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Grenade

 

 

Les choses n’arrivent décidément jamais par hasard….

Nous sommes placés à côté d’une goélette de 55 pieds nommée « Aquarius ». A bord, un couple d’Italiens, Enrica et Marco avec leur jeune Pablo de 14 mois, né en Patagonie… Nous discutons longuement Marco et moi pendant que chacun bricole à son bord. Cela fait 27 ans qu’ils naviguent, au début comme présidents-fondateurs des associations « Delphinia », « Ecocruises » et « Océan observatory » puis comme « Charter » depuis la naissance de leur fiston. Ils ont passés des années à courir après les cétacées pour observer scientifiquement leur comportement…

Contrairement à nous, qui observons le comportement social du douanier des Caraïbes, nos voisins ont une expérience et une sagesse maritime qui nous laissent sans voix. Marco a mon âge et les questions se bousculent dans ma tête… Les baleines, les cachalots, les faux-orques, La Colombie, Costa-Rica, alizés, Patagonie, Chili, gréement, place de port, imperméabilisation des tauds… Et moi qui ne pouvais pas voir les Marins Italiens en photo !!! (Ils m’ont quand même dit qu’ils ne se sentaient pas italiens, qu’ils avaient honte de leur pays, faut dire que Berlusconi n’est pas triste !)

Une mine d’informations utiles à portée de voix… Nous lui parlons de l’association d’Isabelle, ma sœur qui se bat bec et ongles pour que nous soyons moins pollueurs, plus responsables… Il sourit en me disant que depuis Pablo, ils ne peuvent plus assumer ces associations qui réclament une énergie énorme  et constante. Désormais, ils utilisent leurs sites Internet pour sélectionner puis emmener des clients plonger sur des récifs pour des sommes qui nous font tourner la tête…

2 jours plus tard, nous changeons de place mais nous restons sur le même ponton. Les apéros précédent les diners qui précédent d’une courte tête les digestifs… Ainsi va la vie avec nos amis… Durant ces 2 semaines, il y a eu des événements plus ou moins intéressants…

Les événements mineurs :

-          Nettoyage complet du bateau

-          Réfection des zips de la capote

-          Réparation de la Grand-Voile

-          Changement du renvoi d’angle du moteur de bôme

-          Achat d’une nouvelle pagaie, changement des valves de l’annexe et recollage des parties décollées.

-          Rinçage et séchage des voiles légères (genaker et Balooner)

-          Réfection complète du genaker (grillé par les UV)

-          Nettoyage des coffres à l’avant, révision des mouillages.

-          Décapage et passage d’huile sur tous les tecks

-          Avitaillement complet.

-          Graissage des gros Winch de 58

-          Décintrage du chandelier plié à Boca Chica

-          Achat d’une nouvelle TV LCD et lecteur DVD pour le carré.

-          Vérification des tensions des drisses des deux GV

-          Vidanges, changements des filtres et des rouets des 2 moteurs.

-          Nettoyage du filtre eau de mer, du puisard.

-          La climatisation fonctionne 24h/24h et on dort sous la couette !

-          Le bateau d’en face a pêché un Marlin bleu de 150 kg (en revenant d’un concours de pêche à St Martin où ils ont tout gagné… Ils nous en ont donné une grosse tranche et ce n’est pas très bon !

Les événements majeurs :

-          J’ai du plonger dans le port pour rattraper in-extremis mes lunettes de soleil qui coulaient lentement au pied de Marcisa…

-          Je me suis retourné avec l’annexe comme un gros kéké !!! J’étais à fond pour acheter des crevettes pour l’anniversaire de Pascale et je n’ai pas vu la vague ! Cul pardessus tête avec la carte bleue, les papiers du porte-feuille et une grosse honte !!! Du coup, pas de crevette !

-          J’ai finis par perdre mes lunettes de soleil à la plage en jouant au frisbee avec marc (comme quoi, mes lunettes de soleil avaient un destin déjà tracé, genre une "destination finale" !)

-          Pascale a acheté des fringues !!!

-          J’ai tué un cafard dans la cuisine !

-          Pascale a pris un an de plus !

 

Marc et Isa (qui travaille comme infirmière à l’hôpital du Marin) nous prêtent régulièrement leur voiture et nous passons tous notre temps en leur très agréable compagnie… 

Nous sommes enfin reposés, remis de notre retour et les décisions sont prises…

Nous restons sur les Antilles jusqu'à notre départ en France fin Juillet. Le bateau passera deux mois dans la marina de Rodney Bay à Sainte Lucie. Retour sous les cocotiers le 20 septembre pour partir vers le Sud-ouest en longeant la Venezuela, les Antilles Néerlandaises (Aruba, Curaçao, Bonnaire) puis direction Carthagène où nous sortirons le bateau pour un check-up des parties immergées de la bête ! Visite de la Colombie puis départ en décembre vers le Costa Rica puis Panama. Passage du canal de Panama et descente vers l’Equateur (visite des sites Péruviens et Boliviens). Départ vers les Galápagos en février ou mars puis Pacifique et vahinés, nous voilà…

 

MARTINIQUE - SAINTE LUCIE

07/06/09

Nous quittons Isa, Marc, Doudou et le port du Marin vers 13h, direction Sainte Lucie.

La traversée du canal est agréable. Avec 7,5 nœuds de moyenne au largue, nous retrouvons le plaisir de naviguer au portant. Quelques faux orques nous accompagnent quelques secondes dans la houle d’Est puis nous contournons Pigeon Island pour entrer dans Rodney bay où nous mouillons en avant des autres bateaux devant l’entrée du port. Une petite embarcation (peut être une coque d’optimiste) qui débordent de drapeaux s’approche de nous, nous distinguons à peine derrière toutes ces bannières, l’homme qui nous propose des fruits… Ca fait du bien de retrouver ce genre d’accueil…

Il y a de plus en plus d’eau qui s’accumule dans les fonds lorsque la mer formée… Le joint du propulseur d’étrave n’est plus étanche… Encore du pain sur la planche... Le niveau de la mer se trouve juste sous le joint et par mer calme, pas de risque de prendre de l’eau !

Nous captons internet au bateau et nous passons pas mal de temps sur la toile. Je commande un kit de réparation du propulseur avec les outils nécessaires à un démontage sans sortir le bateau de l’eau. Nous le récupérerons à Hyères lors de notre séjour en France.

Il fait une chaleur épouvantable et notre première nuit sans climatisation depuis 15 jours est  abomifreuse !

 

08/06/09

Nous remplissons le formulaire des douanes en 4 exemplaires toujours séparés par des carbones puis nous poussons la porte du bureau de la marina. Tous les services sont concentrés au même endroit et la clearance coûte 40 USD !!!

Le tarif mensuel du port est cher, 950 $ mais le voilier sera surveillé et à l’abri des vagues en cas de cyclone pendant notre absence, enfin, ça fait cher quand même !!!!

Nous visitons Phébus, désarmé, qui hiverne pour 6 mois puis je découvre le shipchandler « Island water world » pendant que Pascale flâne dans les petits magasins du port.

Une grosse bouée, un pot de graisse, des lettres autocollantes et autres bricoles encombrent l’annexe lorsque nous rejoignons Badinguet au mouillage. Les jet-skis, parachutes ascensionnels et autres bouées tractées circulent entre les voiliers comme des tarés. Je ne sais plus quel skipper m’a dit qu’il avait réussi à balancer un pot de peinture sur un jet qui le rasait d’un peu trop près…

Tout l’après midi, je nettoie la coque de notre voilier à l’acide pour les traces jaunes à l’avant et au papier à l’eau 1200 pour les traces d’hydrocarbure qui ternissent le côté tribord de tous les Maramu… L’échappement vient encrasser le 1/3 arrière de la coque et aucun produit ne semble en venir à bout… Le ponçage très fin est très efficace mais il faut le faire absolument partout et 4 heures plus tard, je n’ai plus de bras ni d’épaule pour lever mon ti’ punch face au soleil couchant… Mais j’y arrive quand même…

Un bon repas et cette nuit, nous dormons dans la cabine avant pour avoir un peu de fraicheur…

 

09/06/09

Après avoir déposé la bouteille de propane à la laverie (pas pour la laver !), nous prenons un minibus (1$/pers) pour Port Castries, la capitale de Sainte Lucie. Nous déambulons dans des ruelles bondées entre des échoppes pleines de produits locaux, fruits, miel, épices, souvenirs, etc. Un autre produit local est le sourire et le "Bonjour, mon chéri" qui accompagne chacun de nos arrêts devant les étalages. 

Nous déjeunons au « Burger king » puis nous achetons du miel, des fruits et des épices et une bonne glace avant de retourner sur Badinguet. Nous récupérons la bouteille de gaz pleine à 16h et faisons la connaissance de Gérard, propriétaire d’un super Maramu 2000 amarré au port. Il a négocié sa place beaucoup moins cher que nous, nous repasserons par là en remontant des Grenadines afin de discuter le prix de la marina au mois !

Nous passons toute la soirée en sa compagnie à comparer, s’informer, se donner des trucs et astuces, etc. Il est toujours très enrichissant de rencontrer les skippers des mêmes bateaux que le notre, on se sent souvent idiots et ignorants mais ça permet d’avancer, de mûrir des solutions lentement…

 

10/06/09

Nous quittons la grande baie de Rodney pour une courte navigation jusqu'à Marigot Bay (1h30). Nous croisons une énorme tortue que j’ai d’abord prise pour un tronc d’arbre ! Elle fait plus de 1m50 de long et plonge lorsque Pascale ramène les appareils photo, normal !

L’endroit est enchanteur, un étroit chenal bordé par de hautes collines abruptes qui se termine par un trou à cyclone très abrité. Roman, arrive avec sa pirogue pour nous placer sur une bouée à 60 dollars caribéens (16€). Les petits démarcheurs (qui ne marchent pas) se succèdent le long de la coque pour proposer des fruits, du poisson, un taxi, du travail à bord, etc.

L’annexe est en piteux état… Après les coins, c’est toute la partie qui lie le plancher au tableau arrière qui s’est décollée… C’est la deuxième fois que j’ai une annexe Zodiac et elles terminent toutes leur courte vie en se décollant de partout… Il faudra certainement en acheter une neuve avant la fin de l’année…

Nous escaladons la petite route de Marigot sous une chaleur infernale et nous négocions un taxi pour aller jusqu'à Soufrière bay sous les fameux pitons (patrimoine mondial de l’Unesco). Nous visitons rapidement la petite ville dont chaque porte et fenêtre est barricadée derrière d’épais barreaux… Un grand nombre de mendiants, plus ou moins alcoolisés dorment à l’hombre ou récupère de quoi manger dans les poubelles des restaurants.

Un autre taxi nous emmène jusqu’au volcan où nos délicates narines découvrent de sulfureuses effluves… La visite est rapide car les touristes ne peuvent plus circuler entre les sources d’eaux bouillonnantes depuis qu’un guide est tombé dedans !!!! Il y a désormais une mare en ébullition qui porte son nom ! 

Nous retournons à Marigot par le bus publique, nettement plus économique que le taxi !

La route côtière est vraiment spectaculaire, la forêt pluviale environnante ne demande qu’à absorber l’asphalte et tout ce qui roule dessus. Les véhicules se défendent en écrasant quelques Malicou téméraires (opossum local) et je ne parierai pas sur l’issue finale du combat…

Badinguet est toujours sur sa bouée et l’opération « sauvetage (provisoire) de l’annexe » peut commencer… Pascale peint les lettres du bateau pendant que je bourre de silicone les fentes avant de les coller avec du bi-composant… Combien de temps cela tiendra t’il ???

Nous retrouvons un autre Gérard (que nous avions rencontré à Mindelo au Cap vert). Il semble évident que les « Gérard » naviguent beaucoup cette année ! Son couple n’a pas survécu à la remontée de l’Amazone, pourtant nous devinons les qualités d’homme derrière le marin… Il part une semaine avec des amis vers les Grenadines, nous espérons le croiser en ces terres paradisiaques… 

 

11/06/09

Réveil avec le soleil vers 5h15, je range l’annexe pendant que Pascale profite de ses dernières minutes de sommeil. Il a encore fait une chaleur étouffante toute la nuit et la cabine avant est devenue notre dortoir officiel !  

Badinguet quitte son abri sans vent, sur une mer d’huile, pas une ride

Le canal entre Sainte Lucie et Saint Vincent est  venteux et des rafales à plus de 30 nœuds nous obligent a réduire rapidement. Notre cap est difficile à tenir et je bascule entre le mode « vent » et le mode « track » du pilote pour garder une route potable. Nous engageons la passe avec 2 nœuds de courants dans le nez, au milieu, 2 nœuds qui poussent à l’Ouest et à la fin, on a 2 nœuds dans les fesses, que du bonheur (et pas de mauvais jeu de mot !)….

J’ai quand même cherché à régler les voiles pendant deux heures avant de comprendre que le courant était méga costaud !!! Le GPS est donc passé de 5 nœuds à 9 nœuds sans rien changer aux voiles, fallait juste être un peu patient et ce n’est pas mon fort ! .

Vers 11h, la ligne part et c’est tout juste si le moulinet ne se met pas à fumer… Je fonce pour enrouler le génois mais il n’y a déjà plus de fil sur le tambour et tout casse sous les yeux de Pascale qui n’a pas eu le temps de réagir vu la violence de la touche… Nous avons perdu 200 mètres de traine et un bas de ligne… Je la remplace par la tresse des Bahamas et remets la traine mais plus rien ne mordra jusqu’aux Grenadines.

 

 

SAINT VINCENT - GRENADINES

 

 

Nous arrivons dans Admiralty bay à Bequia vers 16h et une heure plus tard,  nous avons la clearance d’entrée en poche moins son coût : 115 EC dollars soit 32€ ! Nous sommes en terre grenadine… Nous avons évité Saint Vincent dont la réputation n’est pas engageante. Demain, nous filons vers le plat de résistance, Canouan puis les Tobago cay’s.

 

12/06/09

Départ vers 8h, Pascale n’est pas réveillée mais le temps est beau et le petit déjeuner ne posera pas de problème en mer…

La navigation est rapide et agréable, une fois qu’on a compris comment le courant chahute les passes. Plus besoin de serrer son cap dés le départ, on rattrape toujours sa route dans la deuxième partie…

L’ile de Canouan ne présente aucun intérêt, je plonge longuement dans une eau trouble pour essayer de me rafraichir. La plus belle plage appartient à un hôtel qui ouvrira certainement pour la saison estivale mais là aussi l’eau n’est pas engageante.

Nous prenons juste le temps de déjeuner puis nous repartons pour Les Tobago cay’s, la perle des Grenadines…

Une heure plus tard, nous ne sommes pas déçus, l’endroit est fantastique, on se croirait de retour aux Bahamas. Nous prenons la première bouée qui nous tombe sous la gaffe juste derrière « Petit rameau ».

Pascale aperçoit la goélette « Aquarius » de Marco et Enrica au loin et nous partons en annexe les retrouver. C’était sans compter sur la barrière de corail qui nous oblige à passer le récif à la rame tellement il y a peu de fond. Heureusement, les déferlantes sont ridicules et quelques coups de pagaie plus tard, nous sommes accrochés au bateau de nos amis. Nous discutons avec Marco pendant qu’Enrica s’occupe de leurs clients. Encore pleins de bons tuyaux sur les Grenadines qu’il connait comme sa poche de maillot de bain ! Nous les retrouverons demain à « Petit st Vincent » pour la soirée.

Nous traversons à nouveau la barrière de corail au retour puis nous beachons sur une belle plage déserte. Pascale se baigne enfin (3 minutes) et je décide d’explorer les hauteurs du caillou… Je reviens rapidement sur mes pas car les sternes n’hésitent pas à m’attaquer pour protéger leur nid, tant pis pour la photo….

Le temps est couvert mais l’endroit est enchanteur, il n’y a que 4 bateaux, privilège de cette période hors-saison… Il peut y avoir plus de 150 voiliers sur ce spot…

Je repars, palmes, masque et tuba vers la petite plage de l’ile « Baradal ». La zone est entourée de bouées et de filins pour empêcher les voiliers de mouiller trop près.  En chemin, je tombe nez à nez avec une puis deux puis, des dizaines de tortues qui mangent tranquillement sur le fond. Elles mesurent entre 60 cm et plus d’un mètre pour les plus grosses… Je m’approche en palmant doucement, elles ne son pas effrayées du tout… Du coup, moi non plus, je ne suis pas effrayé et je m’engaillardis un peu… J’en caresse une, je pousse l’autre et je finis par en attraper quelques unes qui se débattent furieusement… Ex-tra-or-di-nai-re !!! Je nage au milieu des tortues de mer. Je me prends pour Neptune et je m’accroche à leur carapace pour voyager avec elles…

Je retourne au bateau pour convaincre Pascale de venir voir ce spectacle… Elle prend un masque et un tuba, mais je sais que la faire plonger au milieu des tortues sera difficile… Aussi, je tire l’annexe à la nage et Pascale se penche pour immerger son masque. A moi de repérer, puis approcher ces mammifères pour qu’ils passent sous l’annexe et sous les yeux ronds de Pascale qui se délecte du spectacle ! A un moment, je plonge puis attrape un beau spécimen qui m’échappe dans un furieux coup de nageoire. Pascale éclate de rire et quand on rit dans un tuba… On boit la tasse !!! Et oui, Pascale a bu la tasse dans l’annexe !!!

En tous cas, je sais qu’elle à vu ce que j’ai vu et les dizaines de tortues qui sont passées sous l’annexe resteront graver dans sa mémoire, c’est ça qui est important !

Il est 16h, Marco et Enrica sont repartis vers « Union ». Le ciel est très menaçant mais il ne tombe que quelques gouttes, pas de quoi rincer Badinguet de son sel.

Le groupe électrogène tourne 3 heures pour compenser l’énergie électrique utilisée depuis quelques jours. Ce soir, Ratatouille puis une énorme nuit au dessus des tortues et au dessous des étoiles…

 

13/06/09

La nuit a été très agitée avec de nombreux grains et 30 nœuds de vent. Là, on peut dire que Badinguet est rincé.

Ce matin, le temps est gris et les 25 nœuds de vent d’Est ne nous engagent pas à plonger avec nos copines… Les bateaux s’en vont les uns derrière les autres et je décide de changer de place.

Les rangers qui font payer les bouées ne sont pas venus donc, pour ne pas tenter le diable, nous nous déplaçons dans l’étroit passage entre « petit rameau » et « petit bateau ». 

 

Alors que je suis en train de serrer au plus près la plage pour mouiller sans gêner le passage, le téléphone sonne, c’est Maël, génial !! Je lâche de la chaine d’une main, l’autre collée à l’oreille, l’endroit est beaucoup plus calme que les bouées de cette nuit.

Je suis à nouveau stupéfait de constater à quel point Maël doit mettre la charrue avant les bœufs, passer des concours d’entrée, subir des entretiens, assister à des portes ouvertes, alors que le Bac n’est toujours pas acquis… Il révise dur et nous essayons pendant plus d’une demi heure de trouver une solution pour qu’il puisse venir un peu avec nous et profiter des Grenadines.

Pendant ce temps, Pascale s’amuse à jeter des miettes aux oiseaux, aie, aie, aie ! Des dizaines de mouettes à tête noire ne nous lâchent plus et Pascale a beau faire de grands gestes pour les chasser, le mal est fait ! Ensuite, c’est au tour de petits visiteurs noirs comme des merles, de venir piquer dans notre régime de bananes sous notre nez… Ils sont beaucoup plus téméraires que les mouettes et finissent par picorer dans ma main alors que je suis au téléphone avec mon fils.

Un autre grain passe puis l’éclaircie pointe son museau, nous partons en annexe chez nos amies les tortues, Pascale a pris son masque et son tuba…..

1 heure plus tard, Pascale est dans l’annexe, elle exulte de joie… Elle vient de nager au milieu des tortues. Bon, elle était fermement agripper à son mari qui nageait pour deux mais il y avait 2 mètres d’eau et nous les avons observées de très près, touchées, poussées et poursuivies pendant une bonne demi-heure… l’exaltation à dépassé la phobie, là était la clé ! S’il faut trouver à chaque fois un troupeau de tortues pour que Pascale mette son masque… En tous cas, je suis comblé car nous avons partagé ce moment ensemble, et quelle émotion !!!

Il est 13h, nous quittons le mouillage pour Clifton bay sur l’ile de « Union ». La barrière de corail qui protège le mouillage est délimitée par des perches. Après les avoir contournées, nous retrouvons « Aquarius » qui a changé de programme à cause de la dépression de la nuit.

Arrivés à terre, le village de Clifton est un ensemble de maisonnettes bariolées de couleurs vives, de petits magasins aux devantures peintes et de grands blacks rasta baraqués et souriants derrière leurs dreadlocks…

Nous marchons un moment dans la ruelle principale, surfons une heure sur Internet puis mangeons une glace avec Enrica et son fils Pablo qui s’entraine à la marche terrestre… Nous retrouvons plus tard Gérard et ses 2 amis ainsi que deux équipages Brésiliens. Et tout ce petit monde se retrouve pour un méga apéro à l’Anchorage Yacht Club. Il y a un petit bassin fermé devant le restaurant dans lequel il ne ferait pas bon nager, il est rempli de requins . Autour de la table, on parle Français, Italien, Portugais, Espagnol et Anglais… Le ti' punch local est gigantesque et à la fin du verre, nous finissons par parler une nouvelle langue, qui mélange tous les mots…

"Union" est paisible, on pourrait y rester des jours tellement on s’y sent bien. Il faudrait juste que les magasins ouvrent un peu plus tard le samedi pour que Pascale puisse acheter un souvenir (en l’occurrence une tortue en bois sculptée « Félix », l’artiste local !).

 

14/06/09

Nous quittons Clifton bay pour Chatham bay toujours sur l'ile Union, on ne s’éloigne pas car Pascale veut sa tortue et lundi, ce sera ouvert… Nous suivons Aquarius pendant une heure puis nous mouillons côte à côte dans la grande baie de Chatham . Toujours le même comité d’accueil, un Boat boy qui nous aborde pour proposer sa paillotte … A peine Marco a-t-il posé le pied sur le sable que tous les gars du coin le salut, depuis 10 ans qu’il emmène des clients dans toute les Antilles… De nombreuses tortues glissent lentement entre nos voiliers et nous passons un long moment à guetter le moment où elles font surface pour respirer…

Nous savons à quel point il est réducteur de ne prendre en photo qu’une tête qui émerge alors que nous les avons côtoyées de très près sous l’eau … Nous achèterons un appareil photo étanche pour la suite de notre voyage.

Pascale se baigne le long de la plage dans 70 cm d’eau avec son masque et son tuba, je ne sais pas ce qu’elle voit, du sable peut être ??? En tous cas elle rit de sa performance…

La journée se passe en compagnie de nos amis pendant que leurs clients batifolent avec les poissons coralliens . Nous sommes ravis de profiter d’une telle expérience dans les Caraïbes et j’emmagasine des tonnes d’informations pour la suite de notre périple.

Pascale cuisine toujours aussi bien et les petits « ananas-bouteille » des grenadines sont délicieux. Les premiers avocats de la saison pointent leur nez et les bananes "dessert" décorent le bateau en permanence…

J’ai envoyé la confirmation pour mon travail au mois d’août à Pomponiana, (Centre de rééducation proche du domicile des parents de Pascale). Il est indispensable que nous conservions notre sécurité sociale pour les examens médicaux et il faut que l’un des conjoints travaille 60h dans un mois de l’année…  Certains partent en vacances pour cesser leur travail, d’autres font l’inverse !!!!

 

15/06/09

Toute la nuit, les ordinateurs ont tournés pour s’échanger des films et cartes, etc. Marco vient à bord vers 7h30 pour récupérer 400 divX puis nous convenons de nous retrouver en Martinique début juillet.

Pour l’heure, nous sommes revenus à Clifton et Pascale m’attend pour aller acheter sa sculpture de tortue bien méritée… Nous allons faire la clearance de sortie car cet après-midi, nous quittons les Grenadines de Saint Vincent pour les Grenadines de Grenade plus au Sud…

Nous quittons la baie de Clifton accompagné de « Ilha do mel », Julio, Valéria et leurs deux enfants Théo et Livia . Un ketch Brésiliens suivit d’un Français…

Nous mouillons sous Morpion Island après avoir dépassé Punaise Island, ça ne s’invente pas !   Aquarius a dû encore changer de programme car il est ancré juste devant nous… Trois bateaux amis, deux ketchs et une goélette devant un confetti de sable étincelant… 

 

Nous passons une bonne partie de l’après midi à plonger et discuter sous le petit parasol en palmes qui trône au centre de l’ilot. Le récif qui l’entoure est magnifique et les poissons multicolores abondent dans ses eaux peux profondes… Pascale continue à progresser avec son masque, tant que le fond de l’eau est contact avec ses rotules…

Vers 16h, gavés de soleil et d’eau salée à 30°, Nous remontons l’ancre et partons vers Carriacou.

GRENADE - GRENADINES

 

Ilha do mel et Badinguet naviguent bord à bord un moment pour faire quelques photos sous voiles puis nous lâchons la toile et nous les clouons sur place… Je sais que la vanité est un vilain pêché mais qu’est ce qu’on leur a mis !!!

Le soleil se couche lorsque nous mouillons dans Tyrell Bay.

La soirée se passe en compagnie de nos amis Brésiliens à parler en Anglais et en Espagnol, de cuisine, de musique et d’aventures maritimes. Pascale invente même des mots Franglais que Valéria comprend… Une chose à savoir avec les Brésiliens, ils mangent toujours avant l’apéro donc ils n’hésitent pas à rester en notre compagnie un bon moment… Mais ça ne reste que du plaisir…

Sauf quand à 4h du matin, Ilha do mel dérape sous un violent grain et passe à quelques centimètres de notre coque… Plus de peur que de mal… Les ancres « Bruce » étaient arrivées dernières lors d’un test comparatif de « Voiles et Voiliers », elles méritent bien leur place !!!

 

16/06/09

Nous ouvrons les yeux à  7h30 après cette nuit agitée, il fait gris et des rafales secouent les nombreux bateaux au mouillage. Nous longeons « Ilha do mel » pour leur dire que nous partons dans la baie d’à côté faire la clearance d’entrée.

Le mouillage se situe devant le petit ponton de Hillsborough bay pour faire les formalités douanières…

Décidément, il doit y avoir un « moule à douaniers » quelque part dans la Caraïbe… Toujours avachis sur leur fauteuil en écoutant de la musique ou la télévision à fond, des piles de papiers et de carbones sur le bureau… Mais le pire reste cette lenteur et cette désinvolture exaspérante… Ils doivent avoir un secret pour paraitre toujours extenués par leur boulot et dérangés par les plaisanciers… Il faut les voir s’appliquer, la langue dans un coin de la bouche, pour écrire avec de minuscules pattes de mouches. Jamais ils ne corrigent ou remplissent une case qu’on aurait loupée, ils nous jettent le document sous le nez avec cet air d’abruti satisfait de notre erreur ou de notre ignorance. Ensuite, nous les regardons signer lentement, avec beaucoup d’application, une belle signature de ministre en général... Arrive le moment tant attendu… Le fameux coup de tampon qui orne les nombreux documents que nous avons rempli pendant qu’il somnolait. Quel orgueil, quelle fierté dans ce tamponnage réglementaire… Pas de doute en ces lieux, celui qui a le tampon a le pouvoir ! A peine sommes nous sortis de ces locaux climatisés que le douanier des Caraïbes éteint le petit neurone que nous avons sollicité et replonge dans son état léthargique habituel.

En attendant, les pages de nos passeports se remplissent rapidement avec tous ces petits pays et Pascale est ravie.

Nous empruntons 15 CD de musique Brésilienne à Julio et Valéria que je convertie en MP3 pendant l’heure du repas.

Nous quittons nos amis pour mouiller devant Sandy Island, un autre ilot de carte postale. Nous retrouvons d’autres connaissances que nous croisons régulièrement depuis le Cap vert. Les fonds sous-marins sont magnifiques et lorsque je relève la tête de l’eau, il y a plus de 10 voiliers au mouillage.

Pascale joue les naïades on the beach puis retour à Tyrell bay pour la nuit. Il y a dans cette baie un bateau-atelier flottant occupé par un Français qui effectue des petits travaux de soudure et de réparation depuis des années. Eric aurait aimé discuter avec ce genre de personnage.

Nous dinons avec les Brésiliens dans une pizzeria-Wifi qui domine la baie . Le Chianti facilite la communication en Espanglais et la nuit enveloppe rapidement le mouillage.

 

17/06/09

Nous quittons Carriacou vers 8h et à peine sorti de la baie, un petit thon jaune se fait prendre à la nouvelle traine . Nous rattrapons rapidement Ilha do mel en faisant quelques photos au passage.

  

Après avoir longé la côte de Grenade, nous engageons la baie de St Georges sous de puissantes rafales à plus de 30 nœuds. Nous remontons le chenal et mouillons dans « The lagoon », un trou à cyclone vaseux et surpeuplé. Le seul intérêt est  l’abri et la proximité de la ville, ce qui n’est déjà pas mal. Jules, un boat boy sur le retour nous vend quelques pavillons de courtoisie (Panama, Colombie et Antilles néerlandaises).

Nous naviguons un peu au sec, sur Internet puis un petit tour en ville où Pascale me trouve une paire de sandales qui ne me blessent pas… Depuis plus d’un an, je vis pieds nus et je ne supporte plus les godasses que je mettais avant le départ (aller savoir pourquoi ?). 

Je découpe les filets de thon, fais tomber mon couteau wichard au fond de l’eau (et merde !) puis nous donnons le poisson frais à Julio et Valéria qui salivent déjà. J’ai quand même perdu mon troisième couteau depuis le début (et je ne parle pas des casquettes et des lunettes de soleil !)

Nous prenons l’apéro à bord d’Ilha do mel.

Je veille tard ce soir, il est 1h du matin et je pense à Maël qui doit se lever pour l’épreuve de Philosophie… J’avais eu 3/20, le correcteur n’avait pas dû me comprendre… En tous cas, je pense fort à mon gars qui débute son bac.

 

18/06/09

Longue visite de la petite ville de St Georges. Les grimpettes avec 34° à l’hombre fatiguent un peu les gambettes de Pascale… Nous prenons le temps de visiter le surprenant Fort George occupé par le quartier général et le centre de formation de la police de Grenade. La forteresse fut construite en 1830 et chaque batiment historique est occupé par un service de la police… Au niveau de la cour, il y a un terrain de basket, les dortoirs n’ont pas changés, La salle de veille est devenue la salle de musculation et sur le chemin de ronde, on trouve des petites baraques, de couture, de réparation, de cordonnerie et même une où on cire les godillots… Les futurs policiers travaillent, mangent, dorment dans des pièces en ruines, à peine salubres mais qui transpirent d’histoires de guerres et de batailles navales.

Nous découvrons ensuite les dégâts causés par "Yvan", le cyclone de niveau 5 de septembre 2004. Les grandes églises n’ont toujours pas de toit  et le parlement ressemble au Palais de Saddam Hussein après l’attaque des Américains !

Les petites ruelles étroites et pentues de l’arrière ville finissent par nous achever et nous retournons au bateau, enchantés de notre balade matinale.

 

Je n’ose pas contacter mon fils, je préfère le laisser tranquille pour les examens mais ça me rend nerveux et inquiet. Pourtant, ce n’est pas moi qui passe le bac…

Maël m’appellera quand il l’aura décidé, c’est le plus sage. Inutile de lui dire que nous retournons nager avec les tortues entre les maths et la physique…

Nous contournons « Salines point » et ramassons un méchant grain le long de la côte Sud de Grenade. Nous avançons à 2 nœuds contre le vent et le courant mais « Prickly bay » est juste derrière la pointe et nous y jetons l’ancre.

Un petit tour à notre magasin préféré « Budget Marine » pour acheter un peu de matériel. Il est beaucoup moins bien achalandé que son grand frère de St Martin et je ne trouve pas la moitié de ce dont j’ai besoin. Le pilote automatique sur barre à roue nous a lâché avant-hier avec des messages clignotants et mystérieux comme « Seatalk fealure » ou « no link »… Je voudrai changer les câbles avant de faire appel à un pro mais je n’en trouve nulle part ! Heureusement que nous avons deux pilotes automatiques totalement indépendants…

Nous repartons pour mouiller derrière « Hog Island », un joli mouillage ou les voiliers, cernés par une mangrove envahissante sont les uns sur les autres . Un pont routier barre le fond de la baie et nous glissons dessous en annexe pour découvrir un charmant petit port dans la verdure « Clarke’s court Bay marina ». Nous sympathisons avec Bob, le Capitaine qui nous donne les tarifs au mois pour un hivernage. L’endroit nous plait beaucoup et le prix est intéressant mais comment faire un aller-retour en France d’ici ?

Nous partons rechercher nos ordinateurs au bateau et passons toute la soirée à chercher des tarifs et des horaires d’avion entre Grenade et Paris… Une vraie galère en perspective avec des prix qui ne compensent pas celui de la marina… Nous sommes déçus car Badinguet aurait été bien à l’abri ici…

Le site est mis à jour avec de nouveaux liens dans la rubrique « Bateaux copains » et surtout, nous avons mis une magnifique photo de Badinguet sur les pages « Index » et « Badinguet »

Il fait nuit noire lorsque nous revenons et nous passons sous les piles du pont à l’aveuglette.

 

19/06/09

Le soleil est déjà haut dans le ciel, il fait 33°… Pascale découpe l’ananas du matin pendant que des pécheurs relèvent leur grand filet circulaire dans le fond de la mangrove. Badinguet quitte le mouillage et commence à remonter au vent vers l’Est. La mer grossit vite et contre vent et courant, je préfère faire demi tour et revenir à St Georges. Nous visiterons la côte au vent en septembre lorsque nous reviendrons.

Comme à l’aller, les rafales violentes nous secouent avant de jeter l’ancre devant l’entrée de Port St George. Nous n’allons pas dans « The lagoon », nous restons dans l’eau claire, en dehors de la ville.

Il fait toujours aussi chaud et les bouteilles d’eau diminuent à toute allure. Bien qu’elle soit filtrée, nous n’arrivons pas à boire l’eau des réservoirs, question de goût…

Je passe l’après midi à tenter de réparer ce fichu pilote automatique et je n’y comprends rien. Un coup ça fonctionne, un coup non !!! Rien de logique !

Je branche donc le GPS Portable et la girouette-anémomètre sur le 2ème pilote et nous pourrons reprendre la mer demain. L’intervention d’un professionnel se dessine à l’horizon, encore quelques centaines d’euros qui vont se vaporiser…

 

20/06/09

Départ tranquille comme la mer… Il fait gris et calme.

Nous longeons au moteur Grenade puis déroulons les voiles dans la passe. Le courant est portant et Badinguet avale les milles jusqu'à « l’ile de ronde », un caillou entre Carriacou et Grenade. Nous mouillons dans un vent tournant devant une plage déserte et l’annexe est rapidement mise à l’eau pour une petite baignade avant le déjeuner ! A peine sur la plage, je grimpe sur un rocher pour immortaliser Pascale qui s’avance dans l’eau avec précaution… Un gros iguane me déboule sous le nez et je manque de dégringoler la falaise… En tous cas, ça fait bien rire Pascale, il m’a fait une de ces peurs !!!!

Je chausse les palmes et m’éloigne du rivage. L’eau est un peu trouble mais les récifs sont poissonneux et j’aperçois en plongeant sous un rocher deux belles antennes… Une grosse langouste me regarde et je n’ai rien pour la prendre… Je repars à la plage, puis au bateau, et reviens avec un petit fusil sous-marin, des gants et un filet.

Le crustacé est maintenant bien planqué au fond de son trou, impossible de le tirer.

Retour à bord pour le déjeuner puis, alors que Pascale somnole, je repars en guerre. Je retrouve rapidement son trou, plonge et pan ! Une belle langouste dans le congélateur… Je ne traine pas longtemps dans l’eau car je me suis égratigné l’épaule en passant sous les rochers et le sang pourrait intéresser des poissons un peu plus gros…

Le vent tourbillonne et Badinguet en est à son 4ème tour de manège gratuit lorsque je décide de poursuivre vers Carriacou pour y dormir. Nous coursons au près serré un gros catamaran sans jamais le rattraper… Nous sommes bien meilleurs en cap mais la bête est coriace en vitesse. Nous ne lui lâchons rien et arrivons en même temps dans tyrell bay ou les habituels boat boys défilent avec leur barcasses le long de Badinguet.

J’allume mon PC pour finir le texte que vous lisez en ce moment et nous partons à la pizzeria pour nous connecter.

 

21/06/09

Nous nous levons tard juste pour faire semblant de profiter du week-end. A 10h, nous retournons à la pizzeria pour continuer les mises à jour du site internet et je réussi à joindre Maël. Je m’étais promi de ne pas le déranger durant ses épreuves mais je n’ai pas tenu et je croise les doigts pour la suite. Normalement, il devrait venir nous retrouver vers le 9 juillet pour une dizaine de jours. Je récupère au passage la météo qui annonce une dépression tropicale pour jeudi et vendredi, il faudra trouver un abri…

Bruno, et Nathalie, de vieilles connaissances d’avant la transat débarquent avec leurs amis au restaurant et nous discutons pendant une bonne heure tous ensemble… Bruno m’apprend qu’il revend sa Stab (gilet gonflant qui supporte la bouteille de plongée) et un détendeur avec manomètre presque neufs…

Je retourne les voir dans l’après midi à bord du catamaran qu’ils ont loué pour un an (convoyage compris). L’affaire est conclue et nous voilà avec un équipement complet de plongée sous-marine…

Je poursuis ma balade sur le voilier de Georges et Valy où je découvre les différents petits outils de pêche "spécial-langouste" qu’il a confectionné… Et notamment un long manche très fin et solide terminé par un gros hameçon, de quoi aller chercher le crustacé quand il est tapi au fond de son trou…

Nous terminons la journée sur Badinguet, à boire l’apéro entre amis.

 

22/06/09

Nous partons en baie de Hillsborough pour retrouver nos douaniers préférés avant qu’ils ne partent s’engraisser dans les petits restos de Carriacou…

Bruno et Nathalie, Lua et Maé nous rejoignent au mouillage avec leur Catamaran « OXIA ». Tout ce petit monde part à terre pour la paperasse… Et tout se passe vite et bien… Mais je confirme pour le moule à douaniers (toujours les mêmes symptômes, musique à donf, léthargiques, désagréables, etc.…)

Départ sous voiles pour l'ile de Mayreau, d’abord au près puis au largue, que du bonheur. Nous mouillons  dans Salt whistle bay, encore un petit coin de paradis… Une anse bien abritée, une belle plage sous les cocotiers et des grands blacks qui ne fument pas que du tabac assurément… Ils sont carrément défoncés avec un sourire beat d’autosatisfaction…

 

                                                               

Nous passons l’après midi dans l’eau chaude à discuter avec un groupe de Français qui ont loué un catamaran avec skipper dans une grosse boite Française de charters. Ils sont simples, gentils, attentionnés, tellement différents des groupes de touristes habituels. Nous passons un très agréable moment en leur compagnie. Je discute aussi avec Christophe, le skipper. Il nous conseille quelques précieux mouillages en dehors des sentiers battus sur les Grenadines…

Son annexe, pas assez remontée sur la plage, est emportée par le vent et je rattrape le dinghy en crawlant comme un furieux. Bien joué les gars !!!

Christophe nous invite à boire un coup chez un certain « Bob » vers 17h, au sommet de l’ile. Un bar incontournable selon lui, nous acceptons l’invitation avec plaisir…

Je crapahute comme toujours sur les promontoires, collines ou autre situation haut-perchée pour prendre quelques clichés de ce superbe mouillage et je tombe sur l’envers du décor, la face cachée du paradis, le revers de la médaille… Une immonde décharge en pleine nature, des mètres cubes de déchets en tous genres bien planqués derrière un mur… Bienvenue dans le monde réel, dans le monde des emballages et du plastique… et en bateau, nous utilisons beaucoup d’emballages, peut être plus qu’à la maison… D’ailleurs ce que nous achetons frais, nous l’emballons…

Dans l’après midi, Je patauge avec des petits requins de 50 cm qui se dorent au soleil dans 30 cm d’eau à 35° puis nous nous préparons pour accompagner le groupe de Français.

Nous escaladons la colline jusqu’au col. Nous avons de plaisantes conversations en visitant la petite église perchée au sommet , le point de vue sur les Tobago cays est imprenable ! Nous arrivons enfin chez Bob… Un bistrot décoré comme les bars de marins du bout du monde, des drapeaux, des cartes de visites et des photos pleins les murs, etc.

Tout le monde est autour de la table, les verres sont dessus et les moustiques sont dessous, au niveau des chevilles…

La nuit tombe sur l’ile de Mayreau et très gentiment, l’équipage du Cata refuse que nous payions…

 

La soirée s’envenime rapidement et l’ambiance jusque là, très agréable devient orageuse, électrique. Le groupe interpelle le skipper avec une énergie et une agressivité spontanées, nous devinons que la coupe doit être pleine depuis un moment…Pascale et moi apprenons des choses tout à fait incroyables…

Ces gens là ont économisé et payé 11 000 € à huit pour un parcours très succinct des Grenadines. Le skipper ne veut pas les emmener à « Morpion » car il craint que sont catamaran ne dérape !!!!

Les clients n’ont pas le droit de se laver les cheveux et doivent économiser l’eau en prenant des douches superficielles (aux Grenadines, on trouve de l’eau dans les 2 heures où que l’on soit et le réservoir d’eau du Cata fait 900 litres ! )
Ils n’ont pas eu la possibilité de changer ou de tirer de l’argent donc partout où les emmène le skipper (toujours chez des gens qu’il connait bien), ils payent en Euros le prix fort…

Pascale et moi nous mettons dans la peau de ces gens vacanciers, quelle déception, quelle injustice… Il y a même une femme qui manque de faire un malaise sur la route du retour, Pascale lui tient le bras dans le noir. Nous entendons le skipper pester plus loin dans la pente, il essaye de rallier quelques passagers à sa cause mais peine perdue, le groupe est uni et la révolte couve. Ce soir, un barbecue est prévu pour eux sur la plage mais le skipper n’y participera pas. Il est reparti seul au bateau (divine bouteille…).

Le groupe a toute la soirée pour coordonner et préparer une action, nous aurions aimé assister au conseil de guerre... Nous pensons et espérons que ces touristes auront la force de se battre contre ce système pourri, contre cette société, à l’image de ses employés, qui abusent, sans respect ni scrupule…

Je pense et j’espère que la crise mondiale finira par convertir, remettre sur le droit chemin ou éliminer ces boites de charters hors de prix ou on traite les gens comme des marchandises, comme des tiroirs caisse…  Et si la crise réhumanisait… On peut rêver, non ???

J’espère que ces gens si sympathiques liront ces lignes et qu’ils sachent que nous somme solidaires de leur mutinerie, On vous aime !

24/06/09

Nous nous levons tard, il est 8h… Le temps est beau et calme et un grand Catamaran « Switch » vient beacher au milieu de ses collègues… Il y a 12 clients à bord de celui-ci et…. Le skipper vient de se fracasser à 6 nœuds sur une barrière de corail ! Résultat, un gros trou dans le flotteur tribord et une voie d’eau qui devient vite dramatique (pompe de calle en panne !). Pendant que nous barbotons dans l’eau claire, les clients se confient rapidement. Hallucinant !!!! Un skipper professionnel qui a la responsabilité de douze personnes qui plante son cata dans les coraux… 

L’ambiance à bord est tendue… Clients mécontents, séjour abrégé, gâché, quelques uns, furieux, quittent le bord pour dormir à l’hôtel de la plage…

Christophe revient vers moi pour me demander une clé de 13… Il n' a pas de boite à outils dans son catamaran…

Un troisième cata Switch vient mouiller… Le troupeau s’agrandi… Pascale et moi décidons de quitter ce spectacle et nous levons l’ancre non sans avoir fait de grands signes amicaux à tous ces gens sympathiques.

La clearance d’entrée n’est toujours pas faite et nous venons de voir le bateau des douanes arriver dans la baie pour des contrôles… L’ile « Moustique » est à quelques encablures, nous ferons les papiers la bas… Cette ile, truffée de milliardaires, a la réputation d’être très chère et inaccessible pour les  gens peu fortunés… le gros souci est que cette petite ile est très à l’Est du reste des Grenadines et c’est au près serré que nous commençons notre navigation. L’annexe traine derrière sans le moteur… En quelques minutes, le vent monte et nous essuyons plus de 30 nœuds avec une mer creuse. Vite, on réduit, on installe les protections en PVC du cockpit (les joues) mais pour l’annexe, rien à faire dans ces conditions… 20 minutes plus tard, je déroute Badinguet vers Bequia sous le vent… 30 nœuds établis au près serré, c’est du masochisme et l’annexe fait le yoyo depuis suffisamment longtemps…

L’allure devient vite plus confortable mais les creux de 2m50 rendent difficile tout déplacement à bord… Une heure plus tard, nous arrivons sous Bequia et la météo, comme pour se moquer, change complètement… Le vent tombe à 12 nœuds et la mer se calme… Moustique est restée inaccessible… Pour cette fois !

Du coup, nous mouillons à l’abri de « Petit Nevis » devant l’ancien ponton ou les baleiniers dépeçaient leurs prises il y a encore quelques années. De vieilles baraques et de grands chaudrons carbonisés trainent encore ça et là, vestiges de l’activité économique et culturelle de l’ile.

Nous crapahutons jusqu’au sommet de l’ilot abandonné et Pascale manque d’écraser une minuscule tortue terrestre…  Elle doit faire 4 cm de long et semble perdue sur le sentier. La petite bête ne comprend certainement rien au long discours que lui tient Pascale. Je sais que Papa et Maman tortue peuvent peser des dizaines de kilos mais ils restent invisibles…

Nous aurions dû écouter ce qu’ils disent dans  « Jurrassic park» : « Surtout ne pas aller dans les herbes hautes… » Les mousticoraptors nous attaquent par surprise, Je tente d’en écraser le plus possible sur mes jambes pendant que Pascale court droit devant elle en agitant les bras et en hurlant : « Je suis attaquée, je suis attaquée » ! Il faut le voir pour le croire…

Nous retournons à l’annexe couverts de piqures puis partons pour Admiralty bay à Bequia. Vent et courant nous poussent vers la pointe de l’ile et nous mouillons sous les rafales en fin d’après-midi.

Les grains nous secouent une bonne partie de la nuit et nous dormons en pointillés… Il ya beaucoup de bateaux dans cette baie encaissée et les feux de mouillage se confondent avec les lumières de la côte. C’est la première fois que je regrette de ne pas avoir plus d’éclairage pour signaler ma présence. Il faudra qu’on achète une petite loupiotte pour éclairer le cockpit…

 

24/06/09

Toujours autant de vent au mouillage, Badinguet louvoie comme un furieux et le blocage de la barre à roue n’y change rien.

En allant à terre contre les vagues et le vent, nous retrouvons Nathalie, Bruno et les filles sur le Lagoon 42. Quelle surprise, ils attendent aussi la fin du coup de vent. Nous sommes ravis, l’attente va devenir beaucoup plus agréable que prévue.

Nous faisons la clearance d’entrée puis achetons quelques fruits chez les rastas.

Nous déjeunons avec nos amis dans un petit resto sur la plage pour 9 dollars EC soit 2,5 € !!! 

Bruno m’aide à déplacer Badinguet sur un corps-mort en prévoyance du mauvais temps de demain et pascale discute avec Nathalie.

Nous voilà accrochés à une bouée dont on ne connait pas la solidité… Mais nous sommes tout au fond de la grande baie, donc moins exposés aux rafales…

L’après midi se passe à farnienter et discuter sur le catamaran de nos amis.

Pascale ne parle plus que de leur bateau… Elle en a même rêvé cette nuit. Il est vrai que le confort et l’espace de vie sont remarquables mais notre programme est tout à fait adapté à notre fier Badinguet… Peut être plus tard… Pour y vivre…

En tous cas, nous sommes tous les 4 allongés sur le grand pont de « Oxia » à refaire le monde dans la bonne humeur. Tout ceci se termine par le traditionnel apéro avec une variante pour ce soir… Rhum de Marie Galante avec mélasse, un délice !

Bruno a installé des lampes de jardin (avec un petit panneau solaire) sur son balcon arrière et toute la nuit, elles éclairent son cockpit en plus du feux de mouillage… Super idée !

 

25-26/06/09

Réveil tard, glandouille sur Internet ou petite balade à terre puis nous déjeunons avec « les Oxia » dans un petit resto sur la plage, leurs frites sont tellement bonnes qu’on a envie de leur demander ce qu’ils servent avec comme accompagnement…

Ensuite vient la plage et je deviens vite le souffre-douleur ou la nouvelle peluche de Lua (9 ans) et Maé (6 ans et 1/2). Elles m’attaquent, me traitent d’ « Ornithorynque », me prennent pour un plongeoir ou une catapulte, me font couler, et pour finir, j’ai même eu droit à un shampoing au sable… Les fillettes sont déchainées et comme elles nagent vite et bien sur l’eau comme sous l’eau, il est très difficile de leur échapper…  Et les rires fusent toutes l’après midi.

Après une période de récupération physique nécessaire, nous nous retrouvons sur Badinguet ou Oxia pour terminer la journée autour d’un bon repas.

Le coup de vent annoncé est bien là, les rafales balaient Admiralty bay mais nous sommes très protégés et bien accrochés sur nos bouées.

Un « 36 pieds » de chez « SUNSAIL » (Société de location) a décidé de mouiller au milieu des corps-morts. Je luis crie de ne pas s’installer au milieu de nous car, il va tous nous percuter mais le skipper s’entête et continue sa manœuvre malgré les avertissements de Shelton (le boat boy responsable de nos bouées) Il s’y reprend à 3 fois, il n’a pas d’espace et 12m de fond… Nous voilà aux premières loges pour regarder en soupirant la bêtise humaine.

Et la troisième fois, son ancre se coince au fond… Avec tous ces corps-morts les uns sur les autres, il doit y avoir un paquet de chaines, de moteurs de bagnole ou autres lests posés au fond de la baie.

Le voilà bel et bien accroché... Pendant 3 heures durant, lui est au fond de l’eau avec sa bouteille de plongée sur le dos et elle, à la barre qui hurle et jure dans un état proche de la panique…

Qui sème le vent…  Nous ne les avons pas aidés…

Vendredi soir, Bruno et moi découvrons le fonctionnement du bureau des douanes… Il y a 3 types d’horaires, les horaires d’ouverture officiels, les horaires de présence et les horaires de fermeture... Il n’y a aucune différence visible entre les horaires de présence et les horaires d’ouverture, à 15h59, c’est bon, tu es dans les clous et à 16h01, tu passes en zone rouge et tu payes une taxe de 45 EC, et c’est pareil à l’heure du repas !!!

Apéro sur le Santorin de Daniel et Claudie puis nous dinons tous ensemble sur Oxia.

 

27/06/09

Bruno vient me chercher dans son annexe et nous partons pour les douanes (dans le bon créneau horaire) pour effectuer les formalités de sortie.

Le départ a lieu 1/2h plus tard, cette fois ci, nous allons apprécier les qualités marines d’un Lagoon 42. Il y a 20 nœuds dans le canal entre Bequia et St Vincent. Badinguet et Oxia s’habillent de blanc et nous restons bord à bord toute la traversée en faisant des photos, Bruno fait même un petit film.

 

Leur Catamaran est lourd, il pèse 15 tonnes et a beaucoup moins de surface de voile que notre ketch, nous franchissons la ligne d’arrivée loin devant… Une heure et demie plus tard, nous arrivons en baie de Cumberland à Saint Vincent. Oxia mouille puis recule à terre pour tirer une aussière, aidé par des boat boys. J’attends la fin de la manœuvre et m’installe à côté de lui. Des rochers affleurent à 4 mètres sur bâbord et je ne donne pas cher de notre coque si le vent se lève… On dégage de là ! Oxia n’est pas en reste… Il dérive légèrement vers un vieux ponton et il remonte son mouillage juste après nous…

Nous repartons 15 minutes vers le Sud, pour la baie de Wallilabou et nous nous amarrons l’avant sur corps-mort et l’arrière au ponton… Là, nous ne risquons rien !

Nous donnons 20 EC au boat boy qui nous amarre au pilier du ponton délabré puis nous mangeons tous ensemble une méga salade de riz sur Oxia (parait qu’il y a plus d’espace !).

Nous partons avec Bruno et Lua à la recherche d’hypothétiques langoustes et, bredouilles, nous finissons par jouer avec quelques pieuvres peu farouches.

Tout ce petit monde part ensuite à terre pour visiter les décors du film « Pirates des Caraïbes ». Des façades en ruines, des dizaines de cercueils, des ballots de paille, des canons et autres souvenirs de Jack Sparrow nous transportent dans une autre époque, dans le monde de la piraterie… Et de la fiction !

La végétation de l’ile de saint Vincent est spectaculaire, des arbres fruitiers de toutes sortes bordent les routes, il suffit de tendre la main pour attraper papayes, goyaves, noix de coco, Mangues, avocats, arbre à pain et bananes… Nathalie et Bruno en connaissent un rayon sur les fruits locaux et nous essayons de mémoriser tous ces arbres nourriciers noyés dans la végétation luxuriante.

 

Nous terminons notre balade terrienne par un jus de fruit au bar-restaurant qui gère les corps-morts. Le cadre est magique, bien assis sur des petits fauteuils, le cocktail posé sur un cercueil retourné, on sirote sa boisson, entre des maquettes de bateaux et des os de baleines tout en surveillant son voilier dans le soleil couchant…

Le corps-mort coute 20 EC (5€) la nuit mais on ne paye pas si on dine au restaurant mais celui ci est beaucoup plus cher que les « lolos » que nous fréquentons d’habitude. Le jeu n’en vaut pas la chandelle et nous payons notre bouée !

Pascale nous fait des patates à l’eau avec du bœuf, encore une salade de fruits en dessert et au lit, nous sommes crevés !

 

27/06/09

Nous continuons notre remontée tranquillement et arrivons à Soufrière baie (Sainte Lucie) vers 13h.

Le canal de St Vincent, réputé pour être l’un des plus dangereux nous montre son bon côté et nous le traversons au près serré avec 15 nœuds de vent.

Mon père et d’autres propriétaires de « Amel » m’ont conseillé différentes façons (souvent contradictoires) de toiler le voilier… A chacun son bateau !!!

Pour Badinguet, au près serré, j’envoie génois et artimon bien bordés et garde quand même un petit peu de grand voile peu bordée (de moins en moins si le vent est fort). S’il y a trop de grand voile, le bateau dérive et on avance en crabe !!! Par contre le fait d’en mettre un peu fait souvent gagner encore un nœud…

Nous prenons une bouée dans l’anse des pitons, entre le petit (750m) et le grand (799m). L’endroit est vertigineux, et venteux… De très puissantes rafales dévalent les pentes verticales jusqu’au mouillage.  Un bon endroit pour s’arrêter de jour, pour dormir, Circulez !!!

Nous repartons après le déjeuner et mouillons dans Rodney bay, au Nord de l’ile. Un petit tour pour voir Phébus qui n’a pas bougé depuis 3 semaines puis nous trouvons porte close à la marina, normal, c’est dimanche !

Demain, nous repartons pour la Martinique après avoir confirmé notre place de port pour les 2 mois d’été. Nous recevons un mail d’Isa et Marc qui repartent le 2 juillet pour 3 semaines en métropole. Nous ne les verrons pas beaucoup mais ils nous prêtent leur voiture pour la semaine, merci les amis, vous êtes géants !  

 

07/07/09

5h du matin, le téléphone sonne… Alerte rouge, mon cœur s’emballe, Pascale est surexcitée, je me jette sur le combiné…

-          Maël : Allo, Papa ? Est-ce que ça t’ennuie d’ouvrir une bouteille de rhum ???

-          Nicolas : Hein ? Mais il y en a déjà une d’ouverte…

-          Maël : Eh, P’pa !

-          Nicolas : Quoi ?

-          Maël : J’ai eu mon bac avec mention, J’arrive, j’suis trop content !

Alors là, c’est bien simple, je n’ai pas touché le sol en retournant dans ma cabine… Inutile de décrire l’état d’un père dans cette situation… EU-PHO-RI-QUE !!! Et….. Impossible de se rendormir…

Nous passons la matinée à trouver un billet d’avion pour le bachelier et l’après-midi à siroter du rhum à «anse Michel » avec Pascal, Christelle, Cathy et les enfants, ça s’arrose !

Maël arrive le 09/07/09 et nous quittons la Martinique le lendemain. Le vent est plus faible et le courant plus fort que prévu. A chaque cri d’enthousiasme de Maël, ce sont des poissons volants qui s’écartent au passage de Badinguet ou des gros dauphins qui nous accompagnent comme pour saluer sa présence à bord.

Nous arrivons 3h plus tard à Rodney bay où nous ne faisons qu’une courte halte pour confirmer une nouvelle fois notre réservation de place de port. Nous passons une nuit agitée à « Malgré tout », au pied des pitons. Le courant est très violent et nous avons toutes les peines du monde à aligner le voilier « cul à terre » avec une amarre de plus de 50m.

Ensuite ce sont 6 jours de rêve que nous vivons tous les 3.

-          Nous jouons « seuls au monde » sur Morpion.

-          Nous nageons avec les tortues à Baradal. Pascale plonge seule et devient très à l’aise avec ces sympathiques animaux jusqu’au moment où…. Elle rencontre une petite méduse de 2 cm… Panique, cris, pleurs et la sortie de l’eau est chaotique, essayez de courir les bras en l’air avec des palmes au pied…

 

-          Maël fait des photos sous-marines fabuleuses avec son appareil Olympus étanche.

-          Escale à «Petit saint Vincent », 2 langoustes !

-          Un coup d’annexe à « Petite Martinique » pour acheter quelques fruits.

-          Une partie de Palmes-masques-Tubas mémorable à « Canouan », 6 langoustes !

-          Nous jouons « Pirates des caraïbes » à Walilabou dans les décors du film. Maël me porte sur ses épaules pour que j’attrape des avocats dans les arbres, juste retour des choses !

-          Nous immergeons nos peaux transpirantes dans l'eau transparente de « Mayreau » à discuter de rien du tout !

-          Nous plongeons sur les récifs des Tobago cays au milieu de poissons multicolores, ils nous regardent comme si c’était nous qui étions dans un aquarium ! 

-          Maël a fait connaissance avec les méduses, moi avec les oursins !

-          Un petit requin est venu voir notre bachelier assis dans 50 cm d’eau, sous les cocotiers, bière à la main, rencontre intense !

-          Rencontre exceptionnelle avec deux cachalots au Sud-ouest de Saint Vincent. Les gros mammifères se laissent approcher et nous avons enfin les photos après lesquelles nous courons depuis 1 an. (C’est Pascale qui les a vus en premier !)

-          35 nœuds de vent de face et mer grosse, 3 heures de galère à tirer des bords entre Canouan et Bequia, nous prenons un barracuda que nous relâchons.

-          Un rasta explique à Maël, pétard aux dents et punch en main comment découper les noix de coco à la machette…

-          Escale glace-internet à Clifton sur « Union ».

-          Nous passons 1h avec des pécheurs à Chatham bay, des moments que nous apprécions ensemble, Maël et moi.

-    Rencontre avec "Hulk" !

  

-          Langoustes, red snapper, avocats, ananas, mangues, etc. On n’a pas maigri !

-          Maël a découvert le dynamisme des douaniers du coin, la gentillesse des pécheurs et le harcèlement sympathique des boat boys !

-          Il fait 35° en moyenne et soleil chaque jour.

-          Un Fish-Friday à Anse la Raye avec Crabes farcis, mahi-mahi et musique à donf ! Retour en barque sous une pluie battante !

-          J’ai nagé des centaines d’heures au côté de mon fiston, le bilan est simple ; Une palme  cassée, un gant perdu, de grosses ampoules aux pieds.

Je suis complètement épuisé et Maël est en pleine forme ! Je mesure la différence d’énergie liée à l’âge et ça ne va pas aller en s’arrangeant.

Le bachelier s’en met plein les yeux et c’est tout ce qui compte… Car si on s’attache au désordre de la cabine avant, au fait qu’il nage en maillot de bain avec un slip dessous, à ses émanations gazeuses, à ses shorts qui lui arrivent sous les fesses, au fait qu’on ne peut rien lui dire quand il est occupé, qu’il a toujours raison, qu’il sait absolument tout sur tout, que sa peau ne craint pas le soleil et qu’il se lave chaque année bissextile,  là, on pourrait lui exploser sa tronche de gamin ! Mais il a droit de tout faire parce que…. IL A SON BAC !!!

En tous cas son enthousiasme et sa pêche nous font perdre 10 ans…

Quel plaisir intense, quelle densité dans le partage, que d’émotions en si peu de temps. Maël intègre une école d’ingénieur à Angers, l’E.S.E.O. (Ecole Supérieure d’Electronique de l’Ouest) Sa mère lui a trouvé un appartement de 35 m², la grande vie ! Il sera à 2h30 de Quiberon et 2h de Paris pendant 5 ans.

Si quelqu’un mérite le succès à cet examen, c’est bien Maël, je ne sais que trop d’où il vient et son parcours… Je suis si fier de toi, mon fils !

Retour au Marin le 18/07, calme plat dans le canal de Sainte Lucie mais le ciel est noir d’encre…Nous avons une place au port d’emblée, nous commençons à être connus, c’est cool ! Nath, Bruno et les 2 sauterelles ont une place juste devant nous, Marco, Enrica et Pablo sont à côté. Le vent se lève en milieu d’après midi, jusqu'à 40 nœuds dans le port, Badinguet est chahuté et les grosses bouées que me prêtent Bruno amortissent bien les embardées du bateau. 

Nous jetons un coup d’œil à Marcisa qui a bien reculé de 1m sur l’élasticité des amarres mais il tient bon. « Microbe » est au même ponton, nous étions avec eux à Cuba, nous les verrons plus tard, quand le temps sera plus calme.

Il pleut sans arrêt pendant 2 jours, les dernières heures de Maël sont noyées sous une pluie battante, nous sommes enfermés à l’abri. Quelle galère ces ondées tropicales !!!!

Nous repartons mardi matin pour Sainte Lucie et ensuite retour en France pendant 2 mois !

La traversée du canal s'effectue sans soucis. Nous passons au beau milieu de nombreux groupes de globicéphales mais comme les appareils photo sont restés chez Pascal et Christelle, pas de photo !

3 jours de rangement, nettoyage, rinçage, de galère ! Et Badinguet est abandonné à la place D10 de Rodney bay.

Le Ferry de la compagnie West indies nous ramène au Marin en 2h. Le pilote doit être sous champignons hallucinogènes... Il fonce tout droit à 15 nœuds avec son chalutier modifié pour le transport de passagers et les creux font 3 mètres !! Au bout d'1/2h, les 13 passagers sont debout, accrochés aux mains courantes, secoués comme des pruniers... Et oui, j'ai bien dit ; 13 passagers... 

Bruno, Nath et les filles nous accueillent dans la maison de la sœur de Nath, piscine, hamac, le paradis... Nous donnons un dernier coup de main à Marco qui remet ses grand-voiles sur sa goélette "Aquarius" et l'avion décolle du Lamentin, direction "terre de crise"... Les journaux que nous lisons dans l'avion parlent de licenciements massifs, agressions, attentats, Afghanistan nouveau Viêt-Nam, crise, chômage, etc.

Bienvenue dans le monde civilisé, dans ce que nous avons fait de notre société.....

 

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