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MARTINIQUE

 

21/12/08

Nous nous levons vers 8h. Il fait beau, je distingue nettement le fond, il n’y a pas beaucoup d’eau sous la quille. Une belle plage de cocotiers, puis quelques bouées rouges et vertes et enfin des centaines de voiliers au mouillage… Nous sommes dans "le cul de sac Marin" !

Le gars du port m’annonce à la VHF qu’il n’y a aucune place de port depuis 3 semaines et que la liste d’attente est longue !

Contraints, nous mouillons à nouveau juste avant le port dans un mouchoir de poche. Le zodiac est rapidement gonflé puis nous filons vers le ponton surchargé d'annexes. La marina est moderne, des restaurants, des bars Wifi, des magasins et les douanes qui me font remplir sur un de leur PC une clearance. Nous trainons, un peu désorientés, le long des quais puis passons 2 heures à répondre à nos mails.

Le nombre de bateaux qui atterrissent ici est impressionnant… Nous espérons avoir une place au port dans la semaine mais elle sera de courte durée, pas plus de 2 jours car il y trop de demandes… Il nous faut juste de l’eau douce et un coup de main pour grimper en haut des 2 mâts pour changer les drisses…

Nous essayons de joindre toute la journée Sylvaine et serge, des amis de Crosne qui sont à sainte Luce pour les vacances mais leur portable semble faire la sieste…

Le soir, nous dinons au TI’TOQUES, une côte de bœuf à l’os, des frites et des glaces… On retourne au bateau de nuit, beaucoup plus lourds qu’à l’aller… Heureusement que les contrôles alcotest ne concernent pas les annexes ! En fait, le plus difficile de la journée a été de retrouver Badinguet de nuit et avec 3 ti’ punch « Clément » dans le gésier…

En rentrant à bord, sous un grain, Pascale met en route sa première machine à laver des caraïbes…

 

22/12/08

Je me lève à 6h30 avec un gros lumbago ! Quand je dis « je me lève », c’est à 4 pattes que je vais chercher un anti-inflammatoire et une ceinture lombaire dans la pharmacie de bord ! Le contrecoup, peut être...

Sylvaine et Serge répondent enfin au téléphone et nous convenons d’un rendez-vous à 10h devant le Mango bay (le bar wifi branché de la marina).

Nous forçons un peu le passage entre les dizaines d’annexes pour nous amarrer puis nous retrouvons avec joie nos amis Crosnois. Ils sont déjà bien bronzés et nous emmènent nous baigner sur la plus belle plage de la Martinique, l’anse des salines. Nous passons plus de temps dans l’eau que sur le sable chaud et la journée balnéaire n’est coupée que par un déjeuner créole sous les cocotiers… Pascale et Sylvaine achètent des robes et des colliers pendant que Serge et moi plaisantons sur les vendeuses de robes et de colliers, chacun son truc !

Enfin, une journée de rêve, paradisiaque, à se mettre de la crème dans le dos, à se rouler dans le sable juste pour avoir le plaisir de se rincer, etc. L’eau est à 29,4°C et le rhum à 55° !!

Nous parlons du pays, de mes anciens patients, de Marie-Pierre, Dominique, Nico et Fred, mon successeur au cabinet de Crosne. Je me sens à la fois proche et loin de ce qu’ils me décrivent. En tous cas, c’est un véritable plaisir de partager ces instants avec eux.

Ce soir, nous les rejoignons avec notre Clio de location à sainte Luce pour un resto et pour encore une excellente soirée. Nous sommes passés au chantier Bénéteau, à la SNSM et à la capitainerie pour préparer l’arrivée de MARCISA. Le CROSS a également appelé le port pour confirmer la situation difficile de nos amis.

Ils nous ont dit tout à l’heure par Iridium qu’ils sont dans le mauvais temps, à 125 milles du Marin. Tout est prêt pour leur arrivée, Marc m’appellera lorsqu’ils doubleront la pointe Sud de la Martinique et je ferai le relais pour les autorités afin de les aider au mieux à manœuvrer avec leur safran en miettes ! On a hâte de les voir ! Et je lève mon verre à Marc, Isa et Doudou (leur yorkshire). Je ne sais pas dans quel état ils vont arriver demain en début d’après midi, quelle épreuve !!!!

J’ai trouvé de la drisse Spectra et de la gaine en Kevlar pour la protéger au niveau des réas, avec ça plus de problème de rupture, le seul problème est le prix exorbitant,  10€ le mètres et il m’en faut 40m au minimum et 180m au maximum !

Pascale met en route sa deuxième machine à laver !

La coque est pleine de petites algues ou organismes flottants non identifiés… Il parait que ce sont des anatifes !!! En tous cas, va falloir gratter !!!

 

23/12/08

Nous nous levons tôt, J’appelle de suite "MARCISA", ils sont à 5 heures de la Martinique par 30 nœuds de vent et 5 mètres de creux. Je les sens tendus au téléphone et leur confirme les directives du port. Ils viendront s’amarrer au ponton essence et Alain, un des employés viendra les aider avec la vedette de la marina.

Il est 10 heures lorsque nous partons voir l’état de la mer sur la côte Atlantique. Des grains violents barrent l’horizon et la mer est couverte de moutons…  Nous avons le temps de nous baigner encore une fois à l’anse des Salines puis nous retournons sur Badinguet, ils ne sont plus loin…

Vers 12h40, j’entends la voix de Marc sur le 9, il tente de joindre le port mais il doit être trop loin car ils n’obtiennent pas de réponse. Je prends le micro pour jouer les intermédiaires quelques minutes et les voilà qui empruntent le chenal balisé.

Nous partons en annexe à leur rencontre, ils ont des sourires qui en disent long sur leurs émotions. Pascale monte à bord de MARC-ISA pour aider à la manœuvre pendant que je les précède vers leur place de port.

L’amarrage se fait facilement grâce aux coups de poussette de l’employé du port. Quelles retrouvailles fabuleuses !

Nous passons de longs moments à les écouter nous raconter leurs aventures, Marc me montre les dégâts, Isabelle évite de peu une crise de tétanie et Doudou fantasme à l’idée de se laisser aller dans l’herbe grasse… 

Il est évident que le montage « BENETEAU » ne pouvait que céder vu les contraintes qu’il subit. Nous sommes plusieurs personnes à constater, stupéfaits, l’aberration mécanique du système. Non seulement, il va falloir réparer tous ce qui est cassé mais il faudra aussi modifier tous le système d’origine pour éviter la récidive… Il n’est pas reparti le « MARC-ISA » !

Nous dinons à bord de Badinguet avec Sylvaine et Serge. Pascale nous cuisine de la dorade avec des champignons à la grecque et du riz. En dessert, salade de fruit qu’Olivier (un petit commerçant de la plage des Salines) nous a préparé tout à l’heure en 5 minutes !!! Je n’ai jamais vu quelqu’un couper des fruits aussi vite et bien !

 

24/12/08

Le jour du réveillon, Marc monte en haut du grand mât pour repasser une drisse et vérifier le réa, tout semble en parfait état. Je commande sans réserve 38 mètres de Drisse Spectra avec un renfort en kevlar de 40 cm au niveau des frottements.

Ensuite, plage, baignades, plage, bronzage, baignades, repas rapide sous une paillotte, baignade…. Bref, une journée très agitée !!!

Le soir nous dinons dans l’appartement qu’occupent Sylvaine et Serge dans la résidence « Pierre et Vacances ». Ravioles de Foie gras, capellinis aux crevettes et saint jacques, tartelettes aux fruits, chassagne-montrachet, etc. Nous avons fait préparer des plats chez Ti’ toques et nous nous remplissons la panse jusqu’au dixième coup de 10 heures (après, on est trop crevé !)

On se couche vers 22h30, on n’est vraiment pas sérieux !!!

 

25/12/08

Je dessine les plans de la pièce qu’il faudra à Marc pour consolider son tube jaumière et sa mèche de safran. Ah, Eric, si tu étais là… Nettoyage du puisard et du filtre d’arrivée d’eau de mer sont au programme.

Je sors à l’aide d’un palan notre énorme radeau de survie du fond de son coffre… Quelle galère !

Si, par malheur, on doit un jour abandonner le navire en détresse et qu’il faut sortir cette fichue survie « 8 places » de sa grotte, on va vraiment en chier ! Elle doit peser aux environs de 45 kilos Monsieur AMEL !!!

Pascale inscrit sur chaque gilet de sauvetage le nom de notre voilier pendant que j'écope le fond du coffre (qui a tendance à laisser passer l’eau de pluie) puis range tous le bazar tel que je l’ai trouvé.

Nous sortirons la survie et l’amarrerons sur le pont pendant la prochaine grande navigation, on ne sait jamais…

Heu, sinon, journée identique à la veille mais avec encore plus de grains et de vent. Je sens que la suite du récit va être passionnante…

 

Du 25/12/08 au 02/01/09

Les amis navigateurs arrivent les uns après les autres, certains sont passés par la Barbade d’autres par sainte Lucie et tout le monde finit par se retrouver au Marin. Nous avons enfin une place au ponton et le sport national commence….

La règle du jeu est simple et la victoire difficile …  Il s’agit de retourner à son bateau sans boire un coup en chemin !

Pour gagner, il faut passer sans que les copains te voient…. Si tu te fais attraper à l’aller, il arrive que tu doives finir ton verre au retour, oui, oui, c’est arrivé !!! Et pas le droit de ramper !!!

Comme je suis plutôt nul en jeu de société, je perds tout le temps ! Marco et Isa sont sur le ponton de tous les dangers et pas moins de 6 bateaux sont susceptibles de les intercepter….

Soirée Punch, soirée galettes, soirée rhum, soirée bolognaise, etc. Les jours passent et nos foies ramassent…

Nous sommes invités par Pascal et Christelle, les amis de Marc et Isa pour le réveillon antillais. Boudins, colombo de cabri, gratin de cristophines, etc.…

La vie est vraiment dure de ce côté de l’océan…

Nous proposons à Marc et Isa de venir avec nous à Saint martin et ils acceptent sans réserve, nous sommes ravis. Leur voilier est au ponton et le chantier qui doit gérer l’avarie s’occupe de tout en attendant l’accord de travaux de BENETEAU.

 

03/01/2009

Il est 15h lorsque nous engageons le chenal de sortie. Juste devant nous Pen duick 6 arrive au mouillage, je sais que Françoise et Papy jean connaissent le skipper mais nous nous contentons d’un grand geste du bras en guise de salutation.

Nous passons entre la côte et le rocher du diamant, direction les 3 ilets dans la baie de Fort de France. A peine en vue de l’entrée de la baie, le vent se renforce et 25 nœuds de face nous engagent gentiment à faire demi-tour. Je préfère mouiller au calme, il est 16h30, demain sera un autre jour. La grande anse d’Arlet est bien abritée, fond de sable et plage de cocotiers...

 

 

 

 

MARTINIQUE - LES SAINTES

 

 

04/01/09

Lever 4h ! Marc me rejoint 5 minutes plus tard et nous quittons le mouillage dans le noir. Le vent d’Est nous fait traverser à 7 nœuds la grande baie de Fort de France puis, à l’abri de la montagne pelée, nous nous dégageons au moteur de la côte Martiniquaise.

Les canaux entre les iles des Antilles sont connus pour être des couloirs à vent redoutables. Tout juste après la pointe Nord de l’ile, le vent de Nord-est puis d’Est nous cueille à froid et il faut rapidement réduire la toile. La mer est creuse et Badinguet avale les milles goulument dans la pénombre.

Le bateau prend une gite de 20° et les secousses finissent par réveiller nos 2 dormeuses !! Isa est la dernière à émerger. Un pyjama rose fuchsia surmonté d’un grand sourire nous avoue que par moment, elle ne touchait plus sa couchette !!!

La traversée du canal de la Dominique dure 3h30 puis nous sommes à nouveau sous le vent de l’ile. Tantôt, largue, vent arrière ou au près serré, le moteur est un atout précieux pour remonter ces iles sur la côte caraïbe. Quelques dauphins timides nous accompagnent au petit jour, on aperçoit les Saintes au Nord, notre destination. Le canal des Saintes à la Dominique est moins violent que le précédent et Badinguet engage la passe des dames à 7 nœuds vers 16h.

Nous contournons Terre de haut par l’Ouest puis mouillons Anse du bourg devant le petit village des Saintes.

Le mouillage est chargé et un énorme 3 mâts moderne, vient s’ancrer juste derrière nous… On dira que c’est notre annexe !!!

Nous plongeons dans l’eau claire, l’endroit est magnifique.

Encore dégoulinant, nous quittons le bord en annexe (la petite !) pour faire quelques pas dans le bourg. Un ti' punch Bologne-miel et 3 planteurs hors de prix plus tard, nous retrouvons Badinguet pour la nuit. Doudou, le yorkshire de Marcisa ne fera pas sa crotte sur le pont aujourd’hui !

 

05/01/09

Une belle journée en vue, le vent est tombé et nous commençons à transpirer vers 7h du matin !

Nous retrouvons Gilles et Mireille, nos voisins de ponton du Marin sur leur 52 DS flambant neuf arrivé une semaine plus tôt par la barge de Toulon. Ils nous invitent à l’apéro ce soir, pani pwoblem !

Visite de la maison-bateau du Docteur, du fort Napoléon, balade jusqu’à l’église, la poste et les petits restaurants avec Doudou, ravi de gambader au milieu des iguanes et des colibris !

Je découvre avec émotion les récits des batailles de Nelson, la violence des combats, l’étendue des dégâts causés par les boulets de canon. Mais surtout, ces manœuvres incroyables pour utiliser le vent au beau milieu des centaines de vaisseaux plus ou moins en ligne afin d’isoler puis couler les navires français… Ce damné stratège Anglais a englouti la moitié de notre flotte… Espérons que le 15 de France nous vengera encore une fois cette année !

Vers 15h, nous partons en annexe chasser autour  de l’ilet à Cabrit. Pascale et Isa jouent avec le chien sur la plage et discutent en ramassant des coquillages.

Je repère 2 langoustes dans 2 mètres d’eau et je leur arrache les antennes alors qu’elles se tapissent un peu plus profond dans leur trou. Pour me calmer, je flèche 3 mombins et un perroquet. Le reste de l’après midi se passe dans l’eau à 28° à siroter des sodas en attendant l’apéro.

Nous passons la soirée sur le 52 DS de Mimi et Gigi. Ils retournent à Saint Martin où ils possèdent une résidence secondaire.

Après diner, Marc et Isa nous donne une leçon de tarot puis dodo !

 

LES SAINTES - GUADELOUPE

 

06/01/09

Nous partons en milieu de journée et c’est toujours la même chose. Un vent capricieux sous le vent des iles et un alizé bien frais avec une mer formée dans les canaux. Nous atterrissons à Deshaies au Nord-Ouest de la Guadeloupe, excellent point de départ pour des navigations vers le Nord. L’anse est ventée mais le mouillage abrité et les voiliers arrivent à la queue leu leu derrière nous. Un petit tour à terre pour avitailler et nous passons une nuit calme malgré les rafales à 20 nœuds qui balayent le mouillage.

 

ANTIGUA  

 

Il est 5 heures du matin, Marc est sur le pont à décrocher l’amortisseur de mouillage. Je mets en route et nous prenons un cap plus à l’est vers Antigua.

Le vent d’Est est bien établi et une fois les voiles réglées, on discute, on chante (surtout Isa qui a dû être bonne sœur dans une autre vie), on rit et on ne pleure que si l’apéro ne vient pas.

Pour calculer l’heure de l’apéro, tous les marins font la même chose et finalement le sextant est beaucoup trop compliqué…. Vous écartez le pouce de l’index au maximum et vous diriger cette mesure « manuelle » vers l’horizon du coté du soleil. Si l’index touche le soleil et le pouce l’horizon, C’EST L’HEURE DE L’APERO, PON DIEU !!!

English Harbour, dans le Sud d’Antigua est, une fois de plus un repère de Nelson et l’endroit est bien dissimulé du large. Nous sommes émerveillés par la vue qui s’offre en passant le lacet de 90° à l’entrée de la passe. Une tortue sort la tête de l’eau, remarque que nous sommes Français et replonge devant une plage magnifique bordée de cocotiers. Le goulet continue jusqu'à la mangrove et se termine par un petit port encadré par de vieilles demeures en granit et des grands blacks de 2 mètres qui parlent anglais avec un accent à tuer une vache à 100m!

    

Nous débarquons sur l’ile avec Marco pour remplir les formulaires de clearance et nous tombons sur un nid de King Kong !!! Même les douanières font 2 mètres !! En plus ils n’ont pas le sourire et nous payons, remplissons des feuilles et des feuilles puis payons à nouveau sans piper mot… Ils sont un peu trop balèzes dans l’coin !!!

Après 2 heures de formalités, nous quittons enfin l’office de l’immigration puis partons à pied sans Doudou (interdit de séjour) vers Falmouth Harbour. Les yachts sont plus gros et plus beaux les uns que les autres. Des équipes de king-kong s’affairent à reluire les gelcoats et les vernis pendant que nous déambulons nonchalamment sur les pontons entre une eau transparente et une peau transpirante...

Nous terminons la journée à jouer avec des raquettes sur la plage de cocotiers puis retournons à bord pour cause d’apérosite aigüe !

 

07/01/09

Réveil à l’aube, nos charmants invités sont toujours aussi souriants et sympas malgré un léger mal aux antennes causé par le rhum d’Antigua !

Badinguet contourne l’ile par le Sud en zigzaguant entre les patates de corail avec la criminelle au cul ! (La criminelle est une ligne de pêche spéciale pour 5 et 10 mètres de fond à une vitesse de 3 nœuds). Une carangue jaune, un mérou et 2 Vivaneaux se font piéger mais nous ne les mangerons pas car la ciguatera dans ces eaux affecte les mérous et les carangues… Ne prenons pas de risque !

 

Nous mouillons devant Joly Harbour en totale infraction avec notre clearance de sortie mais on s’en fout. Nous n'avons aucune envie de refaire tout un tas de paperasse pour quelques heures… . Doudou saute dans l'annexe, ras le bol de rester à bord !

Isa nous fait des crêpes « A S’TAP  »

 

SAINT BARTH

 

08/01/09

Départ à 5 heures avec Marc, Pascale nous rejoint rapidement pour les petits déjeuners et nous filons à 7.5 nœuds sous genaker tangonné vers Saint Barth.

Premier départ de ligne 1 heure après le départ, un thazar ! Dans les heures qui suivent, nous prenons un barracuda, 3 bonites, un coureur Arc en ciel, un thon jaune et une belle coryphène pour finir. Jamais nous n’avons pris autant de poissons différents en si peu de temps. Isa qui adore pêcher est aux anges. Entre les iles, il y a souvent des haut-fonds de 30 à 50m. Ces plateaux, bordés de tombants qui descendent à plus de 1000m, sont souvent très poissonneux.

Nous mouillons au milieu des méga-yachts devant Port Gustavia. Derrière nous « Maltese Falcon », allume ses spots de barres de flèche et les autres vaisseaux spatiaux font de même sous un ciel étoilé… Que de pognons sur ces flots !!! Un petit tour à terre en trimballant un sac poubelle plein à craquer au milieu des boutiques de luxe et autres bars select… Le sac finira sur le quai, je n’ai pas l’impression qu’ils connaissent les poubelles sur cette ile de tarés !

 

SAINT MARTIN

 

09/01/09

Départ tranquille vers Saint Martin. Nous faisons quelques tours et détours entre des voiliers à 3 coques, à 5 mâts et avec des annexes de la taille de Badinguet…

   

Il y en a même un qui ouvre son flanc devant nous pour découvrir deux magnifiques vedettes RIVA !!!

La mer est formée et je téléphone plusieurs fois à Arnaud, le père de Pascale puis à son ami Wilfried qui m’explique le passage difficile qui nous attend à l’entrée d’Oyster pond. Il m’apprend également qu’il n’y a plus de voiture de location disponible avant des semaines mais qu’un ami à lui, Joël nous emmènera où on veut. Génial, merci Wil ! Wilfried a un appartement sur place et il a déjà négocié avec la Capitainerie, une place au port pour que nous puissions rentrer en France sereinement en février.

25 nœuds de vent de NE et une mer forte nous bouscule dans le passage mais Badinguet arrive à l’abri dans Oyster point. Nous sommes placés au quai d’honneur, devant le resto de Captain Oliver.

 

 

Joël  nous rejoint et nous emmène dés le début d’après midi à « Budget Marine » côté hollandais pour dépenser des sous.

J’achète un chargeur de quai 24V/25A, une girouette-anémomètre ST60+ RAYMARINE, un ventilateur, des leurres et j’en passe… Marc se jette aussi sur l’électronique de bord qui est nettement moins chère que chez nous… D’ailleurs c’est où chez nous ?

Bref, on ressort de là des sacs pleins les bras et retour au port pour cause d’apérosite chronique cette fois !

 

10/01/09

Visite de Philipsburg et de sa "front street" pleine de touristes et de magasins détaxés. Les énooooormes bateaux de croisières déversent plusieurs milliers de grassouillets amerloques, bracelet d'identification au poignet et les mains dans les poches pleines de dollars. Les prix sont intéressants pour l'électronique, l'électroménager, les camera, les appareils photos ou les téléphones… J’achète donc un grille-pain et un mixeur pendant que Pascale achète des fringues. Elle a même trouvé avec Isa un teeshirt qui change de couleur au soleil… C’est quand même moins utile qu’un mixeur, non ? Faudrait inventer un teeshirt qui grille le pain !!! Le soir, Marco monte en haut du mât pour installer le nouvel aérien.

 

11/01/09

Retour à Budget Marine avec Joël qui nous fait bénéficier de ses réductions. En fait, le magasin est détaxé, on paye en dollars et L’ami de Wilfried nous fait gagner encore entre 10 et 30% de discount, ce n’est pas le paradis ça ?

Je passe le reste de la journée avec Pascale à faire concilier des billets d’avion vers la France avec la réservation du port, les vacances scolaires de Maël, le retour avec Papy jean et Françoise… Et on y arrive ! 

Nous serons sur le sol de "Sarko le troll", lundi 9 février à 6h00, ensuite TGV vers les parents de Pascale pendant quelques jours. Je repartirai seul jeudi 12 ou vendredi 13 voir Maël en Haute Savoie (j’espère que les copains m’hébergeront !), Pascale me rejoindra la semaine d’après. Ensuite retour à Carqueiranne puis Paris vers le 26/02 pour reprendre l’avion en compagnie de Papy jean et Françoise le 03/03/09.

 

12/01/09

Départ de Oyster pond vers 11h après avoir rempli le réservoir de Badinguet de gasoil détaxé. Nous rejoignons Phébus devant Gustavia à Saint Barth pour passer une soirée bien arrosée dans un troquet un tantinet hors de prix !!! Mais quelles retrouvailles avec nos amis du cap vert. "MarcIsa" retrouve son escorteur de la transat. Après avoir réglé la note pour le moins indigeste, nous finissons sur Badinguet autour d'un digestif.

 

SAINT KITTS  

13/01/09

La météo annonce un coup de vent d’Est de 30 Nœuds et nous commençons à ranger l’annexe lorsque la vedette de la capitainerie me demande de passer à terre pour remplir les formalités. Je lui réponds que je préfère filer pour me mettre à l’abri sous Saint kitts. Sa réponse est claire, si je ne vais pas à terre dans la seconde, il m’envoie les douanes et je risque de chanter un autre air… Je lui réponds qu’il n’y a pas de douane à Saint Barth et que s’il en trouve qu’il les envoie… Pas décontenancé pour un sous, il me balance qu’il va m’envoyer la gendarmerie… Assez jouer, je passe un coup de VHF à Franck qui vient de subir la même attaque ! Il est dans une colère noire et vient me chercher à bord de son annexe «Caribe».

10 minutes plus tard nous sommes comme deux brebis derrière un long troupeau qui poireaute au guichet de la capitainerie. 1 heure de paperasse et de taxe de mouillage plus tard, nous ressortons dégoutés avec une furieuse envie de foutre le camp !

Le vent s’est bien levé comme prévu et la mer accuse des creux de 3 à 4 mètres. Badinguet file sous voilure réduite vers le Nord de Saint Kitts. Pascale dort, Isa fabrique sa 412ème  touline et Marco veille au grain et sur Doudou qui roupille dans sa panière renversée.

D’après le Patuelli (Guide nautique des Antilles), les déclarations d’immigration doivent se faire à Basseterre mais il n’y pas d’indication précise sur le petit port que nous devinons sur la Carte. J’appelle sur le 9 puis le 16 et une voix anglaise avec un fort accent du bout de la galaxie me répond… Je lui demande en articulant s’il y a de la place pour une nuit ou deux et la réponse est en Turkestan-chinois !!! Impossible de déchiffrer un mot. Nous sommes devant l’entrée du petit port avec 30 nœuds de vent dans les oreilles… J’essaye une nouvelle technique et je m’arrange pour qu’il n’ait à répondre que par "Yes" ou "No". Du genre, y a t’il une place pour la nuit ? Mon bateau est-il trop long ? Puis-je entrer dans le port maintenant ? Etc. Et alors là, c’est Eurodisney, il baragouine tellement que Marc, Isa et Pascale commencent à se marrer, pas moi !!

Nous plions l’annexe, pare-battages et amarres en place, propulseur d’étrave prêt à fonctionner et j’engage l’étroit goulet… Il y a des piquets, il va falloir glisser notre voilier comme un suppositoire… Un petit catway contre le quai vient compliquer encore un peu le travail mais avec l’aide de tous, nous amarrons Badinguet bien serré… Le suppo est passé !

Le gars de la capitainerie arrive et m’explique que je dois aller immédiatement en taxi à la douane. Je le fais répéter 3 fois en lui expliquant calmement que quand il parle vite, je ne comprends rien !!!

Le chauffeur du taxi a le même accent à couper à la disqueuse, la discussion va être riche… Il n’arrête pas de causer et je finis par couper court à toute discussion en lui disant que je n’ai pas d’argent… Là, comme si la grâce lui était tombé dessus, il me demande très distinctement si je veux aller à un distributeur… arrivé devant l’automate, je tape mon code et la machine me renvoie un « code faux », je recommence en le changeant et vlan, même réponse. J’arrête les frais, si ma troisième tentative est erronée, je n’ai plus de carte ! 

- Ouahhhhh, j’ai oublié mon code de CB, merde alors !!! Il va être content le taxi !!!

Je retourne m’installer à côté de lui et lui raconte mes petites aventures et je confirme, il est content le taxi !!!    

Les douaniers sont très sympas et les formalités se passent dans la bonne humeur. Doudou doit rester à bord, il n’est pas autorisé à poser une patte sur le sol, d’une ancienne colonie britannique !

Je retrouve au fond du porte feuille de Pascale quelques EC Dollars (Est Caribean Dollars) et paye le chauffeur qui repart dans une discussion incompréhensible ! Je retrouve Pascale, Marcisa et Doudou à bord.

Il fait presque nuit et discrètement Isabelle promène son chien, ravi de marquer son territoire en terre ennemie ! Il n’y a pas d’eau et le quai est en 110 V. Un petit coup de groupe électrogène et le tour est joué.

   

Du 14/01 au 16/01/09

Les navires de croisière américains se succèdent et les touristes se précipitent dans les bijouteries détaxées. Les passagers sont souvent âgés et handicapés et un garde du corps les accompagnent lorsqu’ils achètent des bijoux de valeur. Isa et Pascale courent les boutiques, surfent sur Internet et (nous l’apprendrons plus tard) jouent au casino !

Marc monte en haut du mât pour la 5ème fois, la nouvelle girouette ne fonctionne toujours pas et nous testons les éléments un par un… J’installe le nouveau chargeur de batteries mais les 110V du quai ne m’engagent pas à vérifier son fonctionnement. Ce chargeur est quand même supposé fonctionner indifféremment en 50 ou 60 hz et en 110 ou 220 Volts !

Nous profitons de la plage de Frégate bay ou nous ramassons un joli grain en sirotant un soda sous une paillotte.

Je rempli la clearance de sortie directement au port en profitant de la présence d’un paquebot. La météo se calme, nous partirons demain.

 

MONTSERRAT

 

17/01/09

Il est 8 heures, il y a 20 nœuds de vent par le travers et nous sommes coincés par ces 2 piquets, la manœuvre de port va être périlleuse…

Je ne vais pas m’étendre sur la technique mais la proue de Badinguet dépassant des pieux et ce fichu petit catway contre lequel le vent nous pousse, aie, aie, aie !

Pascale surveille le ponton avec une bouée à la main, Marc et Isa sont à l’avant pour récupérer les amarres que nous avons pris soin de dédoubler tôt ce matin… Et c’est parti, moteur à fond, propulseur en marche et nous rasons le piquet de droite à 3 cm !!! Ouf, heureusement que nous étions trois. Adieu Saint Kitts, direction le Sud.

Nous longeons Nevis en repérant les mouillages pour la prochaine fois puis traversons le canal de Montserrat, dans lequel un vent de Sud-est contrarie notre route. Au près serré, avec 20° d’écart sur notre cap, nous finissons par tirer un long bord pour rejoindre Little bay au Nord de l'ile de Montserrat.

L’air empeste le souffre et le ciel est noir de nuages et de fumées. La crique est moche, sans intérêt mais l’abri est bon et la tenue saine.

Nous mouillons à côté d’un Oyster 62 skippé par des allemands. Je les invite à venir chercher une clé USB sur laquelle nous avons mis quelques photos de leur voilier sous un grain lorsqu’ils nous ont dépassés en cap (pas en vitesse, l’honneur est sauf !).

Ils sont tellement contents qu’ils nous offrent une bouteille de rhum en remerciement, Sympas !

 

MONTSERRAT - GUADELOUPE

 

18/01/09

Il est 5 heures, les grains fouettent le bateau et je reprends une météo par Iridium pour m’assurer de la suite des événements. Toujours sous un régime d’alizés humides donc pas de problème, je réveille Marco et nous relevons le mouillage sous une pluie battante. Nous longeons la côte vers le Sud au moteur lorsque le soleil se lève sur un spectacle de désolation… En 2005, l’éruption de la soufrière de Montserrat a complètement ravagé Plymouth. Toute une ville est sous les cendres et la lave séchée. Une zone de sécurité a été décrétée et il est interdit de s’approcher à moins de 2 milles de la côte Sud de l’ile… Badinguet s’approche à 0.7 mille et nous mitraillons les ruines et les profondes failles qui témoignent de la violence des éléments. Je préfère ne pas m’approcher plus prêt car les fonds ont été considérablement modifiés par les coulées. Marco est au caméscope, Isa et Pascale aux jumelles et moi avec mon appareil photo.

Montserrat s’éloigne et en arrivant sur un haut fond, la ligne part et des filets de vivaneaux de belle taille viennent remplir le congélateur.

Le vent faiblit et s’oriente Sud, impossible d’aligner la Guadeloupe, nous allons encore tirer un bord au diable vauvert. Vers 16h, nous mouillons dans l’anse des 3 tortues, extraordinaire petit mouillage coincé entre 2 cailloux sur la côte sous le vent de la Guadeloupe. Il y a peine de la place pour 3 voiliers et nous avons la chance d’être le troisième !!! Baignade et plongeons, Doudou nous mords les orteils de joie et dépose une magnifique crotte sur le pont de joie aussi !

 

 

GUADELOUPE - LES SAINTES 

 

19/01/09

Départ tranquille vers Pointe à pitre mais la passe des Saintes est rude et 25 nœuds d’Est nous rabattent vers les Saintes… Nous mouillons sur l’ilet à Cabri,  le vent est capricieux et nous nous retrouvons un peu trop nombreux à mon gout à éviter dans tous les sens !

Après une longue baignade, nous nous déplaçons vers petite anse derrière le pain de sucre. Le vent y est régulier et Badinguet s’aligne sans problème entre ses voisins. Nous partons à terre boire un coup dans la taverne de Jacques BOONE et nous faire bouffer les pattes arrières par les moustiques… Retour à bord pour une bonne nuit de sommeil.

 

LES SAINTES - GUADELOUPE

 

20/01/09

Notre angle est meilleur pour aligner Pointe à Pitre et nous repassons le canal des saintes dans l’autre sens. 3 heures de près plus tard, nous nous amarrons sur ancre le cul à la capitainerie de la Marina de Bas du fort. AMEL nous attend pour la révision du bateau…

Le mécanicien intervient en premier et fait la vidange + Changement des filtres + rotor d’eau de mer. Je lui montre la fuite d’huile que je traine depuis 3 mois et rapidement, il m’explique que le joint de palier de vilebrequin est à changer, qu’il faut désaccoupler le moteur, le lever avec un palan et remplacer la pièce ! C’est tout !  Je suis inquiet car la réparation semble sérieuse et implicitement onéreuse… Il doit vérifier s’il a le joint en stock… GULP !

Les techniciens AMEL arrivent à leurs tours, toujours aussi efficaces et sympas. Ils prennent le temps de répondre à mes moultes questions, et changent les joints des moteurs de bôme et d’enrouleur qui fuyaient. Ils déposent sur Badinguet les nouvelles drisses, écoutes et balancines. Je profite de l’escale pour leur acheter des serrures de placard et des ampoules de projecteurs de pont.

En nous promenant sur les pontons, Marc et moi faisons la connaissance d’un couple de Norvégiens propriétaires d’un Océanis 43. Ils ont eu exactement les mêmes avaries graves que "Marcisa". Bénéteau a un sérieux problème avec ses bateaux !

 

21/01/09

Vers 10 heures, nous plaçons le voilier dans un dock équipé de ballastes et lentement le Super Maramu remonte au sec. Carénage, Antifouling, changement de la bague de propulsion et graissage de l’hélice sont au programme des 2 jours en cale sèche.

La Guadeloupe est paralysée par une grève générale, les manifestants bloquent toutes les stations services et la situation semble tourner à l’émeute. En sortant du chantier, nous découvrons l’étendue des dégâts. Des voitures sont retournées au milieu de la chaussée et d’énormes tas d’ordures, de poubelles, de gravas et de parpaing bloquent la circulation ça et là… Comme nous avons du gasoil à bord, nous louons une voiture diesel et partons acheter du Bologne à Basseterre puis baignade après un délicieux déjeuner local sur la côte sous le vent.

Le soir nous crevons un pneu sur les restes d’un barrage et il faut déposer sur le trottoir quelques 45 litres de Rhum pour accéder à la roue de secours, oups !

 

22/01/09

La note est salée et la prochaine fois, nous ferons l’antifouling nous même !

De retour au port, le mécanicien revient avec son joint de vilebrequin et désosse le moteur pendant que Marc-Isa et Pascale partent sur la plage de l’ilet Gosier entre deux émeutes.

Les voisins viennent m’acheter 60 litres de gasoil que je garde dans des bidons. Nous gagnons quelques euros et eux la possibilité de rouler, tout le monde est content !

 

GUADELOUPE - DOMINIQUE 

 

 

23/01/09

Départ vers 8h, plein Sud ! Nous pêchons un thon jaune dans le canal de la Dominique puis à peine sous le vent de l’ile, une barque rouge se rapproche et Ravioli (le piroguier) nous souhaite la bienvenue. Il nous accompagne jusqu’au mouillage de Portsmouth où nous prenons un corps mort pour 10 USD. De nombreux voiliers occupent cette jolie baie ventée et Ravioli nous emmène au village pour une petite visite du coin.

Toujours ces épaves qui jonchent les rivages, carcasses éventrées, vestiges du passé cyclonique  des petites Antilles.

La route qui longe la côte est bordée de petites baraques en bois peintes de couleurs vives. Les Dominicains au volant de leur gros 4X4 nous saluent en nous souhaitant la bienvenue en français.

 

DOMINIQUE - MARTINIQUE

 

24/01/09

Une fois de plus, nous quittons le mouillage de nuit sous des grains violents. Le canal de la Martinique s’annonce chaud !

Les vagues atteignent 4 mètres et un vent du Sud-est nous oblige à tirer un bord très au Sud. Puis, lentement mais surement il s’oriente vers l’Est et nous pouvons enfin aligner un cap correct. Un groupe de 3 baleines passent juste devant le bateau à la grande joie de tout le monde puis la côte Martiniquaise se dessine entre 2 grains.

Nous croisons au large KOUMEA (rencontré au Cap vert), et nous discutons un moment bord à bord avec Eric et Anne-Marie. Ils partent vers le Nord et nous descendons vers le Sud, une autre fois peut être !

Nous mouillons à Saint Anne de nuit après avoir tirer quelques bords pénibles…

Ce petit tour de 3 semaines  m’a appris que chaque ile, quelque soit sa taille ou sa forme est un abri potentiel et qu’il est toujours possible de mouiller sous son vent. On peut rouler un peu (des fois beaucoup), on peu se faire secouer par quelques rafales, on peut mal dormir mais le bateau est en securité.

Inutile de se focaliser sur les endroits recommandés, en ces lieux, on peut se reposer chaque nuit à l’abri et naviguer toute la journée !

 

25/01/09

Nous engageons le Marin à la première heure, Marc, Isa et Doudou retrouvent leur voilier qui doit partir au chantier dans 2 jours.

Nettoyage, lessive, plein d’eau et encore quelques dangereux apéros en vue.

 

26/01/09

"MarcIsa" ne sortira de l’eau que dans 3 jours car la grue est en panne aussi !

Marc passe la moitié de son temps à faire des allers-retours en haut de notre mât pour trouver une solution pour fixer l’aérien de la girouette B&G cassée. Nous mangeons tantôt sur "MarcIsa", tantôt sur Badinguet.

 

27/01/09

A la recherche de pattes de fixation en alu, je tombe nez à nez avec Sophie et Xavier de "Dugong" !!! Ca alors, quelle surprise, mais ils ont l’air affectés !

Ils viennent à bord et nous racontent leur démâtage à 450 milles de l’arrivée ! Leur bateau est au ponton depuis 48 heures, ils ont mis 18 jours et terminé leur transat avec un tangon et un bout de trinquette en guise de mât !!!

Nous sommes scotchés par la nouvelle. Je vais voir en annexe le pauvre "Dugong" pour prendre quelques photos et discuter avec Xavier . Je ne sais trop quoi dire devant une telle avarie et vérifie dés mon retour à bord l’état de notre étai !!! Tout va bien c’est du solide comparé au feeling 39.

Xavier naviguait sous génois seul et avec les sautes de vent, la goupille qui verrouille le ridoir de l'etai sur la cadène a cédée. Quelques millimètres d'inox qui casse et des dizaines de milliers d'euros au fond de l'océan !

Le frigoriste recommandé par Amel monte à bord pour réparer notre clim. Avec sa longue barbe blanche et ses cheveux hirsutes, il n’arrête pas de jurer et de critiquer Les climatisations « Frigo-boat dans un langage très « imagé »… C’est de la merde, ça le fait chier, bref, on n’est pas prêt d’avoir froid !!!

Pendant que Robinson Crusoë s’arrache les cheveux en insultant le boitier électrique défaillant, je prépare la navigation de demain.

Marco arrive pour monter une dernière fois au mât et il fixe solidement l’aérien, ça fonctionne !!! Merci mon ami !!!

Les Marc-Isa et les Dugong arrivent pour diner et nous dressons la table sur la superbe nappe qu’Isabelle vient de coudre pour pascale. Doudou retrouve le pont de Badinguet qu’il a arrosé pendant 3 semaines et nous dégustons une tarte au chèvre-tomates et une quiche puis une mousse au chocolat qu’Isa à apportée.

La discussion est animée entre Marc, militaire de carrière qui a 25 ans de baroude dans les coins les plus reculés d’Afrique et Sophie, très investie dans son action humanitaire. Les verres se vident dans la bonne humeur et vers 1h du matin, le ventre plein, chacun rejoint son lit flottant.

 

 

28/01/09

Réveil avec un mal aux antennes conséquent, petit déjeuner au doliprane et j’envoie bouler le frigoriste au téléphone. Je me renseigne chez « Frigoboat » de Guadeloupe sur les références du boitier électrique et demande par mail à Arnaud de nous commander la pièce en France !

Nous déjeunons à bord de Marc-Isa en compagnie de Pascal, Christelle et leurs filles Margot et Mathilde. Marc a été malade une partie de la nuit, va falloir se calmer !

Nous quitterons Le Marin demain car je ne suis pas en état de naviguer, un petit régime à l’eau s’impose Nous irons mouiller à grand anse d’Arlet.

Badinguet retourne à Saint Martin pour un mois... Pendant notre séjour en France.

 

MARTINIQUE - DOMINIQUE

 

29/01/09

Départ dés l’aube du port du Marin, le moteur hors-bord de l’annexe ne fonctionne plus… Sous un vent d’Est, les paysages du Nord de la Martinique défilent rapidement sur tribord. Marc et Isa sont restés pour suivre les travaux de leur Océanis. On s’était bien habitué à eux, ça nous fait drôle de n’être plus que 2 ! Pas de nouvelle de « Dugong », ils ne sont pas venus nous voir, ils ont dû être occupés avec l’expertise de leur bateau… Nous espérons les revoir en France au mois d’août.

Le canal de la Dominique est fidele à sa réputation, 4 mètres de creux et 25 nœuds de vent établi, rafales à 30 !

Nous prenons enfin du repos sous le vent de la l’ile lorsqu’un paquebot battant pavillon des Bahamas quitte le port de Roseau.

Il fonce droit vers nous sans se soucier de notre route ! Nous sommes à la voile au largue et ce gros sac a tout le temps de nous passer derrière mais il ne se déroute pas… Je garde mon cap et Pascale commence a se demander à quoi je joue. La route de collision se confirme et on commence à voir de l’agitation sur les ponts supérieurs mais je maintiens le cap. D'un coup, comme s’ils venaient de me remarquer, 3 officiers sortent sur la passerelle et les énormes propulseurs se mettent route, le bateau de croisière de 183 mètres de long tourne lentement mais pas suffisamment et je mets le voilier en panne pour le laisser passer. Les passagers en maillots de bain nous font des grands signes amicaux et nous les saluons en souriant. Je pense que ces idiots ont eu peur d’être responsables de l’abordage d’un voilier. Peut être respecteront-ils un peu plus les règles de navigation mais surtout de courtoisie !

Le mouillage de Portsmouth est en vue. Ce n’est pas Ravioli qui nous accueille dans sa barque rouge mais Antonio Banderas !

20 nœuds de vent toute la nuit, on ne dort pas vraiment, on ouvre un œil dés que Badinguet louvoie sur son ancre…

 

DOMINIQUE - GUADELOUPE

30/01/09

Il fait nuit lorsque nous quittons ce mouillage venté. Plusieurs voiliers sont candidats au départ en même temps et c’est à la queue leu leu que nous partons sous les premières lueurs de l’aube. Je contourne la pointe et lâche 100 mètres de traine, que la pêche commence !!! A peine installée, la canne se plie et 1/4h plus tard une bonite se fait gaffer, Badinguet s’alourdit de 9 kilos ! 

Un voilier, on dirait un RM, en a profité pour nous passer devant ! Il bat pavillon hollandais et il vient de déclarer la guerre à la France !! J’envoie la toile en restant prudent car le canal du Nord de la Dominique peut s’avérer aussi méchant que celui du Sud… Nous reprenons vite du terrain sur notre adversaire… Le vent se renforce et s’établit à l’Est, 20 nœuds apparents, 30 réels. Il tourne ensuite et s'établit au Sud-est donc entre largue et grand largue pour notre allure…

La course est lancée, 7 nœuds puis 8 puis 10 puis 12 !!! J’envoie tout ce que je peux, il est toujours devant nous mais l’écart diminue. Tous les voiles sont dehors, 20 degrés de gite, des surfs à 14 nœuds et il si je pouvais mettre mon slip kangourou en guise de spi, je l’enverrai, je ne veux rien lui lâcher ! Badinguet rugit et coupe les vagues à la hache. Nous sommes tout prêt de lui, je m’écarte des Saintes pour garder du vent et il coupe au plus court, il sera bientôt à portée de canon, nous coulerons le hollandais ! Quelle belle manœuvre, nous lui prenons une courte tête mais il enroule sa trinquette et envoie le génois, le voilà qui repasse devant… Cela fait 6 heures que nous bataillons bord à bord, aller Badinguet, tu peux les avoir. Je fais la manœuvre inverse sur le Sud Guadeloupe car je sais que le vent pousse jusqu'à Basseterre donc je rase la côte et lui s’écarte !!! Nous lui reprenons quelques dizaines de mètres et nous avons le dessus du vent, préparez les pièces d’artillerie Bâbord !!! Nous sommes 30 mètres derrière lui au niveau de la ligne d’arrivée fictive que je m’étais fixé mais quelle belle journée.

J’explique à Pascale qui n’a plus un poil de sec que c’est la plus belle navigation de ma vie, 8 heures de course pour terminer dans un mouchoir de poche avec une moyenne de 10 nœuds, ouahhhh !!!

- Femme, donne-moi un ti’ punch que j’oublie cette course !!!

Nous mettons le moteur en route sous le vent de l’ile et atteignons l’anse de Deshaies vers 14 heures où nous mouillons très en retrait par 15 mètres de fond vue l’affluence !

Nos adversaires du jour arrivent 2 heures plus tard avec un Wahou d’1m40 accroché au portique et ils nous en offrent ! Nous sommes battus à la course, mais à la pêche, c’est l’humiliation.

- Femme, donne-moi un autre ti’ punch que j’oublie cette pêche !!!

Une magnifique tortue se promène en surface autour du voilier, Pascale et moi restons silencieux pour ne pas l’effrayer et le spectacle est magique.

La nuit est calme, trop calme et les bateaux évitent dans tous les sens.

 

  GUADELOUPE - SAINT KITTS

31/01/09

Le réveil du téléphone sonne à 5h30, Nous aurions pu couler le hollandais pendant son sommeil mais nous ne voulons pas perdre de temps… 85 milles à parcourir vers le Nord-Ouest. Nous installons le tangon bâbord à poste, le génois et l’artimon nous emmènent à 8 nœuds vers Montserrat, toujours aussi impressionnante.

Je reçois un SMS de Maël, il vient d’avoir son permis de conduire, il est fort ce petit !

Sur les hauts-fonds de Nevis nous prenons quelques barracudas que nous rejetons (y en a qui ont de la chance d’être malades !) et des vivaneaux (délicieux).

Sous Nevis, un voilier de 48 mètres (d’après l’AIS) nous rattrape au moteur puis se met face au vent pour envoyer plusieurs centaines de mètres carrés de voilure… Il est au moteur malgré le vent portant depuis des heures mais pour arriver au mouillage, pour le prestige, il envoie les voiles, quel bouffon !

Nous arrivons vers 17h45 devant Le petit port de Saint Kitts mais une houle de Sud-Ouest secoue le mouillage, les bateaux roulent tellement que je ne peux passer entre eux sans risquer de percuter nos mâts ! Il est hors de question que nous dormions dans cette fête foraine ! Nous faisons donc route au Nord alors que le soleil se couche sous un léger grain.

Je sais que dans quelques minutes nous n’y verrons plus rien, il y 3 options :                

- Mouiller plus au Nord de l’ile dans une petite crique très ouverte,

- Monter jusqu’à Statia mais le mouillage est décrit comme dangereux par Patuelli

- Filer cette nuit pour Saint Martin sans s’arrêter !

Pascale est fatiguée et nous prenons l’option N°1 !

Nous nous plaçons au radar, au GPS et au pif sous le fort de Saint Kitts et la valse commence !

Une nuit comme on les aime, à rouler dans sa couchette… La aussi, il y a 3 options…

-          Sur le dos, les coudes ou les bras de chaque côté pour se bloquer

-          Sur le ventre ¾ face Droite, une jambe repliée pour se caller

-          Sur le ventre ¾ face gauche !

Résultat des courses, on dort peu et mal !!!

 

  SAINT KITTS - SAINT MARTIN

01/02/09

Le jour et l’ancre sont levés, nous quittons à 8 nœuds les iles sous le vent. Les lignes sont à l’eau et très vite, les prises se succèdent. Des bonites et de gros barracudas ralentissent notre progression. Le vent de 15 nœuds reste à l’Est , nous sommes au près bon plein à 7.5 nœuds sur une mer belle. Pascale reste le nez plantée dans son bouquin toute la matinée sauf quand il faut réduire pour cause de pêche. Elle enroule le génois et la grand voile à toute vitesse pour ralentir le voilier et me permettre de ramener pitance à bord !

Il fait très chaud, c’est une navigation de rêve puis la ligne repart à nouveau. Je remonte d’abord difficilement puis de plus en plus aisément  au fur et à mesure que le fil qui traine diminue. C’est une bonite ? Non, un barracuda ? C’est quoi ce truc ??? Ca alors, je remonte un 1/3 de thazar, je n’y crois pas, le bout de poisson est encore vivant mais les 2/3 de son corps soit 40 cm ont été proprement tranchés pendant la remontée ! Je n’ai senti aucune secousse, aucun à-coup, la grosse bête qui a bouffé la petite devait être énorme ! Je sais qu’il y a le boulevard du Marlin à Saint Martin, je pense que nous avons croisé la route du requin !!!

Je téléphone à Maël pour finir la carte Sim de l’iridium et il m’apprend qu’il vient d’avoir un 12/20 en Maths, il est vraiment très fort ce petit !

Il ne fait pas bon être thazar dans le coin, non seulement tu te fais prendre à la ligne mais pendant qu’on t’arrache la gueule avec un hameçon, on te bouffe les ¾ du corps en douce !

A 13 heures, nous engageons l’étroit passage d’Oyster Pond. Pascal nous place au même endroit que la dernière fois et nous indique la place que nous aurons pendant 1 mois en attendant que l’occupant qui s’y trouve s’en aille.

Pascale attaque les lessives pendant que je rince et nettoie le pont, les listons et le balcon.

 

02/02/09

Nous retrouvons Joël, toujours aussi sympa qui grimpe en haut du mât pour récupérer l’aérien défectueux. Nous allons à « Budget Marine » pour faire jouer la garantie et dépenser encore quelques 300 € non prévus !!! (Mais nécessaires).

Après un petit coup de plage à Orient Bay, je désaccouple et démonte la transmission du hors-bord, les roues dentées sont intactes, je change l’hélice, vidange l’embase, nettoie le carbu… Le cerise sur le gâteau, c’est qu’il faut gonfler l’annexe pour l’essai, rien n’y fait, ce fichu moteur accélère dans le vide dés que je tourne la poignée puis cale lamentablement, je craque !!! Pascale me calme en me disant qu’on va en racheter un neuf mais je suis furieux… En bateau, Je crois qu’il n’y a pas plus pénible que ces fichus moteurs d’annexe qui merdouillent. Je ne calcule plus le nombre d’heures passées à démonter ces carcasses et à tirer sur des lanceurs.

Pour couronner le tout, la bande anti-UV du génois agonise et part en lambeaux. Inutile de rafistoler, il faut la refaire, 800 € de plus !!! On ajoute les lignes de vie qui sont cuites, ça va faire mal !

Notre budget est en train d’exploser…

-          Femme, donne-moi la bouteille de Rhum que j’oublie ce que ça coûte !!!

Nous dinons avec Joël et Christiane sur le port puis tout le monde au lit vers 23h. L’ami de Wilfried est une mine d’informations pour moi et la suite du voyage commence à se préciser dans mon esprit. Bahamas, Turks and Caïcos, St Domingue, Cuba puis Mexique, Costa-Rica, etc.

 

03/02/09

A peine réveillés, nous partons pour Budget Marine, la concession Raymarine puis Northsail, Yamaha, Suzuki, des magasins de pêche et j’en passe… Après des heures de bouchons, nous remplissons la clearance d'entrée à Marigot. Sans clearance d'entrée, pas de clearance de sortie possible ! Lorsque nous remettrons aux autorités des BVI (British Virgin Islands) la clearance de sortie de Saint Martin, nous obtiendrons la clearance d'entrée des Vierges. Mais non, mais non, C'est cool !!! En fait, nous n’avons pas le choix car sans ces papiers, nous serions refoulés.

Après un bon bain dans de grandes déferlantes, nous allons voir les avions atterrir. Ils passent à quelques dizaines de mètres au dessus de la plage, des baigneurs, des strings et des pinups qui se dandinent en mettant le feu à tout ce qui s’approche….

Ah, Saint Martin n’a pas volé sa réputation….

Retour en passant par la zone industrielle de Phillipsburg. Nous y achetons un ampli d’antenne WIFI qui devrait nous permettre de nous connecter plus facilement.

De retour au bateau, nous affalons puis roulons le génois dans le vent puis rangement de l’annexe, du moteur HB, On n’est pas en vacances !!!

 

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Petite parenthèse de 3 semaines en France pour voir Maël, Mamie, la famille et hélas pas assez de temps pour voir tous nos amis...

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3 Mars 09

Mon 4ème film vient d’être interrompu par la voie de l’hôtesse, l’avion n’a pas daigné attendre la fin et il s’aligne sur la courte piste de Saint Martin, l’angoisse me gagne… Pascale tente d’établir le contact mais je ne réponds pas, la main crispée sur l’accoudoir… Je déteste l’avion ! Une tripotée de hollandais (volants !) blonds de 2 mètres parlent fort comme s’ils étaient seuls au monde, je déteste les hollandais blonds de 2 mètres.

Des enfants à peine sevrés braillent et envoient des coups de pieds dans les dossiers et on ne peut pas déplier ses pattes arrières. Je termine par ma voisine (en l’occurrence, ma femme) qui va au petit coin toutes les heures, GRRRRRRRRRR !

A priori, l’avion est pleins d’équipages qui vont participer aux régates « Heineken ».

La voiture de location que j’avais réservée nous emmène au bateau et nous retrouvons avec joie notre « maison ». Françoise et Papy Jean prennent leurs quartiers à l’avant et la journée se termine dans les rangements et le réarmement de Badinguet. Nous accrochons sur notre pêle-mêle, une tétine d’Adam, mon filleul et un petit canard de Romane, ma filleule de cœur. Voilà qui nous portera chance.

Je colle sur la jupe de Badinguet une tête d’âne, qu’on ne s’y trompe pas : Badinguet reste l’âne de mon arrière arrière grand-père maternel !!

J’installe des porte-ski à 12 € pour fixer les fusils qui trainent depuis des lustres dans le coffre de cockpit et le résultat est génial !

Toute la nuit, la musique de l’orchestre du Restaurant « Captain Olivers » arrive à contourner mes boules quiès et  vers 4 heures du matin, je suis à nouveau réveillé par les équipages hollandais ivres morts qui hurlent sur les pontons. Ils ont donc commencé par les Heineken avant de faire la régate du même nom !

 

4 Mars 09

Départ en voiture, le programme est chargé ! Faire la clearance de sortie, aller chez « Budget marine » pour acheter des bouteilles de gaz U.S. (nous ne trouverons plus de camping gaz là où nous allons), faire le plein de courses et de repos pour préparer notre départ prévu demain.

Nous rentrons par le Sud de l’ile et en passant sur le pont du lagon, un hors-bord traine difficilement un hélicoptère retourné. Curieux et désolant spectacle. L’histoire ne dit pas si un méga-yacht a perdu son petit ou si un dramatique accident a mis en danger un richissime touriste…

Je paye le port et récupère la météo qui n’est pas terrible, 20 nœuds de Nord vont nous compliquer la tache demain…   

Wilfrid et Joël nous rejoignent le soir à l’apéro et nous discutons à bord jusqu'à 19H30.

Nos amis ont récupéré le génois et les nouvelles lignes de vie (sangles sur lesquelles on s’attache la nuit et en cas de mauvais temps). Badinguet est dans les starting-blocks !

 

5 Mars 09

Nous franchissons la passe d’Oyster Pond vers 9 heures, l’équipage reste fatigué et nous mouillons sur la plage de l’ile de Tintamarre.

Je plonge de suite et nage jusqu’à la plage, l’eau est bonne et transparente.

En arrivant le long de la coque, j’aperçois une belle tortue d’environ 80 cm posée sur le fond, Françoise et Papy jean me rejoignent au bouillon pour voir le mammifère s’éloigner tranquillement.

En début d’après midi, nous descendons vers Simpson bay où nous mouillons en zigzaguant entre les coursiers de la grande régate à la mode.

Un grand tour en annexe dans le lagon puis nous retournons à bord pour boire l’apéro, faut garder le rythme !!!

 

6 Mars 09

Il est 5 heures du matin, je quitte la grande baie dans le noir, Pascale et Françoise se sont levées et Badinguet aligne lentement son cap.

Vers 6h, le soleil n’est pas loin et les feux de navigation deviennent superflus, un fort vent de Nord nous cueille à froid et à peine dépassée la pointe de Saint Martin, la mer devient forte et au près, ça devient galère !

Environ, deux heures que nous naviguons et je ne vois plus de combattants sur le pont et le vent continue de forcir levant une mer de plus en plus dure!

Pascale dort, Françoise, malade est couchée dans le carré et Papy jean s’est allongé dans le cockpit central, Ok, j’ai compris !

Inutile de faire subir ça à tout le monde. J’annonce haut et clair la manœuvre suivante et tout le monde esquisse un sourire de contentement !!! DEMI-TOUR TOUTE !!!

Badinguet remonte au vent, vire à 180° puis accélère à nouveau. Deux heures de largue plus tard, à 9 nœuds de moyenne, nous mouillons dans l’anse de Phillipsburg.

Le mouillage est très venteux, 25 nœuds réguliers et 30 sous les grains secouent Badinguet. Les deux amortisseurs de mouillage freinent les embardées et le petit tour à terre en annexe équivaut à prendre 4 sauts d’eau de mer et à se les balancer dessus en faisant la gueule !

 

7 Mars 09

Nuit plutôt calme par rapport au vent annoncé. Le soleil traverse par intermittence la couche de nuages qui défilent rapidement au dessus de nous et quelques tortues circulent lentement entre les bateaux.

Papy jean et moi démontons entièrement la climatisation de la cabine arrière pour comprendre pourquoi ce fichu compresseur ne démarre pas, le nouveau boitier électronique n'a pas résolu le probleme. Pascale et Françoise bouquinent.

La  profonde baie de Phillipsburg est magnifique et les paquebots de 300 mètres se succèdent au quai pour laisser leurs milliers de passagers s’alléger de quelques liasses de dollars à terre. En fin d’après midi, ces gigantesques maisons de retraites flottantes repartent vers d’autres destinations, d’autres quais, d’autres magasins, d’autres liasses de dollars…

La météo se confirme, demain, nous partons pour les Vierges !

 

 

SAINT MARTIN - ILES VIERGES BRITANNIQUES (BVI)

 

8 Mars 09

Je me lève difficilement à 5 heures, je suis réveillé depuis 3 heures du matin car le vent souffle en rafales et je ne suis pas confiant. Je glisse un œil et une jambe dehors, le reste resterait bien au chaud dans la couchette… Il y beaucoup de vent et je prends le temps de récupérer une météo par Iridium avant de nous lancer sur les flots noirs.

Le verdict tombe 1/4h plus tard, le vent devrait baisser en milieu de matinée et rester à 15 nœuds.

Je relève le mouillage en réveillant les occupants de la cabine avant puis je glisse doucement entre les voiliers du mouillage pour me diriger vers le large. Pascale me rejoint de suite puis Françoise arrive en proposant de veiller à l’avant du voilier mais ce ne sera pas nécessaire car le radar et Maxsea me guident au mieux.

Le vent reste à 20 nœuds et la mer se creuse rapidement. Papy jean émerge de la cabine avant dans son très célèbre pyjama bleu à rayures avec un oreiller sous le bras et, surprise, il se recouche dans le carré, la tête en bas, côté gite !!! Qu’est ce qu’il fait ?!?! Il doit être fatigué !

La mer devient forte et Badinguet avale les milles à plus de 8 nœuds de moyenne. Françoise s’installe dans le carré tête bêche avec Papy jean et Pascale s’allonge à côté de moi dans le cockpit !!!

Je ne comprends pas car je n’ai jamais vu mon père malade en mer et cela fait maintenant 6 heures qu’il est couché à l’intérieur avec des creux qui atteignent par moment 5 mètres !

Françoise qui lutte contre le mal de mer, m’apprend entre 2 sommes qu’il a avalé un cachet "mer calme" ce matin !!! Je lui demande pourquoi, vu qu’il n’a jamais le mal de mer !!! Il a voulu essayer, me répond-elle !!! Mon papa a pété une durite ou quoi ???  En vue de Virgin Gorda, notre destination, je le force à se lever et à prendre l’air. Il s’exécute difficilement, encore embrumé par ce médicament inutile ! Ca fait plaisir de le voir à la lumière ce beau pyjama bleu à rayures !

En arrivant sur les haut-fonds de l’ile, la mer se calme un peu et les lignes de traine s’impatientent autant que le pêcheur… Nous pêchons un barracuda, une grosse carangue noire et enfin un thazar, 3 beaux poissons et aucun comestibles !!! Ils sont tous ciguatoxiques dans ces eaux des Antilles du Nord ! Ce n’est quand même pas de bol !

Nous engageons la passe Nord de « Gorda sound », une grande baie intérieure qui propose beaucoup d’abris pour les plaisanciers. Notre choix se porte sur « Bitter end » et nous jetons l’ancre sous un vent soutenu de Nord-est et par 12 mètres de fond. Il y a là beaucoup d’américains et d’Anglais et tout le monde est mouillé un peu n’importe comment mais il y a tellement de place que ce n’est pas un problème. De nombreux hôtels bordent des plages de sables blanc et des bungalows en forme de champignon de la taille d’une maison se fondent harmonieusement dans la végétation luxuriante des collines environnantes.

Françoise veut aller à terre mais l’unanimité vote pour rester à bord ! Elle enfile son maillot (bleu à rayures) et plonge dans une eau trouble et ridée par les rafales. Le vent est frais depuis notre retour et c’est la première fois depuis des mois que les polaires prennent l’air.

Il est 16H45, je découpe le thazar en lamelles, j’en balance les ¾ à l’eau pour amorcer puis j’envoie une palangrotte au fond. Ca ne loupe pas et la touche est énorme ! Je remonte ma ligne et appâte à nouveau. Cette fois ci, je l’ai ferré mais impossible de remonter le poisson, le fil me coupe les doigts et papy jean n’a pas le temps de m’aider que le bas de ligne cède. En remontant la ligne, je découvre que le nylon a été proprement coupé au dessus de l’hameçon, peut être un barracuda ou un requin ?

Le défi est lancé, je renforce ma deuxième ligne et met une grosse tresse au lieu du nylon. La ligne repart toujours aussi violement mais là c’est différent ! Cet abruti de poisson ne sait pas que j’ai mis des gants, je vais l’avoir !!!  Je remonte comme un furieux mon fil et un requin de 80 cm sort de l’eau en se débattant comme un diable et pan, il coupe la ligne d'un coup de dents et retombe dans une gerbe d’eau !!!

Françoise ne se baignera plus à la tombée du jour et je laisse la traine avec son bas de ligne acier pendre sous l’eau pour me saisir d’un verre avec quelques morceaux de citrons verts…

 

9 Mars 09

Je remonte impatiemment ma ligne et il ne reste qu’un bout de leurre et un hameçon vide !!! Il est temps de partir pour St THOMAS, la douane s’y trouve et les autorités ne plaisantent pas avec les fraudeurs…

3/4h plus tard, nous mouillons devant le petit port et je file rapidement en annexe avec Françoise au bâtiment des douanes. C’est exactement le même bordel qu’à Antigua… Je remplis 4 déclarations individuelles(j'imite les signatures en douce), 2 déclarations familiales et une pour le bateau, Et toujours cette curieuse envie de mettre un coup de boule au douanier ! Une heure et 44 dollars plus tard, nous rejoignons Badinguet où Pascale a déjà préparé le déjeuner pour tout à l’heure.

Nous passons doucement devant The Baths, le plus beau coin des Iles Vierges Britanniques. C’est vrai que l’endroit est magnifique, Pascale et moi trouvons que ça ressemble à Anse d’argent aux Seychelles. Françoise trouve que ça ressemble à Perros Guirec et Papy jean a faim ! De toute façon, il n’y a pas de bouée de libre pour s’arrêter et le vent du Nord secoue les privilégiés amarrés aux corps morts. Nous y retournerons plus tard.

Nous poursuivons plein Ouest pour mouiller derrière une petite presqu’ile magnifique « Buck Island » et Papy jean peut enfin se rassasier… Je plonge dans l’eau cristalline pour nager jusqu'à la rive puis revient avec un petit lambis. Françoise va nager à son tour et Pascale se dore au soleil pendant que Papy jean digère en faisant des mots croisés !

Nous bullons toute l’après midi dans un décor de rêve, presque désertique si on ne devinait pas quelques hôtels prestigieux noyés dans une végétation verte et jaune, encadrée de bleu par ciel et la mer.

 

10/03/09

La nuit est calme mis à part notre seul voisin de mouillage qui tente de réparer son moteur hors-bord à 6h30 du matin, encore un amerloque !

Ca glandouille sévère ce matin…. Françoise prépare rituellement pendant 1/2h son petit déjeuner puis l’ingurgite en 5 minutes, pour Papy jean, c’est exactement l’inverse, 5 minutes pour infuser et tartiner puis 1 heure à table !!!

Nous mouillons 1 heure plus tard devant le port de Road Harbour entre une bouée de chenal et un paquebot de 250m puis, tout le monde dans l’annexe.

Le nouveau moteur Hors-bord TOHATSU, 2 temps de 9,8 ch. pousse vaillamment l’annexe et ses 300 kg de passagers dans le port puis c’est la corvée de courses. Un nouveau contrat de téléphone mobile, un petit tour sur internet et retour à bord pour fuir la grande ville.

Nous déjeunons sur "Peter Island", l’ile d’en face, puis un petit tour sous l’eau au milieu des coraux et des grands barracudas immobiles prêt à bondir ! Pascale se mouille un peu les chevilles à l’échelle de bain et remonte avec un grand sourire en me disant :

- Pascale : Voilà, je me suis baignée !

Nous faisons le tour de la baie en annexe avec Pascale et discutons en tête à tête avec un pélican peu farouche, les photos devraient être magnifiques.

Nous continuons notre bonhomme de chemin, le vent est léger et c’est dans « the Bight », la grande baie de "Norman Island" que nous prenons une bouée pour la nuit.

L’endroit est superbe, un petit resto à l’ambiance pirate borde une petite plage de sable blanc. Pascale s’est encore baignée… Les pieds. Papy jean disparait derrière une pointe rocheuse avec son masque et son tuba. Il revient 10 minutes plus tard en me gratifiant d’un magnifique « Canard », Tient la forme, Papy jean ! Et je ne vous parle pas du bœuf Bourguignon qu’il nous réserve pour le diner !

Un apéro et … Dodo.

 

11/03/03

Au lever du jour, un petit Zodiac s’arrête contre Badinguet et nous payons la location de la bouée 25 Dollars ! Ils nous ont pris pour des Américains ou quoi ??? Nous déplaçons le voilier sur un autre corps mort en limite Sud-ouest de l’anse. L’annexe est à l’eau, Pascale et moi faisons le tour de la pointe pour voir les "fameuses grottes au trésor" qui ont inspiré Stevenson !!!

Le trésor ne devait pas être très gros car les grottes sont peu profondes. Il y a 3 bouées bleues mouillées devant les excavations (bouées spéciales pour les annexes). Donc, interdits de s’approcher avec un engin flottant à proximité du trésor ! Nous contournons quelques touristes immergés qui barbottent. Franchement, ça ne vaut pas le déplacement, Autant aller à Perros-Guirec !

Nous traversons à nouveau le Canal « Sir Francis Drake », contournons "Tortola" par l’Ouest en rasant les moustaches de l’oncle Sam (Les iles vierges américaines) .

Le temps reste très moyen, pour ne pas dire pourri !! Impossible de remonter le vent le long de la côte Nord de l’ile aussi nous filons vers "Sandy Cay" puis Sandy Spit" où un décor de carte postale nous en met plein la vue.

Les petites iles sont magnifiques, du sable blanc, des cocotiers, des coraux et pleins de gros poissons perroquets que je n’ai pas le droit de chasser (la pêche sous-marine est interdites aux non résidents !)"

Papy jean et Françoise font un tour avec masque et tuba et Pascale se baigne entièrement mais pendant  4 secondes, faut pas exagérer non plus !!

Nous mouillons dans "Great harbour" au Sud de l’ile J"ost van Dyke" et passons la soirée à regarder les manœuvres catastrophiques des locataires de catamarans. Qu’ils soient Cowboys ou rosbeef, le spectacle, bien que surprenant ne détourne pas de leur objectif les dizaines de pélicans qui plongent entre les bateaux.

Un petit tour à terre, histoire de gambader 10 minutes puis retour à bord pour faire comme les pélicans…. Manger !

 

12/03/09

Réveil tardif, vers 8 heures, puis départ pour la côte Nord de "Tortola".

Le vent est bien monté, 20 nœuds d’Est-nord-est et une mer hachée nous obligent à tirer des bords. Papy jean remarque alors une belle déchirure dans le génois, à hauteur des premières barres de flèches ! On enroule la voile d’avant et demi tour, il faut faire réparer cet accroc au plus vite !

La journée est gâchée (pour une fois qu’il faisait beau !), il est 14 heures lorsque nous mouillons au Sud de "Tortola" devant Fort Burt Marina. Le vent souffle en rafales et heureusement que nous sommes 4 à affaler et à plier la voile sur le pont de Badinguet. Papy jean et moi déposons le gros sac chez le voilier puis repartons faire quelques courses à terre, histoire de patienter. A 16h, Badinguet, rafistolé et délesté de 108 dollars file plein Sud pour trouver un abri nocturne digne de ce nom !

Nous mouillons dans Great Harbour de Peter Island et Pascale nous prépare des côtes de porc à la moutarde… A la fin de ce délicieux diner, je jette dans l’eau noire les restes de viande. Un, puis deux puis trois ailerons fendent l’eau pour se saisir des os rongés !!! Il est 20h, tout le monde est sur le pont et jette ses déchets par-dessus bord avec une torche à la main !!!! Quand les requins ne se battent pas pour attraper les denrées, une grosse chauve-souris passe en rase motte pour terminer les restes !!! Quel spectacle !!! Et je n’ai rien à mettre au bout de mon hameçon… J’ai beau supplier à genoux les cuisinières pour piquer un peu de bouffe au frigo !!! Non, pas question, je n’ai pas le droit alors que je suis maître à bord...

Nous nous couchons sous des rafales soutenues qui ballottent Badinguet sur son mouillage.

 

13/03/09

Le vent semble être tombé au petit matin et après avoir avalé ses 14 tartines et son demi-litre de thé, Papy jean me hisse en haut du grand mât. La platine qui supportait jadis l’antenne satellite de l’ancien proprio a des bords si tranchants que le génois, pour peu qu’il borde à contre, se déchire dessus. Je passe donc encore 1 heure, accroché là haut à enrouler différents cordages autour de la platine, le tout verrouillé par des colliers SIRFLEX !

Je ne sais pas combien d’heures j’ai passé en haut des mâts avec Papy jean en bas mais ça doit se compter en jours ! Et comme d’habitude, l’entente est parfaite et efficace, je redescends, fatigué mais content du résultat.

Nous partons vers le Sud-est pour essayer de ramasser une sardine sur les grands fonds mais 1/4h plus tard, un sagouin d’amerloque engoncé dans sa grosse vedette coupe la ligne de traîne en rasant Badinguet malgré mes signes hystériques. L’enfoiré !!! Il a dû voter Mac CAIN, celui là !

Ok, mon leurre fétiche vient de terminer ses jours sous les hélices de ce cowboy, la mer se creuse sous l’effet d’un vent bien établi à 25 nœuds et on est vendredi 13, ça fait assez pour aujourd’hui, on vire de bord et on repasse entre les iles du Sud pour stopper devant Cooper Island.  Pascale n’ouvre pas de boite de sardines mais nous déjeunons encore copieusement sous les grains qui se succèdent.

Il est 14 heures lorsque Françoise et Papy jean attrapent le corps mort de Fat Hogs Bay sous les rafales. Un gros nuage de vase apparait en surface, signe que Badinguet est à la limite de l’échouage. De temps en temps, le voilier talonne dans le mou et demain, il faudra sortir de ce trou !!!

Mais d’abord, un tour à terre pour découvrir la charmante maisonnette qui sert de capitainerie. Nous payons les 25 dollars pour la bouée avec plaisir tant les gens sont souriants et accueillants. Et comme nous captons très bien leur WIFI à bord, nous avons internet à volonté pour le même prix !

La route qui longe la côte est sale et encombrée d’épaves de bateaux en tous genres mais le petit supermarché est rempli de bonnes choses et comme les gens sont chaleureux et la bouffe pas chère, l’endroit me plait bien, un peu d’authenticité, enfin !

Nous passons l’après-midi à bord, à surfer sur la toile pendant que Badinguet creuse son trou dans la vase !

La météo ne présage rien de bon pour la suite et le retour vers Saint martin pourrait bien devenir compliqué, très compliqué !

 

14/03/09

Nous quittons notre souille vers 11 heures et la sortie de notre abri se fait à 3 nœuds contre un vent très violent de 35 nœuds. La mer est blanche d’écume mais ne lève pas car Tortola nous protège, merci Tortola !

Au  bout d’1/4h, la messe est dite et nous faisons demi-tour pour Maya cove que nous connaissons déjà. Nous déjeunons, l’ancre et l’estomac bien accrochés car Badinguet est secoué par les risées. Nouvelle tentative vers 13h et c’est la bonne, le vent est un peu tombé et sur un joli bord de près, nous contournons la pointe Est de Tortola. Les haut-fonds nous obligent à zigzaguer entre les iles puis, au détour d’une pointe rocheuse, White bay apparait enfin.

Nous mouillons plus au Sud de Guana Island pour éviter les rafales qui s’engouffrent dans la vallée qui borde la plage. Encore un paysage de carte postale, Françoise trépigne d’impatience à l’idée de se baigner dans cette eau turquoise et l’annexe se remplie à toutes vitesses, pour une fois !

Papy Jean et Françoise partent se baigner au milieu de dizaines de pélicans et de fous bruns… Nous immortalisons quelques plongeons pélicanesques, des têtes de tortues et Papy jean qui sort de l’eau de l’eau à 4 pattes ! Le reste de l’ile est privée et de nombreux panneaux ainsi que du personnel ne nous engagent pas à poursuivre le safari photo plus avant !

 

15/03/09

Une nuit un peu roulante, juste ce qu’il faut, puis départ après une petite baignade et un tour sur la plage.

La passe entre les iles est balayée par un vent de plus de 35 nœuds et le moteur lutte, vague après vague pour passer la zone dangereuse des récifs. Ca se calme un peu à la sortie de l’étroit goulet et Badinguet sort sa panoplie de voileux pour 3 bords de près serré chèrement gagné sur le vent d’Est.

Nous revoilà dans Gorda sound sur l’ile de Virgin Gorda. Je repère un petit ponton et tout le monde me confirme la présence d’un tuyau en caoutchouc sur le ponton, on va pouvoir recharger en eau douce.

Mettons les choses au clair, la génération du dessus utilise beaucoup d’eau douce, c’est un fait inaliénable ! Françoise a beau expliquer qu’elle rince son maillot de bain dans un dé à coudre, Et bèh, essaye de repriser les chaussettes  de Papy jean avec un seau de 10 litres au doigt... Si on multiplie par le nombre de baignades et par le rinçage de ce qu’il y a sous le maillot, de généreuses toilettes et vaisselles, on arrive à 100 litres par jour ET C’EST UN FAIT !… Mais la trêve est signée, on a fait le plein !

Papy jean discute en franglais avec le pompiste et l’ambiance est au beau fixe . Comme l’eau douce est offerte si nous prenons une bouée pour la nuit, Françoise et Papy jean prennent la gaffe et amarrent Badinguet sous un grain. Le vent est violent et la pluie tombe sans s’arrêter, vive les Antilles !

 

16/03/09

Le temps est mauvais, il pleut régulièrement et le gris a remplacé le bleu… Après un déjeuner rapide bien au sec dans le carré, nous quittons Badinguet en K-ways, direction le petit port où un taxi nous attend.

Le chauffeur nous dépose aux douanes où ces abrutis de bons à rien désagréables nous expliquent sans desserrer les dents que dés qu’ils auront tamponné nos documents, nous aurons 12 heures pour quitter les Vierges !

Ca tombe assez mal car la météo ne l’entend pas de cette oreille et nous non plus ! Je leur fais un grand sourire en les remerciant sachant que nous serons en fraude pendant plus de 24h ! S’agit pas de croiser un douanier sur l’eau !!!

L’étape suivante est « The baths », le lieu à ne pas louper aux Vierges Britanniques !!!

D’énormes blocs érodés, posés ça et là dans un désordre harmonieux par la main de Dieu ou de qui vous voulez…  Des grottes spectaculaires aménagées avec des petits sentiers sportifs nous emmènent vers des criques étonnantes, encombrées de touristes … Nous passons accroupis, à genoux et Papy jean retrouve son instinct animal en empruntant tous les passages étroits à quatre pattes, l’essentiel étant d’arriver !

Françoise se baigne pendant que nous profitons du panorama exceptionnel.

Un mélange de Seychelles, de l’ile Maurice et bien sûr de "Trégastel", le plus bel endroit de la galaxie pour Françoise ! On se demande vraiment pourquoi les gens vont aux Seychelles…

Nous remontons sous la pluie vers le parking après avoir bu un coup au « Poor man’s bar ». Le taxi nous ramène au mouillage toujours autant de gris et de vent. Le ciel est plombé, une pluie froide traverse nos vêtements…

-Là, Françoise, je suis d’accord, ça ressemble vraiment à Perros Guirec !

Nous restons accrochés à notre bouée de 25 dollars pour une nuit de plus.

 

17/03/09

Un petit tour à terre avec Pascale pour payer notre nuit supplémentaire puis changement de mouillage pour un petit coin de paradis. Ceux qui associent les Vierges au paradis ont en général une ceinture d’explosifs. Nous qui ne faisons pas cette association avons tout de même une ceinture de bourrelets qu’on ferait bien exploser…

Un jour viendra où nous serons maigres, Pascale me l’a promis mais c’est « après » !

Le soleil brille enfin, il fait beau, il fait chaud, et demain, nous prenons la mer pour le trajet de retour qui s’annonce difficile, 82 milles de vent debout !

En tous cas, ce coin est génial . Après une petite baignade rafraichissante, nous déjeunons avec vue imprenable sur la grande bleue. Maël me téléphone concernant le choix d’une formation professionnelle… Cette période pré-Bac me rappelle tellement de mauvais souvenirs, on cherche sa voix alors que le diplôme n’est pas encore acquis… Admiratif et inquiet, je ne peux que lui garantir une sécurité financière pour ses choix, c’est lui qui livrera la bataille finale, je le sais courageux, il faut juste bosser, juste bosser comme un taré pendant quelques semaines !

Retour sur Badinguet pour un grattage et nettoyage de la ligne de flottaison qui a tendance à disparaitre sous les algues vertes. Je passe donc ½ heure dans l’eau à nettoyer pendant que tout le monde digère au soleil !!! J’m’en fous, je ferai ma tati Danielle toute l’après midi, j’adore !!!

Le soleil se couche à 18h30, privant nos yeux de cette superbe vue.  

 

 ILES VIERGES BRITANNIQUES (BVI) - SAINT MARTIN

18/03/09

Il est 6h, je prends une dernière météo et le feu passe au vert. Badinguet sort au moteur de Gorda sound en longeant quelques magnifiques unités dont deux 3 mâts ! 

Le vent est de 15 nœuds d’Est, pas de surprise ! La mer est formée et l’option « tout au moteur » n’est pas d’actualité.

Le voilier file d’abord au Sud pour déborder une grande barrière de corail puis un autre long bord vers le Nord-est, GALERE ! Un courant de 2 nœuds se met dans la partie, on se traine depuis des heures quand la ligne de pêche se réveille !!! YES !

Un ¼ de vivaneau, cisaillé derrière les ouïes pendouille à l’hameçon, on a la poisse ou quoi ???

Pascale nous a préparé hier une belle salade de pâtes et à 11 heures, je ne tiens plus et je ne suis pas le seul, Papy jean sort du coma pour avaler 3 tomates et Françoise descend se préparer un sandwich à la vache Kiri. Pascale bouquine malgré la gite et la houle qui grossit un peu au large. Aller, un petit yaourt américain pour finir et là, sur l’étiquette du pot, bien en évidence, il apparait… Ses deux grandes oreilles le trahissent de suite, on a un dessin de cousin du lièvre à bord, CATASTROPHE !!!!!!!!!!!  MAIS QUI A ACHETE CES YAHOURTS ????

Françoise n’a pas regardé sur les pots avant de les acheter ! L’affaire est grave ! Nous pourrions la pendre haut et court à une vergue ou la donner en pâture aux requins mais nous nous contenterons de finir au plus vite ces desserts lactés. Quitte à les bouffer 4 par 4, pourvu qu’il n’y en ait plus ! Pour la petite histoire, ils sont carrément mauvais et de couleur bleu (pas les pots, ce qu’on mange !)

En tous cas, tout s’explique et le fait qu'un gros barracuda vient de déchiqueter mon leurre et un petit bout de mon doigt ne me surprend absolument pas, C’EST NOOOOORMAL !!!  Je saigne comme un buffle, C’EST NOOORMAL !!! J’ai perdu tout mes leurres, C’EST NOOORMAL !!!

En fin d’après midi, la mer semble se calmer un peu et nous pouvons aligner l’ile de Sombrero . Il est 21h, la nuit est d’encre et à propos, d’ancre, elle accroche le fond 27 mètres plus bas, Sacré Mouillage !!! La houle contourne le malheureux ilet abandonné et Badinguet commence sa danse. Nous passons une nuit accrochés aux rideaux Amel, C’EST NOOOORMAL !

 

19/03/09

Il est 6h30, ras le bol de gigoter dans la couchette, on se sauve d’ici ! Papy jean et Françoise émergent rapidement en nous demandant si on a passé une bonne nuit !?!?! Ils ont l’air reposés et semblent avoir dormi beaucoup plus que nous !

2 heures plus tard, Badinguet aligne un cap direct avec Saint Martin, enfin ! Le vent est bien monté et est passé au Sud-est, histoire de nous compliquer les choses…

Puis les problèmes reprennent de plus belle, une forte odeur de brulé rempli le carré et tout le monde la sent, là ça devient grave. Pascale, la femme au nez le plus sensible de tout l’hémisphère Nord, identifie une odeur de plastique qui brule du côté de la table à cartes… Mais comment ces yaourts ont-ils pu arriver à bord ???

J’ai beau chercher partout un départ de feu, RIEN ! Mais toute l’alimentation 220V à partir du convertisseur ne fonctionne plus. L’autopsie de Papy Jean quelques heures plus tard confirmera l’avarie, le convertisseur 2500W a complètement cramé . Et ça coute très cher, C’EST NOOORMAL !!!

Nous mouillons dans la grande anse de Marigot vers 12h30, il y a 30 cm d’eau sous la quille mais il fait beau, chaud, l’eau est turquoise et surtout, on va pouvoir jeter les pots de yaourts vides, TOUT VA BIEN !!!

Après un bon repas à bord, Françoise et Pascale partent en ville trouver une voiture à louer et faire quelques courses. Mon père et moi traversons le lagon direction « Budget Marine », l’endroit où tout marin dépense un maximum de pognon en un minimum de temps ! Inutile de jouer au casino, nous on joue à « Budget Marine » ! Nous revenons avec l’aérien de l’anémomètre que nous avons perdu en route (300 dollars) et un nouveau convertisseur 24V/220V/2000W qui fait chargeur de quai en plus (si besoin) (1075 dollars). VIVE LES YAOURTS !!!

L’annexe est attachée à l’arrière de Badinguet, papy jean est assis sur une marche de la jupe, prêt à recevoir le carton du convertisseur qui pèse quand même 26 kilos ! N’ayant pas remarqué que l’amarre de l’annexe était coincée par le colis. Je soulève le convertisseur pour le présenter à mon père mais le zodiac s’écarte et arrive le terrible moment du choix !!!

- C’est moi ou le convertisseur qui termine au bouillon !!

Et ça ne loupe pas, je me jette en avant pour déposer brutalement le paquet aux pieds de papy jean qui s’en saisit puis disparait dans une gerbe d’écume, tout habillé… Il y a peu de témoins de cette scène à la fois émouvante et dramatique et c’est tant mieux… J’imagine tellement une vengeance silencieuse, vas-y Martine, moque toi !!! L’affaire est close, et qu’on en parle plus sur « radio ponton » !

Un gros Zodiac rempli d’uniformes circule entre les voiliers au mouillage, nous sommes aimablement conviés à remplir notre clearance d’entrée !

Nous nous couchons tôt, fatigués par les deux jours de mer difficiles.

 

20/03/09

Une belle et grande nuit de récupération… Je suis debout dés 6h et attaque le changement de convertisseur. Toute la notice est en anglais et Papy jean s’arrache les cheveux pour comprendre le fonctionnement du mode chargeur et du mode convertisseur. 3 heures de boulot, enfermé dans la soute moteur, par 45°, à cheval au dessus du groupe électrogène, vive la voile !!

Pascale et Françoise sont parties avec la voiture louée au « grand marché » pour refaire le plein des cales de Badinguet. La clearance est remplie à 12h et tout le monde est à bord pour un repas rapide car le prix du mouillage est exorbitant et nous repartons vers Oyster Pond, notre base arrière.

Les filles prennent la voiture, Papy Jean et moi prenons la mer. Pendant que Pascale et Françoise  font un tour à la plage, Mon père et moi retrouvons nos automatismes, plus besoin de demander, d’expliquer, voir même de rouspéter. Il démarre le moteur et remonte l’amortisseur de mouillage et nous voilà partis pour une petite navigation de 2h30, toute en douceur et en complicité. En arrivant dans le trou à cyclone, nous refaisons les pleins d’eau et de gasoil (70 centimes le litre) puis reprenons notre place devant le resto de la marina Captain OLIVER’S.

La fin de la soirée se passe en bricolant un nouveau système de compartiment pour les bouteilles de gaz américaines. Pour manger chaud, il faut passer au standard US ! Sinon, tu restes français et tu bouffes froid !

 

21/03/09

Pascale est patraque et traîne dans la couchette en compagnie de son mal de tête ! On a quand même regardé 2 films jusqu‘à 1 heure du matin ! 

Nous passons la matinée en courses et fournitures puis, un tour à la plage en attendant la fin de la journée… Papy jean nous invite au resto, TU LE CROIS CA ?????  Ce genre d’événement arrive tous les 34 années lumière, lorsque la queue de la comète de Haley traverse ta rue !

Voilà, il est 18h51, Papy jean lâche ses Sudoku et ses mots croisés pour nous emmener diner, un truc de dingue !!!

Nous partons pour la ville de Grand Case où nous atterrissons dans un « Lolo » (petit resto local). Papy Jean est sur la défensive… La table en carrelage est limite propre et s’il n’y a pas de vin, on est foutu ! Ouf, il y en a sur la carte !

Après un ti’punch, une entrée d’Accras et de boudin noir, les demi langoustes arrivent, énormes et…. Délicieuses ! Nous mangeons jusqu'à plus faim, buvons jusqu’à… encore soif puis retour pour dormir jusqu’à plus sommeil du tout…  Papy Jean et le reste de la troupe sont ravis, le resto avait tout du Lolo local, les cris, les sourires, les odeurs, la fumée des barbecues, et le tout pour pas cher du tout.

 

22/03/09

Je me lève plus tôt que tout le monde pour avancer mes écrits dans le calme puis Pascale me rejoint et enfin Papy Jean et Françoise, c’est leur dernière journée avec nous, ils prennent l’avion de 17 heures.

Encore de beaux instants, des liens familiaux forts, et un patriarche, trait d’union inamovible d’une famille unie. Et comme il est comme le bon vin, il devient exceptionnel en vieillissant.  

Pascale et moi nous retrouvons seuls pour poursuivre le voyage vers l’Ouest, nous sommes impatients de repartir. Bon, les Antilles, c’est fait !

Les étapes suivantes seront, Les vierges britanniques à nouveau, Saint Domingue, Turks & Caïcos, Les Bahamas, Cuba, Mexique, etc. Mis à part le régime sec qui me pend au nez, tout va bien ! Heureusement que Wilfrid vient diner ce soir, mais ce sera mon dernier apéro avant la perte de 5 kilos minimum !!!! Je vous rassure, Pascale est dans le même cas que moi pour ne pas dire, pire !!!!!!

Encore un délicieux diner « Langoustes » avec Wilfrid et en plus, servi par un sosie de Vincent Mac doum, un serveur qui, entre autres, fait des pas de danse classique entre les tables, un phénomène !

La soirée se termine tard autour d’une vieille prune à bord.  Encore un très bon moment passé en compagnie de notre ami puis, au lit !

 

 

23/03/09

Réveil difficile pour mon foie mais c’est le dernier repas arrosé avant un moment !!!

Pascale ramène la voiture de location à Marigot pendant que je déplace Badinguet vers Simpson bay, au Sud de l’ile. Ensuite, nous récupérons les bouteilles de gaz pleines de propane et un dernier tour à "Budget marine" pour dire au revoir et quand même acheter une babiole, faut pas exagérer non plus !!!

Nous nous couchons tôt car le départ vers les Vierges sera matinal !!

 

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