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   THAILANDE    

 

 

 Tarutoa

 

14/11/13

Une nuit sans pluie, sans vent, sans éclair, une fois n'est pas coutume…

Départ aux aurores avec de magnifiques photos à la clé… une multitude de bateaux de pêche colorés chalutent dans la passe profonde entre Langkawi (Malaisie) et Tarutoa (Thaïlande) et la lumière matinale se prête tout à fait à la prise de vue.

Nous mouillons dans la baie de Dataï et après un bon bain dans l'eau claire, le kayak nous emmène tous les 3 sur la grande plage de sable blanc bordée par un hôtel bien dissimulé dans la verdure. La température de l'eau dépasse les 30°C, il fait un soleil de plomb et nous passons deux bonnes heures à jouer dans l'eau. A midi, nous nous installons à l'ombre devant cette magnifique plage avec Badinguet en toile de fond. Le repas est cher mais c'est notre dernier repas sur le sol malaisien alors au diable l'avarice et que le personnel s'amuse…

Badinguet traverse ensuite le détroit qui sépare les deux pays et contourne les petites îles rocheuses avant d'ancrer dans un chenal devant les vestiges d'un ancien pénitencier. 

Un vieux ponton en béton longe un rocher impressionnant et nous laissons l'annexe sur une plage vaseuse pour poursuivre notre balade à pied.

Il ne reste pas grand-chose de cette ancienne prison mais les conditions d'incarcération devaient être épouvantables… Au bout d'un quart heure de marche, nous avons les pieds pleins de sangsues et après nous être débarrassé, nous observons leur incroyable comportement. Elles se dressent à la verticale et s'orientent pour renifler leur environnement. Dés qu'elles ont repéré une victime, parfois à plusieurs mètres, elles se mettent en route très rapidement et aucun obstacle ne les arrête. En faisant un pont avec leur corps, elles se déplacent très rapidement pour très vite escalader les godasses ou les premières gambettes qui passent à leur portée et en quelques secondes, elles ont mordu et commence à pomper le doux breuvage en toute discrétion. Elles injectent un anesthésiant et un anti-coagulant pour s'alimenter en toute tranquillité à l'insu de leur victime. Lorsqu'on les arrache, le sang coule encore un bon moment avant de coaguler enfin… Etant donné la vitesse à laquelle nous sommes attaqués, Nous nous imaginons mal passer la nuit à la belle étoile… Et que dire de ceux qui travaillaient de force dans la jungle pendant des années… De plus, au début du siècle dernier, les eaux étaient infestées de requins et de pirates. Une tentative d'évasion devenait instantanément une tentative de suicide et la jungle ne laisse aucun répit en ces lieux reculés…

Un orage gronde au loin, le vent balaie le mouillage quelques minutes puis tout redevient calme. Un pécheur longe Badinguet dans la pénombre, il ne lui reste que quelques dents et ne parle pas un mot d'anglais mais son sourire a conquis tout l'équipage. Nous lui donnons de la corde nylon que mon oncle Jean-Claude m'a donné et que je trimballe depuis Tahiti… Une petite bière pour la route et tout le monde est content.

En fin de soirée, le téléphone sonne… Pascale est au bout du fil, je ne sais par quel réseau, elle a réussi à me joindre mais c'est cool d'entendre les dernières nouvelles de ma douce. Elle m'apprend que nos amis Geneviève et François de "Ultreïa" ont décidé d'arrêter leur tour du monde, je n'en reviens pas…

 

Koh Rok

15/11/13

Badinguet n'a pas bougé de la nuit et le réveil sonne à 6h30. 10 heures de navigation avec juste ce qu'il faut de vent les deux dernières heures… Sinon tout le reste au moteur avec très peu d'air, une mer d'huile et des milliers de casiers à contourner. Les traines n'ont rien données à part un beau départ et un rapala cassé net !

L'île de Koh Rok est le lieu de tournage de l'émission Koh Lantah et les plages ont l'air magnifique vu de loin…

Le fond remonte rapidement, mes cartes ne sont pas fiables et très vite, nous nous retrouvons entourés de patates de corail… Le soleil décline, la luminosité est mauvaise et c'est un vrai champ de mines duquel il faut s'extirper sans casse…

Badinguet fait demi-tour en souplesse et nous mouillons dans 5 mètres d'eau mais la tenue est mauvaise et l'ancre dérape de 20 mètres avant de se stabiliser, le cul du bateau est tout près des massifs coralliens. Je plonge en vitesse pour vérifier le mouillage et c'est loin d'être parfait… Un petit tour en annexe pour plonger sous les nombreux corps morts révèle qu'ils sont tous dangereux, il y a toujours un récif dans la zone d'évitement et sous l'une des bouées, l'épave récente d'un grand catamaran confirme mes craintes. Il reste un corps mort qui ferait l'affaire mais un bateau local est amarré dessus aussi allons nous lui rendre visite. Impec, ils dégagent et nous retournons à bord pour prendre leur bouée. L'ancre est remontée et je me dirige vers le corps mort. Chris a grimpé dans le gréement pour me guider et Marie tient la gaffe à l'avant. La manœuvre s'annonce bien mais le poids du bateau surprend Christophe qui doit lâcher l'amarre sous la tension. Badinguet avance dans la mauvaise direction et je ne peux remettre en prise car l'amarre est sous le bateau… Craaaaacckkkkk, le voilier monte sur un récif de corail et s'échoue royalement sur celui-ci… Une grosse marche arrière nous fait vite redescendre de notre perchoir et c'est toujours en marche arrière que nous récupérons enfin le corps mort. Celui est un peu léger mais en plongeant, on peut le doubler et sécuriser Badinguet pour la nuit.

Une virée à terre révèle un camping sommaire avec un ranger qui garde tout ce petit monde isolé. Le resto est tout aussi sommaire mais les plages sont magnifiques et la clarté de l'eau permet de voir à 15 mètres. C'est au niveau de la surface que le bas blesse, il y a beaucoup de déchets flottants. Marie et Chris nagent un bon moment en observant le monde sous-marin puis ils retrouvent le voilier dans lequel je tente désespérément de rattraper le retard que j'ai accumulé dans mes écritures…

Un zodiac circule d'un voilier à l'autre, ça sent le racket à plein nez… Ils sont 6 à bord et réclament 400 bats par personne pour avoir l'accès au parc national !!! Je leur explique que nous n'avons pas d'argent thaï et que je m'arrangerai avec le Ranger ce soir… Bienvenue en Thaïlande !!!

Nous dinons de bonne heure dans le petit restaurant et le menu, bien que limité nous convient à merveille. Poissons et calamars au curry accompagnés d'une bière Chang et le tour est joué. Personne ne parle anglais et je négocie un bon moment pour qu'ils acceptent de changer quelques ringgits à un taux très intéressant pour eux…

 

Koh Muk - Koh Ngai

16/11/13

Un réveil tardif, une balade sur les hauteurs de l'île et 1 heure de baignade avant de rejoindre Badinguet qui lâche son corps-mort dans la foulée. Non seulement, nous avons évité le paiement du parc national mais également la grosse patate de corail que nous avons embrassée hier et c'est parti pour 3 heures au moteur jusqu'à Koh Muk.

Les îles sont toujours aussi spectaculaires avec des formes étonnantes, comme si elles étaient tombées du ciel pour se planter dans la mer…

Koh Muk est une île que j'attendais avec impatience car elle présente une particularité inattendue. Une grotte magnifique au ras de l'eau se prolonge par un long tunnel de 80 mètres qui débouche dans un trou de verdure incroyable. En sortant de la grotte, on arrive sur une petite plage cernée d'immenses falaises infranchissables. La végétation a envahit depuis toujours ces tombants de calcaire et il faut regarder très haut au dessus de nos tête pour apercevoir le ciel et le soleil qui décline rapidement.  Un véritable puits de lumière accueille le nageur téméraire qui nage dans le noir complet, juste éclairé par la lumière des frontales. Comme il est plus de 16h, les touristes sont partis et nous nous retrouvons seuls dans cette caverne d'émeraude à profiter du spectacle.

Le retour est tout aussi spectaculaire avec cette obscurité et le ressac qui vient contrecarrer nos efforts pour progresser dans ce labyrinthe obscur. Après 30 mètres dans le noir total, on devine la lumière loin devant nous et la sortie approche, fabuleuse baignade sous des milliers de tonnes de roches. Marie et Chris émergent du noir à leur tour et montent dans l'annexe. Je relève l'ancre et très vite nous mettons le cap sur la côte orientale de l'île de Koh Ngaï en rasant quelques gigantesques rochers "champignons". L'ancre plonge rejoindre le sable entre deux bateaux de touristes, devant un des trois hôtels de l'île. Ce mouillage est bien abrité et à part quelques coups de tonnerre qui viennent du continent, tout semble très paisible.

Marie et Chris partent en kayak en reconnaissance pendant que je termine ces lignes au calme. Un ti'punch accompagne mes pensées qui s'envolent vers ma doudou restée dans le Sud de la France et vers Maël qui recherche des stages ou des contrats d'entreprise.

Nous n'avons toujours pas de carte Sim Thaï ni d'internet et je ne suis pas tranquille du tout de ne pas être joignable...

Je terminerai par un petit mot sur les "Hauts-Savoyards", Marie et Chris qui assurent comme des Dieux. Ils ne connaissent pas grand-chose au bateau, je ne leur fournis des indications qu'au compte-goutte, souvent au dernier moment et ils sont hyper efficaces, sereins et toujours de bonne humeur. Marie cuisine à la perfection des trucs que je n'aurai pas osé acheter et Chris est toujours là pour donner un coup de main, un vrai montagnard. Nous sommes amis depuis plus de 20 ans et nous avons travaillé ensemble à Sancellemoz près de 10 ans. Que de merveilleux souvenirs, travailler était jubilatoire à l'époque, nous formions une équipe exceptionnelle, 10 kinés, tous du même âge et l'ambiance était fabuleuse,  Olive, Nath, Marie, Chris, Ness, Gilou, Mac Coy, Thierry, Babeth, Mag, Vincent, Calito, Isa,  et j'en oublie…. Une formidable période ma vie… Voilà, 20 ans plus tard, ils sont tous toujours là et j'ai le plaisir de les accueillir sur Badinguet en attendant ma Lulu qui souffre… Allez, encore un ti'punch et une de plus pour Nath de Nathapé qui a été hospitalisée aux Philippines.

Un délicieux repas au restaurant de l'hôtel de la plage et au lit sous la pluie…

 

Koh Phi Phi

17/11/13

Départ tranquille pour Koh Lantah que nous longeons un bon moment avant de bifurquer vers la très Célèbre Koh Phi Phi.

La grande baie Sud-est est très ouverte au vent dominant aussi faisons nous le tour pour mouiller dans Yongkasem bay. Une magnifique petite plage sous des pitons rocheux. Quelques singes jouent parmi les déchets pendant que Marie et Chris jouent parmi les poissons. Je ne peux toujours pas me baigner car mon otite ne s'arrange pas du tout mais ce n'est pas grave, je travaille mes photos en solitaire.

Nous quittons le bord vers 17h et laissons l'annexe attachée à un vieux corps-mort, très loin de la rive et posée sur un fond rocailleux,. Nous marchons 200 mètres pour rejoindre le sable fin de la plage et découvrons des images que nous avons tous gardées à l'esprit… Ces hôtels au bord de la mer avec leurs piscines, juste avant la terrible vague, le tsunami qui a ravagé l'ile… Nous ressentons une curieuse appréhension en remontant vers la plage en imaginant, la mer qui recule très loin pour remonter ensuite avec une violence inouïe… Koh Phi Phi panse encore ses plaies et on devine un peu partout les restes de constructions anciennes, cicatrices encore douloureuses de la catastrophe de 2004.

Très vite, nous prenons la mesure de l'endroit. Hyper fréquenté par la jeunesse du monde entier, Koh Phi Phi est une ile superbe composée de deux rochers qui se rejoignent par un isthme où se trouve le village touristique. Celui est composé de centaines de petits magasins, de bars, de restaurants, d'agences de tourisme et de salons de massage. On ressent vraiment l'hyperactivité du lieu en circulant dans les ruelles bondées et il faut faire attention à ne pas se faire rouler dessus par les vélos qui n'hésitent pas à foncer au milieu des flâneurs.

Nous découvrons en attendant le Happy hour qu'il y a une heure de moins qu'en Malaisie et que nous sommes très en avance pour diner… Du coup, nous trainons en sirotant quelques cocktails.

La nuit, Koh Phi Phi se révèle très différente et des hordes de jeunes circulent vers les boites de nuit en pleine air sous les fusées des nombreux feux d'artifice. Nous avons le ventre bien plein lorsque nous traversons à nouveau le bras de terre Il est h, il fait nuit et la pleine lune peine à traverser la couche nuageuse

En arrivant, sur la plage, nous sommes… atterrés… La marée est complètement haute et le dinghy est invisible dans le noir. Persuadé qu'on peut y aller à pied, je m'engage mais je déchante vite… Je retourne sur le sable et laisse aux amis mon short pour disparaitre dans l'eau noire… Très vite, je n'ai plus pied et il faut nager 200 mètres à l'aveuglette. Une discothèque secoue la nuit de ses décibels et des feux d'artifices illuminent la surface calme de la mer. A chaque brasse, je m'écarte lentement mais sûrement de la civilisation et je me sens de plus en plus isolé et vulnérable…

L'angoisse ne tarde pas à pointer son nez, et si je fais une crise cardiaque, un malaise, et si je me fais frôler par une grosse bête, un requin ou une grosse méduse urticante… Du coup, je m'essouffle et je reste un moment sur le dos pour retrouver mon calme et continuer mon interminable progression vers l'endroit où je pense que j'ai laissé l'annexe tout à l'heure… ca y est, je l'aperçois enfin, encore 40 mètres et j'agrippe les poignées… C'est toujours juste avant d'arriver au but, d'être en sécurité que l'angoisse grandit, ce serait trop bête de se faire bouffer à 2 mètres de l'embarcation salvatrice quand même !!!! Ca y est, je suis dedans et 2 minutes plus tard, j'embarque les hauts-Savoyards pour un retour rapide au bateau et une bonne nuit de repos. Quelle soirée !!!

 

18/11/13

Très vite, Badinguet passe le chenal agité entre Koh Phi Phi Don et Koh Phi Phi Leh. Il y a déjà quelques bateaux de touristes mais le gros de la meute n'est pas encore arrivé, il n'est que 8h du matin lorsque l'ancre rejoint le fond dans l'entrée de Ao Maya, par 25 mètres de profondeur quand même !!!

Nous sautons tous dans l'annexe pour rejoindre l'une des plus belles plages du monde. Elle a servie de tournage au film "La plage" avec Leonardo… Nous n'avons que quelques minutes de répit et la magnifique plage n'appartient qu'à nous une poignée de secondes car le site est pris d'assaut de façon hallucinante. Tel un essaim d'abeilles affamées, des dizaines d'embarcations de tout bois déboulent bruyamment pour débarquer sur le sable immaculé des wagons de touristes, appareil photo en main et maillot de bain en fesses !

La plage est très vite noire de monde et la berge est couverte de bateaux rapides et bruyants. Toutes les nationalités sont représentées mais les Chinois sont les plus nombreux juste devant les Russes. Nous avons quand même réussi à faire quelques photos que les autres n'auront pas mais il est inutile de s'éterniser en ces terres grouillantes car la plage disparait sous les pieds des visiteurs assoiffés de beauté vierge et désertique…

Je ne suis pas serein en démarrant le moteur hors-bord car les bateaux passent tout près de Badinguet qui gigote sur son mouillage précaire.

Après avoir fait le tour de l'ile, nous prenons une bouée au ras de la falaise dans un ressac très désagréable et là, Chris réussit à gaffer le corps mort du premier coup. Un petit tour en annexe dans Pilah, une enclave turquoise qui s'enfonce très profondément entre des falaises calcaires vertigineuses. Là encore, je reste stressé car Badinguet est très proche des tombants et j'irai mieux lorsque nous nous serons écartés des rochers…

Une heure plus tard, nous mouillons à nouveau sous le vent de Koh Phi Phi Don, devant notre petite plage pleines de singe et de touristes ou c'est l'inverse, je ne sais plus…

Dans l'après midi, nous grimpons au point de vue, accompagnés par des petits singes et d'énormes moustiques. Ensuite, Chris se fait couper les cheveux pendant que Marie se fait marcher dessus pas sa masseuse Thaï, va falloir réviser les techniques de massage !

Nous passons à nouveau la soirée dans le village mais cette fois, nous avons embarqué le kayak derrière l'annexe et je ne me taperai pas un bain de minuit !!!

Sur la plage, les bars à cocktails crachent leurs décibels dans une cacophonie assourdissante. Chaque  gargote est équipée de matelas siliconés sur lesquels les buveurs avachis et alcoolisés peuvent admirer les danseurs et acrobates qui jonglent avec des bâtons enflammés. L'air est saturé d'odeurs de pétrole brulé et de vapeurs de hachis et d'herbe, les feux d'artifice crépitent et éclatent dans la nuit, les musiques se mélangent sans harmonie, il est temps de rentrer chez nous et de quitter ce monde de la nuit où les jeunes touristes viennent s'oublier le temps des vacances.

 

19/11/13

Après 2 heures de navigation et avoir emmailloter autour de l'hélice les restes d'un cocotier, nous mouillons devant l'ile déserte de Koh Kaï pour permettre à mes amis de plonger une dernière fois en PMT. Là où nous allons cet après-midi, l'eau sera trouble et ce sera ainsi jusqu'à leur départ samedi prochain.

Deux heures plus tard, à 11h30, nous sommes dans le bureau de l'administration Thaï de Chalong sur l'ile de Phuket et tout s'accélère… L'immigration, les douanes et le bureau du port sont regroupés dans le même bâtiment ce qui facilite grandement les formalités et tout est réglé en une demi-heure !

Nous reprenons l'immense ponton en béton qui enjambe le platier puis nous repartons pour l'ile de Koh Phanak où nous mouillons par 4 mètres de fond de bonne tenue, il fait nuit vers 18h30 et demain, nous y verrons plus clair…

 

Koh Phanak - Koh Hong

 

20/11/13

Le vent a tournicoté toute la nuit et entre le claquement des vagues sous la jupe et la chaine qui se déplace dans le davier, tout le monde a mal dormi. Les iles sont extrêmement spectaculaires, composées de falaises verticales ou en surplomb de plus de 300 mètres, ornées de piton et de dents et habillées d'une jungle tout aussi verticale dans laquelle les singes et les aigles font le spectacle. Ces formations rocheuses taillées à la serpe d'une main céleste ne sont pas très propices aux mouillages tranquilles et le vent se renforce en contournant les massifs calcaires. Pour pimenter le tout, les courants de marée sont très puissants et le bateau se retrouve souvent à tirer son mouillage dans le mauvais sens, la poupe au vent.

Nous mouillons quelques encablures plus au Nord, devant l'entrée du Hong (tunnel). Il n'y a que deux bateaux de touristes, c'est curieux !!! Le kayak est à l'eau et nous engageons le goulet qui plonge dans l'obscurité totale au premier virage… Les frontales vissées sur la tête, nous avançons à tâtons lorsqu'enfin, la lumière du jour apparait sous une voute au ras de l'eau… Ils sont passés par là les touristes ??? Mais oui, d'ailleurs, les voilà qui reviennent. Leurs guides nous font bien comprendre que nous n'avons que très peu de temps dans les lacs intérieurs car la marée monte et le passage de retour ne restera pas ouvert bien longtemps, message reçu…

C'est avec appréhension que nous nous allongeons dans le kayak pour franchir la sortie et nous débouchons dans un nouveau gouffre rempli d'eau verdâtre nauséabonde. Quelques singes grignotent dans les rochers pendant que notre embarcation pénètre dans une nouvelle enclave cernée de hautes falaises infranchissables. L'ambiance est au stress car le risque de rester enfermés ici pendant 6 heures est bien réel et nous ne tardons à faire demi-tour. La sortie est vraiment limite car les stalactites affleurent la surface mais nous nous dégageons de justesse pour ressortir à l'air libre quelques minutes plus tard sous le regard rassuré des guides des autres bateaux, ouf !

Le mouillage suivant est celui de Koh Hong, un peu plus au Nord et il y a beaucoup de bateaux mouillés sur le site… Le tour en kayak est magnifique, un grand lagon dont l'une des sorties est dominée par un majestueux monolithe. Cette enclave, invisible du large, donne accès à une succession de grottes étroites encombrées de kayaks et de canoës. Ici encore, des gouffres immergés, des puits de lumière, des tunnels étroits ou il faut s'allonger pour passer entre les stalactites acérées. Les pagaies sont dans l'axe des embarcations et on progresse avec les mains en tachant d'éviter le traumatisme crânien ou la noyade…

Le grand lagon est noir de monde et de bateaux aussi faut-il avoir de l'imagination pour apprécier le site à sa juste valeur… Ces formations géologiques sont exceptionnelles, les iles sont de véritables gruyères, creusées, grignotées de toutes parts jusque dans leur base par l'érosion, l'exploration peut durer des heures si la marée vous laisse repartir…

La cohue bat son plein en cette matinée pluvieuse et Badinguet reprend sa progression vers le Nord. La cartographie électronique est peu précise et je dois surveiller plusieurs écrans pour éviter les hauts-fonds. Pour l'instant, il y a peu de risque car c'est marée haute et nous ancrons derrière l'ile Koh Yang. Voilà encore un mouillage incroyable, un gigantesque piton surplombe la petite plage qui occupe le fond d'une baie envasée. Il y a 3 mètres sous la quille et nous sommes au cœur de la baie de Phang Nga, entourés d'iles magiques. Trois jonques dont le tirant d'eau ne leur permet pas d'aller plus loin viennent mouiller derrière Badinguet. C'est sous un ciel plombé que les long tails embarquent les touristes pour Koh Phing Kan, James Bon Island, l'ile où fut tourné "L'homme aux pistolets d'or"…

A peine l'annexe est elle sur la plage Sud de l'ilot qu'un jeune homme nous détrousse de 200 baths chacun, cette fois-ci, impossible d'échapper à la taxe du parc national …

Voilà, nous sommes sur l'ile fantastique… Il ne manque plus que le nain pour nous accueillir…

            - Un bateau, patron, un bateau, patron…

L'ile est une pure merveille géologique, avec des pitons, des falaises, des grottes ornées de dentèles calcaires et des surplombs impressionnants sous lesquels nous circulons à l'abri de la fine pluie qui tombe depuis des heures.

Maintenant, si on ouvre les yeux et qu'on cesse d'imaginer le site vierge, on découvre avec horreur la réalité… Des milliers de touristes se bousculent pour se prendre en photos sous toutes les coutures dans un vacarme ahurissant de rugissement de moteur de long tails. Impossible de marcher en ligne droite deux mètres, ça grouille de partout pour visiter cette ile enchanteresse et l'endroit est complètement dénaturé par une foule compacte et bruyante.

Je négocie un bateau avec une vendeuse de coquillages pour aller visiter Pan Yi, plus au Nord dans les estuaires et le marché est conclu rapidement. Un long tail nous rejoint sur Koh Yang et nous voilà parti à fond de train dans un grand bateau coloré sur-motorisé. L'hélice se trouve 4 mètres en arrière, au bout d'un arbre interminable et le moteur de camion rutilant est placé en équilibre sur un cardan pour permettre au pilote de manœuvrer. Notre chauffeur s'appelle Pek et c'est le sosie de Jonnhy Deep. Avec son foulard noué sur la tête, on a Jack Sparrow comme capitaine et il connait le coin…

Le long tail circule dans les bras de mangrove, entre des montagnes verticales pour enfin déboucher devant Pan Yi. Il s'agit d'un village de 3000 personnes, posé sur l'eau de l'estuaire et dominé par un rocher gigantesque au pied duquel trône une mosquée dont les dorures éclairent un peu le ciel gris qui chapeaute la baie de Phang Nga.

Le village est sur pilotis en bois ou en béton, des citernes récupèrent les eaux pluviales et de nombreuses fermes d'élevage de pagres Blancs (white snapper) couvrent les eaux côtières.

Jack Sparrow nous redépose au bateau 2 heures plus tard non sans avoir éprouvé un réel plaisir à nous emmener sous des grottes en zigzaguant entre les innombrables bancs de sable qui émergent ça et là à marée basse.

Il n'y a plus que 60 cm d'eau sous la quille mais ce n'est que du sable et si les vagues ne venaient pas claquer en permanence sous la jupe, ce serait un mouillage parfait…

 

21/11/13

Une journée pourrit par une pluie incessante, on bouge de là…

4 heures de moteur pour mouiller derrière l'ile Koh Nakha Noi. Une ferme perlière et une balade à terre pour récupérer quelques cocos, toujours sous la flotte…

 

22/11/13

Je me suis levé plusieurs fois dans la nuit car le vent s'est très nettement renforcé et Badinguet tire sur son ancre, secoué par les vagues courtes qui longent la côte.

Les deux voiliers qui étaient avec nous plient bagage et nous ne tardons pas à envoyer la toile pour rejoindre la marina Yacht Haven, située tout au Nord, dans le chenal qui isole Phuket du continent.

Le clapot, alimenté par le courant et le vent qui souffle en rafales est impressionnant mais l'amarrage ne pose pas de problème, j'ai deux équipiers de grande classe et 6 personnes de la marina sont sur le ponton.

Badinguet est placé côté extérieur et s'il n'y avait pas les 8 pare-battages, le voilier s'abimerait sur le quai… Les protections de cockpit sont en place pour garder un peu de sec et nous partons en taxi faire un tour à Phuket city. 20 euros l'aller et 40 km sous la pluie se taper un diner à 2,5 € !

 

23/11/13

Au matin, les éléments donnent de la voix et 30 nœuds de vent balayent la marina. Badinguet est abrité par plusieurs méga-yachts mais les vagues courtes du chenal ne nous ont pas épargné cette nuit.

La météo prise sur internet est sans appel, une tempête tropicale est en train dépasser au Sud de Phuket et les vents devraient dépasser les 40 nœuds aujourd'hui…

Qu'à cela ne tienne, c'est le dernier journée de Marie et Chris et nous avons réservé une voiture pour la journée.

Sous les bourrasques, nous suivons le chemin des touristes avec les visites de magasins de perles, de souvenirs, de noix de cajou, visites des temples et pour finir, Marie et Chris me font le plein de courses au grand supermarket du coin, merci les amis.

C'est avec émotion que je regarde partir mes deux amis vers le hall de l'aéroport, ça a été génial de les avoir avec moi pour ce passage de la Malaisie vers la Thaïlande. Bon retour vers le froid, vous allez me manquer…

 

Chalong Bay

24/11/13

En allant régler la facture du port, l'employée m'explique les dégâts causés par la tempête… 9 morts, 20 bateaux détruits à Koh Phi Phi, 8 voiliers sur la plage de Chalong et des milliers de touristes bloqués par les inondations dans le Sud, etc. Et bien, on l'a et échappé belle !

Je quitte la marina à 11 h30 et 5 heures plus tard, l'ancre s'enfonce dans la vase de la grande baie de Chalong. Me voilà seul pour 12 jours et il y a du pain sur la planche…

Grâce à un scooter de location (5 euros/jour), j'arpente l'ile pour continuer l'entretien de Badinguet et préparer le retour de mon équipage déplumé.

Une nouvelle voile d'artimon est commandée (750€) et les travaux battent leur plein… Nouvelle nourrice pour l'annexe, réfection des mousses des coussins de cockpit, nettoyage des pares-battages, entretient du guindeau, des moteurs et achat d'une paire de lunettes de vue car ça ne s'arrange pas de ce côté-là non plus ! Je finis enfin par trouver des fusées et des feux de détresse… La Thaïlande est beaucoup plus chère que la Malaisie mais on y trouve de tout assez facilement…

Sinon, je passe quelques belles journées ensoleillées à circuler avec mon appareil photo pour tenter de rendre compte de l'ambiance locale et de la gigantesque composante sexuelle de ce pays… Je ne vais pas m'en plaindre, bien au contraire mais il faut savoir faire avec et il est impossible de boire une bière dans un bar sans avoir 3 ou 4 jolies thaïs qui vous massent les épaules ou vous collent de très près… Lorsqu'on leur offre un verre, il est plus cher que le votre mais la fille gagne un peu d'argent et elle continue à vous serrer ce qui ravie des milliers de navigateurs vieillissants et tout le monde y trouve son compte. Quand Pascale sera là, elles seront sans doute moins téméraires…

Il y a aussi ces innombrables salons de massages devant lesquels des dizaines de jeunes masseuses vous appellent ou vous agrippent pour vous faire bénéficier de leur talent… Il y en a des milliers et on ne reste pas longtemps sans entendre… Massssaaaaazzzzz, good Massssaaaaazzzzz, very good Massssaaaaazzzzz…

Padong beach, située sur la côte Ouest est la ville la plus orientée vers le tourisme sexuel et les bars sont innombrables, gogo dancers, lady drinks, night club, soapy massage, happy ending et j'en passe, bref, c'est Sodome et gomor !!! Un endroit où dans l'excès, l'enfer rejoint le paradis où peut être l'inverse…

 

29/11/13

Le mauvais temps est de retour et je ne supporte plus le roulis et le rock'n'roll !!! 15 minutes de moteur et je mouille le long d'une plage de l'autre côté de la baie de Chalong… Ca roule toujours mais il n'y a plus de rafale et de clapot. Mon scooter est resté sur le quai en pierres à 4 milles de là et j'ai la flemme d'aller le chercher en annexe… Il pleut, il y a du vin blanc dans le frigo et …. Coup de fil de Pascale…

A la fin du pet scan, le médecin lui a dit que tout s'était normalisé… Ca ne veut pas dire grand-chose mais on peut espérer d'excellents résultats pour le rendez-vous de lundi avec le professeur, allez, on croise les doigts… Du coup, je vais aller boire un coup pour fêter ça, faut juste que la pluie se calme un peu !!!

 

Les jours qui suivent

Je reste au mouillage Ouest, même si la trajet en dinghy est parfois sauvage. Baignades à Kata Beach ou Radong, restos avec Urs et Maggy, des amis que nous connaissons depuis la Malaisie et un petit massage de temps en temps pour la détente…

Chaque soir, de violents orages envahissent le ciel et viennent doucher les nombreux voiliers de la baie. Phuket se prépare pour la grande régate qui part de kata la semaine prochaine.

02/12/13

La voile neuve d'artimon est en place, Pascale vient de m'apprendre qu'elle est en rémission complète !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Il n'y a plus aucune trace de l'activité cancéreuse, il ne reste que quelques minuscules trous dans les os, petites séquelles dérisoires de cette terrible année... Pascale 1, Cancer 0, le match est gagné et comme, on a des voiles neuves, on peut attaquer le deuxième set avec la poursuite de notre voyage... FA-BU-LEUX !!!!

 

 

Bangkok

 

05/12/13

Le voilier est à nouveau à Yacht Haven Marina pour quelques jours et je retrouve Bepci, juste devant Badinguet, Soizic s'est cassé le poignet et si la réduction de la fracture est très moyenne, l'immobilisation est à refaire… Le périple est un peu compliqué mais je dois renouveler mon visa en sortant du pays aussi le premier vol m'emmène à Kuala Lumpur et le second me ramène à Bangkok.

Il y a 3 possibilités pour obtenir des visas touristiques Thaïlandais… A Kuala Lumpur ou Penang, on peut obtenir en 48h un visa de 2 mois, il faut fournir des documents et des photos d'identité sur fond bleu mais cela reste facile…

Pour un visa automatique de 1 mois, il suffit de rentrer  dans le pays par voie aérienne ou maritime.

Pour un visa automatique de 15j, il faut rentrer  dans le pays par voie terrestre, le bateau peut rester 6 mois et on peut obtenir assez facilement une extension de 6 mois supplémentaires.

Quand le capitaine et/ou son équipage quittent le pays en laissant le bateau dans les eaux thaïlandaises, ils doivent verser un dépôt de garantie de 20 000 baths (500€) aux douanes de Phuket town… C'est compliqué mais ça devrait garantir le retour de l'équipage… sauf que je ne savais pas que le dépôt avait lieu en ville et non à l'aéroport et en plus, c'est le jour de l'anniversaire du roi, donc toutes les administrations sont fermées !

Me voilà donc bloqué en douane à tenter de convaincre le chef des douaniers que je vais revenir très vite chercher notre Badinguet… Il finit par craquer une heure plus tard et tout se termine bien, je n'ai pas payé les 20 000 et je ne passe par la case prison !

Je prends possession de la chambre du Prince Palace de bangkok vers 18h et je découvre la capitale de nuit dans des embouteillages invraisemblables.

 

06/12/13

Visite de golden Mountain wat et de Loha Prasat mais le plus beau temple est sans conteste Wat phra Kaeo, à côté du grand palace.

Le soir venu, je découvre les spectacles les plus hot de Bangkok avec le célèbre "Ping pong show" qui n'a pas grand-chose à voir avec le tennis de table…

Un petit tour dans Soy Cowboy où des centaines de jeunes Thaïlandaises proposent leurs charmes et leurs services pour des prix dérisoires. Ici encore, gogo dancers, lady boy et une population touristique beaucoup plus âgée, je rentre dans le cadre !

Voilà ma dernière journée de célibataire terminée, retour à l'hôtel pour une bonne nuit avant de récupérer ma moitié.

 

08/12/13

Alors que cela fait 40 minutes que je surveille la sortie des passagers, mon téléphone sonne… C'est Pascale qui me dit être déjà sortie !!! GULP, elle m'est passée sous le nez et je ne l'ai pas reconnu !

Il faut dire qu'avec sa nouvelle coupe de cheveux, si on lui mettait une toge orange, elle passerait inaperçue dans un monastère bouddhiste… On va faire des économies de shampoing !!!

Ca y est enfin, après un an de traitement et de combat, Pascale est à Bangkok. Epuisée, abimée, meurtrie mais elle a réussi son défi, bravo Doudou, chapeau bas, je vais avoir une warrior à bord !

Trop excitée pour dormir, nous partons ensemble visiter le plus bel ensemble de temples de Bangkok, Wat phra Kaeo. Richement décorées, les façades des bâtiments rivalisent de dorures pour étinceler de milles éclats sous une belle lumière matinale. D'immenses statues de guerriers inquiétants semblent garder les accès de ce sanctuaire rutilant. Pascale est conquise mais la fatigue reprend vite le dessus et nous repartons pour la grande chambre de l'hôtel. Nous avons presque une suite et mon épouse à tête d'œuf disparait rapidement dans les bras de Morphée.

Je reprends un Tuk-tuk pour visiter le temple Wat Arun et me voilà à nouveau dans un lieu magnifique avec une grimpette mémorable au deuxième étage de la plus grande structure. Le vertige est omniprésent car les marches font 7 cm de large et 45 cm de haut sur plusieurs dizaines de mètres… De là-haut, la vue embrasse tout Bangkok et le grand fleuve sur lequel circulent les long tails bourrés de touristes.

Je retrouve Pascale vers 18h puis nous dinons à l'hôtel, à côté de la piscine du 12ème étage, comme des riches…

Bangkok, est une ville attachante, grouillante, il y a toujours quelque chose à regarder, l'animation est permanente et pas un endroit de cette grande ville ne semble dormir… La circulation y est épouvantable bien qu'elle se fasse sur quatre niveaux verticalement. Il y a le métro sous-terrain, les voies terrestres et fluviales, les autoroutes aériennes et le métro aérien et tout ça se chevauche au cœur d'une gigantesque fourmilière humaine.

J'ai beaucoup aimé cette ville changeante et les tuk-tuk ou taxi mobylettes restent les moyens de transports les plus rapides et les plus dangereux...

 

08/12/13

Réveil de bonne heure car il faut 1h30 de voiture pour rejoindre le marché flottant . N'étant jamais venu, nous nous faisons avoir comme beaucoup en empruntant un bateau pour visiter le marché.

Au ras de l'eau, nous ne voyons pas grand-chose si ce n'est les innombrables marchandes qui veulent nous refourguer leur camelote et leurs souvenirs… C'est en forçant notre chauffeur à s'arrêter que nous découvrons réellement le marché flottant. Nous longeons les petites échoppes et surplombons les bateaux qui vendent de tout et de rien au milieu de centaines de pirogue chargées de touristes. Un véritable embouteillage fluvial et il y a beaucoup plus de bateaux de touristes que de vendeurs… Tous ce petit monde se bouscule, se pousse, se double et nous profitons du spectacle depuis la rive en prenant des photos.

 

Il est 10h30 lorsque nous quittons le marché et repartons pour l'hôtel que nous quittons dans la foulée…

C'est en arrivant à l'aéroport que je découvre que j'ai oublié mon téléphone dans une boutique ou dans le taxi ou je ne sais où ?!?!

L'airbus A320 atterrit sur l'aéroport de Phuket à 16h pétante !!! Pascale est sur Badinguet à 16h45 pétante !!! Et j'ingurgite mon premier Ti'punch à 18h pétante !!! ON Y EST !!!!

 

09/12/13

Pascale est partie faire des courses en profitant de la voiture de nos voisins et je poireaute au bateau en attendant son retour…

Le plein de gasoil est fait et Badinguet quitte la marina vers 13h en direction de la baie de Phang Nga. Un premier stop à Koh Hong où nous profitons des derniers rayons du soleil sans touriste. Nous sommes totalement seuls à profiter du site et le temps est magnifique. Sacré dépaysement pour Pascale, enchantée de découvrir enfin ces incroyables iles percées de toutes parts.

Nous passons la nuit au vent de Koh Hong avec 3 autres voiliers de la base Sunsail et nous fermons les yeux vers 20h30 sous de puissantes rafales de vent.

 

10/12/13

Au petit matin, nous partons pour le "Hong" avec le kayak derrière l'annexe, nous allons étrenner notre nouveau jouet, cadeau de papy Jean… une GoPro… Bon, une chose est sûre, nous ne sommes pas des pros de la GoPro mais on finira bien par y arriver…

Comme la marée est basse à 10h, nous ne pouvons profiter des tunnels que nous avons empruntés avec Marie et Chris mais ce n'est que partie remise car nous y retournerons…

Vers 11h30, Badinguet mouille sous le vent de Koh Yang sous son fameux piton et avec le soleil, le site a une autre allure… Un déjeuner tranquille puis je m'attaque au moteur hors-bord qui commence à vieillir et de nombreuses pièces lâchent les unes après les autres… En début d'après-midi, nous déplaçons le bateau derrière l'ile de Koh Daeng Yaï car je ne veux pas que nous soyons secoués cette nuit et ils prévoient des orages pour les jours à venir…

Il est 16h30 lorsque nous repartons en annexe vers l'ile de James Bond et là…. Miracle… nous sommes seuls et personne ne vient nous réclamer des sous pour le parc national. Je dois dire que je ressens une certaine jouissance à fouler de mes deux pieds nus le sol de cette ile magique sans aucun touriste et sans sortir un sous… L'ile est à nous et nous profitons paisiblement de ce haut-lieu touristique sous un soleil pâlichon.

Nous retrouvons Badinguet pour un apéro bien mérité et une nuit pluvieuse et étouffante.

 

Koh Phanak - Koh Roi

 

11/12/13

Je me lève à l'aube et déplace rapidement Badinguet pour sortir de ce piège à marée haute. Quelques minutes plus tard, Pascale atterrit dans le cockpit en ronchonnant… Elle n'a pas eu son compte de sommeil mais la marée n'attend jamais !!!

Nous mouillons devant l'entrée de la grotte de Koh Phanak et nous attendons deux heures que la marée descende un peu pour emprunter le long tunnel obscur.

Je fais seul le premier aller-retour et reviens chercher ma douce, la voie est libre !

 

Pascale tient la lampe torche et je pagaie dans l'obscurité pour déboucher enfin dans le premier hong, le lac intérieur. Il y a très peu d'eau et le kayak s'échoue régulièrement dans la vase mais nous sommes seuls à profiter de ces enclaves secrètes, de ces alvéoles de verdure, cernées de gigantesques falaises surplombantes.

Nous continuons à filmer avec la GoPro et il faut faire très attention au matériel photo que nous gardons au sec dans des sacs étanches tant que faire se peut !

En repartant, nous croisons une flottille de kayaks gonflables et gonflants car ils ne nous laissent pas passer dans les goulets d'étranglement. Le courant nous pousse vers la sortie et nous retrouvons l'air libre avec soulagement.

C'est en longeant la côte Ouest de la grande ile que nous remarquons un autre passage bien dissimulé… Invisible à marée haute, nous sommes passés devant plusieurs fois sans soupçonner son existence… Badinguet jette l'ancre rapidement et nous voilà repartis en kayak pour passer sous la voute calcaire. A la sortie du tunnel, un héron nous salue en battant des ailes, le lac intérieur est plus grand que les précédents et les parois verticales de 200 mètres sont complètement lisses… Les touristes sont juste derrière nous et Badinguet est secoué par un clapot du Nord, on décampe !

Retour à Koh Hong où nous plaçons Badinguet un peu à l'écart de la meute de kayaks. Il faut attendre la mi-marée pour envisager la traversée de la grande baie vers l'Est.

Nous achetons quelques belles crevettes à des pêcheurs locaux puis le canot des rangers du parc national vient nous aborder, c'est 200 bath (4€) par personne… Je lui réponds gentiment que je n'ai que des billets de 1000, ce qui est totalement faux mais ça marche et leur canot repart en quête de monnaie pour nous raquetter dans les règles…

2 heures plus tard, nous appareillons sans avoir payé, nous sommes encore passés entre les gouttes mais pour combien de temps ???

Le grand haut-fond est passé avec jamais moins de 2 mètres sous la quille et Badinguet mouille dans la petite crique de Koh Roi, un véritable bijou ! L'ile est constituée d'une succession de pitons vertigineux couverts de jungle. Les verticales s'envolent à plusieurs centaines de mètres de hauteur et lever la tête donne le tournis.

Le hong est accessible à pied en passant pas une courte grotte immergée à marée haute. A l'intérieur, un gigantesque théâtre de verdure et de mangrove apparait sous une végétation luxuriante. Les animaux qui peuplent ces lieux sont incroyablement sonores et bruyants et nous sursautons à chaque cri, est-ce un oiseau, un singe, des insectes ??? En fait, nous finissons par les apercevoir…la cavité est envahie par de grandes chauves-souris pendues dans les plus hauts arbres du hong. La vase, la boue et les moustiques nous empêchent de poursuivre plus loin notre exploration mais nous sommes comblés par le site.

Une fois encore, nous sommes complètement seuls à profiter de cette ile mystérieuse et ce n'est que lorsque Pascale et moi nous rafraichissons dans l'eau chaude et chargée que deux bateaux de touristes accostent sur la plage. Très vite repartis, nous jouissons du spectacle et de la vue en toute intimité jusqu'à la tombée de la nuit.

Les cris des animaux et les bruits de la jungle accompagnent notre endormissement sous une chaleur étouffante.

 

Koh Kudu Yaï - Koh Chong Lat

 

12/12/13

Départ tranquille pour se rendre compte que le mouillage était très protégé du vent d'Est… Nous mouillons au Sud de Koh Kudu Yaï car le mouillage recommandé est un peu exposé. Il y a 26 mètres de fond et nous orinons pour éviter de crocher l'ancre trop profond. Badinguet est au ras des falaises mais nous sommes en sécurité. Le hong du Sud est très ouvert, complètement immergé et la sortie est encadrée de pitons aux formes acérées.

Vers 10h, nous remontons au Nord pour ancrer dans le passage entre Koh Khlui et Koh Chong Lat. Les cartes nautiques sont peu précises mais en y allant en douceur et en calculant le marnage, on arrive à s'approcher suffisamment des côtes. Le ciel est à nouveau bleu et nous pouvons profiter de ces sites plus beaux les uns que les autres… Un immense hong est accessible en annexe et les enclaves cachées dissimulent souvent des plages désertes sur es quelles Pascale marche le plus possible. Depuis son arrivée, elle est sujette à des œdèmes qui la gênent beaucoup. Les médicaments sont certainement responsables mais la chaleur ne doit rien arranger…

En milieu d'après-midi, lorsque la marée est suffisamment haute, nous glissons Badinguet entre les iles et gagnons l'Est de Koh Chong Lat. Le mouillage est extraordinaire, entouré de falaises vertigineuses, de mangrove et de pitons verticaux. Quelques fermes de poissons occupent la côte de l'ile et sur le continent, les villages sur pilotis se succèdent.

Il est 16h lorsque nous trouvons enfin une place pour laisser notre annexe en sécurité le long d'un quai en ruines.

Lorsque nous rejoignons la ruelle qui longe la mer, les habitants nous accueillent avec des grands signes et des sourires jusqu'aux oreilles. Personne ne parle anglais mais avec quelques gestes, nous nous débrouillons et nous apprenons qu'il y a un marché un peu plus loin. L'accueil est vraiment incroyable et on nous prête même une mobylette pour nos déplacements… Nous faisons quelques courses et quelques photos et nous poursuivons notre périple terrestre dans le village de pêcheurs…

Des enfants jouent au volley sous un soleil rasant, beaucoup mangent sur les perrons ou les terrasses défoncées des petites maisons en bois. Chacun profite de cette belle fin de journée et beaucoup veulent se faire prendre en photo, certains avec leur pêche, d'autres juste avec leur sourire et leur gentillesse. Il est certain que ces villageois ne voient pas beaucoup de touristes et l'ambiance est vraiment authentique, on est loin de Phuket !

Pascale est complètement dépaysée et mesure avec délectation le chemin qu'elle a parcouru pour arriver jusqu'ici, dans ce village isolé, le long de Koh Chong Lat.

Nous rejoignons le bord à la tombée du jour, le site est totalement protégé de tous  vents et on pourrait ancrer dans ces eaux calmes des dizaines de bateaux…

 

13/12/13

C'est vendredi 13 aujourd'hui. Il a encore fait très chaud cette nuit et je me réveille avec une drôle d'idée en tête… Et à propos de tête… Je la rase complètement au petit matin sous une belle lumière…

Les Thaïlandais regardent toujours Pascale avec beaucoup de gentillesse lorsqu'elle ne met pas de chapeau… Son crane nu attire les regards et les sourires compatissants et je commence à être jaloux de cette situation… L'équilibre est rétabli et j'avais promis à ma douce d'être solidaire, CA, C'EST FAIT !!! Deux crânes d'œuf sur un bateau !!!

L'annexe est à l'eau et nous voilà partis pour les fermes à poissons… Une fois encore, nous sommes accueillis comme des princes… Nous grimpons acrobatiquement sur ces étonnants radeaux et donnons à manger aux énormes poissons d'élevage. Ils sont extrêmement voraces et avalent tout ce qui passe à portée de bouche… Une paire de chauves ne leur ferait pas peur !!! Chauve qui peut !

Les propriétaires d'une ferme nous invitent à les suivre pour relever leurs nasses et le premier mérou piégé est pour nous ! Et comme nous avons acheté 2 kilos de gambas aux pêcheurs, nous avons de quoi manger !!!

Nous quittons avec regrets ces formidables hôtes car la marée descend et il faut repasser un haut-fond pour quitter la zone.

Nous déjeunons dans un site superbe, entouré d'iles champignon puis poursuivons notre route vers les iles de Krabi, Pascale veut se baigner…

Nous mouillons au Sud de Koh Pak Bia pour quelques minutes de baignade au milieu des touristes puis nous prenons un corps-mort à l'Est de Koh Hong-Krabi. L'ile est, une fois de plus, fabuleuse avec une plage de sable blanc, des rochers champignons et un hong ouvert qui forme un lagon dont l'eau transparente accueille nos gambettes et nos cranes dégarnis…

Il fait beau, il y a peu de touristes et nous passons 4 fois devant la cabane où dort paisiblement le gardien qui fait payer le droit de visite…. Nous sommes vraiment vernis car avec nos têtes de pikwick, nous sommes très repérables…

Encore 1h30 de moteur pour rejoindre l'immense baie de Nang dans le District de Krabi. Nous mouillons au milieu d'une flopée de voiliers, vedettes et bateau de touristes. L'endroit est très beau avec un immense piton qui domine le mouillage. Les plages devant nous ne sont pas accessibles par voie terrestre aussi, des centaines de long tails hyper bruyants transportent les baigneurs d'un site à l'autre en remuant le plan d'eau.

Une nuit très venteuse avec beaucoup de rafales, demain, on mouille ailleurs !

Ao Nang

14/12/13

Badinguet est désormais devant la ville de Ao Nang où nous louons un scooter au tarif habituel de 5€/jour.

Toute la journée, nous roulons dans la campagne thaïlandaise à prendre des moustiques dans la figure et les gaz d'échappement dans le museau. Le scooter avale les kilomètres pour arriver enfin dans un endroit perdu dans la jungle où une petite femme sourde-muette nous emmène visiter des grottes difficiles d'accès. Pascale souffre en escaladant les rochers dans une végétation épaisse et pleine de pièges. La première grotte est remplie de chauves-souris et de mues de serpents, tout ce que Pascale adore et comme, la lampe qu'elle nous a prêtée n'éclaire pas grand-chose, Ma moitié stresse un tantinet… Pourtant, on ne risque pas de se prendre une chauve-souris dans les cheveux…

La deuxième grotte est beaucoup plus haute dans la forêt et Je laisse Pascale entre deux bagnans pour suivre ma guide qui baragouine en escaladant les rochers couverts de mousse. La cavité est beaucoup plus grande et d'immenses salles obscures se succèdent, on aurait pu loger ici des milliers de personnes. Il ne reste que quelques énormes crapauds et des formes étonnantes comme ces baignoires dans lesquelles la vieille femme mime en riant des scènes familières…

Nous remercions longuement notre formidable guide qui applique sur l'arcade sourcilière de Pascale de l'essence d'eucalyptus. La pauvre s'est fait piquer au dessus de l'œil, manquait plus que ça !!!

Nous terminons notre balade par l'ascension du temple qui domine les Tiger's caves… 1247 marches épouvantables à gravir… Pascale a vraiment eu du mal à rester sagement à m'attendre mais elle reste convalescente et cette visite est une vraie "bavante". La vue du sommet est à 180° et la satisfaction d'être arrivé là haut valait bien quelques efforts.

Un petit massage et un excellent resto pour ponctuer cette longue journée.

 

 

 

 

Chicken Island - Bamboo Island - Koh Phi Phi

 

16/12/13

En route pour Chicken Island… Pas de doute, l'ile est bien nommée !!! On dirait vraiment un cou et une tête de poulet !!! Nous nous baignons longuement à 4 endroits différents, tous surpeuplés de touristes huilés et chapeautés…

Tup Island, un magnifique ilot avec une plage superbe ne tarde pas à être envahi par les vacanciers qui débarquent en masse des speed-boats. Nous nous refugions à Koh Dam Hoc où on nous réclame la taxe du parc national une fois de plus…  Nous n'avons pas d'argent sur nous, Dommage ! Des milliers de chauves-souris s'envolent des grands arbres lorsque les long tails font vrombir leur énormes moteurs et je tente de prendre quelques clichés en contre-jour…

Nous poursuivons notre périple par Bamboo Island, encore une belle plage encombrée de bateaux de touristes mais l'eau est vraiment bonne et qu'importe les milliers de vacanciers qui barbotent autour de nous. Nous ne sommes pas avec eux, nous sommes seuls sur Badinguet et n'avons aucun impératif, nous prenons notre temps sans nous soucier des autres, c'est t'y pas beau la vie ???

Badinguet engage la grande baie Sud-est de Koh Phi Phi vers 16h et mouille au milieu de centaines de bateaux locaux.

Nous irons à terre vers 17h pour le happy hour et un bon diner avec des Tiger shrimps…

 

 

 

 

17/12/13

La grande baie du Sud-Est est tellement remuée par les innombrables embarcations qui filent à vive allure vers les sites touristiques que nous décidons de lever l'ancre et de filer, nous aussi mais à allure modérée vers Koh Lanta.

Badinguet mouille quelques heures plus tard derrière l'ile où une épave marque clairement la zone de haut-fond.

L'endroit n'est pas si abrité et le vent du Nord-est a largement le temps de lever la mer dans cette zone…

Le grand quai qui enjambe le récif côtier permet d'accéder à la vieille ville de Lanta dont les baraques en bois témoignent du passé commerciale de l'ile. Tout a été restauré et désormais, la rue centrale est bordée de restaurants, de loueurs de mobylettes et de petites échoppes de souvenirs.

 

18/12/13

Après avoir visité l'ile en mobylette, nous reprenons la mer, un peu déçus par notre balade… De belles plages bordées d'hôtels et de restaurants et une côte sans intérêt à nos yeux. Certainement plus calme que ses voisines, l'ile de Koh Lanta propose farniente et dépaysement sans la cohue et les dérives de Phuket.

 

Nous voilà donc repartis à Koh phi Phi pour une soirée massage-resto et une nuit calme.

 

19/12/13

Une belle navigation poussée par 25 nœuds de vent au grand largue et Badinguet engage la grande baie de Chalong. Malheureusement, il n'y a pas que nos voiles qui soient gonflées, les jambes de Pascale aussi et nous allons enfin pouvoir nous en occuper correctement…

Nous passons une excellente soirée en compagnie de Joe et Patrick (tartine) de Carqueiranne, de passage en vacances… Ils nous ont ramené du magret de canard fumé, un délice, revenez quand vous voulez !

 

21/12/13

2 heures de visite à l'hôpital International où la prise en charge est remarquable et remarquablement bon marché. Pascale a pu consulter un oncologue et elle ressort avec un traitement diurétique et des antibiotiques pour un ongle infecté au niveau du pied, vive la chimio !!!

Le soir, pour se changer les idées, visite de Patong by night, il fallait que Pascale voit ça de ses yeux et à propos de ses yeux, ils restent gonflés et rouges depuis plusieurs jours.

 

23/12/13

Comme nous n'avons pas grand-chose à faire, nous bricolons et les travaux du moment consistent à remplacer les stickers noirs des hublots. Il faut tout gratter et nettoyer avant de coller méthodiquement les larges films autocollants et le résultat est parfait !

Le déssalinisateur nous a lâché à sa remise en route et le voyant "Alarme" reste au rouge en permanence, empêchant le démarrage des moteurs qui alimentent la pompe haute-pression… Il va falloir faire le plein d'eau avant l'arrivée de nos amis dracénois mais où ???

Ultreïa arrive le soir et nous les rejoignons au mouillage de Chalong. Un rapide piquenique après de longues retrouvailles. La dernières fois que nous étions en leur compagnie, c'était à Draguignan, dans leur belle maison, nous nous étions tous retrouvés terriens dans leur commune varoise. Je bossais comme remplaçant et ils retrouvaient leur logis pour quelques semaines…

 

24/12/13

Plage, courses et repas de Noel à bord de Badinguet avec Geneviève et François, choquons les godets, choquons les godets, choquons, choquons, choquons les godets….

 

25/12/13

Il semble possible de venir faire le plein de flotte le long du grand quai en béton mais la manœuvre est audacieuse… Une passerelle transversale atterrit sur une plateforme défoncée entourée de troncs d'arbre en décompositions qui font office de pare-battages !!! Pour corser le tout, de nombreux bateaux de touristes viennent faire leurs pleins et ils sont gourmant en gasoil ces zoziaux, donc les places sont chères… On se lance !

Les pares-battages sont installés horizontalement deux par deux pour s'appuyer sur les troncs et comme, il n'y a pas de vent, la manœuvre devrait être simple… Enorme coup de chance, le bateau qui nous précède nous libère la place, on s'amarre contre les bouts de bois au quart de poil et comme ils ne sont fixés qu'au fond de l'eau, ils bougent avec nous et amortissent parfaitement les vagues des autres bateaux. Badinguet repart vers son mouillage alourdi de 700 litres d'eau de plus, ouf !

26/12/13

Debout de bonne heure car aujourd'hui, Pascale passe toute la journée dans une Ecole de cuisine Thaï à Phuket town.

Ca commence par le marché de Phuket avec la découverte et l'achat des ingrédients nécessaires à la réalisation de 5 plats traditionnels thaïlandais,  légumes, fruits, sauces, épices, viandes, poissons et j'en passe…

Ensuite, dans l'école de cuisine, chaque élève a son propre atelier avec un feu, des ustensiles en pagaille et tous les ingrédients sont disponibles.  Pascale a réalisé….

                - Poulet vapeur dans des feuilles de pandanus

                - Soupe chaude aigre douce aux crevettes

                - Salade épicée de bœuf grillé

                - Poulet au curry jaune

                - Gâteau de bananes vapeur

Je ne sais qu'une chose, c'est qu'ils ont boulotté leurs 5 plats au déjeuner et que je n'ai pas eu le temps de manger, toujours à la recherche de joints neufs pour la pompe haute pression du déssalinisateur.

Ma moitié est absolument enchantée par sa journée, elle a réalisé (d'après elle), cinq recettes délicieuses à la perfection… J'attends toujours un retour sur investissement !

 

27/12/13

Un nouveau séjour à l'hôpital car les yeux de Pascale sont de plus en plus gonflés et rouges. Une fois encore, Pascale consulte un spécialiste très rapidement et ce qu'il propose fait un peu peur mais il nous inspire confiance et semble bien connaitre son affaire… Pascale est donc isolée en salle stérile pour qu'il puisse pratiquer une petite incision à l'intérieur de chaque paupière. Les canaux lacrymaux sont bouchés et infectés !

Je récupère ma doudou sur un fauteuil roulant avec deux énormes pansements compressifs sur les yeux !!! Et comme elle est chauve, elle ne passe pas inaperçue ! Je ne vous dis pas lorsque j'ai du emmener mon aveugle jusqu'à la mobylette en traversant tout l'hôpital, tout le monde s'écartait sur notre passage avec des regards effrayés !

Nous savons seulement depuis quelques jours que Prisca (la kiné que j'ai remplacé à Draguignan) arrive, non pas accompagné uniquement de son mari mais de ses deux enfants (3 ans et 8 mois) et d'une amie qui fait office de nounou ! J'avais accepté leur court séjour à bord en pensant qu'ils étaient deux et nous attendons 5 personnes ce soir sur Badinguet ! Nous redoutons un peu ce chambardement mais nous verrons bien…

Il est 21h30 lorsque nous récupérons sur la plage nos amis dans un état de stress impressionnant. Le taxi ne connaissait pas l'endroit de rendez-vous et il est vrai que de se promener à l'autre bout du monde avec deux bouts de choux et 100 kilos de bagages, ça peut stresser !

Deux voyages d'annexe et tout le monde est à bord pour un bon apéro entre deux biberons et deux changements de couches…

 

Du 28 au 30/12/13

3 jours et 4 nuits compliqués où il faut gérer tout notre petit monde qui ne connait pas le bateau ni les contraintes de la vie à bord. Le vent reste violent et empêche toute sortie en bateau. De toutes façons, emmener des touts petits et des novices dans des conditions de mer difficile de me tente pas du tout.

Nous nous occupons donc de nos invités en leur dénichant des visites intéressantes compatibles avec leurs enfants. Pascale reste fatiguée et ses yeux ne sont pas au mieux. Je lui mets des gouttes 4 fois par jour mais ils restent rouges et enflés.

Je passe rapidement sur les nuits hachées par les pleurs de Maya. Cette jeune délinquante est la dernière arrivée de la famille et c'est grâce à elle que j'ai pu travailler à Draguignan pendant 4 mois. Je lui dois beaucoup mais elle semble avoir décidé d'empêcher quiconque de dormir à partir de 3 heures du matin…

Le dernier jour, nous passons la journée tous ensemble en commençant par le marché de Phuket Town et ses incroyables produits… Des cafards, des anguilles, des grenouilles dépecées, des poussins ouverts en deux, des limules, des grenouilles vivantes en sachets et même des tortues mais il parait qu'elles ne sont pas comestibles… Beurk !

Nous enchainons avec la visite d'un temple que nous ne connaissions pas et très vite, Pascale attire les regards et l'attention. Des femmes bénévoles l'entourent avec une compassion extraordinaire. Pascale, très émue est complètement prise en charge par ces femmes attentionnées et dévouées. Elle est patiemment et délicatement initiée aux rituels bouddhistes,  les fleurs, l'encens, les dons, les petits morceaux de papier où son nom est écrit, les carrés de feuille d' or qu'on colle sur les statues, la façon de s'incliner, de placer ses pieds, etc.

Elle passe de salle en salle pour déposer des offrandes et rencontrer enfin le maitre, tout en haut du temple qui l'arrose copieusement en la bénissant.

Le mari est resté en arrière, avec ses pensées positives et son porte-monnaie dans la poche pour que Pascale puisse continuer à faire des dons à chaque étape de ce rituel initiatique.

Nous quittons le temple bouleversés par tant de gentillesse, d'abnégation, de renoncement et de ferveur, ouahhhh, trop forts ces Bouddhistes !

 

31/12/13

La famille de Prisca est repartie et nous allons pouvoir passer une nuit complète sans bruit après le réveillon, bien sûr !!!

"Jolly Roger", un catamaran Léopard 40 arrive au mouillage dans l'après-midi, nous les connaissons depuis les San Blas sans vraiment avoir partager de divine boisson, la chose est réparée et nous quittons leur bord légèrement alcoolisés pour rejoindre notre magnifique scooter qui nous emmène à Kata Beach.

Ultreïa et Bepci nous y rejoignent pour un excellent repas au  "Buffalo steak house"… 300 grammes de barbaque sanguinolente nappée de sauce au bleu et cernée de frites suintantes, Slurp !

A la fin de la glace vanille noyée sous les framboises, nous nous retrouvons tous sur la grande plage de kata où des milliers de vacanciers et de thaïs célèbrent la nouvelle année à la mode locale… Il s'agit d'allumer la base des lampions de 1 mètre de haut sans enflammer le Bazard et sans cramer les centaines de personnes qui sont juste à côté à faire la même chose ! Et bien, ce n'est pas si simple et je suis certain que les urgences médicales n'ont pas du chômer cette nuit ! Vu le nombre de fusées qui sont arrivées dans la foule et de lampions en feu qui sont redescendus sur la plage noire de monde, le service des grands brulés a du passer un chouette réveillon !

A minuit moins 10, la nuit s'embrase de toutes parts car chaque hôtel tire son propre feu d'artifice et c'est à celui qui fera le plus d'illumination et de bruit… Ca pétarade de partout et nous n'arrivons pas à fixer cette immense scène de spectacle qui mesure des kilomètres de long sur 360°… Tout le monde s'embrasse, se serre, se souhaite du bonheur, de l'amour, de la chance, de l'argent, des bons apéros, de belles escales et du temps clément pour Badinguet, eh, eh, eh…

Après un retour difficile en mobylette, nous nous écrasons dans nos couchettes pour la première nuit de 2014…

 

03/01/14

Aujourd'hui est un jour particulier car nous devons renouveler nos visas thaïlandais et la journée risque d'être très très longue !

Nous sommes au rond-point de Chalong à 5h45 du matin à attendre un véhicule dont nous ignorons la forme et le modèle… Les moustiques finissent leur petit déjeuner lorsque qu'une demi-heure plus tard, un van de 11 places nous embarque pour 3h30 de calvaire… Nous devons rejoindre Ranong, à la frontière birmane et notre chauffeur est un vrai taré !!! Nous pensions avoir vécu le pire en Indonésie mais non !!! Ce mec là est un vrai danger public et comme nous sommes placés au centre juste au deuxième rang, il n'y a que le pare-brise qui nous sépare d'une mort fort probable et tout à fait injuste !  100 fois, j'ai eu envie de me lever et d'étrangler ce gros trou du cul de chauffeur mais nous ne sommes pas seuls à bord et tout le monde dort ou discute comme si de rien n'était… Mais ils ne voient pas qu'on risque de mourir d'un instant à l'autre ??????

L'arrivée à Ranong se fait avec un immense soulagement, ON A SURVEVCU !

Nous suivons les autres touristes pour rejoindre une file d'attente qui longe les bureaux des services d'immigration.

L'endroit est extraordinaire, un marché local où les bateaux de pêche débarquent leurs prises pendant que les longtails et les petits ferries embarquent les centaines de vacanciers en quête de prolongation de séjour.

Ca grouille de monde, sur terre comme sur l'eau et les pilotes jouent les funambules en manœuvrant leurs énormes moteurs articulés et polluants. Les hélices plongent dans l'eau boueuse pour ressortir l'instant d'après et passer au dessus des autres pirogues dans un vacarme assourdissant. Certains sont suspendus dans le vide pour maintenir le long arbre hors de l'eau et éviter de scalper le voisin… Pour nous, c'est déjà fait, nous sommes rasés de près !

Nous observons de longues minutes ce ballet aquatique coloré et sonore en attendant le coup de tampon qui valide notre sortie du pays.  Nous embarquons ensuite dans un vieux rafiot déglingué qui nous dépose sur une ile birmane après 20 minutes de navigation inclinée à 30 degrés de gite !

Nous ne verrons pas grand-chose de la Birmanie (Myanmar) car notre visite consiste à faire tamponner nos fichus passeports "entrée-Sortie" et à repartir comme des voleurs vers la Thaïlande ! Juste une petite lichette pour donner envie… De magnifiques temples et palais dominent la citée frontalière et les contacts sont épistolaire avec des Birmans frustrés que nous ne restions pas plus longtemps pour leur acheter des denrées…

Le retour en voiture est encore plus stressant qu'à l'aller avec  la tombée de la nuit et la fatigue de notre conducteur fou furieux… Nous sommes les derniers à être déposés à Chalong et lorsque je quitte le fourgon, je vide mon sac en expliquant à notre jeune chauffeur à quel point il a été dangereux pour ses passagers… C'est soulagé que nous retrouvons notre scooter puis notre voilier pour une nuit réparatrice… Quelle journée !

 

Les jours suivants

Nous restons au mouillage de Chalong afin de permettre la continuation des soins de Pascale qui cumule les bobos… L'ongle du gros orteil gauche est ôté chirurgicalement afin de traiter convenablement l'infection qui perdure et c'est jouissif !

Je me casse une dent, une de plus et nous prenons contact avec une clinique dentaire pour me faire poser deux couronnes en céramique. Y en a pas un pour rattraper l'autre !

Je réussis à faire fonctionner le déssalinisateur et déconnectant le pressostat, nous commandons tout un tas de pièces en France qu'Isabelle, ma sœur, nous ramènera le 10 janvier. C'est la première fois qu'elle voyage si loin mais nous réjouissons de l'avoir à bord, 5 doctorats quand même !!!

Nous tournons un petit film pour souhaiter la bonne année à nos familles et amis mais c'est un peu compliqué à mettre en scène… Premièrement, il faut que je me rase le crane à nouveau et la tondeuse a rendu l'âme… Les cheveux de Pascale ne semblent pas très pressés de pousser aussi, je reste solidaire. Deuxièmement, les prises de vue doivent se faire sans trop trainer sur le pont car je doute que la population locale apprécie qu'on parodie leurs moines bouddhistes… Le résultat n'est pas parfait mais nous sommes dans un mouillage très fréquenté et faire les imbéciles en robe orange sur le pont de Badinguet ne passe pas inaperçu ! BONNE ANNEE 2014 !!!

 

 

Isabelle, ma petite sœur, est enfin arrivée après 48h de voyage en passant par Pékin, pourquoi faire simple ? Elle nous a ramené une foultitude de pièces détachées pour les réparations en cours et quelques divines bouteilles, péage obligatoire pour monter à bord de Badinguet !

Nous refaisons pendant 10 jours le périple que nous avions fait avec Pascale, la baie de Phang nga avec ses Hong secrets puis le grand tour par Koh Pan Yi, Koh Chong lat, Krabi, Ao Nang et enfin la tumultueuse Koh Phi Phi.

Pour résumer, bien qu'ayant effectué 3 fois cette croisière locale, j'ai encore une fois apprécié cette magnifique balade… La météo et la hauteur d'eau modifient complètement  l'environnement et nous avons pu nous amuser avec des dizaines de singes qui cherchent leur nourriture dans la vase épaisse de Koh Phanak. Isabelle a même assisté à une conversation entre mâles dominants, c'est-à-dire entre moi et un singe qui voulait me piquer une banane dans le kayak !

Koh Hong nous a ouvert ses enclaves secrètes à marée haute sans aucun touriste, une visite incroyable en passant dans des grottes labyrinthiques désertes.

Nous avons emprunté un long-tail pour visiter Koh pan Yi, chercher des palourdes à Koh Chong Lat, Cueilli des feuilles de Pandanus à Koh Roy, nagé à Ao Nang et Koh Hong Krabi. J'ai enfin pu prendre la photo du point de vue de…….. accompagné par une bande de singes entreprenants…

Pour finir, la visite de Maya bay avec un long-tail et c'est dans une mer bien formée que nous sommes allés fouler le sable de cette magnifique baie… Il y avait peut être 2000 personnes sur cette plage et plus de 50 bateaux… Impossible d'accéder à la mer depuis la plage tellement il y avait de monde et d'embarcations. Cet endroit magique, peut être la plus belle plage au monde est victime de son succès et c'est comme ça…

Isabelle a terminé son séjour à Phuket à profiter des plages, des massages et des curry que Pascale nous cuisine depuis son séjour à la Thaï Cooking School !

Le séjour avec ma chère sœurette s'est vraiment bien passé, toujours dans l'eau à jouer avec les méduses ou a photographier des déchets pour son association et son site très actifs…

 Le déssalinisateur est opérationnel et nous sommes désormais récepteurs et émetteurs AIS. Il sera beaucoup plus facile de nous suivre via des sites comme marine trafic…

Isabelle est repartie pour Marseille et je dois dire que nous avons eu un peu de mal à nous retrouver seuls après son départ. Elle occupe un tel espace qu'on s'habitue très vite à cette présence et lorsqu'elle n'est plus là, un vide se crée mais il n'est pas durable et nous retrouvons vite nos petites habitudes…

Désormais, toute notre attention se focalise sur la suite de notre périple et l'étape suivante sera Les iles Andaman !

Joëlle et Daniel, quiberonnais et amis de mon père arrivent et eux aussi, nous rapportent du matériel et…. Du rhum… Nous passons un agréable moment en leur compagnie et décidons de contourner la pointe Sud de Phuket pour mouiller devant Nailharn beach.

Le vent se lève dans la soirée et nous passons deux nuits dures sous les rafales avant d'emmener les bretons et leurs amis, 6 personnes en tout, sur Badinguet pour quelques heures de navigation le long de la côte Ouest de Phuket avec deux lignes de traîne au cas où… Je sais Daniel excellent pêcheur mais malheureusement, rien ne mord aux leurres de surface qui cavitent dans le sillage de Badinguet.

Très gentiment, nous profitons de leur véhicule de location pour refaire le plein de gaz, le reste des courses se fait en scooter avec de nombreux allers-retours.

 

Du 24 au 27/01/14

Nous avons récupéré nos passeports avec les visas indiens, il s'agit maintenant de préparer l'incroyable quantité de documents que réclame l'administration indienne pour séjourner aux Andaman !

Il faut pour effectuer la clearance…

                - 5 copies de l'inventaire des équipements du bateau.

               - 5 copies de l'inventaire complet du bateau. (un truc de malade) !

                - 5 copies de la liste d'équipage.

                - 3 copies du passeport et des visas.

                - 5 copies des documents du voilier.

                - 5 copies du programme détaillé par dates de nos mouillages. Nous devrons appeler par VHF ou BLU 2 fois par 24h (à 8 et 20h de préférence), pour informer les autorités de l'endroit où nous serons. Ces informations seront vérifiées et comparées avec le programme du début pour obtenir la clearance de sortie !

La liste de l'inventaire doit comprendre toute la nourriture à bord, les armes à feu et munitions, les propriétés  des membres d'équipage, les alcools et le tabac, etc.

Tout ceci nous prend un temps fou et les préparatifs vont bon train, entre deux baignades et deux massages.

 

29/01/14

Il est 9h lorsque nous partons faire nos adieux aux amis. Chantal et Frédy de "Micromegas II" me vende encore un peu de matériel à un prix défiant toute concurrence. Après l'équipement de chasse sous-marine, nous héritons d'un bel ensemble canne + Moulinet… Ils mettent en vente leur Lagoon 410 et rentrent à terre, à Genève alors autant profiter du matériel qu'ils laissent à bord… Marianne et Michel de "Sostene" restent en Thaïlande en attendant le cargo "Sevenstars" et il semble que nous soyons les sommes les seuls à quitter si tôt dans la saison ce beau pays…

Badinguet est mouillé de l'autre côté de la baie de Chalong, près du Pier et c'est dans un clapot très désagréable que nous allons à terre une dernière fois pour effectuer les formalités de sortie, les dernières courses de frais et rendre la mobylette…

Dans la soirée, nous jetons l'ancre devant Kata beach pour un dernier massage et un bon repas de viande… On ne sait pas ce qui nous attend…

 

30/01/14

4h du matin, je n'en peux plus d'écouter le vent hurler dans les haubans. La chaine tape dans le davier à chaque louvoiement et la lampe flash cogne dans le balcon… 30 nœuds dans les rafales et Badinguet zigzague à toute vitesse, malmené par les éléments…

N'en pouvant plus, je quitte ma couchette et remonte le mouillage à 4h30, dans le noir complet. Au large, les bateaux pêchent au lamparo et il va falloir éviter les mauvaises rencontres. Le radar est en marche, les instruments sont éclairés au minimum pour me permettre de distinguer un éventuel danger dans la pénombre…

Les voiles sont réduites et Badinguet entame sa navigation à 9 nœuds au largue et ce n'est que vers 7h30 que le vent se calme un peu pour devenir régulier à 20 nœuds. Le voilier se pare de toute sa toile et avale les milles en direction de l'objectif du jour ; Les iles Similan.

Il est 11h45 lorsqu'Eole décide soudainement de se mettre en grève et le moteur vient rajouter quelques ampères à nos batteries et quelques litres d'eau dessalée dans notre réservoir.

Similan Island nous fait penser à Magnetic Island en Australie, des rochers aux formes surprenantes sont posées les uns sur les autres, formants des empilements étonnants.

Nous n'avons rien pêché malgré la vitesse et nos deux superbes lignes de traîne fraichement rénovée. Le mouillage est vraiment superbe, les touristes repartent les uns après les autres sur leur speed boat et la crique est à nous… Le ciel est limpide comme l'eau calme qui nous entoure et la lumière rasante illumine ce mouillage de teintes dorées.

Pascale et moi terminons la soirée au calme, sans le chahut des bateaux de touristes, un cadre idéal pour notre dernier mouillage en Thaïlande. Le seul Hic est que nous n'avons pas internet, donc impossible de communiquer avec nos proches et même avec notre agent des iles andaman pour l'informer de notre heure et jour d'arrivée… Le téléphone Iridium va reprendre du service !

Il est 18h45 lorsqu'un gros zodiac s'approche de nous et de notre voisin américain mouillé juste à côté et même beaucoup trop près de nous… Les trois occupants sont des gardes du parc national et je préviens Pascale que nous allons devoir payer la taxe, le dernier jour… Et bien non, ils nous somment de décamper sur le champs car nous n'avons pas le droit de mouiller dans cette baie… Nous devrions être sur un corps-mort..

J'explique calmement aux employés que les corps-morts sont utilisés par les bateaux de touristes et qu'il n'y en a plus de libre, d'autre part, il fait déjà sombre et il nous prévient un peu tard, ce trouduc !!!

La discussion s'envenime très rapidement et les menaces fusent de tous côtés… Plus je palabre et plus la luminosité baisse, le garde est vraiment déterminé et nous n'avons d'autre choix que de foncer vers l'ile d'en face pour trouver une place..

La bas non plus, aucun corps-mort de disponible, les bateaux de plongées et les chalutiers occupent les bonnes places et il reste bien un corps-mort collé à la falaise mais celui là, on leur laisse !!!

Le fond passe de 45 mètres à 20 mètres et je largue 50 mètres de chaine en rasant deux bateaux, ouf !

Ca roule, ça gite et ça tangue mais on ne dira rien car nous sommes à l'abri… L'Américain accompagné de sa petite girl-friend thaïlandaise arrive à son tour dans sa goélette. Il y a de la place le long de la côte mais non, le voilà qui tourne 3 fois au ras de Badinguet dans le noir pour enfin mouiller à 15 mètres de nous, quel con !!! Pendant ce temps, les énormes bateaux de plongée organisent devant nous des plongées de nuit… Il y a un bordel sans nom dans ce mouillage, même sous l'eau !!!! Finalement, les iles Similan, on s'en souviendra…

 

31/01/14

Une nuit à se faire secouer par des vagues dans tous les sens et comme, nous sommes très proches les uns des autres, je surveille régulièrement le comportement de Badinguet…

Une mauvaise nuit mais un cadre magnifique au petit déjeuner… Badinguet roule allégrement mais ce que nous voyions sous nos yeux a de quoi faire oublier les secousses… Deux petites plages désertes, un sable immaculé, une eau turquoise et des rochers ronds qui viennent donner un peu de gravité au vert profond de la forêt tropicale… Les 2 corps-morts sont libres et l'Armerloque et nous nous jetons dessus comme des morts de faim..

Deux toucans s'envolent lorsque nous ancrons l'annexe en bordure de plage. Une heure à barboter, à ne rien faire que de se laisser flotter au gré ders vaguelettes qui contournent les rochers. Un endroit paradisiaque avant l'arrivée des speed-boats et ils ne tardent pas à surgir de partout… Il y en a tellement que l'un d'entre eux s'amarre au cul de Badinguet pour vomir ses touristes huilés et masqués dans l'eau claire du mouillage…

                - Nicolas : Eh, Lulu ! On a une nouvelle annexe avec 750 chevaux au derrière !

Nous passons la journée à regarder les centaines de nageurs tourner autour de notre voilier sans lever les yeux sinon, il faut engager la conversation et franchement… merde !

Juste avant le coucher du soleil, les gardes du parc national repassent avec dans l'idée de nous faire payer la taxe qui est de 250 baths par jour et par personne ! Quel toupet !!! Nous leur expliquons que nous quittons la Thaïlande demain et que nous n'avons que 440 baths à leur donner au black… Nous n'aurons pas de reçu mais ça leur convient tout à fait pour se payer des bières au resto de Koh Similan… Et vla ty pa qu'ils nous invitent à boire en leur compagnie, incroyable ! Ils nous expliquent également que la plage ou nous nous sommes baignés longuement ce matin est interdite car les tortues viennent y pondre…. Lorsqu'on voit les dizaines de speed-boats avec chacun 45 passagers à bord racler le fond avec leurs ancres chaque jour, on se demande vraiment si les tortues ne sont pas aveugles et sourdes dans le coin…

Ce soir, nous n'irons pas boire des bières avec les gardes corrompus du parc national car nous sommes invités chez le yankee et nous y allons à reculons ! Il commence par s'excuser de s'être ancrer trop près de nous et nous explique qu'il a, à deux reprises, démarrer son moteur pour s'écarter de Badinguet pendant la nuit… Et il pense qu'on va le plaindre…

Sa compagne est en fait Philippine, elle a 19 ans, il en a plus de 60 et elle est aux petits soins pour lui… Nous passons finalement un agréable moment en leur compagnie et lorsque l'astre solaire a disparu derrière l'horizon, nous reprenons le chemin de notre voilier.

Le coucher de soleil est vraiment magnifique ce soir avec un ciel pourpre qui vient appliquer la ponctuation finale à notre séjour thaïlandais. Nous repartons de sa goélette en bois de 1925 avec une gueule de bois aussi et le bide rempli de fromage !!!

Badinguet se prépare pour la nuit, l'annexe est sous les bossoirs et demain, à la première heure, on décolle !