la sortie Sud de l’atoll, demain on progresse un grand coup vers le Sud car le temps passe et il faut qu’on avance dans l’archipel.

 

16/04/14

La marée est bien basse au petit matin et avec le soleil rasant, nous empruntons la passe avec beaucoup de prudence et très peu de vitesse… Il y a 1 mètre sous la quille, c’est bon…

Nous quittons l’atoll de Ari pour celui de Nilandhé Nord, 32 milles plus au Sud… Toujours très peu de vent du Sud-ouest et une mer plate comme si elle avait décidé de s’aligner sur la hauteur des Maldives…

Nous visons le mouillage au Sud de Bileiydhoo mais les 34 mètres de profondeur ne nous inspirent pas et nous poussons jusqu’au lagon de l’ile Madooghoo où l’ancre rejoint le sable par 13 mètres de fond dans une eau laiteuse.

L’annexe est à l’eau et nous beachons à l’Est du village. Une fois encore les rues sont rectilignes délimitant des pâtés de maisons rectangulaires très réguliers. Quelques magasins nous permettent d’acheter des bananes et du pain de mie, il y a même des yaourts longue conservation !

En nous promenant sous la fraicheur des cocotiers, une femme nous aborde et nous invite à rejoindre ses amies… Une dizaine de Maldiviennes drapées de noir travaillent les feuilles de cocotier pour fabriquer des revêtements de toit traditionnels. Tout est fait à la main et même les ficelles qui maintiennent les feuilles habilement tressées sont issues de la bourre de coco qui a séjourné 6 mois dans l’eau de mer… Chacune est à son poste, certaines effilochent la bourre, d’autres tressent les ficelles, d’autres encore ramassent les grandes palmes pour couper les feuilles à la bonne longueur et enfin, il y a celles qui entrelacent les feuilles en les nouant ensemble…

Ces techniques très anciennes ne sont plus utilisées pour les logements des Maldiviens mais les hôtels commandent en grande quantités ces grandes nattes de feuilles de cocotier pour donner du cachet à leurs bungalows…

En tous cas, ces femmes sont ravies de nous avoir avec elles et nous passons plus de 3 heures en leur compagnie à discuter et à plaisanter. Un rapide aller-retour au bateau pour distribuer quelques jouets et friandises aux enfants et nos hôtes nous remplissent l’annexe de noix de coco fraiches. Il y a même le petit Abdulah qui nous offre un notebook maldivien qu’il a fabriqué de façon traditionnelle… Nous ne nous attendions pas à un tel accueil sur cette ile et nous refusons plusieurs invitations ainsi que la visite de l’université pour retourner au calme sur Badinguet et épargner un peu nos gambettes dévorées par les moustiques.

Nous avons passé un moment merveilleux en compagnie de ces femmes et de leurs enfants mais Badinguet ne peut pas se permettre de rester trop longtemps au même endroit, il faut continuer à descendre rapidement vers le Sud pour approcher de la sortie de l’archipel.

 

17/04/14

Nous sortons du lagon par la passe dés que le soleil nous permet de voir les dangers affleurants et nous voilà partis pour 24h de navigation.

Il fait beau mais les nuages envahissent doucement l’horizon comme un ciel de traine. Il y a juste ce qu’il faut de vent pour nous propulser et en fin se journée, nous pêchons une petite dorade coryphène et un thon rouge pour 6 personnes !!! Il était temps, je n’avais rien pris à la traine depuis 1 semaine…

La nuit sous la pleine lune permet de voir venir les grains qui rincent le bateau et une belle moyenne sous voiles à partir de 2h du matin.

 

18/04/14

Le coucher de lune laisse la place au lever du soleil sur une mer toujours aussi clémente avec nous. Le vent a un peu forci avec maintenant 12 nœuds au près et 7 nœuds de moyenne pour Badinguet qui approche de l’atoll Huvadhoo.

La passe est engagée et nous mouillons au Sud-est de la petite ile déserte de Fulangi par 25 mètres de fond. Ici encore il y a beaucoup de récifs isolés et je ne me fie pas à la stabilité du vent… Sous un orage, tout peut se produire et notre zone d’évitement est libre de tous dangers à 360°. Nous n’avons toujours pas rencontré un seul voilier depuis que nous avons quitté Malé…

Nous filons à terre comme des morts de faim pour nous jeter dans l’eau à 35° sous un soleil de plomb. Les nuages accumulés à l’horizon rajoutent un peu de contraste dans le ciel bleu azur, l’endroit est encore une fois paradisiaque… Ca devient lassant…

 

19/04/14

Nous avons décidé de rester là encore une journée malgré le vent qui nous a réveillé plusieurs fois cette nuit…

Matin, chasse sous-marine, baignade et coquillages… et cet après-midi, pareil !

Nous débarquons sur un confetti de sable blanc qui ne découvre qu’à marée basse mais les coquillages recherchés ne sont pas au rendez-vous aussi poursuivons nous notre balade le long du grand récif. Je finis par plonger sur de magnifiques patates et j’aperçois sous l’eau les dauphins qui m’entourent. C’est la première fois que j’en vois à côté de moi mais ils sont trop rapides et restent à bonne distance pour espérer une photo souvenir…

Je reste plus d’une heure à tenter d’approcher un grand banc de pagres roses mais je finis par renoncer, trop vieux, pas assez d’air dans les poumons, je ne sais pas, snif !

En fin d’après midi, nous sommes dans l’eau chaude qui entoure notre petite ile déserte en réalisant à quel point nous sommes privilégies de vivre ces moments…  Avoir son propre voilier aux Maldives, c’est fabuleux !

 

20/04/14

Nous faisons escale à Thinadhoo où nous ravitaillons en frais. J’ai bien fait un petit tour dans le lagon mais les 1 mètre sous la quille et l’étroitesse du lieu nous ont incités à faire demi-tour et à mouiller à l’extérieur par 25 mètres de profondeur.

La ville abrite 6000 habitants et nous ne nous sommes pas sentis vraiment les bienvenus sur ces terres habitées… Certains personnes nous dévisagent en affichant un certain mépris, d’autres, tout sourire, ont plaisir à discuter avec nous et à nous renseigner sur l’emplacement des commerces…

Nous quittons l’ile aussi rapidement que nous y étions arrivés et après 8 milles de plus vers le Sud, nous mouillons à bonne distance de plusieurs iles désertes. Elles sont toutes entourées d’une immense zone d’eau peu profonde. Le courant a beau circuler à plus de 3 nœuds entre les ilots, la température de l’eau avoisine les 38° !!! Elle est trop chaude pour se baigner et les coraux n’apprécient pas non plus !!! Les algues vertes ont recouvert tout ce qui vivait sous la surface et nous nous rabattons sur une grande ile bordée de cocotiers… Nous récupérons une quinzaine de noix et repartons sur Badinguet qui louvoie dans l’eau bleue à plusieurs milles de la terre. Les algues vertes pourrissent tout et un bon nombre se détachent et dérivent entre deux eaux tout autour du voilier… Il va falloir vérifier régulièrement le filtre d’entrée d’eau de mer…

 

21/04/14

Rebelote 8 milles plus au Sud… Toute la côte Sud-ouest de l’atoll Huvadhoo est à la même enseigne… Une eau épouvantablement chaude, pas de profondeur entre les nombreuses iles et des algues nauséabondes qui étouffent les organismes sous-marins. Le bateau est mouillé très loin des iles, en dehors de la zone de récifs et il n’y a aucune possibilité de se baigner comme nous le voudrions, on fiche le camp plein Est en direction de Kalherehaa… Notre tirant d’eau nous oblige à faire un gros détour au Nord pour rester en eaux saines puis nous mouillons par 18m de fond sans rentrer dans le lagon.

La petite ile déserte juste au Nord nous tend les bras mais de gros orages menacent… Le bateau est fermé et étanche et 10 minutes plus tard, nous sautons dans l’eau transparente et fraiche, enfin !!! Pascale trouve plus de vingt coquillages pour fabriquer ses bracelets brésiliens et je calme mes coups de soleil en restant dans l’eau à 33°, fraiche !!!!

En fin d’après midi, un bateau en bois de 20 mètres vient nous raser les moustaches pour mouiller un peu plus loin entre les cailles… A peine ancrés, deux hommes viennent nous voir en annexe rigide et nous demandent s’ils peuvent monter à bord ?!?!

Je suis assez réticent mais les bananes qu’ils nous proposent me rassurent sur leurs intentions… Latif et Hussein promènent une douzaines de touristes sur des spots de surf pendant 8 à 10 jours et ils passent une bonne heure à discuter avec nous sans rien demander. Ils refusent de boire un rafraichissement et de descendre à l’intérieur pour visiter, très respectueux de notre intimité… Voilà deux Maldiviens très plaisants et avides de connaissances et de découvertes. Et au passage, ils nous confient qu’à Thinadhoo, les habitants ne sont vraiment pas accueillants, un arrêt à éviter !

Je passe ensuite le reste de la soirée à percer les porcelaines que nous avons ramassées sur l’ile déserte… Le calcaire est si dur que mes outils de Dremel fondent les uns après les autres… Je ne sais pas si la vente de ces bracelets compensera la perte de ces petits outils mais on ne dira rien car Pascale adore fabriquer ces breloques…

 

22/04/14

Les nuages sont de la partie depuis 2 jours et les averses rincent Badinguet de son sel… Pas grand-chose à faire, percer des coquillages, plonger et se rafraichir dans l’eau turquoise, une tannée !!!

 

23/04/14

Départ à 2h30 du matin avec une chaine de mouillage emberlificotée autour d’une patate de corail !

Badinguet quitte Huvadhoo pour 9h de navigation au prés serré ou au moteur lorsque le vent refuse mais dans l’ensemble, on s’en tire plutôt bien avec notre Badinguet qui est tout sauf une bête de prés !!!

De grosses déferlantes bordent la passe Est de l’atoll d’Addu et nous engageons prudemment le lagon pour quitter la mer du large, désagréable au possible avec des vagues dans touts les sens…

Au ralenti, le propulseur d’étrave sorti, nous entrons dans le minuscule mouillage entre l’ile de Gan et de Feydhoo. Il n’y a pas beaucoup de place pour éviter dans ce mouchoir de poche et il y a déjà 2 autres voiliers et une demi-douzaine de bateaux locaux sur corps-morts…

Je réussis à mettre 25 mètres de chaine mais c’est bien le maximum… Il y a 80 cm d’eau sous la quille, nous sommes à marée basse, ça le fera ! Je ne suis pas vraiment tranquille en cas d’orage mais on ne reste pas longtemps ici, deux jours tout au plus et on traverse…

Nous voilà dans l’hémisphère Sud, une fois de plus, en partance pour une transocéanique compliquée, nous gagnerons plus sur le Sud que sur l’Ouest et il va falloir négocier les vents contraires au début, le manque de vent dans le pot-au-noir et des vents plus soutenus dans le Sud, en fin de voyage…

Mathy est venu nous chercher, c’est notre agent local et il est beaucoup plus sympa que Moussi… Il nous balade en voiture pour nous faire visiter ses iles reliées par des ponts successifs… Il ne s’y passe pas grand-chose et on n’y trouve pas grand-chose mais ce sont les Maldives… Adieu, Pommes de terre, jambon, snif !

Mathy nous fait découvrir sur le front de mer, un café-restaurant très agréable où nous buvons nos premiers sodas depuis longtemps et nous commandons des pizzas pour le diner, elles seront livrés dans l’hôtel qui jouxte le mouillage, trop cool !

Nous sommes sur le pont, le soleil couchant enflamme le ciel pendant que des dizaines de grandes chauve-souris survolent le plan d’eau vers l’Ouest. Mister John, l’Anglais sympa qui nous avait briffé sur les visites du Sri Lanka est là depuis 3 semaines et une fois de plus, il nous donne toutes les bonnes combines du coin, pourvu qu’il nous dégotte des patates !!! Je ne comprends pas l’intérêt de rester 3 semaines mouillé dans une eau trouble,  le long d’un pont routier…

Les orages ont tendance à se calmer un peu et on voit moins de grosse masses nuageuses sombres et menaçantes, nous espérons que la nuit sera bonne et longue…

 

24/04/14

Une nuit en pointillés avec beaucoup d’averses et toujours cette angoisse de déraper dans ce mouchoir de poche et de se retrouver sur les récifs !!!

Au lever du jour, nous comptons jusqu’à 6 tortues autour du bateau à pagayer dans le courant pour avaler au vol les herbes arrachées par les vagues du large.

Toute la matinée, Mathy nous emmène dans son gros 4x4 climatisé faire les courses et visiter toutes les iles jusqu’à Hithadhoo, la capitale de l’atoll. Toujours sur le même modèle, les villes sont régulièrement et désespérément quadrillées par des allées rectilignes avec des petits magasins qui vendent tous la même chose… Nous trouvons quasiment tout ce que nous cherchions sauf des patates !!!

La bouteille de plongée est gonflée à bloc, nous ferons le plein de gasoil demain matin au quai juste avant de partir.

Voilà, ça sent le grand départ avec une petite note d’angoisse… L’océan Indien est celui que je redoute le plus car il est imprévisible, des cyclones très au Sud qui génère une grande houle, des vents capricieux, voir contraires, la présence de vagues scélérates et la piraterie qui sévit très loin de la Somalie… Vous mélangez bien toutes ces données et vous obtenez un cocktail inquiétant que beaucoup redoutent…

En ce qui nous concerne, d’après les fichiers Grib, nous aurons 36h de prés serré puis 3 jours sans vent ou très peu dans le nez, puis les choses sérieuses commenceront avec un vent d’Est qui va se renforcer et une mer qui va grossir plus on descendra. Nous devrions arriver à Rodrigues avec 30 nœuds au largue, ça va brasser !

Nous partons ce vendredi (et oui, un vendredi…) car le vent est orienté plus à l’ouest et nous pourrons profiter de 24h de propulsion vélique… Depuis des semaines, le vent de Sud-ouest est dominant et bien sûr, nous allons au Sud-ouest… Il faut partir quand le vent est bon, même si c’est un jour sain, merde alors !!! Bon, partir un vendredi d’une République Islamique, on a le droit et il ne devrait pas y avoir de représailles… Espérons…

 

25/05/14

Aller, il est l’heure de traverser ce fichu océan !!! Debout là dedans !!!

Badinguet joue avec le courant pour sortir du minuscule lagon et vient s’amarrer à couple d’un bateau surprenant !!! Il s’agit d’un ancien cargo en bois et à voile. De nationalité indienne, ce vraquier fait la navette entre l’Inde et les Maldives, un tronc d’arbre sert de grand mat et l’équipage indien est tout aussi surpris que nous de se retrouver côte à côte.

Le pont du cargo est à plus de 3 mètres au dessus de Badinguet mais les discussions s’engagent, ponctuées par des sourires et des encouragements. Le camion citerne arrive à son tour et le tuyau, après être passé par-dessus le cargo en bois, plonge vers le réservoir de Badinguet.

Le plein est vite fait, nous payons avec le reste de notre cash et le solde par CB en dollars. Le litre coûte 85 cts d’euro…

Badinguet envoie les voiles dés la sortie de l’Atoll avec un seul objectif en vue, rattraper un voilier australien qui est parti une heure avant nous vers les Chagos… Ce sera chose faite 2 heures plus tard, hé, hé, hé…

Nous avons un bon vent d’Ouest pendant 24h, cela nous permet de filer à l’Est des Chagos. La route est loin d’être idéale mais j’espère pouvoir mieux négocier les vents forts plus au Sud en les prenant un peu plus par l’arrière… Nous gagnons un peu sur le vent lorsque les conditions le permettent et tout se passe bien…