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 SRI LANKA

 

 

 

 

 

24/02/14

Vers 7h30, nous sommes réveillés par les chants des moines, nous avons mouillés sous une pagode sans la voir… Il fait déjà très chaud ce matin et nous remontons le mouillage pour approcher du chenal balisé de l’entrée du port de Galle.

Le contact VHF a débuté avec ses hésitations, ses attentes et une certaine inquiétude en ce qui concerne la suite du programme. La Navy doit monter à bord de Badinguet… La houle est grosse et le vent de 20 nœuds nous chahute, je vois mal un bateau militaire se mettre à couple dans ces conditions…

Nous sommes également en contact avec notre agent sur le canal 69. Très consciencieusement, ils enregistrent nos infos et organisent la venue des différentes administrations à bord.

La Navy est en vue à 8h30 et très vite, ils comprennent la situation, impossible de monter à bord dans ces conditions… Nous les suivons à bonne distance pour mouiller devant l’entrée du port, en partie protégée. Et voilà encore 2 grosses paires de pompe qui martyrisent notre pont… Les documents sont vite remplis et signés et nous pouvons engager l’entrée de l’enceinte portuaire avec les officiers à notre bord. Le ponton flottant est tout au fond et pour s’y placer, il faut mouiller puis reculer à cul du ponton sur lequel on s’amarre… Le ponton et composé de cubes en plastiques complètement défoncés et il se déplace sur plus de 10 mètres avec le résidu de houle entrante, ça va être sport !!!

Nous mouillons volontairement très loin du ponton et au bout de 95 mètres de chaine, nous sommes placés. Bien tendu devant sur l’ancre et derrière sur les amarres… les mouvements du ponton servent d’amortisseurs d’amarres !

Et c’est reparti pour un tour, d’abord l’’immigration puis les douanes et enfin le médecin qui nous fait des histoires parce que nous n’avons pas de certificat sanitaire international…. Tout ça se termine vite et bien et nous pouvons enfin nous reposer un peu avant de découvrir la ville de Galle.

Un tuktuk nous dépose à un distributeur de billet puis à un magasin de téléphones, nous avons des cartes Sim dans nos mobiles, des billets de banque dans nos poches !!! Il faut à nouveau montrer patte blanche à l’entrée du port puis marcher 10 minutes sous une chaleur écrasante avant de rejoindre l’annexe qui trempe dans une eau nauséabonde.

 

25/02/14

Les conducteurs de tuk-tuk sont prêts à tout pour récupérer des clients réguliers et un certain Joseph nous mène la vie dure. Ils nous poursuit toute la journée jusque dans les magasins ou les restaurants, il monte de force dans les tuk-tuk que nous prenons et ils menace les chauffeurs.. Plusieurs fois, je l’ai poussé pour le virer des magasins dans lesquels nous entrons mais il réapparait quelques heures plus tard… Le soir venu, il est devant notre annexe à nous attendre et c’est à mon tour de le menacer très sérieusement avec le poing bien fermé tout prés de son menton pour qu’il comprenne bien le message… C’est bien simple, il m’a tellement harcelé que j’en ai rêvé la nuit suivante…

Il y a 6 voiliers sur le ponton flottant et 4 le long du quai en béton dont « Skimmer », nos amis.

Nous avons enfin trouvé un nouvel ordinateur car le notre a rendu l’âme en arrivant au Sri Lanka… Durée de vie d’un ordinateur portable en voyage = 2 ans !

24h sur 24, la dizaine de navires de la compagnie de sécurité « GAC » effectuent des rotations en faisant vrombir leurs énormes moteurs… Nous sursautons à chaque fois et les nuits sont très perturbées par ces nuisances sonores. Les anciens commandos, militaires, marines et j’en passe embarquent des centaines de kilos d’armes de guerre… Ces gars là pèsent en moyenne 100 kilos, crânes rasés, bodybuildés à fond et leurs uniformes ne sont pas en reste… On a l’impression que dans chaque poche, il y a des armes cachées… Ces équipes d’élite sont composées de combattants de toutes les nationalités, Russes, Américains, Australiens, Anglais, etc. Ils embarquent sur les cargos par tout temps pour riposter en cas de piraterie… Je comprends mieux pourquoi l’océan indien est de plus en plus tranquille !!!!

Un gros remorqueur noir est amarré le long d’un quai, c’est à son bord que se trouvent toutes les réserves d’armes et de munitions… Ceci explique les règles de sécurité et de contrôle dans l’enceinte portuaire…

 

28/02/14

Jolly Roger arrive à son tour et après plusieurs tentatives de mouillage, finit par s’amarrer juste à côté de Badinguet… Martine et Bob sont fatigués de leur traversée mais ravis de boire un petit coup avec nous, le soir venu.

 

01-02-03/03/14

La ville de Galle est très étendue et ses ruelles bondées fatiguent vite les motocyclistes que nous sommes… Le concert de klaxons et l’absence de trottoir rendent la circulation piétonne stressante… On y trouve de tout et même des « yaourts maison » qui enjolivent agréablement nos repas à bord. Nous avons réussi à dénicher un ordinateur portable pas trop cher pour remplacer celui que j’utilise depuis deux ans. L’aspirateur a finalement fait une rechute fatale et il repose en paix dans la poubelle du port.

Nous préparons tranquillement le programme notre périple à venir. Nous emprunterons les cars climatisés pour les grands déplacements et louerons un scooter pour les petits, départ prévu mercredi mais il faut qu’on règle le problème de notre congélateur. Nous voudrions laisser notre congelé chez un sri lankais et aujourd’hui, il va falloir trouver une solution.

 

04/03/14

Très vite, un conducteur de Tuk-tuk nous dégote un gros congélateur avec un groupe électrogène qui prend la relève des nombreuses coupures de courant… Ca, c’est fait ! Nous avons donc toute la journée à tuer en profitant du scooter que nous louons depuis 8 jours... Nous empruntons les grands axes côtiers, d’abord vers le Nord sur 15 kms puis vers le Sud sur 25 kms…

Plusieurs fois, nous nous arrêtons pour prendre en photo les pêcheurs et quelques scènes que nous trouvons intéressantes mais en fait, nous évoluons en Asie depuis un certain temps et tout se ressemble un peu…

Je me souviens de ma grand-mère bretonne qui nous appelions Bonne maman… Je partais au Sri Lanka en 1989 et avant de partir, elle m’avait dit…

-       Tu regarderas bien au sri Lanka car il parait que c’est le seul endroit dans le monde où l’on trouve une luminosité comparable à celle de Quiberon…

A l’époque, j’étais rentré en lui disant qu’elle avait raison mais je ne trouvais rien de comparable entre deux sites aussi différents…

 

Sur la bande côtière que nous parcourons, le vent balaye les palmes des cocotiers et les vagues brisent furieusement sur de grandes plages désertes sous un soleil qui se reflètent sur chacune des petites gouttes des embruns emportés par le vent… Le voilà le secret de cette luminosité le long des côtes ventées… Et en effet, il arrive souvent sur la presqu’ile de Quiberon, que le soleil illumine les embruns salés, provoquant dans l’air un curieux phénomène de brume lumineuse par beau temps…

Les pêcheurs sur échasses ont abandonné leurs perchoirs avec la montée du vent et nous nous rabattons sur les centaines de pirogues et de bateaux de pêche échoués sur les plages.

Il faut être plus de 8 pour remonter de telles barcasses sur le sable sec. Un homme chante la cadence et tout le monde pousse à reculons en s’accrochant aux bras qui tiennent le flotteur. Nous progressons 5 cm par 5 cm et la pose est indispensable après une dizaine de levés… Je quitte les pêcheurs au beau milieu de la pente car l’effort est vraiment soutenu et franchement, je n’ai pas le courage de continuer…

 Un peu plus loin, sur la route, nous découvrons un jardin d’épices où je réussis à freiner pascale avant qu’elle n’achète tout le stock d’huiles essentielles… Elle a quand même acheté une pate grise qu’on mélange au dentifrice pour avoir les dents blanches !!!!

Nous rendons notre scooter et un Tuk-tuk nous dépose devant le poste de douane qui filtre l’entrée du port… Une bande de singes est en train de circuler sur les fils électriques.. Ce sont des singes endémiques du Sri lanka, des Purple-face leaf monkey… Ils bondissent des toits vers les cocotiers puis changent de côté de rue en empruntant à toute vitesse le réseau d’électricité. Je cours après eux pour prendre quelques clichés mais ils sont très méfiants et ils ont vite compris que je les ai pris en chasse… du coup, ils disparaissent sur les toits des habitations. Il parait qu’ils viennent chaque soir et chaque matin en zone urbaine… je n’en ai pas fini avec eux…Sacrée rencontre !

 

De gros varans disparaissent dans les buissons lorsque nous approchons de notre annexe couverte de sable et de poussière de béton… ras le bol !

La soirée est consacrée aux préparatifs de notre périple. L’annexe est remontée, le bateau est fermé, les batteries sont coupées et Jolly Rogers a les clés et des consignes en cas de pépin, nous partons sereins…

 

05/03/14

Contre quelques roupies, nous avons laissé le contenu de notre congélateur chez un commerçant… Espérons qu’il n’y aura pas trop de coupures de courant pendant notre absence…

Nous sommes dans le premier bus vers 7h15 et comme les places assises sont très étroites, il faut ruser pour faire son trou. La meilleure technique est celle dite de l’Anaconda… Il faut s’assoir légèrement sur les cuisses de son voisin avec un air simplet jusqu'à ce qu’il bouge pour esquiver un peu la charge. A ce moment, il faut instantanément occuper l’espace vacant et se rassoir sur le bord de sa cuisse et ainsi de suite jusqu'à avoir récupérer votre place et la moitié de la sienne…

Les routes du sri Lanka sont extrêmement dangereuses parce qu’elles sont sillonnées par les bus et les chauffeurs sont complètement inconscients… Se sachant prioritaires, ils enfreignent toutes les règles de sécurité et les passagers ont sérieusement intérêt à ne pas regarder la route pour éviter l’infarctus à tous les virages, quels bandes de malades !!!

6 heures de route plus tard, nous nous levons enfin de nos sièges pour rejoindre l’hôtel que notre voisin Américain nous a conseillé… Situé tout en haut d’une montagne, celui-ci est moderne et le panorama sur la ville de Kandy est immanquable car les baies vitrées remplacent les murs sur la façade ! L’hôtel est superbe, sur 4 niveaux et baigné d’une lumière naturelle étonnante… les prix sont plus chers que nous espérions mais à force de discuter et de menacer de partir, nous négocions à 50% du prix initial, Banco !

 

06/03/14

Même scénario pour la balade de la journée et nous décrochons l’aller-retour vers Eléphant Orphenage pour 2000 roupies (12€).

Situé à 45 kms de Kandy, cet orphelinat pour éléphants accueille plus de 100 spécimens incapables de retourner à la vie sauvage… lorsqu’un éléphant a connu l’homme, il n’est plus capable de se débrouiller tout seul, comme quoi, on ne peut pas se passer de nous !!!

L’entrée est horriblement chère (25 USD) mais nous n’avons pas le choix et le jeu en vaut la chandelle. Les éléphants sont regroupés dans une plaine en attendant l’heure de la baignade... les touristes qui ont payé un extra peuvent donner à boire aux bébés éléphant sous l’œil vigilants des gardiennes du parc des petiots… C’est incroyable le vacarme que font ces bébés là quand ils ont faim !!!

Comme la tétée ne nous intéresse absolument pas, nous quittons le site pour rejoindre la rivière située de l’autre côté du village… Quelques éléphants nous accompagnent déjà et gare aux voitures si elles sont mal garées !!!

Tout est prévu pour recevoir des centaines de touristes et le site se prête à merveille à la photographie. La riviere boueuse à souhait coule en contrebas, la végétation couvre la rive opposée et quelques écueils provoquent des trainées d’écumes sous un ciel bleu sans un nuage… Nous sommes fin prêts !!!

Un gardien nous appelle… Il nous présente le plus vieil éléphant de l’orphelinat, je lui caresse le front puis vient le tour de pascale qui hésite un bon moment avant de toucher le cuir de la bête. Il faut dire que l’animal est gigantesque… D’autres sont déjà allongés dans l’eau brune et je suis sollicité pour le lavage… J’arrose donc prudemment le bestiau et je finis même par m’assoir contre sa tête armé du pic des gardien, j’ai terrassé un pachyderme !

Assez joué, le troupeau va arriver d’une minute à l’autre… Le même gardien, très sympa, nous indique la bonne place pour assister au défilé… En fait, les éléphants sont vraiment impatients de faire trempette et beaucoup d’entre eux se bousculent dans la petite ruelle qui permet l’accès à la rivière. Pascale et moi sommes appuyés contre une barrière en béton et rien ne nous sépare de cet incroyable troupeau. Les trompes nous palpent, les énormes ventres passent à quelques centimètres et il ne faudrait pas grand-chose pour que la fête se transforme en cauchemar… j’imagine sans mal une charge de ces mastodontes pris de panique, ce serait un carnage avec ces centaines de touristes de chaque côté de la ruelle, dos aux murs… Les derniers éléphants abordent maintenant le rocher plat qui plonge dans l’eau de la rivière, nous ne risquons plus rien… Passer à 50 cm d’un troupeau d’éléphants lancé dans une ruelle… Ca nous ne l’oublierons jamais !

Nous sommes de retour à Kandy pour déjeuner dans un des restaurants indiens de la grande rue. Le ciel est menaçant et la pluie ne tarde pas à rafraichir l’atmosphère. Un petit tour pour découvrir quelques temples et les fameux macaques à toque du Sri Lanka… Ca, c’est de la coupe de cheveux !

Le soir, nous assistons aux danses folkloriques, assis dans un coin, tout au fond d’une salle bondée de touristes, à oublier !

 

07/03/14

Réveil à 5h30, départ à 6h pour une journée complète de visite…

Nous commençons par Polonnaruwa, un immense ensemble de ruines que nous parcourons à vélo. Nous y croisons des singes à têtes pourpre, des macaques à toque et des varans qui trainent au soleil au milieu des ibis et des aigrettes. Les site est immense et nous croisons un groupe de jeunes bonzes très branchés avec des lunettes de soleil de marques, des Smartphones derniers-cris et même des tablettes tactiles avec lesquels ils se photographient en notre compagnie !!! Je pensais que le dénuement était une condition incontournable pour progresser spirituellement…

Deuxième étape, le rocher de Sigiriya que nous ne verrons que de loin en raison du prix de l’entrée (26€/pers) et du souvenir que j’en ai… 1 heure de grimpette sur un escalier en ferraille qui surplombe le vide… Comme dirait Jean-Pierre, mon oncle, ce ne sont pas les peintures de femme nues sur les murs qui donnent le vertige !

Nous terminons la journée par le temple de Dambulla, superbes cavités rocheuses peintes et ornées de centaines de statues de bouddha. Le site est magnifique et facile d’accès, on se fait vieux !

Il est 18h lorsque nous recevons un coup de téléphone de Bob  de « Jolly Rogers » qui nous explique que le ponton flottant sur lequel, nous sommes amarrés à cul a rompu ses amarres !!!!! Cela signifie que nous sommes toujours mouillés par l’avant mais plus tenu à l’arrière… Bob a raccroché et c’est avec une certaine angoisse que nous attendons des nouvelles de notre Badinguet 2 heures plus tard. Il a réussi a raccroché une partie de la chaine cassée sur un vieux bout qui semble solide, ça ira pour la nuit ! Merci Bob !

 

08/03/14

Le train pour Ella part à 8h45 et vu l’affluence, ça va être difficile de trouver une place assise…

Il y a beaucoup de monde devant nous mais en observant les wagons, une idée germe dans mon esprit malsain… Toutes les fenêtres sont ouvertes et il suffit de jeter le sac à dos avec quelques fringues sur un siège libre pour occuper la place bien avant de monter à bord !!! Et en effet, les premiers arrivants respectent nos places et nous montons tranquillement dans le wagon sans stress…

6 heures de train à 30 km/h de moyenne et des paysages grandioses. Le train traverse le centre de l’ile en restant à flanc de montagne ou sur les crêtes. Les pentes sont incroyablement raides et la vue sur les vallées et les plantations de thé nous font oublier les heures passées le cul vissé sur un siège défoncé…

Ella est un petit village de montagne au beau milieu des plantations de thé. 5 usines de thé se partagent le secteur et malheureusement, nous sommes samedi soir, les usines ne fonctionneront pas demain…

Nous dégotons une guesthouse superbe avec une chambre magnifique et un lit gigantesque… Chaque logement que nous avons visité est équipé de moustiquaires et/ou de l’air conditionné mais dans ces contrées montagneuses, il fait plutôt frisquet la nuit. Un gars du port équipé d’un masque pourri a rafistolé les amarres du ponton mais pour combien de temps ???

En tous cas, nous n’avons pas de chance car il ne s’est rien passé pendant les 10 premiers jours et il suffit que nous partions pour que le ponton se sauve !!!

 

09/03/14

Après avoir longuement négocié un scooter, nous partons en balade dans les environs de Kandy. Les cascades, le Little Adam’s peak, le Ella’s rock et j’en passe… le site est superbe et mérite le détour. Seul bémol, les prix des restaurants… rien à voir avec des prix sri-lankais…

10/03/14

Après avoir passé une heure à tenter de prendre en photos des espèces d’écureuils géants qui trainent dans les arbres, nous partons pour la visiter une usine de thé et découvrir le travail des ouvrières dans les plantations.

 

Nous marchons longtemps en traversons toute une vallée pour rejoindre un groupe de femmes qui ne travaillent pas pour les touristes… Formidable moment passé en leur compagnie et lorsque nous boirons le thé local, nous aurons une pensée pour ces femmes et ces hommes qui ramassent et trient les feuilles une par une… Ils cueillent chaque jour entre 15 et 25 kilos de feuilles et la qualité du thé dépend de la maturité de chaque feuille… La jeune pousse servira à faire la qualité « Or » et plus la feuille est grosse, moins le thé est coté…

Nous passons l’après-midi à enchainer les bus jusqu'à Ratanamaga, la ville sainte. Un ensemble de temples et un gigantesque marché accueillent en été des milliers des pèlerins de toutes religions.

De nombreuses familles se lavent et font leur lessive dans la rivière lorsqu’un éléphant arrive à son tour pour se faire frotter et rincer par ses gardiens. Nous restons un long moment à observer cette « toilette générale » sous une belle lumière.

 

11/03/14

Petit déjeuner immonde à 5h du matin pour atterrir à 5h30 dans un 4x4 rehaussé… Au programme, un safari dans Yala National parc ! Il s’agit de la journée la plus cher de notre périple avec les entrées de la réserve à 17€/pers et la voiture à 28€ pour la matinée.

Des éléphants, des crocodiles, des buffles, des daims, des cochons et même un animal à grandes oreilles, il a du se perdre !

Nous n’avons pas vu beaucoup d’animaux mais des dizaines de 4x4 qui parcourent le parc dans tous les sens… Tout ceci est un peu décevant mais le cadre est magnifique avec des plans d’eau très photogéniques…

Retour à Galle par une série de bus encore plus tarés que les précédents… Je n’aurai pas aimé avoir à passer mon permis de conduite au Sri Lanka !

Un bon apéro sur Jolly Rogers et une énorme nuit !

 

12/03/14

Le bateau est d’une saleté décourageante, entre les chiures de corbeaux, la poussière de béton et la puanteur de l’eau du port, saturé de gasoil, difficile de garder le moral au beau fixe !!!

Nous faisons quelques courses et vers 17h, les amarres du pontons lâchent une fois de plus… Il faut dire que pendant notre absence, deux gros voiliers de voyage sont venus s’amarrer à nos côté et il y a maintenant plus de cent tonnes de bateaux qui tirent sur le bout de plastique qui nous sert de ponton !

Chacun règle ses amarres au fur et à mesure que le ponton cède et au premier gros orage avec du vent, nous irons tous nous faire voir ailleurs, croisons les doigts !!!

Les autorités du port n’ont pas de corde, pas de chaine et le pauvre employé n’a qu’un masque pour plonger dans l’eau du port !!! Que faire ???

Pascale repart en France dans 5 jours pour subir des examens médicaux de contrôle. Pendant ce temps, je préparerai le voilier pour la suite du voyage.

J’ai souvent discuté avec les anciens militaires qui escortent les cargos et leurs réponses sont toujours les mêmes… Le nombre d’actes de piraterie est en baisse mais les pirates viennent toujours vérifier si les cargos sont armés ou pas. Ils s’approchent avec leurs skifs pour provoquer une réponse et s’ils n’y a pas de danger, ils attaquent… Il est évident que nous représentons une proie facile pour eux et une balle tirée avec une arme de guerre traverse 2 ou 3 épaisseurs de polyester avant de s’arrêter… Même à l’intérieur du bateau, nous ne sommes pas en sécurité… Le risque est énorme, nous ne passerons pas par la mer rouge… Et dire que nous étions à 2 mois de navigation de la France…

Je téléphone au port des galets à la Réunion et il n’y aura pas de problème pour laisser Badinguet quelques mois cet été sur le terre-plein et les tarifs sont très raisonnables… voilà une bonne chose de faite.

Nous quitterons le Sri Lanka au retour de Pascale, nous ferons une escale déclarée ou pas aux Maldives pour filer directement à Rodrigues puis, l’ile Maurice et enfin l’ile de La réunion où nous laisserons le bateau jusqu’en octobre. Un périple de 2500 milles dans l’océan Indien, gulp !!!

En attendant, nous faisons une cure de bananes, elles sont délicieuses au sri Lanka et on y compte pas moins de 10 variétés dont la banane-citron, la banane-beurre, la banane-sucre et la succulente banane-rouge.

 

13/03/14
Je passe la matinée à tirer une très longue amarre aux rochers situés 50 mètres derrière Badinguet. Une grosse chaine de 12 pour éviter le raguage sur les cailloux et je sécurise Badinguet et Jolly Roger en le désolidarisant du ponton…
Ca me prendra encore une demi-journée pour retirer mon installation mais j’ai du temps à tuer !!!
Une longue baignade dans les grandes vagues de Unawatuna et retour au bateau pour glandouiller sous un vent furieux d’ouest !!!
 
Il fait toujours aussi beau et chaud et si les conditions d’amarrage au port n’étalent pas aussi précaires, si les contrôles policiers n’étaient pas aussi réguliers , si les cargos arrêtaient de trimballer du béton, si le vent se calmait un peu, si l’eau était moins chargée en gasoil, si les déchets arrêtaient de s’amonceler contre les voiliers et si les corbeau arrêtaient de chier sur le pont, le coin serait paradisiaque…

 

 

Nous passons les jours qui précédent le départ de Pascale à faire les pleins de gasoil et a profiter le plus possible des plages de la côte Sud.. Sur tout le littoral, la houle amène de grosses vagues qui plaisent aux surfeurs et secouent les baigneurs. Il y a beaucoup de puissance dans ces grandes déferlantes et il faut être un nageur confirmé pour passer du sable sec à la zone située derrière les vagues… Et gare à celui qui calcule mal son coup pour sortir de l’eau… Pascale et moi passons un bon moment à faire des paris sur celui ou celle qui se fera faucher et rouler dans l’écume, on se moque, ça passe le temps !

Nous revoilà à Colombo, puis à Negonbo, tout proche de l’aéroport et Pascale s’envole vers la métropole avec le cœur serré… Ces examens médicaux sont épouvantables à vivre et je salue ici le fantastique courage de ma Doudou qui pas une fois ne s’est plaint de la situation.

Je reprends un bus express vers Colombo et 3 heures plus tard, je sors du service de l’immigration avec mon extension de visa en poche (26€ et une photo d’identité)… Ici encore, tout est compliqué, je suis appelé à 4 guichets différents et les numéros d’attente ne sont absolument pas respectés… Mais on s’en fout car j’ai le précieux sésame.

Je suis au bateau 1h15 plus tard en empruntant le bus « High-way » qui prend l’autoroute à fond les gamelles !!! Il pleut depuis deux jours et la mousson est tranquillement en train de s’installer…

Les voiliers à côté de Badinguet se succèdent, je les aide à s’amarrer et leur donne quelques bonnes combines pour gagner du temps et de l’argent avec tous ces vautours qui tournicotent autour des touristes… Les pires, ce sont nos propres agents, nous les payons un max (225 USD le premier mois et 150 les suivants) et ils n’en fichent pas une… A chaque fois que j’ai eu besoin d’eux, il a fallu payer en plus et pour les faire lever le cul de leur chaise, il faut des heures de palabres !!!

Pour le gasoil, je gagne plus de 40€ en allant le chercher à la pompe avec la mobylette mais je dois ensuite trimballer les bidons à la main sur 400 mètres jusqu’au quai des annexes… 50 litres à chaque voyage, l’horreur !!! Au premier voyage, j’ai demandé aux gardiens si je pouvais utiliser ma mobylette juste pour emmener mes bidons mais je me suis heurté aux douaniers qui m’ont demandé un bakchich !!! Les enfoirés ! 

Deux jours plus tard, c’est encore pire avec le ravitaillement en eau douce… Le réservoir de Badinguet est presque vide et je ne peux vraiment pas dessaler dans ce port immonde… Je demande donc aux autorités portuaires l’autorisation de prendre de l’eau au quai et ils me renvoient vers mon agent, « Windsor Reef Navigation » pour ne pas le nommer !

Je paye donc 8 USD la tonne et installe mes tuyaux pour aller me connecter au quai… J’obtiens un premier refus car le robinet que l’agent m’a demandé d’utiliser appartient à une compagnie privée. Première engueulade avec les propriétaires du robinet qui n’y sont pour rien mais ça fait du bien, surtout quand on vient de passer 1 heure à tirer 4 tuyaux d’arrosage mis bout à bout en travers du port… je repars furieux voir l’agent situé à 500 mètres de là, il fait une chaleur accablante ce matin…

Je rentre dans le bureau furax pour m’entendre dire que je devais attendre l’accord du port pour tirer de l’eau alors que ce même trou du cul m’a dit il y a une heure que je pouvais commencer le transfert d’eau douce !!! Je suis vert…

Je retourne donc sur le quai et réitère ma demande, j’essuie un second refus, je commence à perdre patience et Hérath, un gardien très sympa vient enfin à mon secours… Il s’occupe de tout et m’emmène manger un bout à la cantine du coin pour que je me calme… Il m’explique que l’agent n’a rien compris, qu’il s’est trompé et je dois attendre que le « Port Authorithy » envoie un ingénieur avec un putain de tournevis pour me connecter sur un autre robinet… Tout ceci prend bien une heure de plus et je vois alors l’énorme remorqueur  qui quitte le quai, j’ai stationné sous son étrave et attaché mon annexe sur son amarre, Gulp, manquerai plus que je perde l’annexe !

Accompagné d’un gars de l’agence, du chef des services techniques du port et du fameux ingénieur de mes deux avec son putain de tournevis, nous retournons au quai. Je stresse deux minutes avant d’apercevoir mon annexe amarré à 50 mètres de là. L’ingénieur libère le cadenas et connecte mon tuyau qui se dore au soleil depuis 3 heures !!!

Le débit est léger et 2h30 heures plus tard, le réservoir de Badinguet glougloute de plaisir… je sais que j’ai encore droit à 100 litres aussi, je commence à remplir les bidons de Bob lorsque l’eau cesse d’arriver… Je n’ai eu que 900 litres et il n’y a plus personne sur le quai, juste mon tuyau déconnecté et un gros cadenas qui empêche quiconque de s’approvisionner en précieux liquide…

Je suis vraiment énervé et je ne suis pas le seul, je croise des copains Anglais qui, eux aussi, sont sur le point de porter plainte contre nos agents qui se la coulent douce sans jamais nous aider et qui empochent un maximum d’argent en nous arnaquant quotidiennement… 

Je repasse une dernière fois au bureau de l’agence histoire de régler mes comptes et j’apprends que comme j’ai une extension de visa, je dois repayer 150 USD pour un mois de service supplémentaire… AH AH AH !!! Ça a fait très vilain dans leur bureau climatisé et je leur ai calmement expliqué que je vais consacrer beaucoup de temps à envoyer des messages et à faire des publications sur internet afin que plus personne n’utilise leurs services… Il y a d’autres agents au Sri Lanka et je ne vois pas pourquoi nous nous laisserions faire par ces feignasses de voleurs…

Hérath, le gardien est tout à fait d’accord avec moi et m’encourage à quitter cette agence pour en prendre une autre qui, s’il n’est pas plus efficace, sera moins chère et c’est tout ce que je demande.

L’accablante chaleur de ce matin se paye l’après-midi par un gros orage qui rince Badinguet d’une impressionnante couche de crasse noire. Je profite de la pluie pour frotter le pont, les capotes et me laver au grand air.

Chaque jour, je trimballe mes courses et l’avitaillement de la mobylette au vélo pliant puis dans l’annexe et enfin dans les coffres de Badinguet… A chaque passage, je croise les gardiens qui surveillent l’entrée dans leur uniforme marron. Ils ont toujours un mauvais regard pour moi car je ne les salue plus depuis longtemps et je ne m’arrête que s’ils me bloquent la route. Le dernier qui m’a interpeller avec son fusil à pompe a du se taper 30 mètres de marche sous le cagnard pour rejoindre l’endroit où je m’étais arrêté avec une grosse planche de bois sur mon vélo.

-       Le gardien : Alo, Alo, Problem , problem (en montrant la planche du doigt)

-       Moi : What problem ????

-       Le gardien : problem, problem !

-       Moi : Eh, ducon, look at me !!! NO PROBLEM with my wood ! et je repars en vélo comme si de rien n’était…

Le gardien finit par se décourager en dodelinant de la tête.. Et le tour est joué…

Ca fait un mois qu’ils me voient passer dix fois par jour et ils continuent à m’emmerder comme si j’étais un terroriste. Mais aujourd’hui, peu importe le regard en biais des chiens de garde du port, je me dirige vers le bureau de l’agence Windsor Reef Navigation en jubilant…

Me voilà, assis au bureau et après avoir payé ce que je leur dois avec un taux de change totalement fantaisiste, je demande la restitution de tous les documents qui concernent l’arrivée du bateau et leur annonce avec un grand sourire que je change d’agent et que je ne veux plus rien avoir à faire avec eux !!, eh, eh, eh, VENGEANCE !!! ESPECE DE CHAROGNARDS !!!

Alors là, panique dans le bureau !!! Mon interlocuteur se lève en pestant, c’est la première fois que je le vois faire fonctionner un muscle. Il fulmine et je jubile !!! Les ordres pleuvent sur les pauvres employés qui n’y sont pour rien et tout le personnel s’active pour retrouver nos documents… Une heure plus tard, j’ai une lettre entre les mains et ces crétins des iles ont mal orthographié « Badinguet », je prends un malin plaisir à leur faire retaper le courrier pour corriger les fautes, je suis aux anges… Le courrier en question explique qu’ils se dédouanent complètement de tout conflit à venir concernant un litige financier avec les autorités. Reniflant le piège et connaissant bien ces lascars, j’écris à mon tour un courrier sous leurs yeux ou j’explique que j’ai déjà payé cette agence pour les formalités de check-in et check-out et je leur demande de signer ce document… Ils comprennent très bien ma détermination et à ma grande surprise, ils me remboursent immédiatement le prix des douanes… je ne savais pas que les formalités douanières étaient payantes… Toutes leurs opérations sont cachées, ils encaissent les dollars des navigateurs et payent ensuite le port (100USD/mois) et les autorités et empochant un joli pactole qu’il nous est impossible de vérifier !

Je retrouve Hérath et mon nouvel agent pour leur donner les documents. J’ai passé des heures à emmerder le monde mais franchement, j’ai la sensation du devoir accompli… On ne va quand même pas se laisser faire tout le temps et si personne ne bouge, ils ont une paix royale pour voler les voyageurs…

Il est 18h, Pascale est toujours à l’institut Paoli Calmette à Marseille.  Sa journée à débuté par un TEP-Scan et elle a rendez-vous avec le remplacement du professeur Viens… Un jeune interne reçoit des patients extrêmement angoissés pour analyser des résultats vitaux et personne de compétent et d’expérimenté pour les rassurer… Pascale s’est donc tapé 30 000 kms d’avion et 15 jours de stress pour se retrouver face à un jeune qui a deux minutes pour lire son dossier ! Ca aussi, ça mériterait une mise au point ! J’ai la rage !!!

Martine et Bob ont été les voisins les plus agréables qui soient… Martine a superbement renforcé la couverture de l’annexe et Bob a scanné plus de cent cartes des Maldives. Ils ont quitté la canicule pour retrouver le calme du large, sans groupe électrogène, sans bruit de moteur, sans corbeau, sans poussière de béton et sans ces agents véreux… Moi aussi, j’ai hâte de partir au large mais l’heure est à l’attente des résultats de Pascale et ce fichu téléphone qui ne sonne pas…

 

Il y a quand même quelques choses d’extraordinaire en Inde et au Sri Lanka et peu de gens abordent le sujet pourtant ça peut changer complètement le cours d’une discussion et provoquer de gros malentendus… Les Indiens comme les Sri-lankais, pour dire oui ou non, ne font pas les même signes de tête que nous…

Pour faire le signe « oui », ils dodelinent de la tête en l’inclinant latéralement vers la droite et la gauche. Pour dire non, ils font exactement la même chose !!! Comme on ne comprend pas leur réponse, on leur fait répéter 10 fois en insistant sur nos hochements de tête à nous et ils continuent à dodeliner en souriant… tu me diras s’ils sourient, c’est que c’est oui !!!

Sinon, en dehors de l’enceinte portuaire, les Sri-lankais sont très accueillants et souriants. Les commerçants n’hésitent pas à augmenter leurs prix pour les touristes mais c’est de bonne guerre et lorsqu’on connait les vrais tarifs, on arrive à s’en sortir avec quelques sourires, pirouettes ou menaces s’il le faut ! J’en ai même vu un changer l’étiquette d’une crème à toute vitesse lorsqu’il m’a vu entrer dans la pharmacie !

Le téléphone sonne enfin, Gulp, je décroche…..

-       Pascale : C’est tout bon, je suis trop contente, je reviens sur Badinguet.

Enfin soulagé, l’aventure continue pour nous deux avec les Maldives dans le viseur et ici encore, les formalités en plus d’être compliquées sont très chères… En tout 850 dollars pour se balader dans l’archipel !

Mais vue la bonne nouvelle de ce soir, je lève mon verre très haut vers les étoiles et au diable les permis de croisière er autres formalités douanières, Pascale arrive le 4 avril avec une valise pleine de pièces détachées et une patate d’enfer !

Hérath est passé du statut de Gardien du port à Ange-gardien du port !!! Il m’a rapporté une pommade qui a fait quasiment disparaitre la gigantesque éruption de boutons que je me suis tapé… Il a fait extrêmement chaud pendant deux jours consécutifs et il semble que mes petits pores aient décidé de faire une grève de 48h, résultat, malaise, coup de chaud et des boutons immondes sur le torse, dans le dos et partout où il y a des plis et sur mon corps potelés, les plis ont tendances à se multiplier ces temps-ci !

Bref, je passe sur les démangeaisons et les sensations de brûlure, mais c’est lorsque ces petites pointes rouges ont décidé de se mettre à saigner que je me suis vraiment inquiété et Hérath a consulté son médecin pour moi, trop cool !

Comme je n’ai plus rien à faire qu’attendre le retour de ma moitié, je bricole et je suis sur deux chantiers parallèles…

Le premier est la création d’une grande bâche de récupération des eaux de pluie. J’ai eu toutes les peines du monde à expliquer ce que je voulais au couturier, il a fallu y retourner 3 fois pour modifier son œuvre, il n’y pas de doute, lorsqu’on ne sait pas lire un plan, tout devient compliqué et il n’a jamais du avoir à réaliser un tel travail. Bon, la bâche est prête à récupérer l’eau mais il ne peut plus depuis 5 jours et j’ai besoin de la tester en action pour placer le tuyau de récupération… me voilà à attendre la pluie, maintenant !

Le deuxième concerne la création d’un établi que je voudrai adapter au sommet du siège de cockpit… J’ai d’abord du trouver un scieur dans un village, il a attrapé un gros tronc de manguier pour le transformer en planche sans prendre aucune mesure !!! Ils travaillent avec une grosse scie circulaire sans aucune sécurité et poussent les troncs à la main au risque de ne plus jamais pouvoir pousser quoi que ce soit ! Juste à l’œil, ils ont réussi à me fabriquer la planche que je voulais… Il manque bien quelques centimètres par ci par là mais je ne fais pas de le tatillon car je suis très impressionné par ces hommes et leur savoir faire. Un grand merci et quelques roupies plus tard, j’attaque le boulot sur le bateau et la bestiole que je sors du bois à la pince à épiler aurait un rôle intéressant dans le prochain Alien ! Un ver de 12 cm avec une tête en forme de soucoupe volante et deux mandibules en crochet, s’est retrouvé en train de nager la brasse le long de Badinguet. Jai ensuite mis la planche dans l’eau de mer pour une cure de désintoxication prolongée… Vue la couche d’hydrocarbure qui surnage, le bois sera traité d’ici une petite semaine…

Je sympathise avec les nouveaux arrivants mais le nombre de voiliers présents dans le port de Galle se réduit à peau de chagrin !!! Il ne reste que 5 bateaux et Badinguet est de très loin, le plus ancien…

 

28/03/14

Je rêve de départ et l’attente commence à être longue… j’ai rendu la mobylette et j’utilise désormais le petit vélo que j’ai remis en état… Imaginez ma frustration de ne plus pouvoir klaxonner sur la route !!! Mon « dring-dring » est complètement ridicule face aux énormes coups de corne des bus locaux, je n’avertis personne et dans la chaine alimentaire de la route sri lankaise, je suis tout en bas, juste après les piétons !!!

Il a enfin plu et j’ai récupéré 150 litres à coups de seau car avec ce qu’il est tombé, la bâche a débordé de partout avant de manquer de s’envoler sous la violence du vent !!! C’est pas gagné, mais je progresse…

J’ai acheté des « king coconuts » et chaque matin, je bois une coco pour drainer mon foie et il me reste encore 7 noix de coco avant le retour de Pascale et notre fuite vers le Sud-ouest…

Concernant mes boutons, les choses se sont nettement aggravées et un médecin est venu au port pour me prescrire des crèmes à la cortisones, deux antibiotiques différents et deux anti-allergiques avec des posologies complètement absurdes… Un toutes les 8h ou un toutes les 6h… Il est évident que je ne vais pas me lever à 2h du matin pour prendre un cachet alors ce sera 3 fois par jour, matin, midi et soir et on verra bien… Je pense que tout s’est infecté car je suis très fatigué par la chaleur et le manque de sommeil qui en est la conséquence. L’air ne circule pas dans le bateau mais les moustiques oui et je dors sous deux ventilateurs avec deux mosquito coils qui fument…

On ajoute à ça le stress des résultats de Pascale, une mauvaise hygiène de vie et on obtient une peau absolument immonde !!! Après deux jours de traitement, tout est rentré dans l’ordre.. Même mon épiderme réclame l’eau transparente des Maldives…

 

01/04/14

Je passe la matinée à fabriquer des rangements sous les marches d’escaliers avec le teck que Hérath est allé dérober je ne sais où et à 15h, je suis prêt.

Bim, le joaillier, me récupère au centre ville et m’emmène en voiture dans un de ses nombreux workshops. Un artisan travaille en ce moment sur la bague de Pascale et je reste deux bonnes heures à le regarder créer le bijou. Il part de la matière première, une épaisse feuille d‘argent qu’il travaille sans relâche. Jamais il ne prend de mesure, tout se fait à l’œil et à la main… Quelques pinces, quelques limes et des dizaines d’outils et de méthodes astucieuses pour réaliser ses œuvres. Admiratif, je fais modifier quelques petits détails en sirotant un délicieux thé au gingembre… Je pourrai rester encore des heures à le regarder travailler par petites touches mais il est temps de rejoindre le bord et ils ne me donnent plus de thé !

Il est 19h30 lorsqu’Hérath me téléphone en me demandant de venir au quai des annexes, il a encore du teck pour moi… Il me glisse discrètement 5 nouvelles planches de bois précieux et après lui avoir laissé une bière fraiche, je m’éclipse dans le noir. Le bois est un peu bouffé par les vers mais je le traiterai demain avec du fongicide.

A 21h, le téléphone sonne à nouveau… c’est encore Hérath qui me demande de le rejoindre sur un remorqueur à l’entrée du port… Je ne comprends pas la moitié de ce qu’il dit mais s’il a encore du teck, je suis preneur…

Obligé de me rhabiller, je remets l’annexe à l’eau pour rejoindre dans le noir, la coque du puissant bâtiment… La différence de hauteur est immense et je dois escalader dans les pneus pour me retrouver en compagnie d’Hérath, il est complètement saoul et m’embrasse sur la joue en me caressant les cheveux !!!???!!!

Nous sautons du remorqueur sur la rive où une grosse pierre sert de table pour l’apéro, il y a là de l’Arack Sri lankais, du coca Sri Lankais et 5 membres d’équipage Sri lankais, bien sur !!! LE TRAQUENARD DE BASE !!!!

Tout le monde est très gai et ravi de m’avoir à leur table pour consommer de cette immonde boisson… Impossible d’y échapper et j’accommode l’alcool de coco avec du coca sans bulle et ça finit par passer tout seul… il faut dire qu’après le ti’punch, c’est un peu cru mais quand il faut rendre service… Au troisième verre, je n’en peux plus et mes acolytes sont dans un état pitoyable. Hérath est torse nu avec un poncho autour de la taille et il est temps que je trouve une bonne excuse pour filer d’ici au plus vite…

J’ai laissé le bateau ouvert avec toutes les lumières allumées et Pascale doit m’appeler ce soir, la voilà, la bonne excuse… Sorry les amis, la prochaine fois sera la bonne !!!

Je ne sais même plus comment j’ai pu sauter dan mon annexe de si haut mais 10 minutes plus tard, je suis sur Badinguet avec un doliprane dans le gosier…. Il est vraiment temps qu’on parte d’ici…

 

03/04/14

Je retrouve Mister Bim au centre ville et découvre le travail terminé, Il me présente deux bagues. Celle que j’ai demandée avec un beau saphir étoilé pour saluer le courage de ma douce et une deuxième en cadeau. Il a fait monter une pierre de lune bleue qui parait-il a des vertus anticancéreuses… En tous cas, il y croit vraiment et Pascale se retrouve avec deux bague pour le prix d’une !

 

04/04/14

Je retrouve pascale à l’aéroport de Négombo à 3h10 du matin après une demi-nuit épouvantable entre les avions qui passent juste au dessus, les moustiques qui passent juste en dessous et les camions qui passent juste à côté…

Nous sommes de retour à bord à 7h30 du matin avec une nuit blanche dans les pattes mais l’équipage est réuni et le sac de pascale est plein de bonne choses pour Badinguet et pour nous.

 

05/04/14

Notre dernière journée au Sri Lanka, Youpi !!!

Il est 8h du matin lorsque j’enfile la combi pour plonger sous Badinguet… L’hélice est pourrie de coquillages et il nous aurait été impossible de partir au moteur dans ces conditions… Je stresse toujours un peu de plonger dans des eaux aussi sales et opaques mais je commence à avoir l’habitude.

Le reste de la matinée ; Courses de frais et récupération des bagues de Pascale agrandies car avec la chaleur et les médicaments, ses doigts restent enflés en permanence.

L’après-midi est consacrée aux formalités et au nettoyage des nombreuses amarres. Après 7 semaines de présence dans ce bouillon de culture, les cordes sont complètement noires et couvertes d’algues et de coquillages, quelle galère à nettoyer !

A 15h, Hérath, nous rejoint à bord avec des bananes vertes, des papayes et deux énormes madriers de teck !!! Il a été absolument formidable avec nous et une fois encore, il fait des cadeaux à Pascale en lui offrant 6 pierres de lunes polies, deux grenats roses et des « pierres de soleil » ainsi que des boucles d’oreilles… Incroyable !

Voilà un homme bon qui nous a aidé à chaque instant sans jamais rien demander en retour. Sa maison est notre maison se plait-il a dire et nous ne l’oublierons jamais.

Les formalités sont bouclées à 16h. Nous avons fermement refusé de donner un bakchich à l’officier de la Navy qui est venu contrôler le bateau et l’heure est venue de remonter l’ancre qui traîne dans le fond depuis 1 mois et demi… La chaine est complètement bloquée par les coquillages et il faut utiliser un marteau pour désolidariser les maillons sur les 20 premiers mètres… Après, elle était sous la vase donc elle est sale mais sans plus…

L’ancre est à poste, je préviens le « Port control » qu’on se sauve et j’ai l’accord pour aller mouiller sous notre pagode devant « Jungle beach ».

L’endroit roule un peu, nous rangeons Badinguet à la va-vite, il est temps de se reposer pour une dernière nuit au Sri Lanka…. Car demain matin, ON SE CASSE AUX MALDIVES !!!

 

Badinguet quitte l’Asie du Sud-est après presque deux ans de présence, ce que nous retiendrons de ce continent est assez contrasté.

Sur la plus haute marche du podium, ex-æquo, la pollution, la saleté et les déchets, ils sont omniprésents et la situation se détériore chaque jour.

En deuxième position, la surpopulation et les concentrations humaines. Les villes d’Asie que nous avons visitées sont autant de fourmilières grouillantes et bruyantes, la circulation routière y est constamment embouteillée et toujours dangereuse.

La troisième marche du podium est occupée par d’innombrables sourires et une soif de communication et de rencontres de ces peuples souvent sédentaires.

J’ajouterai pour conclure qu’on en a ras le bol du riz frit, des plats épicés et du bruit… On veut du calme, de la propreté et de la bonne bouffe !

 

 

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